On va faire un tour du côté de la Bretagne avec le Rennes Etudiants Club qui est en demi-finale et à deux marches de remonter en Nationale. Pour nous parler du parcours des Rennais et des play-offs qui s’annoncent très haletants pour les Bretons, Kevin Courties, le manager du REC nous a accordé un entretien à quelques heures de défier le Stade Langonnais à Saint Jean d’Angely, ce dimanche à 15h30.

On va faire step by step. La première étape pour Rennes était d’être en play-offs et d’en avoir un à domicile, ça a été chose faite dans une saison qui a été très serrée et disputée jusqu’au bout ?
Oui, le championnat a vraiment été très serré et très intéressant, il y a eu pas mal de rugby chez pas mal d’équipes, il y avait quand même du rythme et c’était bien. Il a malheureusement fallu attendre le match de Niort pour obtenir cet objectif de début de saison, car les gars en parlaient depuis le début de saison même si on s’est quand même assez concentrés à jouer match après match mais ça reflète aussi le niveau de cette poule.

Un niveau très resserré et on l’a vu sur les 1/4 de finale où tout s’est joué à 2 ou 3 points ?
Oui (rires). Moi, je ne suis pas particulièrement étonné et même si je sais que les conditions sur les matchs à Mâcon et à Villeurbanne n’étaient pas optimales, ça n’aurait pas changé l’issue des résultats, déjà parce-que les matchs de phases finales se jouent souvent comme ça. On dit tout le temps que les compteurs sont remis à zéro et là, on en a un exemple concret, nous, on avait d’excellentes conditions pour jouer au rugby et ça s’est joué à 2 points. C’est aussi ça qui fait le petit plus des play-offs.

On va parler de ce match à domicile au stade Vélodrome de Rennes face aux Basques d’Anglet. A priori, ça a été un match où il y a eu beaucoup de jeu ?
Absolument, il y a eu énormément de jeu. Anglet a été particulièrement dans son identité à proposer beaucoup de jeu, beaucoup de jeu debout, un ballon très en vie, balayer la largeur, vraiment pleinement dans ce qui est l’image d’Anglet et ça, c’était cool et agréable. On a nous aussi essayé de ne pas fermer le jeu même si on aurait aimé un petit peu plus de maîtrise dans le contenu, on savait qu’en recevant Anglet au Vélodrome, on allait offrir aux spectateurs un dernier match très ouvert, très passionnant et avec la victoire, j’espère qu’on a en plus donné envie aux supporters de venir ce week-end où, à minima, aux Rennais de revenir au stade la saison prochaine.

Qu’est-ce qui a fait la différence sur cette rencontre de play-offs ? Peut-être l’expérience que vous avez acquise en Nationale l’année dernière ?
Peut-être sur la gestion des temps forts parce qu’on arrive à prendre un petit peu plus la possession du ballon à partir de la 50e minute. On l’avait aussi avant mais on va dire que là, on maîtrisait un petit plus le sujet et les rapports de force sur ces 10 / 15 minutes-là, on marque deux essais, on a l’opportunité d’en marquer un 3e et je pense que ce break-là nous fait du bien. Il y a un vrai fait de jeu à la 72e minute de la part d’Anglet qui a l’occasion de scorer et de potentiellement passer devant, il y a un déchet à quelques mètres de la ligne et j’ai envie de dire que ça fait partie des petits faits de jeu qui rajoutent du piment aux phases finales. Est-ce que le match était clôturé ? Non, parce qu’il restait 5 ou 6 minutes, qu’on aurait forcément eu une possession et je pense qu’on avait aussi la capacité d’apporter une situation de tir aux poteaux ou d’essai et on l’a eu quelques minutes après avec une pénalité qui nous permet de sceller le score et non pas de lâcher la dernière séquence mais de la gérer avec moins de pression puisqu’on avait 9 points d’avance à ce moment-là.

On va maintenant parler de la demi-finale face à Langon, un promu que vous connaissez très bien puisqu’ils étaient dans la poule de Rennes. Quel regard as-tu sur le parcours de cette équipe ?
Il y a des joueurs qui se sont construit une très belle saison là-aussi en cultivant une identité et en présentant quand même des qualités de solidarité, d’engagement défensif, de punch sur les transitions. On sent que les joueurs sont très soudés entre eux et ne lâchent pas facilement, ça a été difficile pour toutes les équipes de se rendre là-bas. Vu le niveau de cette poule, il y a eu comme partout des faux-pas à l’extérieur mais comme c’était compliqué de se déplacer chez tout le monde, j’ai envie de dire que ce n’est pas lié à la qualité des joueurs de Langon mais que c’est lié à la difficulté de se déplacer dans cette poule. La victoire et le fait qu’ils se soient pelés au Stade Métro reflète particulièrement la valeur de ces joueurs, c’est tout à leur honneur et on s’attend à un très gros rendez-vous car c’est une équipe qui n’a rien volé pour en être là.

