Entretien avec le vice capitaine du Cognac Rugby Charente, Mathieu Billou, qui se bat actuellement pour son maintien Sportif et administratif en Nationale 2, et dont le déplacement, ce dimanche à Graulhet, apparaît comme un choc pour le maintien de cette 19eme journée.

Tu fais partie des vieux de la vieille du côté du Cognac Rugby Charente, tu as tout connu, la Nationale, la Nationale 2 et ces deux dernières années qui ont quand même été fort compliquées. J’imagine que pour toi, en tant que joueur, ça doit peser un peu ?
Oui, ça pèse forcément un peu, ce ne sont pas des situations faciles, que ce soit sur le sportif ou sur l’extra-sportif. Ça fait aussi partie du sport de haut niveau et du sport professionnel, ce n’est fait que de hauts et de bas, ce sont des moments qu’il faut passer. On les passe, quand on est attaché à ce club, ça nous touche forcément au plus profond, mais on est toujours là, on est debout, on est toujours vivant, on se bat sur le terrain et en-dehors en attendant des jours meilleurs.

Tu fais maintenant partie de ces joueurs qui sont attachés à la Charente et qui voient leur avenir, que ce soit dans le rugby ou professionnellement, en Charente ?
Je me suis vraiment attaché à ce club, à la ville et à la Charente en général. Je côtoie aussi beaucoup de monde en-dehors du rugby, ici, c’est petit, c’est une ville à taille humaine et un club à taille humaine, donc tout le monde est concerné par cette situation et, franchement, c’est d’autant plus touchant.
J’imagine que depuis quelques jours maintenant, quasiment une semaine, le club s’est vraiment mis en mode commando et ce, même si vous l’étiez déjà un petit peu. Depuis l’annonce de la rétrogradation par la Fédération Française de Rugby, sachant qu’il y a cependant eu un appel, il doit y avoir une ambiance commando dans le club et un esprit de survie ?
C’est ça, on survit, on s’est beaucoup resserré entre nous, on essaye de rester un peu dans notre cocon et de se battre. Que ce soit sur le terrain ou en-dehors, tout le monde se bat pour que ce club survive, quand on voit la communion qu’il y a eu contre Saint-Jean de Luz, le monde dans les tribunes, le soutien … Dimanche, le Parc des Sports était le poumon de la ville, tout le monde était là, il y avait une super ambiance, les enfants jouaient autour du terrain, les gens étaient habillés en rouge et blanc, les tribunes étaient pleines, les gens sont restés après le match pour faire la fête donc, forcément, on a juste envie de se battre pour ce club qui, en fait, ne doit pas mourir.
Le match contre Saint-Jean de Luz était un match charnière pour le maintien et pour sortir de cette zone rouge. Je suppose que, comme tu le disais, tous ces gens qui se sont fédérés autour de vous vous ont donné du carburant pour, jusqu’à la fin de saison, aller chercher ce maintien et même montrer que vous aviez une place au-delà du maintien ?
Tout à fait. On a quand même passé une semaine compliquée où, malgré tout, on a beaucoup cogité mais il fallait en même temps préparer ce match capital contre Saint-Jean de Luz. On a eu la chance de voir le public cognaçais qui a répondu présent et qui a poussé dès l’échauffement, il y avait une très grosse banderole en l’honneur du club avec des fumigènes rouge et blanc. On s’est senti soutenus d’entrée et je crois qu’on n’avait vraiment pas le droit de passer à côté. C’était le premier gros rendez-vous à cocher dans la course au maintien et pour se pousser un petit peu plus haut dans le classement, on a su répondre présent et maintenant, il y a d’autres échéances qui se profilent et il va falloir les prendre avec sérieux.
Ce dimanche à 15h, ce sera à Graulhet, un autre adversaire au maintien. C’est là aussi une autre bataille, un commando, une mission survie ?
C’est ça, c’est l’étape 2, il reste 5 matchs, c’est l’étape 2 sur 5 et pas la plus facile. On sait que ce sera un déplacement forcément périlleux, qui plus est contre cette équipe de Graulhet qui vient de battre le leader et qui va donc être en totale confiance. Il va absolument falloir que l’on mette tous les ingrédients ce jour-là car je sais très bien que ces déplacements-là dans des villes comme ça et contre ces équipes-là peuvent très, très vite tourner au cauchemar donc on se prépare en conséquence.
Le match aller entre Cognac et Graulhet avait été serré pendant longtemps ?
Oui, c’est un match qui avait été serré et joué sous des conditions climatiques catastrophiques. On ne voyait rien, je me rappelle qu’il y avait du vent, de la pluie, de la boue donc ça avait forcément nivelé un petit peu les deux équipes, il n’y avait pas eu de grosses, grosses envolées. C’était un match accroché. On avait réussi à en sortir victorieux en s’étant fait peur.
Qu’est-ce que tu penses de cette équipe de Graulhet et qu’as-tu retiré du match face à Salles ?
C’est une belle équipe, une équipe qui se déplace bien, qui est costaude, qui joue un rugby complet et qui va forcément vouloir marquer le plus de points possibles sur les dernières rencontres pour montrer qu’elle n’a pas sa place ici donc on s’attend vraiment à un gros test.
A ton avis, à quelle place penses-tu que le Cognac Charentes Rugby finira ? Est-ce que, d’après toi, vous allez réussir à sortir ce maintien et même montrer à tout le monde que vous auriez eu une place dans le Top 6 ? Je parle bien sûr si on vous rajoutait les points qu’on vous a enlevés
Honnêtement, aujourd’hui, on ne compte pas sur les points qu’on nous a enlevés tant qu’on ne les a pas au classement, ils sont » en suspens « . Sans faire de calculs d’apothicaire, nous, ce qu’on veut, c’est juste marquer et prendre le maximum de points sur les derniers matchs pour montrer qu’en fait, notre place n’est pas ici et que, quoi qu’il arrive, on aura tout donné. C’est surtout ça, je ne veux absolument pas qu’on ait de regrets à la fin quoi qu’il se passe, tout le monde se bat pour sauver le club et nous, à notre échelle, c’est à dire sur le sportif et au niveau des joueurs, il faut que l’on prenne le maximum de points pour qu’en fait, on puisse se regarder dans les yeux à la fin et se dire » on a fait tout ce qu’on a pu faire et on est là aujourd’hui « . Quand je vois aujourd’hui la capacité de l’équipe, je sais très bien qu’on peut faire de grosses prestations et que notre place n’est pas 11es comme on l’était encore la semaine dernière. J’ai donc une grosse confiance dans le groupe qui est fort, résilient et, on ne va pas non plus se mentir, cette situation tisse forcément des liens et ça tisse des liens dans un groupe qui, en fait, était nouveau en tout début de saison mais il y a eu tellement de rebondissement qu’on a l’impression que la saison dure depuis deux ans. Honnêtement, le mot d’ordre est de se livrer dans la bataille, ne pas calculer et jusqu’au bout, jusqu’au bout, jusqu’au bout car, quoi qu’il arrive, ce club va se battre jusqu’au bout parce qu’il le mérite et qu’il ne doit pas mourir.
Propos recueillis par Loïc Colombié

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