#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «L’ambition du club est toujours d’aller le plus haut possible quoi qu’il se passe et ça, c’est très clair!»

Ce vendredi lors d’une conférence de presse exceptionnelle et entouré de ses dirigeants, Mathieu Bonello est revenu sur les raisons qui l’ont amené à prolonger son bail au SCA, ainsi que sur les axes forts des prochaines saisons des jaunes et noirs. Celui qui est arrivé en juin 2021 a résigné avec le Sporting club Albigeois jusqu’en 2027 (+3ans) avec la volonté de développer la formation des Tarnais tout en ayant un haut niveau de performance en équipe première quelque soit le niveau . L’ex joueur du Castres Olympique est aussi revenu sur la saison actuelle et sur les dernières péripéties qui ont émaillé la Nationale. Mathieu Bonello qui souhaite dans ses axes fort pour le futur fédérer tous les albigeois autour du SCA, à aussi martelé que le club de la préfecture tarnaise avait « toujours l’ambition d’aller plus haut ».

Crédit photo Jacques Massine – Le #MagSport

Mathieu Comment s’est passé ce cheminent jusqu’à la décision de rempiler 3 ans en jaune et noir .

MB : Je voulais déjà vous remercier à la presse car cela fait trois ans et on a quand même passé de bons moments. Merci des échanges que l’on a pu avoir et qui ont toujours été constructifs, hyper constructifs dans le sens où on ne s’est forcément pas compris car j’arrivais sur la pointe des pieds et que tout le monde s’est mis un peu en position de  » protection « . J’ai également cette évolution de nos échanges, le fait qu’on se disait quand ça n’allait pas car, quand ça va, on ne se le dit pas, ce qui est normal. J’ai bien aimé comment on a construit ça au fil des années et je tenais aujourd’hui à vous remercier pour ça car c’est important dans une petite ville comme la nôtre d’avoir la presse avec nous, pas par le côté négatif et positif, mais par le suivi. Je trouve ça important, ce que je ne pensais peut-être pas il y a un an ou deux, mais je crois qu’il faut aussi savoir donner pour pouvoir évoluer. Aujourd’hui, j’ai pris ma décision sur trois points mais déjà, j’ai pris le temps, je devais l’annoncer fin Décembre, je l’annonce fin Janvier, ce que je ne trouve pas déconnant. A titre personnel, il était important de la prendre rapidement, tant pour le club que pour moi et j’ai donc décidé de rempiler pour 3 ans, ici, au SCA. J’ai décidé de signer un contrat un peu  » longue durée  » de 3 ans, on a évidemment fait notre tambouille avec certaines clauses également mais j’ai décidé de rempiler. Après avoir pesé le pour et le contre, la première raison, qui est essentielle au pourquoi j’ai accepté ce challenge ou du moins de le continuer, est que je suis Albigeois, que je suis né à Albi même si, bien sûr, je suis gaillacois dans mon fond mais je suis né à Albi et je pense qu’il y en a peu à avoir le privilège d’être l’entraîneur de sa ville de naissance et je suis énormément attaché à notre ville. La deuxième des raisons, c’est que je fais totalement confiance au club, à ses dirigeants et à son conseil d’administration, toutes ces personnes m’ont témoigné un soutien fort, d’une intensité rare dans ce milieu, et une confiance. Je me dois de prendre ça en compte également car dans nos métiers qui sont quand même assez précaires, on est souvent vite mis sur la place publique et quand notre club ne nous soutient pas ou peu, c’est toujours plus difficile et ça, je ne l’ai pas senti ici. Je remercie toutes les personnes qui sont là, et je vais en oublier, Jean-Jacques, Jean-Pierre, Alain, le président qui représente le club avec qui j’ai d’énormes facilités dans le travail ainsi que le conseil d’administration qui a fait des efforts pour qu’on se mette d’accord sur pas mal de points et ça, ça a été quelque chose qui a mis pas mal de poids dans la balance. La troisième des raisons de ma décision est le fait d’avoir une municipalité qui est derrière un club, derrière tous les clubs de la ville mais qui a une particularité avec moi à savoir que nous avons des liens forts et sincères et qui donnent de l’énergie au club ainsi qu’à mon projet, je ne sais pas si j’aurais pu retrouver ça ailleurs. Je suis aussi un jeune entraîneur, il a fallu que je choisisse entre la patience et l’impatience et j’ai donc décidé que je voulais être patient sur la suite de ma carrière. L’outil que j’ai ici, et que l’on a ici, que l’on a construit depuis un an, je ne l’ai pas totalement exploité et si je m’étais dit  » tout ça pour quitter le navire ? « , j’aurais eu un sentiment d’inachevé. Pourquoi cette décision sur la durée ? Car je crois que le virage que l’on est en train de prendre ou qu’on prend, on le voit tous les jours, ce sont nos jeunes joueurs et pour former de jeunes joueurs, il faut quand même du temps donc là, ça sera ni plus ni moins qu’une évolution du club différente de ce qui a pu se passer les autres années. Je me retrouve là-dedans car quand j’ai débuté ma jeune carrière d’entraîneur, je suis passé par les équipes de jeunes et j’ai toujours aimé ça et je pense que si on retrouve ces valeurs de club formateur à Albi, on doit être gagnant. On ne peut pas le faire sur un an, même si les choses peuvent se passer très rapidement dans le rugby, mais je crois à cette évolution-là de prendre ce virage. Voilà en gros les pourquoi du comment j’ai décidé de rester à Albi avec ce nouveau contrat qui est de longue durée.

