L’entraîneur Sud Africain des 3/4 du RC Suresnes, et adjoint de David Auradou dans les Hauts de Seine, a accordé un entretien à notre correspondant en Île de France pour nous évoquer le 1/4 de finale d’accession en Pro D2 historique face à Albi, pour ce club ayant gravi les échelons de la fédérale 2 à la Nationale pas à pas. Ce samedi à 19h30, dans le Tarn les Suresnois annoncent la couleur, ils ne viendront pas au Stadium Municipal en victime expiatoire.

Quel sentiment prédomine après ce match face à Narbonne perdu 16-27 ?
Il y a un gros sentiment de frustration, parce qu’on fait des très bonnes choses par moment. On est dans le match jusqu’à la 75eme. On a des opportunités pour tuer le match. On fait le « taff » face à une grosse équipe avec des joueurs d’expérience. C’est une bonne piqûre de rappel. Quand on a des occasions, il
faut aller au bout. Après les situations comptables des deux équipes étaient différentes, l’enjeu n’était pas le même. On
savait avant le coup d’envoi qu’on serait dans les 6. Eux avaient plus de pression pour finir dans les deux premiers et éviter le barrage.

Malgré ce résultat, le bilan de la saison régulière est très positif alors que le club avait connu une phase retour compliquée la saison dernière ? Comment l’expliques-tu ?
Quand une équipe vit bien ensemble, tu peux avoir des meilleurs résultats et on a senti dès le début de l’année que l’on avait un vrai groupe. On a tout mis en place pour que le groupe se sente bien dès le
stage de pré-saison. En plus de ça, l’arrivée de certains joueurs a apporté un nouvel élan (je pense par exemple à Laki Lee et JJ Taulagi). L’état d’esprit de ce groupe est formidable.

Une preuve de la force de ce groupe c’est le renouvellement d’un nombre important de joueurs et du staff pour les saisons à venir ?
Bien sûr, ça montre que les choses se passent bien. En tant que coach, on est honnête avec les joueurs. On bosse bien quand il faut, on rigole quand il faut aussi. Le renouvellement s’inscrit dans cette dynamique et l’objectif de faire monter le club.

Faire monter le club, dès cette année ?
Tu sais c’est rare de jouer une phase finale. Nous n’avons pas envie de faire le déplacement en victime. Si ça sourit on sera les plus heureux et le club fera les efforts sur le recrutement.

Où en est le recrutement pour l’an prochain ?
Il n’est pas loin d’être terminé. Comme pour les prolongations de joueurs, le club fera les annonces au fur et à mesure. On cherche à fonctionner avec un groupe stable composé en majorité des joueurs actuels. On annoncera un talonneur pour palier le départ d’Hayam El Bibouji qui a été très performant
tout au long de la saison. C’est normal que les clubs viennent toquer à la porte et on est très heureux pour lui (NDLR : il s’est engagé envers la Section Paloise et devrait rejoindre Agen sous forme de prêt la
saison prochaine).

Si on se tourne sur ce barrage : un mot sur Albi ?
C’est une équipe très costaud devant, très forte dans le jeu de pénétration et avec de l’expérience. Ils sont plus complets que par le passé, ils envoient désormais du jeu derrière et sont plus homogènes. Pas pour rien qu’ils sont régulièrement dans les meilleurs de Nationale depuis plusieurs années et qu’ils ont
été en haut de classement toute la saison. Face à Nice, ils manquaient de rythme après presque un mois sans jouer. Il faut toujours remettre les choses dans leur contexte.

Comment abordez-vous le match cette semaine ?
Ce n’est pas en quelques jours que l’on révolutionne tout. On arrive la veille comme d’habitude après une semaine où l’accent sera mis sur la fraicheur et le collectif. Les joueurs sont déjà informés de la composition. En phases finales, il n’y a pas de calcul à faire.

En tant que sud-africain, tu sais préparer des ¼ de finales avec le statut d’outsider ?
C’est clair (rires). A titre perso, je pense qu’on ne perd jamais le côté sud-af même si j’ai été naturalisé français il y a 20 ans maintenant. On y croit, les joueurs y croient. Cette qualification historique est une très bonne chose pour Suresnes. On est très heureux pour les présidents et l’implication de tout le monde au club. On a grandi.

Propos recueillis par Matthieu Santesmases

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