Retrouvez la conférence de presse de Mathieu Bonello, le manager du SC Albi, en amont de la 22eme journée de Nationale, qui verra les Tarnais (2nd) affronter le RC Suresnes (4eme) ce soir à 19h30 au stadium municipal.

C’est une victoire face à Carcassonne qui a fait parler en positif du SCA car ça a quand même été un gros match qui a montré où vous en étiez à cet instant T ?
C’est vrai qu’on est content d’avoir gagné, c’est toujours bien pour l’équipe. Ça veut dire qu’on avance et qu’on prend des points mais c’est surtout la production qui a été présente donc c’est une bonne chose et c’est positif même si on sait très bien qu’il va falloir remettre le bleu de chauffe tout en sachant se satisfaire des bonnes choses que les joueurs et que le staff ont fait.

Est-ce que c’est un match référence ?
Je ne sais pas si c’est référence mais on s’en rapproche. Les joueurs sont convaincus de ce qu’ils font, ils prennent du plaisir et c’est important pour nous, coaches, mais ça n’est qu’un match et il en reste encore beaucoup.

Tu disais qu’il ne fallait pas s’enflammer. Est-ce que c’est la première chose que tu leur as dite lundi car vous avez encore deux matchs à la maison avant deux déplacements, vous venez de battre Carcassonne qui est un gros donc est-ce que ce n’est pas un risque ?
Si là, tu n’es pas capable de te remettre en phase à 4 journées de la fin, puisqu’il ne nous reste que 4 matchs, c’est que tu n’as pas compris ce qu’étaient le rugby pro et les ambitions. J’ai trouvé les joueurs mesurés, j’ai envie de dire que j’anticipe mais c’est vrai que ça nous crée de la confiance et pour faire de bons matchs, il faut aussi être en confiance. Par contre, il faut respecter notre cadre, ce que l’on fait tous les jours et comment s’est construit le groupe cette année donc moi, je trouve que c’est une bonne chose. Maintenant, il faut que l’on continue notre chemin et, comme je le dis souvent et comme vous en rigolez souvent aussi, c’est les matchs les uns après les autres mais je vous prouve que c’est le cas dans le bon comme dans le moins bon parce-que là, je ne saute pas au plafond.

Est-ce que prendre les matchs les uns après les autres est encore plus le cas en fin de saison ?
Oui, je le pense. Moi, je suis un adepte de ça, je trouve que chaque point est et va être important mais c’est surtout ce que toi, tu es capable de faire. Il y a tellement de choses qui se passent à chaque journée que tu perdrais trop d’énergie et ça me permet aussi de mettre les joueurs devant leurs responsabilités pour le match. Suivant celui qui prend le maillot, qui est dans le groupe, il est responsable du match qui arrive et comme nous sommes quand même adeptes de tourner et de faire des choses, le joueur est convaincu de ce match et il ne regarde pas plus loin que ce match.

La semaine dernière, on a parlé de préparation mentale. Est-ce que la meilleure préparation mentale qu’il y ait eu n’est pas celle de lundi dernier au retour de Hyères-Carqueiranne La Crau où on n’était peut-être pas dans les clous ?
Non. Je dis des choses dans les retours ou avec les joueurs dans les vestiaires, ça restera entre nous et ça reste toujours entre nous, dire que je n’étais pas content, je pense que personne n’aurait compris l’inverse. Ce que je leur ai dit reste entre nous et comme j’ai entièrement confiance en notre groupe et dans les joueurs, on se dit les choses, on part de la pièce et on a fini. On dit souvent que quand on aime bien les gens, on sait aussi leur dire les choses et ça, c’est important pour moi. Concernant la préparation idéale, c’est quand même quand tu as gagné le week-end, on avait perdu lundi dernier et ce n’est jamais idéal de perdre car, comme je le disais tout à l’heure, la confiance vient en gagnant. Je ne suis donc pas un adepte d’être là pour dire mon mécontentement de la performance que l’on vient de faire le week-end mais, en tous cas, ça permet aussi de situer le projet.

C’était plus simple ce lundi matin ?
C’est plus simple mais c’est surtout différent, en fait, je n’ai pas envie de dire plus simple, c’est différent. Je parlais aussi de constance pendant les matchs et nous, il faut que l’on soit capables, ce match n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’un match supplémentaire, celui de la J21. C’est un match de plus dans une saison donc pour nous, ça ne change pas.

Il y a quelques mois, tu nous avais parlé de l’œil du maquignon. Est-ce que l’œil du maquignon s’est aperçu quelques jours avant Carcassonne que les joueurs étaient dans le truc et que quelque chose allait se passer ?
Quand tu es entraîneur et que ça se passe bien, tu dis oui (rires). Aujourd’hui, il y a des joueurs qui sont câblés et convaincus d’être à fond dans le projet, ça, tu le sens parfois et, a contrario, il y a des joueurs que tu sens en méforme ou pas totalement dispos. C’est donc aussi à nous de faire les bons choix sur la feuille de match, parfois, c’est gagnant, parfois non mais en tous cas, oui, on essaye de le ressentir en début de semaine pour dire » celui-là, on peut y aller, celui-là, on ne peut pas » mais ça n’est pas toujours facile.