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Maintenant que vous avez re-signé le staff, il y a beaucoup, beaucoup de joueurs en fin de contrat dont l’avenir était peut-être lié au départ ou non de Mathieu. Est-ce qu’on peut espérer avoir des renouvellements rapides de ces joueurs ou, en tous cas, une évolution des situations ? 

 

MB : C’était aussi un tournant pour mon choix de carrière et j’ai eu besoin de réfléchir pleinement uniquement sur mon cas personnel, même si j’en ai rencontré quelques-uns, et à l’avenir si je voulais continuer ici ou pas. Avec les matchs qui se jouent, j’ai eu besoin de rester focus sur ma décision à moi et sur rien d’autre et quand j’ai pris cette décision de continuer au club, j’ai commencé à regarder. Il y a beaucoup de fin de contrats mais je le savais et la stratégie est claire, tout comme pour le staff que je rencontrerai rapidement. Ça va s’enclencher assez rapidement maintenant car pour nous, Février est aussi une période propice à ça, en plus, ça commence de plus en plus tôt donc on va travailler pour annoncer des joueurs très rapidement qui vont re-signé dans le projet puisque, forcément, pour certains, c’était un peu en attente tant que le coach n’est pas ou prolongé ou nommé. Dans les jours ou les semaines qui vont arriver, on va tout faire pour essayer de faire des annonces pour solidifier l’équipe. 

 

De par ce long temps de réflexion, on peut dire que ta décision a été difficile. Est-ce que ça a été compliqué de choisir ? 

 

MB : Oui, ça a été compliqué quand tu es sollicité, c’est plus facile quand tu n’as pas le choix, je ne sais pas comment on peut le voir. Quand tu peux choisir, tu poses le pour et le contre et moi, je suis quand même quelqu’un qui a toujours travaillé dans l’affectif, même en tant que joueur, je n’ai connu que deux clubs donc l’affectif est hyper important chez moi et cette balance-là me met donc parfois devant une problématique de choix. Ça a été compliqué parce-que je suis à un âge où je suis certes encore jeune mais les carrières sont courtes, ça passe vite et on veut toujours aller au plus haut niveau, le plus haut niveau que l’on peut espérer. Quand tu te poses cette question-là, tu te dis  » est-ce qu’il faut aller au niveau au-dessus parce-que tu vas choisir un autre club ?   » ou  » est-ce que tu vas y aller avec ton club ?  » et je sais très bien que les choix, on les prend et qu’on ne sait qu’après si c’était le bon ou pas. J’ai en effet pris plus du temps car ça a été compliqué pour moi mais par contre, la seule chose pour laquelle je n’ai pas eu besoin de temps, c’est sur l’entente que l’on a tous, sur la confiance que tout le monde me témoigne à l’intérieur du club et sur la confiance que moi je peux avoir pour toutes les personnes qui travaillent au club. J’ai envie de dire que ça, ça se perd dans le rugby, il n’y a plus trop de relations comme ça, ce qui est normal puisque le rugby est devenu professionnel et que c’est notre métier mais il n’y a plus beaucoup de relations comme ça. Quand le président parlait de notre entente et de comment on fonctionne, c’est vrai que cela ne fait que trois ans mais, finalement, on n’a parfois vraiment pas besoin de se parler pour se comprendre, juste par un regard dans une situation particulière. Il arrive quelquefois qu’on ne soit pas d’accord les uns avec les autres mais par contre, s’il y a une chose que je sais ici, c’est que quand je passe la porte, on est tous dans la même direction même si le bateau peut parfois tanguer et ça, quand on rencontre d’autres clubs, il arrive qu’on ne le sente pas. Il y a aussi l’intériorité des clubs et l’instabilité, car c’est un poste qui est instable, mais il y a également mon évolution de carrière et encore une fois, je suis très attaché à mon coin et à mon département. Voilà pourquoi ma réflexion a été plus longue. 

