Tout deux 3/4, parfois concurrents, mais invariablement amis sur et en dehors des terrains, Valentin Tirefort et Hugo Planes nous ont partagé à notre micro, leur joie commune après la victoire salvatrice mais pas encore décisive pour le maintien face à l’US Salles. Ces deux enfants du rugby Tarnais nous ont exprimé leur satisfaction de voir le groupe répondre aux critiques par une victoire de prestige (31/24) face aux leaders de la poule 1 de Nationale 2, en y alliant la manière et les valeurs chères au public Graulhetois. Avant de se focaliser sur la toute aussi périlleuse réception de Cognac, le duo Planes/Tirefort a profité pleinement des sourires retrouvés lors de la 3eme mi-temps du côté de la cité du cuir.

Est-ce que vous avez pris du plaisir dans ce match ?
Hugo Planes : Oui, on a pris du plaisir aujourd’hui. On a réussi à déplacer les ballons en 1ère mi-temps, on était contre le vent, il y a quand même un résultat qui était en notre défaveur avec ce 17 à 3 et on s’est dit que ça allait être compliqué face au premier plein de confiance, ils sont venus trois fois et trois essais. Ensuite, on a réussi à un peu se relâcher, à envoyer du jeu et surtout à bien défendre, c’est surtout là où on voulait plus se rassurer et c’est chose faite aujourd’hui. Je pense qu’on cherchait un état d’esprit et on a su le retrouver.

Valentin Tirefort : Complètement d’accord avec Hugo. Je mettrai un accent sur la 2e mi-temps où on a vraiment pris le dessus en défense, on a senti qu’ils ne gagnaient plus leurs duels offensifs, qu’on avançait en permanence, en permanence et je pense que c’est ce qui nous a fait nous remettre tout de suite dans le match mais aussi scorer puisqu’on a scoré à chaque fois qu’on est allé chez eux. Dans les têtes, à un moment donné, on s’est senti plus ou moins intouchables.

Le retour des vestiaires a été prépondérant, c’est là où les mouches ont changé d’âne ?
Hugo Planes : De toute façon, comme je te le disais, il y avait 17 à 3 et on n’avait pas grand-chose à perdre. On cherchait une victoire, eux aussi, donc on s’était dit » mot d’ordre, on attaque fort, on va avoir le vent, on a des gros jeux au pied, on a Davy, Botti, Val qui occupent bien l’espace « . On s’est donc dit que c’était vraiment à nous d’enclencher le pas, ce qu’on a fait, je crois qu’on a réussi à marquer 3 essais en 10 minutes et à réussir à les faire douter mais si on voit qu’ils reviennent quand même à la fin, c’est une très belle équipe. On est vraiment très, très content de l’état d’esprit qu’on a mis, je pense qu’on ne s’est vraiment pas menti dans les vestiaires et que quand on s’est dit qu’on y allait, on y est allé vraiment à 15, même à 23.

Valentin Tirefort : Encore une fois, complètement d’accord, je pense qu’il a tout dit mais j’insisterai sur le fait que cette victoire sera importante que si on gagne le week-end prochain contre Cognac. On sait la difficulté qu’à Cognac, et on ne va pas revenir là-dessus, ce n’est pas notre souci et, en tous cas, il faut les respecter jusqu’au bout. Si on refait la même déconvenue que face à Anglet, on va effacer la victoire d’aujourd’hui donc il faut que l’on revienne conquérants à l’entraînement la semaine prochaine et conquérants sur le match pour regagner ici et refaire plaisir à tous les supporters et à tous les mecs qui nous accompagnent.

On va parler d’Anglet car vous avez été vexés dans l’amour-propre. On ne va pas se mentir, vous avez pris un peu des pièces, vous avez été vexés et aujourd’hui, c’est la meilleure réponse sur le terrain ?
Hugo Planes : Tout à fait, tu as tout dit, je pense qu’au-delà de l’équipe, c’est le groupe et le club qui en a pris un gros coup sur la carafe. On a des ambitions et même si tout ne se passe pas toujours tout bien, ça ne fait que 2 ans qu’on est monté, il ne faut pas oublier qu’on a mangé notre pain noir pendant 5 ou 6 ans. Là, on a des dirigeants très dynamiques, on a des joueurs de qualité, on a eu beaucoup de joueurs, il fallait construire. C’est vrai qu’il y a eu des déconvenues, c’est arrivé à Beaune l’année dernière, c’est arrivé à Anglet cette année, il fallait se ressaisir, on a su le faire l’an dernier comme on a su le faire aujourd’hui. Je pense que ça peut arriver, on est encore une équipe jeune, je crois que la moyenne d’âge est de 25/26 ans donc ça peut arriver, ce n’est pas excusable, 38-0 à la mi-temps, ce n’est pas excusable mais ça peut arriver. En tous cas, on a su se ressaisir et il va aussi falloir que l’on valide la semaine prochaine pour gommer tout ça et enlever toutes ces mauvaises paroles qu’il y a eu.

Valentin Tirefort : On a la chance de pratiquer un sport qui nous permet de nous remettre en question chaque week-end. Ce qui s’est passé s’est passé, on pense à chaque fois au présent à court et moyen terme donc ça s’est passé, on a eu une déconvenue, on sait les erreurs qu’on a faites, tout simplement. L’important était de les gommer, la meilleure des manières était sur le pré et de gagner aujourd’hui.

Quelles sont l’image ou l’action de ce match que vous retiendrez ?
Valentin Tirefort : Pour moi, c’est clairement le triplé d’Alex Bénard. C’est une sacrée performance, c’est bien pour lui et c’est bien pour l’équipe, ça montre qu’on a des ailiers qui peuvent marquer des essais et qu’on peut aller jouer sur les extérieurs. Collectivement, je pense que ce sont ces 4 / 5 séquences en début de 2e mi-temps où on ne perd pas un seul centimètre sur la ligne d’avantage, on est connectés, on monte à chaque fois ensemble, on va les chercher, ils perdent des ballons et nous les rendent donc, derrière, ça nous met en confiance.

Hugo Planes : Moi, je pense que je retiendrai l’essai en force dès le début de la 2e mi-temps. Comme je te l’ai dit, on ne s’était pas menti dans les vestiaires, on s’était dit que quand on voulait revenir, on voulait appuyer fort et c’est ce qu’on a fait.

L’essai d’Olivier Régnier est aussi un exemple et un symbole ?
Hugo Planes : C’est tout à fait un symbole. Il revient, il avait du mal dans le sens où il avait beaucoup de concurrence et là, il s’installe. Je suis très, très content qu’il arrive à revenir à son niveau, surtout avec tous les efforts qu’il a faits.



Propos recueillis par Loïc Colombié

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