À seulement 29 ans, le 1/2 de mêlée et capitaine du Sporting Club Graulhetois a décidé de mettre sa carrière entre parenthèses et se consacrer l’année prochaine à sa seconde passion : le cyclisme. Celui qui a enquillé 218 points depuis le début de saison, fait parti des meilleurs canonniers de la Nationale 2, tout en étant un leader du vestiaire rouge et noir. Avec cette pause qui a surpris le microcosme Graulhetois, Davy Chiffre a tiré provisoirement sa révérence dimanche dernier devant le public de Pélissou face à l’Olympique Marcquois (défaite 19-24). C’est avec sa bonhommie naturelle et son franc-parler que le futur ex joueur du SCG nous a accordé une interview, lors du plateau d’après match, pour nous parler de cette décision qu il a mûri tout au long de la saison. En clair après avoir gravit les cimes du rugby, Davy Chiffre compte avaler les cols Pyrénéens pour qui sait revenir dans quelques temps à l’ovalie.

On a appris en rentrant sur le terrain que tu allais tirer ta révérence en rouge et noir. Déjà, félicitations pour ta saison mais qu’est-ce qui a motivé ton choix ?
Tout d’abord, merci. Qu’est-ce qui a motivé mon choix ? Je joue au rugby depuis que j’ai 5 ans, âge auquel j’ai pris ma première licence et depuis, j’ai toujours tout donné pour le rugby jusqu’en espoir à Albi, centre de formation, ensuite en partant en Fédérale 1 à Rodez puis Castanet pour finir à Graulhet. J’ai toujours tout donné pour ça et pour m’entraîner et aujourd’hui, j’arrive à un moment où on va dire que je suis un peu sur les rotules et j’ai besoin de couper mentalement, de me ressourcer. Je n’ai pas tout à fait 30 ans, je les aurai dans un an mais j’ai envie de me donner d’autres challenges, tout le monde sait que j’ai une autre passion qui est le vélo. Aujourd’hui, je fais un peu le bilan de toutes ces années rugby, je me suis construit en tant que joueur mais surtout en tant qu’homme, j’ai rencontré plein de belles personnes dans tous les clubs où je suis passé. Plus récemment, ici, à Graulhet, j’ai rencontré des gens merveilleux, un club hyper familial, je savais de toute façon ce que ce serait en venant mais je ne pensais peut-être pas autant. J’ai côtoyé des gens comme Jean-Chris, si je suis venu à Graulhet, c’est parce qu’il me connaît depuis que je suis tout petit, je pense aussi à quelques joueurs comme Léo Durand, Quentin Pueyo qui est venu un peu plus récemment. A la base, c’est pour ça que je suis venu, pour le challenge humain, je suis arrivé dans un club que Jean-Chris avait repris et où Olivier Regnier menait ça de main de maître depuis un petit moment. Ça a été un peu compliqué, on est arrivé et on a serré les fesses mais on a réussi à construire un groupe extraordinaire qui nous a emmené jusque-là où on est aujourd’hui avec tous les moments qu’on a pu connaître sur le terrain mais aussi en-dehors.

Ça ne va pas te manquer tout ça ?
Je ne sais pas si ça me manquera, peut-être. Je ne mets pas non plus un terme définitif et si jamais ça me manquait, je pourrais reprendre mais aujourd’hui, au niveau où on joue là, je trouve moi que c’est niveau qui est très bon et si on ne s’y donne pas à 100%, je pense que c’est compliqué d’y performer. Aujourd’hui, quand je rentre sur un terrain, je sais que c’est pour performer, j’ai une profession à côté, le rugby me prend beaucoup, beaucoup de temps et j’ai aussi envie de me reconcentrer sur le côté professionnel. Je me dis qu’aujourd’hui, à ce niveau-là, c’est un peu trop compliqué de mêler la vie privée, la vie pro et la vie rugby, je l’ai fait et j’en suis super content mais là, il faut couper, je le sens comme ça.