 

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Quels vont être les grands axes des 3 ans ? 

 

MB : Le premier, c’est la formation. J’ai envie de dire que ces premiers 3 ans étaient sur la structure et là, j’ai plus envie de me focaliser sur comment on monte notre plan de succession, comment pérenniser le club toujours avec ces jeunes qui vont chaque année intégrer cette équipe 1. Au début, il y a trois ans, j’avais dit que je ferai par étapes et cet axe-là sera mon plus grand cheval de bataille, je vais y passer de l’énergie pour essayer d’y arriver. Si j’y arrive, tant mieux, si je n’y arrive pas, je vais être déçu mais je vais tout mettre en œuvre et mettre le club à contribution sur cette politique de jeunesse pour la mettre au centre de notre projet. Je suis convaincu, je suis sûr que, que ce soit en Nationale ou que ce soit en Pro D2, et que même s’il y a beaucoup de clubs ici, dans le bassin, qu’on peut être derrière le voisin castrais, être dans leurs pas et s’aider mutuellement, s’aider à rayonner dans le coin pour que le club avance et que les gens soient aussi contents d’amener leurs jeunes à l’école de rugby, on a des chiffres dans les sections de jeunes qui augmentent toutes les années et encore plus cette année. Ça, ça va vraiment être mon gros axe premier quant au 2e, ça va être de peut-être fonctionner un peu différemment dans notre staff sportif. Si on est en Nationale, notre staff sera du même nombre mais ce sera re-discuter du fonctionnement pur et dur sportif pour ne pas se reposer que sur quelques personnes du staff. Pour le 3e, c’est un objectif que j’aurai peut-être du mal à atteindre mais pour lequel je vais en tous cas me donner les moyens. J’ai aussi pris ce mois-là pour rencontrer des personnes importantes du coin pour comprendre un peu le microcosme albigeois. Même si j’y suis né, je n’y ai pas vécu, je n’y ai pas joué donc je veux comprendre pourquoi, par moments, on n’a pas les vents dans le même sens sur les personnes qui vont graviter autour et sur nos supporters. Pendant un mois, j’ai donc rencontré des personnes, des politiques, des chefs d’entreprises pour m’expliquer comment il fallait œuvrer ici pour faire adhérer à tout ça et c’est donc ça mon 3e axe, à savoir arriver à faire adhérer, à fédérer tous les mecs et tous les amoureux du SCA. C’est surtout fédérer tout ce SCA ensemble derrière une équipe, pas derrière un Mathieu Bonello, ça on s’en fout. Un entraîneur, il est aimé, pas aimé, critiqué, pas critiqué mais ce n’est pas ça mon job, c’est arriver à ce qu’on fédère derrière le logo du SCA. Je ne parle même pas en termes de nombre au Stadium, Jean-Jacques fait un boulot incroyable pour essayer de faire bouger les choses, car on ne mesure pas la popularité d’un club que par ses supporters, je ne dis pas, ça aide si tu en as 5 000 ou 1 500, mais c’est surtout cette ferveur et ce côté populaire, cette solidarité pour lesquels je vais essayer de batailler. J’ai plein d’idées, on n’est pas là pour les détailler mais aujourd’hui, je veux que les Albigeois ou que les amoureux du club soient contents de cette équipe, qu’elle gagne ou qu’elle perde. Je suis ouvert à la discussion, j’incite franchement les personnes à venir me voir sans problème soit après les matchs soit au centre d’entraînement pour me poser des questions plutôt que de ne regarder que le négatif. Ça, c’est aussi un gros axe que je veux faire, j’y arriverai, je n’y arriverai pas mais en tous cas, je veux y mettre de l’énergie.