Tu parlais de constance pendant les matchs et là, tu l’as eue pendant 80 minutes. Maintenant, et même si tu parles de match les uns après les autres, tu dis qu’il n’en reste que 4 et qu’il faudra donc avoir cette constance sur 4 matchs de rang car il y a de moins en moins de points à prendre et que donc, le moindre faux-pas est interdit ?
Je ne veux pas que les joueurs l’abordent comme ça. Comme je l’avais dit toute la semaine, je trouve qu’ils l’ont abordé dans le sens de faire la meilleure performance dans l’investissement. C’est ça que je vais rechercher pendant ces 4 matchs car je sais que si on est à ce niveau d’engagement-là, on fait des belles choses. Notre plus gros ennemi, c’est nous-mêmes et c’est donc cette constance qu’il va falloir chercher sur les 4 matchs qui vont rester, cet investissement total que, par moment, on n’a pas toujours mis, pour différentes raisons qui ne sont pas toujours liées, on gagne ensemble, on perd ensemble donc c’est l’ensemble du groupe sportif, autant staff que joueurs. Je trouve qu’aujourd’hui, les joueurs sont convaincus de vouloir faire de belles choses avec les matchs qu’il reste car il n’en reste plus beaucoup.

Comment est-ce que tu abordes un 2e match d’affilée à domicile ? Il y en aura trois mais avec une coupure et il faut réenchaîner après une très, très bonne prestation et beaucoup d’attentes
On a beaucoup fait d’enchaînements de matchs cette année, on est quand même habitués. Je ne trouve pas ça cool et je trouve même que pour le championnat, avec les 3 trucs qui se sont passés, c’est trop. Toutes les équipes avaient leur truc à jouer avec ces 3 matchs de rang mais on fait avec comment le calendrier est fait. Je pense que nos matchs passés, ne serait-ce que sur ce dernier mois, nous servent de piqûre de rappel, du moins qu’on n’a pas de marge et, même si on a montré de la constance, on a quand même manqué d’efficacité dans la zone de marque ce week-end. Je trouve qu’on a aussi besoin de cette constance et les joueurs savent également qu’il n’y a plus beaucoup de matchs ni beaucoup de temps de jeu à aller gratter.

Sur les derniers matchs que vous avez à jouer, ce ne sont quasiment que des concurrents aux play-off. Est-ce que vous allez les appréhender un peu comme des 32es ou 16es de finale pour monter en pression pour les phases finales ?
C’est vrai qu’on pourrait mais non, on n’en est pas là. On va prendre ce match à la maison comme on veut les prendre pour faire le meilleur match possible face à une très grosse équipe.

Le positif de vendredi soir est qu’on n’a pas vu de gestion de la part des joueurs. Ils se sont envoyés même si, peut-être, ils ont manqué d’efficacité sur la 2e mi-temps par moment donc j’imagine que c’est du positif ?
Oui, c’est positif mais ça demande de l’énergie, c’est avec eux qu’il faudrait en parler. Il faut beaucoup d’énergie et on travaille pour essayer d’avoir de l’énergie sur 80 minutes car c’est long. Il faut qu’on ait également cette capacité à scorer mais c’est vrai que ce qu’il s’est passé vendredi soir est un point positif mais, encore une fois, ce n’est qu’un match dans une saison et il reste de gros matchs, des matchs importants et des points à distribuer. Il faut donc que l’on travaille cette constance pour essayer d’être plus constant sur les matchs qui vont rester.

Vous avez beaucoup de grosses équipes, 3 sur 4, sur cette fin de saison. Est-ce que, finalement, ce n’est pas le mieux d’affronter des adversaires que l’on risque de retrouver en phases finales ?
Oui mais c’est surtout qu’on sait qu’on n’a pas de marge. Ils sont bons, franchement, le prochain adversaire est une grosse équipe, elle a fait de bons résultats que nous, on n’a pas su faire à l’extérieur. Je trouve que ça nous met dans ce qu’on va aborder si on a la chance de se qualifier aujourd’hui, tant qu’on ne l’est pas mathématiquement, voilà … Je pense que c’est une bonne chose, je sens que l’équipe sait qu’elle n’a pas de marge de manœuvre et ça, c’est bon pour faire de bonnes performances. On est quand même français et on sait que quand on a de la marge, on se dit » ça va aller » donc là, on sait qu’on n’en a pas et c’est tant mieux parce qu’on va bien se préparer.