Est-ce qu’on peut dire que Benoît Bellot et Jean-Christophe Bacca sont des entraîneurs qui auront compté pour toi ?
Bien sûr ! Concernant Jean-Chris, il peut le dire, il m’a vraiment connu tout petit mais quand je suis arrivé au club, ils m’ont vraiment accueilli et ils m’ont donné toute leur confiance dès le début, quand je suis arrivé la première année, il n’y avait que Jean-Chris, Benoit est arrivé après mais assez rapidement derrière. C’est vrai que je pense qu’au-delà du sportif, il y a aussi l’humain et je crois qu’on s’est direct entendu sur ce point-là, ils m’ont un peu filé les clés avec Olive, Léo et Kevin qui a un peu été le magicien pendant 2, 3 ans et qui nous apporté. Oui, Benoit et Jean-Chris sont des entraîneurs qui ont compté pour moi sur le terrain mais aussi en-dehors, ils m’ont appris humainement.

Est-ce que rentrer avec Kevin Boulogne pour ton dernier match, tu l’avais imaginé celle-là ?
(rires). A mon avis, c’est Kevin qui ne l’avait pas imaginé parce qu’il aurait dû finir bien avant moi et que, finalement, c’est moi qui finis avant lui. Par contre, je pense que ça symbolise aussi notre relation avec Kevin, on s’est rencontré il y a trois ans en arrivant à Graulhet et ça a matché de suite. On a eu une relation vraiment très amicale, sur le terrain et en-dehors, et je pense que ça nous a porté sur le terrain.

Quel est le plus beau moment que tu retiens de ces années graulhetoises ?
Il n’y en a pas qu’un mais je citerai le match contre Hyères-Carqueiranne La Crau la première année à la maison où on passe à rien de l’exploit, franchement, celui-là, je pense qu’on doit le gagner. Ça, franchement, ça a été très fort et ensuite, il y a le moment où on a passé 10 / 15 minutes au milieu du terrain après notre victoire contre Mazamet à attendre de savoir si on allait monter en Nationale 2 ou pas, il y a aussi eu quelques bringues chez Pito ou lors de retours en bus après des victoires. Ce sont donc de supers moments pour moi que je garderai bien sûr gravés à vie.

Quel est le moment le plus cocasse que tu as vécu à Graulhet, une anecdote ?
Je ne pourrai pas en ressortir un en particulier car quand vous vivez 2 ou 3 saisons avec Quentin Pueyo, des moments cocasses, il peut en arriver n’importe quand et je pense que ni Jean-Chris ni Olive ne me contrediront. Vous savez avec qui vous êtes mais vous ne savez pas ce qu’il peut vous faire donc je ne te sortirai pas un moment cocasse parce qu’il y en a eu énormément.

Début Juillet 2025, quand va démarrer le Tour de France 2025, est-ce qu’on regarde si on voit Davy Chiffre dans les équipes professionnelles ?
A mon avis, je pense qu’il n’y a quand même pas besoin de regarder car il y a 4 ou 5 mondes d’écart avec ce que je suis capable de faire, je suis un humble cycliste (rires).

L’essentiel est que tu vives ta passion. Pour la dernière question, on va laisser la parole à Jules Montels
JM : Je souhaitais encore te remercier pour tout ce que tu as apporté au Sporting. Je comprends aussi ta décision de te poser, de te consacrer un peu à autre chose pour te vider la tête et j’espère en tous cas que le vélo te réussisse aussi bien que ta justesse au but. Donc, merci pour ce que tu as également apporté au Sporting mais en espérant que ta décision ne soit pas irrévocable.
Merci. Je ne l’ai pas dit mais Jules fait aussi partie des mecs pour lesquels j’ai beaucoup d’affection. Il a arrêté sa carrière juste quand moi j’arrivais, on a joué quelques temps ensemble et c’est comme Olive, ce sont pour moi des joueurs emblématiques du club, des personnes qui véhiculent toutes les valeurs graulhetoises et qui m’ont accueilli à bras ouverts. Jules est aussi un joueur émérite sur le terrain, grand vaillant, très bon preneur de balles en touche mais qui apparemment, c’est ce qu’on m’a dit dans l’oreillette, serait en passe de démarrer une carrière de cycliste aussi. Ce n’est pas le même gabarit mais ça peut me protéger un peu du vent sur quelques parties plates (rires).

Propos recueillis par Loïc Colombié

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