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Est-ce que ta décision impacte aussi ton collègue Alexandre Albouy pour la suite ? 

 

MB : Je vais vous répondre à ça très librement. Aujourd’hui, comme je vous le dis depuis le départ, j’ai d’abord vraiment pensé et réfléchi par rapport à mon choix de carrière qui est indépendant de mes collègues du staff car, que je sois là ou que je ne sois pas là, et même s’il y a des liens, peut-être qu’ils auraient continué ou non. J’ai donc d’abord vraiment réfléchi à moi et à ma situation et là, même si j’ai commencé à y réfléchir, je vais rencontrer toutes les personnes du staff dont mon collègue avec qui je suis venu car c’est hyper important. Ce que je sais aussi, c’est que ce n’est pas parce-que je suis venu avec lui que je ne peux pas échanger et qu’on va enchaîner rapidement, non, je veux qu’on soit tous cohérents dans le staff avec mes trois objectifs que je veux travailler et il ne faudra pas que ce soit un seul homme qui y travaille mais tout un staff entier. Je vais donc rencontrer tout le monde dans les jours qui vont arriver pour discuter et si on est câblé ensemble, il n’y aura pas de raison. 

 

Dans l’histoire centenaire du SCA, trois ans, ce sont quelques lignes mais six, c’est une belle page, quelque chose de fort, un signal fort. Tu vas rester 6 ans et ce ne sont pas tous les entraîneurs qui le font ?

 

MB : C’est vrai ce que tu dis, toi qui connais l’histoire du club. Je trouve qu’il y en a de moins en moins, je pense que notre métier demande aussi d’évoluer chaque année car s’il y a des joueurs qui partent, on en garde aussi. Il est sûr que c’est une page et ça marque ma carrière, d’ailleurs, à part ma petite parenthèse massicoise, et même dans ma carrière de joueur, je ne suis pas un adepte de changer souvent de crèmerie car quand je trouve des gens investis et avec les valeurs que j’ai, pourquoi aller voir ailleurs quelque chose qu’on a chez nous et quelque chose que je défendrai toujours intensément car ça vient des tripes ? Ça, c’est quelque chose que le club et moi faisons bien ensemble. 

 

Quand est-ce que tu as fait l’annonce aux joueurs ? 

 

MB : Je l’ai faite aujourd’hui (vendredi 2 Février, NDLR). Quand tu es joueur, tu es forcément un peu en attente mais j’ai toujours été très libre avec eux car toutes les 3 semaines / un mois, je les ai toujours tenus informés d’où j’en étais et de ce que ça allait donner en termes de calendrier donc ça, quand le coach te dit  » ça va être là « , ça te rassure. Je m’étais engagé sur la fin d’année ou au mieux sur le début d’année, on a tiré un mois de plus mais je leur ai donné les explications et je leur ai dit que j’avais besoin de réfléchir car c’était une décision importante, quand tu as un choix à faire, il faut qu’il soit mesuré et bien réfléchi. Aujourd’hui, les joueurs ont leurs carrières à gérer donc j’ai envie de te dire que, que ce soit Mathieu, René ou Paul, ils auront un entraîneur mais bien sûr qu’ils veulent savoir qui c’est, comment et pourquoi. Le club en a rencontré quelques-uns pour faire avancer et bien sûr qu’ils demandent avec qui ils vont travailler ou qui va être l’entraîneur et c’est normal mais comme je leur ai dit depuis le début, il faut aussi que vous avanciez dans vos carrières. Le seul truc qui va changer pour eux aujourd’hui, c’est qui sera manager du club dès l’année prochaine et ils savent la différence, si ça avait changé, forcément, tu ne sais pas de quoi demain sera fait car certains connaîtront le mec et d’autres pas tandis que là, ils savent comment je travaille mais ils savent aussi très bien que je les connais tous par cœur donc, peut-être que les décisions arriveront plus rapidement que si quelqu’un était arrivé et était plus  » neutre « . Je pense qu’ils sont réellement en attente de savoir ce qu’on veut faire avec tous les joueurs et moi, en tous cas, je serai également transparent assez rapidement. C’est un projet, une continuité et il sera temps au mois de Mai de voir où on en est du classement et ce que l’on fait mais j’ai aussi envie qu’on évolue sur quelque chose de différent la saison prochaine, même en termes de management ou de quoi que ce soit car, lorsque tu parles de durée, il faut savoir se renouveler. Quand tu es entraîneur, je pense qu’il est primordial de se renouveler sinon ça ronronne et je ne suis pas resté pour ronronner, c’est certain. 

