Le RC Suresnes participe pour la première fois depuis son accession en Nationale à la lutte pour le Top 6. On evolution et un cap sportif dont le co-président du club altosequanais, Olivier Pouligny se réjouit. Mais celui qui au côté de son compère Laurent Piepszownik a activement participé à la montée en puissance de son club de la fédérale 2 à l’antichambre de la Pro D2, nous a aussi fait un tour d’horizon de l’actualité du RCS.

On peut dire que cette année civile 2023 s’est fort bien terminée pour Suresnes puisque vous étiez dans les clous des objectifs initiaux ?
On l’était jusqu’au match de Bourg et on a fait un faux-pas donc à nous de démontrer que ça n’était qu’un faux-pas.

Est-ce qu’on peut dire que Suresnes est en train de passer un cap sportivement cette année ?
Oui, il est certain qu’on a passé un cap. On sent l’équipe beaucoup plus solidaire que ce qu’elle n’a été l’année précédente, plus forte en densité physique mais aussi mentalement puisqu’on a quand même réussi à arracher 3 de nos succès dans les dernières secondes. C’est donc une équipe qui ne lâche pas et encore samedi dernier, on est revenu à un point après avoir été menés 20 à 8 mais malheureusement, ça n’est pas passé cette fois-ci parce qu’il y a eu un ensemble de petites erreurs qu’on n’avait pas l’habitude de voir et notamment des erreurs défensives. Alors que ça faisait la force de Suresnes depuis le début de la saison, on a été défaillant sur ce point-là mais il n’y a pas de raison que la défense, notre point fort jusque-là, ne revienne pas dès le prochain match.

Depuis deux saisons, on entendait tous les coaches dire que cette Nationale se densifiait mais on peut dire maintenant qu’elle se resserre, que ce soit économiquement ou sportivement ?
Je pense que sportivement, elle est bien tendue, bien serrée avec une homogénéité de la 1ère à la 13e place, on sait que c’est compliqué pour Vienne mais malgré tout, ils ne lâchent rien et je pense que même eux sont capables de créer des surprises lors des matchs retour. Financièrement, c’est un vrai sujet puisqu’on sent que cette division a peut-être atteint les limites financières qu’elle pouvait atteindre en termes de budget.

Est-ce que tu penses qu’un plafond de verre financier existe en Nationale ?
Je pense qu’il y a le plafond financier qui va avec l’économie d’une division donc cette division peut difficilement vivre au-dessus de ses moyens et aller au-delà de ce qu’elle fait aujourd’hui d’un point de vue budgétaire pour tous les clubs qui y figurent.

Et est-ce que tu crois qu’à terme, il faudra un seuil budgétaire minimum pour monter en Nationale ?
Non, je pense qu’il n’y a pas de seuil, le sportif doit primer mais un sportif dans lequel les clubs respectent l’ensemble des règles du jeu.

Du côté de Suresnes, on peut dire que vous vivez cette année la plus belle année sportive depuis que vous êtes en Nationale. On sait que David Auradou arrive en fin de contrat à la fin de la saison donc est-ce que l’aventure entre Bibi Auradou et le RC Suresnes a des chances de perdurer ?
Oui, elle a des chances, des discussions ont déjà eu lieu avec David, il faut maintenant formaliser clairement les hypothèses qu’on a pu convenir pour repartir avec Bibi sur plusieurs saisons.

On est maintenant focus à Suresnes pour essayer de décrocher les premiers play-off en Nationale du RCS. En plus d’une récompense sportive, ce serait aussi une récompense de tout le travail qui a été fait depuis de nombreuses années ?
C’est important que l’on puisse accrocher ce Top 6 même si aujourd’hui, on parle plus de la 6e place compte-tenu du revers que l’on vient d’avoir contre Bourg. Dans un plan de progression, il faut progresser et là, ne pas atteindre ce Top 6 serait un échec, il ne faut pas avoir peur des mots et même si on pourrait se consoler d’une progression en finissant 7es ou 8es. Ce n’est pas l’objectif et on va tout faire pour, a minima, atteindre cette 6e place.

Avec un peu plus de 4M de budget, et comme on parlait de plafond, est-ce qu’on peut dire que Suresnes est désormais quasiment au taquet de ce qu’il peut faire budgétairement ?
Je pense qu’au-delà du taquet, il y a la raison, il faut que le RC Suresnes, comme d’autres clubs, vive avec les moyens de sa collectivité et de son territoire économique. On est sur des budgets qui sont déjà significatifs, à Suresnes, on doit transformer les mécénats au travers de celui de Laurent et moi-même qui est important et qui pourrait même être considéré comme trop important par rapport au budget du club. Il faut rééquilibrer ça avec d’autres partenaires privés ou publics pour équilibrer ce budget.

Avec ce déplacement à Chambéry, on peut dire que le RC Suresnes arrive à un tournant sportif de sa saison. On va voir un peu ce que Suresnes a dans le ventre face à un adversaire qui est à la course au Top 6 ?
Exactement, c’est un concurrent direct et inversement, nous sommes un concurrent direct pour eux donc les deux équipes ont envie de remporter ce match. Il faut qu’on y aille sans pression, on a des points à rattraper, les 4 points qu’on a perdus à la maison, on a perdu beaucoup de bonus puisqu’on est la pire des équipes en termes de bonus avec un seul point en 16 rencontres. Ça, ça va aussi compter à la fin donc pour moi, on a l’obligation de gagner au moins deux matchs à l’extérieur d’ici la fin de la saison donc autant le faire chez des prétendants directs, Chambéry en est un mais il y aura aussi Périgueux, Bourgoin qui vont se présenter par la suite. On n’a pas le choix, on a grillé une cartouche et maintenant, il faut tout gagner à la maison et ensuite aller chercher deux victoires à l’extérieur.

Quels sont le mot d’ordre et les grands chantiers à Suresnes pour 2024 ?
Je dirai que le grand chantier est la consolidation de tout ce qu’on a pu faire ces 4 / 5 années car y a beaucoup de choses et beaucoup de transformations qui ont été effectuées au sein du club. Le point principal pour nous est de structurer le point financier, comme pour tous les clubs mais peut-être encore un peu plus à Suresnes avec un développement économique qui passe par un service partenariats beaucoup plus étendu. Aujourd’hui, on est avec trop peu de partenaires au sein du club par rapport aux capacités que peut offrir le département du 92 et notamment La Défense donc à nous d’aller expliquer à ces sociétés tout ce qui peut se passer de positif dans le rugby pour leur donner envie de nous accompagner et de rentrer ensuite avec nous de manière plus forte.


Propos recueillis par Loïc Colombié

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