Dans la presse et les médias, il y a bien sûr toute une story avant ce match avec » l’ogre rennais » qui descend de Nationale et » le petit poucet » promu de Fédérale 1. Est-ce que c’est une image médiatique et d’Epinal ou est-ce qu’il y a une réalité derrière ça ou encore, comme tu le disais, est-ce que tout est remis à zéro lors des phases finales ?
Je ne vois pas où est-ce qu’on fait figure d’ogre.

En tant qu’ancien pensionnaire de Nationale ?
Encore une fois, les gens ont une étiquette du club sans jamais vraiment y avoir mis les pieds mais c’est comme ça, c’est la vie. Je connais la valeur de mon club, des joueurs qui le composent, des dirigeants qui le pilotent et on fait avec nos moyens, certes, on dispose peut-être d’un petit peu plus de moyens mais je pense que quand on se tape des déplacements à 700 bornes tous les week-ends, il en faut des moyens pour exister là et même si on travaille dur sur la formation, ce n’est pas évident d’avoir des gens du secteur. Donc, forcément, tout ceci se rapproche mais je n’ai pas une personne dans le club qui manque d’humilité ni de travail pour faire avancer le rugby dans notre région. Cette étiquette de favoris, moi, je la reçois très petitement, c’est quand même une région émergente qui vient affronter ce rugby bordelais aquitain du sud-ouest et quand un 2e joue un 4e, je ne vois pas qui est plus ogre que l’autre.

Donc, pour toi, il n’y a pas de favori dans ce match, ça va vraiment être un match de phases finales avec autant de chances d’un côté que de l’autre ?
Au vu du dernier match, j’ai même envie de dire que ce n’est pas nous les favoris, je pense que l’état de forme des derniers matchs tourne plus à l’avantage de Langon que de nous. Nous, en tous cas, on ne l’aborde pas du tout en tant que favori car, encore une fois, on connaît la valeur de cette équipe et qu’on ne l’a jamais sous-estimée. On l’aborde avec beaucoup d’humilité, énormément d’humilité, comme à chaque fois.

On va également parler du lieu de la demi-finale qui, normalement, aurait dû être à Niort et qui finalement se tiendra à Saint-Jean d’Angély qui n’est pas à côté de Rennes ?
Il y avait certainement plein d’autres endroits où ça pouvait se dérouler mais on va faire avec. On ne s’attendait pas tellement à un geste plus facilitant donc on s’adapte, on va dire que c’est plus facile de faire faire des kilomètres aux Bretons.

Du côté de Rennes, premier objectif, la demi-finale mais derrière, on a l’objectif final à savoir remonter en Nationale. Vous y avez goûté l’année dernière, vous n’étiez pas loin du maintien, ça s’est joué jusqu’à l’avant-dernière journée ou avant avant-dernière pour que vous vous mainteniez et j’imagine que vous avez quand même dans un coin de la tête cette idée de remonter en Nationale ?
Moi, je trouve que ce championnat est passionnant et il donne forcément envie d’y retourner. Je pense que le club est structuré pour pouvoir y retourner sans mettre en difficulté et l’institution et l’avenir social des joueurs et l’avenir sportif des jeunes donc je pense qu’on peut y prétendre. Maintenant, avant de penser à tout ça, on est très concentré sur ce qui nous arrive ce week-end parce qu’on ne veut pas se projeter sans concret et laisser les choses étape par étape.

On a vu sur les 1/4 de finale qu’il y avait 6 clubs de la poule 1 pour 2 de la poule 2, sur les demi-finales, il y a 3 clubs de la poule 1 et un club de la poule 2. On avait fait un article en posant la question de savoir si la poule 1 était plus forte que la poule 2, qu’en penses-tu ?
Sur les barrages, j’étais plutôt mitigé car j’ai envie de dire que ce n’est pas évaluable sur un match. Sur les 1/4 de finale, le rapport à 6 contre 2 était favorable et le travail de Langon fait qu’on se retrouve avec plus qu’un seul représentant de la poule 2 donc, en effet, ça peut porter questionnement mais je ne pense pas que cette poule 1 soit nettement au-dessus de cette poule 2, je pense au contraire qu’elle a été un petit plus préparée et sur ses gardes pour aborder ces matchs-là. Comme tout le monde a été sur les temps forts / temps faibles, je pense qu’il y a eu moins d’homogénéité sur les résultats que dans notre poule et que, sur ces matchs de phases finales-là, ça a fait que les gens étaient prêts à relever beaucoup de défis et qu’ils se sont surtout préparés à beaucoup de défis.

Quel va être le mot d’ordre pour cette demi-finale ?
Plaisir, passion et humilité.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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