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Au mois de Décembre, tu avais listé pas mal d’attentes que tu attendais. Est-ce que tu les as toutes eues de la part du conseil d’administration ou est-ce que ça a été une négociation à la  » là, je t’en donne un peu, là, je t’en reprends un peu  » ? 

 

MB : Je vais être très clair avec ça. Je ne vais forcément pas dévoiler les détails, je ne peux pas les dévoiler mais je tiens juste à dire une chose, c’est qu’en résumé, on s’est vite mis d’accord sur ce qu’on voulait faire, sur les attentes que l’on avait d’un côté comme de l’autre et comme il y a une relation très claire, honnête et transparente, il n’y a pas eu à jouer au chat et à la souris. On a mis les choses sur la table et quand tu es avec des gens de confiance, ça se passe toujours de la meilleure des façons, il y a des choses possibles ou pas possibles mais ça a été hyper simple. Je le redis même si on vient d’en parler, certaines personnes du conseil d’administration ont été déterminantes pour ma suite ici à Albi. Je pense que ça a été leur choix, le choix du club de me prolonger, mon choix à moi de rester à Albi mais je crois que c’est le choix des personnes fortes qui pilotent le club et là aussi, ça a été beaucoup plus facile. Donc, ce que je peux te répondre, c’est qu’avec des gens de confiance, c’est assez facile.

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Tu parlais du changement de management et je veux juste revenir sur le discours de la jeunesse qui est un peu la nouveauté dans le discours du club. Qu’est-ce qui t’a fait prendre conscience qu’il fallait miser sur les jeunes ? Quel a été le facteur déclencheur ? 

 

MB : Je m’aperçois que depuis qu’on est arrivé, et je parle en termes de chiffres purs et durs, on tourne chaque année avec 10 jeunes du centre de formation en permanence avec nous, on a en permanence 3 à 4 jeunes du club qui jouent, pas tous les week-ends certes et ça depuis deux années. Je ne sais pas du tout comment c’était avant, je ne l’ai pas analysé mais je dis que depuis qu’on est arrivé avec Alex, on s’est orienté sur ça pour construire l’effectif pour les entraînements mais aussi pour les faire postuler aux matchs. Depuis deux ans, je suis dans ma 3e année, et encore il y a 15 jours, tout ce choix sportif qu’on a fait nous a donné raison avec Alex à savoir que, la plupart du temps, les jeunes ont répondu présents. Donc, je me dis qu’on ne peut pas mettre autant de budget dans un centre de formation pour faire comme certains font et remplir le cahier des charges d’obligations pour la Nationale et pouvoir prétendre monter juste pour remplir un cahier des charges et se dire  » bon, ce budget-là, si on a les mecs, tant mieux et si on ne les a pas, tant pis « . Finalement, depuis deux ans, quand on se met devant les chiffres, on se dit que ce financier que l’on met dans le centre de formation doit nous être indéniablement profitable pour l’équipe 1. Le 2e point, qui me concerne peut-être un peu plus car j’y suis un peu plus, c’est qu’il y a l’inflation des salaires et des joueurs et qu’aujourd’hui, en trois ans, le recrutement a complètement évolué voire changé voire changé de catégorie et que je pense qu’un club comme Albi ne peut plus s’y retrouver parce qu’on ne pourra pas aller sur des salaires démesurés comme ça se fait maintenant pour les clubs de Nationale et qui étaient les salaires de Pro D2 d’il y a 4 ou 5 ans, parfois même, il y en a qui ne les touchent pas en Pro D2. Ça m’a sauté aux yeux petit à petit mais particulièrement sur la dernière intersaison et aujourd’hui, le club ne peut pas aller juste avec ça donc je me dis qu’avec le budget que l’on met, il faut qu’on change de braquet. Enfin, en 3e, si je veux faire adhérer tout l’ensemble du public albigeois et des Albigeois, je suis convaincu que quand tu amènes des jeunes et des jeunes de chez toi, si on peut  » s’albigeoiser  » au centre de formation, les mecs peuvent plus se reconnaître car c’est le fils d’untel et je trouve ça hyper intéressant. Voilà mes trois explications de la partie sportive.

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Est-ce que changer de braquet sur ce secteur-là n’est pas peut-être aussi revoir les ambitions à la baisse, je pense par exemple à la Pro D2 ? 