On a vu des joueurs pas mal marqués après le match, on sentait que le combat avait quand même été sévère. Comment est-ce que vous avez récupéré lundi matin ?
C’était un match de rugby (sourire). Quand tu sors d’un match de rugby avec de l’intensité, tu es un peu passé à la machine à laver. Il faut qu’ils récupèrent, on y va aussi modérément dans la préparation, on calibre également au niveau des prépas physiques et c’est important pour nous dans la quantification de nos entraînements. Il y a certaines séances individualisées pour aussi régénérer les corps mais ça va, ils sont jeunes ! Ils ont joué vendredi, le week-end est passé et c’est normal qu’à la fin d’un match, quand tu sens que tu as joué, c’est souvent que tu t’y es donné donc c’est une bonne chose.

Il y avait aussi le sourire du travail bien fait ?
Bien sûr, quand tu gagnes les matchs, tu es toujours content, fier et encore plus quand tu fais une bonne production donc c’est bien mais basculons sur le reste.

Toi, l’expert du rugby francilien puisque tu as passé deux ans à Massy, Suresnes, ça te parle, tu connais bien ?
Je connais mais ils ont évolué, chaque année je trouve. C’est devenu un poids lourd de la Nationale, ils ont des ambitions, un beau projet, ils évoluent dans les structures, l’équipe et le club, ce n’était pas pareil à l’époque où j’étais à Massy. Aujourd’hui, c’est vraiment une grosse équipe de la poule et qui a les moyens de bien figurer dans ce championnat-là, elle fait de gros résultats et c’est vraiment aussi un gros test dans le niveau de l’équipe que l’on va rencontrer ce week-end, on sait qu’on aura fort à faire vendredi soir.

Est-ce que tu récupères des joueurs au niveau de l’infirmerie ?
On n’a pas fait le bilan médical, on le fait d’habitude le lundi mais là, on l’a reporté au mardi matin. On ne sait pas trop pour l’instant, il y avait beaucoup de blessés, il y a Luke Stringer qui revient dans la course mais pour le reste, je ne sais pas trop.

Question d’actualité générale : on a vu le site Rugby Fédéral et même le président d’Auch appeler à faire une grande Nationale de 4 poules de 12, à savoir une Fédérale 1 comme à l’ancienne. Qu’est-ce que tu en penses car j’imagine que ce n’est pas de ton goût ?
Je n’ai ni entendu ni lu mais non, ça serait une grosse erreur. On a vu qu’en Nationale, il y avait de la place pour tout le monde, le seul truc pour lequel je milite et qui, j’espère, sera faisable, c’est que les instances montent un vrai cahier des charges. C’est indéniable, il faut un vrai cahier des charges pour l’année prochaine en Nationale, pour plein de points, du détail jusqu’au gros point financier. Il faut un cahier des charges comme à l’époque quand il y a eu la création du Top 14 puis de la Pro D2, il n’y avait pas de cadre au début et c’est venu donc là, il faut qu’il y en ait un même si ce n’est pas régi par la Ligue mais par la Fédé et puis c’est tout. C’est un travail mais c’est ça qu’il faut faire car on voit le niveau des matchs de cette division, je vais voir des matchs à des niveaux en-dessous et il y a quand même un gap qui existe aussi avec la Pro D2 donc je pense que c’est une bonne chose de la garder.

Est-ce qu’on vous consulte là-dessus ou est-ce que vous communiquez entre entraîneurs de Nationale sur ces demandes ?
Non, j’essaye de donner ma parole là. On est parfois écouté, parfois, on nous demande, on reçoit des mails pour voir ce qu’on pense de la division. Nous, on a émis ce souhait-là de monter un vrai cahier des charges et maintenant, je pousse aussi les instances qui sont compétentes en la matière de se rapprocher aussi des acteurs, des présidents mais surtout des entraîneurs, des managers et de quelques joueurs pour essayer de monter un cahier des charges, peut-être pas un gros cahier des charges pour débuter mais y venir petit à petit et l’améliorer chaque année. C’est vrai que je suis sûr que ça fera avancer, je suis sûr qu’ils vont le mettre en place et je suis sûr que la Fédé y arrivera. En tous cas, ils ont toute ma confiance pour ça.

Pour parler du public, on sait que le club a fait un gros travail dessus, ils ont capté les étudiants de l’Ecole des Mines qui se sont déguisés. Vendredi prochain, c’est la journée internationale de la femme et le club invite toutes les femmes à venir gratuitement au Stadium. Que penses-tu de cette volonté d’aller capter ce nouveau public ?
C’est génial ! Moi, j’adore, je trouve que c’est une bonne chose, je trouve que c’est génial pour trouver des solutions et pour que les gens viennent au stade. On doit être un club chaleureux donc je trouve que c’est une bonne chose mais c’est aussi à nous de bien montrer sur le terrain. Après cette opération-là, le service administratif du club et le directeur du club œuvrent pour l’équipe, ils sont aussi au service du sportif tout comme le sportif est au service de l’administratif. Je pense aussi que c’est avec des opérations comme ça, les filles sont totalement investies dans le projet du club et avec les idées des uns et des autres, c’est une bonne chose.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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