 

MB : Je pense que ça, c’est quelque chose qu’il faudra analyser dans un deuxième temps. Aujourd’hui, ce n’est pas du tout le cas car je ne suis pas resté pour ne pas faire un bon championnat et arriver à l’objectif final du club. Je pense qu’il faudra se poser la question et déjà celle de savoir ce qu’on sera à la fin de la saison, est-ce qu’on sera encore en Nationale ou est-ce qu’on sera en Pro D2, ce qui est quand même le premier point et avant ça, on ne pourra pas y répondre. La 2e chose, pour être transparent avec vous, sera en termes de recrutement et de ressources internes qu’on aura, même si on y a déjà un peu travaillé mais que je l’avais laissé un peu en suspens. Ils sont jeunes donc on n’aura pas que des avantages et c’est normal mais il faudra qu’on soit patients avec eux et, suivant le niveau des joueurs qu’on arrivera à recruter, assez jeunes ou qui sont de chez nous ou du centre de formation d’à côté, qu’ils ne passent pas le cap et qu’on les fasse venir, à ce moment-là, on pourra dire quelle est la mission exacte du club. Par contre, le seul truc que je peux dire est que l’ambition du club est toujours d’aller le plus haut possible quoi qu’il se passe et ça, c’est très clair.

On sait maintenant que tu vas mettre un petit peu plus ton nez dans la formation. Est-ce que ça veut dire que tu vas être plus exigeant quant aux résultats des catégories juste en-dessous, je pense aux espoirs / juniors / cadets qui seront normalement ton vivier ? 

 

MB : Ta question est importante. Dès le début de la semaine prochaine, je vais contacter les responsables du secteur associatif car je veux qu’on arrive à se mettre autour d’une table. Je vais proposer que l’on fasse des réunions une fois par mois sur le thème de ce qu’on veut dans notre club, je vais être le moteur de ça. Même si parfois, on ne se comprend pas dans les discussions parce qu’on a des objectifs différents, en prenant cette orientation-là d’essayer le plus possible d’arriver à sortir des jeunes de chez nous, on est obligatoirement tenus à se mettre autour d’une table avec les présidents tout en ayant aussi le responsable sportif de l’Association avec le manager de l’équipe 1. Je sais bien que ça, ça ne se réglera pas en une réunion donc je voudrais instaurer un calendrier, pourquoi pas toutes les 3 semaines, pour qu’on puisse passer 2 ou 3 heures sur ce travail-là et qu’à la fin des 4 ou 5 fois où on se sera vus, on sache quelle orientation on peut avoir. La seule chose, et je vais être très clair avec ça, c’est que je n’ai pas été nommé manager de club mais manager de l’équipe 1 donc la limite de ma fonction s’arrête à l’équipe 1 et à comment je veux faire l’équipe 1 de demain. Le but de se mettre autour de la table est de définir ce qu’attend le manager ou ce que veut le manager de l’équipe 1 du club et qu’est-ce qu’on peut faire ensemble. Le but n’est pas de donner des leçons à quiconque, au contraire, mais qu’ensemble on se dise  » qu’est-ce qu’on peut faire pour tous y gagner ? « . Je les regardais déjà mais il est certain que je les regarderai encore plus car aujourd’hui, il faut surtout que l’on monte nos équipes en niveau et pour moi, il faut qu’on ait des Crabos et autres. Il y a pas mal d’albigeois qui vont postuler au centre de formation, car je vais quand même y jeter le nez, mais notre niveau du moment ne nous permet pas d’y être de suite, il y en a peut-être un ou deux qu’on pourra sortir, très légèrement. Quand je vois qu’il y a plein de joueurs qui sont de Saint-Juery ou autres qui sont internationaux, c’est juste incroyable et je pense qu’il y a la place pour tout le monde entre le grand club qu’est le Castres Olympique et qui rayonne sur la région, pas que sur le Tarn mais sur la région, c’est fantastique. Je suis totalement mais je pense qu’on peut aussi être le point d’appui de ce fonctionnement-là en, peut-être, récoltant des joueurs qui sont un peu en-dessous du niveau du Top 14 et autres.

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Pour rebondir sur ton propos, est-ce que les passerelles qui ont été faites un petit peu avec Castres et Graulhet, mais je pense aussi à Lavaur, Gaillac ou Saint-Juery comme tu viens de l’évoquer, vont être  » sanctifiées  » et consolidées pour vraiment faire du  » made in Tarn  » ? 

 

MB : Je pense qu’il faut y arriver mais sans copier ce qui se fait ailleurs car Castres a quand même une emprise sur le 100% région avec beaucoup de clubs affiliés et je suis convaincu qu’il ne faut pas du tout que l’on soit en concurrence, je suis très clair avec ça, et on ne le sera pas. On ne fera pas du tout la même chose, je les rencontrerai justement pour discuter et voir comment on peut travailler main dans la main, c’est ça le but et je ne ferai pas du copié/collé. Je pense par contre que dans un repère assez proche autour d’Albi, on doit être meilleur dans la détection, encore une fois pas pour dépeupler les autres mais juste pour mettre les jeunes au niveau qu’ils méritent tout en faisant que les clubs n’aient pas peur de lâcher les joueurs pour nos équipes de jeunes avec une contrepartie au niveau des seniors. Tu as parlé de quelques clubs et peut-être qu’il faudra voir comment travailler en sachant qu’on ne veut pas faire comme le Castres Olympique sur le 100% région, on ne sera pas en concurrence avec eux, loin de là. Le but est qu’on travaille main dans la main, en appui.

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Est-ce que vous avez trouvé quelqu’un pour gérer le centre de formation à plein temps ?

MB : On a pris quelqu’un l’année dernière, Théo Siboul, qui était à l’Association et qui est devenu directeur du centre de formation. Il est en train de passer le DES, on l’a toutes les semaines avec nous et on espère qu’il aura son diplôme pour qu’il soit avec nous tout en sachant qu’on l’a aussi intégré à l’équipe pro pour filer des coups de main. Dans ce lien-là, c’est pareil, il faut qu’on se mette autour de la table avant d’instaurer des idées car sinon, ça part dans tous les sens et on se dit à la fin  » il y a eu des idées mais rien n’est fait « . Depuis que je suis arrivé, les joueurs vont entraîner les jeunes deux fois par saison, les entraîneurs passent dans les catégories et j’ai aussi envie d’instaurer le chemin inverse à savoir que les éducateurs qui sont compétents viennent aussi avec les pros, peut-être faire des thématiques. Attention, je sais qu’ils ont des métiers et que nous, on est là la journée mais qu’ils soient en immersion avec nous, par exemple deux jours de stage où les entraîneurs cadets viendraient avec nous, ils ne feraient pas que regarder, ils participeraient. Je suis en train de réfléchir à ce que l’on soit tous un peu liés mais les liens, ce ne sont pas que des discours ni que des réunions, c’est aussi mettre les mains dans le cambouis ensemble. J’aimerai donc réfléchir à tout ça. 

 

En parlant de détection, est-ce qu’il y a une section scouting qui va être mise en place ? Henry Broncan était un maître à l’époque pour ça . Il allaichercher le feu follet au fin fond du Gers ou du Vaucluse, la pépite que les autres n’ont pas vu

 

MB : Je pense qu’un mec qui fait de la détection est une donnée essentielle aujourd’hui, par contre, c’est dur à trouver, très difficile. Je pense que dans les mois ou les années qui vont arriver, c’est un secteur que l’on va travailler, le club en a en tout cas conscience. On va passer la vitesse supérieure sur ça car il est indéniable que ce n’est pas un manager qui peut faire ça, même si tu sais que je fais quelques matchs le week-end, on ne peut simplement pas et c’est vrai que c’est un truc qu’on voudrait faire dans les semaines et les mois qui arrivent.

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Le forfait général de Blagnac vient d’entraîner un changement du classement. Un petit mot déjà sur cette équipe de Blagnac qui arrête la saison car j’imagine qu’en tant que président, c’est la pire chose qui puisse arriver et sportivement, on peut dire que la saison a pris un nouveau virage ? 

 

MB : Oui, la saison a pris un nouveau virage mais avant de répondre à ce sujet, je tiens déjà à montrer ma solidarité pour les joueurs et pour le staff de Blagnac. Je sais que ce sont des périodes pas faciles, ça m’est arrivé en fin de saison il y a très longtemps quand j’étais jeune mais en cours de saison, c’est quand même terrible. Je leur apporte tout mon soutien, je pense que c’est un club ami avec qui ça s’est toujours bien passé, je les ai quand même joués régulièrement avec mes clubs précédents comme Lavaur. Je leur apporte tout mon soutien car période pas facile voire même très dure mais maintenant, en tant que manager du club d’Albi, je vais être très clair car ce n’est pas du tout quelque chose que j’estimais possible. On est sous le régime de la FFR qui est un championnat amateur et là, on voit bien les limites de cette Nationale-là qui posent un réel problème sur l’équité du championnat. Peu importe qui vient se qualifier dans les 6 ou dans les 2 ou qui est champion, l’équité du championnat est bafouée depuis deux jours et à partir de cette date-là, le championnat ne sera plus le même, on pourra le tourner comme on veut. C’est quelque chose qui me pose problème car on a joué les matchs avant et que ça s’est fait après, il y a donc une véritable incidence sur le classement et sur les points attribués ce que je trouve inacceptable pour les staffs, le terrain, c’est le terrain et il doit primer. Je ne leur en veux pas, c’est qu’ils n’ont pas d’autre choix que de le faire mais les règles sont quand même mal faites car derrière, il y une véritable incidence. L’un des résultats de ça, c’est que ça chamboule pas mal les classements mais pour moi, c’est surtout l’équité car c’est un championnat qui est amateur mais qu’à la fin, il va y avoir des matchs faits pour rejoindre le monde professionnel avec ses particularités, je parle en priorité des finances. Ce n’est quand même pas comme quand une Fédérale 1, une Fédérale 2 ou une Fédérale 3 annule une saison au bout de 3 matchs car à la fin, c’est une montée à l’échelon supérieur, ce qui est top mais qui reste encore amateur. Il n’y a pas spécialement d’argent sur le match qui se joue à la fin et enfin, tu n’es pas dans une division professionnelle et tu sais que tout le monde est pluriactif. On a bien vu qu’il y avait un travail sur cette Nationale mais maintenant, il va falloir se poser les bonnes questions en termes de structuration de la Nationale pour que ça ne se passe plus. Cognac a fait un forfait l’année dernière, là, il y a un forfait général, il ne reste que 9 matchs et je ne sais pas si on n’aurait pas pu trouver une solution pour ces 9 matchs. Je ne sais pas, je ne suis pas dans les petits papiers mais je trouve que l’équité du championnat est bafouée et que le niveau ne mérite pas ça.

Qu’est-ce que tu penses de l’idée de Julien Seron qui disait qu’il faudrait au moins sanctifier les points de la phase aller à savoir +5 à tout le monde ? Ça ne sera pas fait mais j’ai trouvé cette idée-là pas si bête de dire qu’on ne touchait pas aux points gagnés ou perdus contre Blagnac 

 

MB : Je suis totalement d’accord avec lui, c’est une très bonne idée, je trouve que ce serait bien pour le championnat. On est devant un vrai problème qui vient d’arriver et je pense que c’est maintenant le moment de monter un certain cahier des charges pour cette Nationale. Est-ce qu’on peut le faire par le biais de la FFR car, bien sûr, la Ligue ne veut pas de cette Nationale dans le niveau pro ? Je pense que la question de rendre ce championnat professionnel est à se poser pour éviter ce genre de choses avec plein de règles et de cahiers des charges comme, par exemple, un nombre de contrats obligatoire. Les clubs aptes à répondre à ça pourraient postuler à ce championnat-là et ceux inaptes à y répondre n’en seraient pas. Ce n’est vraiment pas pour dire que les professionnels sont les meilleurs, ce n’est pas du tout ça, mais je pense que ce championnat, avec le niveau que l’on a vu aujourd’hui et le niveau des matchs que l’on voit, doit maintenant devenir professionnel. Là, on le voit bien, il n’y a pas assez de règles qui encadrent tout le monde et je pense que maintenant, c’est le moment de se projeter pour l’avenir. Je suis persuadé qu’il y a des gens qui y réfléchissent ou, en tous cas, je les incite à y réfléchir et que les clubs, les présidents mais aussi les techniciens soient également présents dans ce moment d’échange pour monter cette division professionnelle peut-être sous le régime de la FFR qui ne pose pas de problème même si, en effet, il y a peut-être d’autres trucs qu’on ne sait pas. Mais elle mérite d’exister. 

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Quel est le leitmotiv, le mot d’ordre, pour ces 3 prochaines saisons ? 

 

MB : Convivialité, c’est important pour nous

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Propos recueillis par Loïc Colombié

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