Dans un rugby moderne qui a tendance à s’ aseptiser à tout va, le talonneur girondin, Julien Graffouillère est de ses personnages de l’ovalie qui eux, ne manquent pas d’aspérités, d’anecdotes et de personnalité. Que ce soit de repousser son mariage pour cause de prédiction automnale de ses coachs, ou encore de jouer avec une rupture de la coiffe des rotateur jusqu’en mars, sans oublier d’être nominé comme joueur de l’année 2023 de fédérale par le journal Sud Ouest, la carrière de cet enfant du Cap Ferret est émaillée de petites histoires mais aussi des grand moment comme le titre de champion de France de Fédérale 1 la saison passée. Celui qui dans la vie civile est chef d’entreprise dans le milieu de l’impression , nous a narré lors de cet entretien, la belle saison du Stade Langonnais en Nationale 2, tout en nous décrivant l’ADN et l’âme de ce club transpirant les valeurs ancestrales du rugby.

Que représente Langon pour toi ?
Ça fait 4 saisons que je joue au Stade Langonnais, c’est un club où je me sens très bien, c’est un club très famille qui me correspond parfaitement. On a eu la chance d’avoir de supers résultats l’année dernière et d’être champion de France ce qui conforte encore plus mon attachement au club et à tout ce qui l’entoure.

Dans une vie de rugbyman, on ne gagne pas souvent des titres de champions de France. J’imagine que pour toi, ça a été une apogée dans ta carrière ?
C’est une apogée de ma carrière. J’avais eu deux titres de champion de France en jeunes, en minimes et en Crabos, mais c’est vrai qu’un titre de champion de France en senior et qui plus est en Fédérale 1, c’est magnifique et c’est quelque chose qui restera gravé à vie.

Un titre de champion de France qui, pour l’anecdote, t’a coûté de déplacer ton mariage ?
Ah oui, je pense que c’est une histoire qu’il faut vivre pour la croire. Courant du mois d’Octobre, on mangeait chez mes parents avec Christophe et Romain, les coaches et en leur annonçant que je les invitais à mon mariage le 18 Juin, Christophe a pris son téléphone et son agenda et m’a dit » écoute, je pense que c’est mieux si tu décales ton mariage parce qu’on sera en finale du championnat de France » et le 18 Juin, c’était la finale du championnat de France. On avait rendez-vous avec le curé l’après-midi pour finaliser tous les préparatifs et on s’est retrouvé à partir chez lui deux heures après pour modifier la date de notre mariage. C’est tombé qu’on a passé un mois de Juin idyllique et exceptionnel.

Qu’est-ce que tu te dis quand Christophe t’annonce ça au mois d’Octobre ?
Je lui dis » mais tu es complètement barjot ! » (rires). Je lui dis qu’il est complètement fou, que c’est un rêve pour nous les joueurs car, forcément, on rêve de jouer des phases finales, une finale et d’être champions mais dire en Octobre qu’on serait en finale, je pense que personne ne l’aurait cru à part lui et Romain parce qu’ils avaient la conviction qu’on avait le groupe pour faire quelque chose cette année-là.

On peut dire que du côté de Langon, les années se suivent et se ressemblent car cette saison, en Nationale 2, tout le monde vous promettait la misère et l’enfer mais que nenni. Vous êtes dans le Top 6 et pour l’instant, vous êtes bien embarqués pour aller accrocher les play-offs ?
On est bien embarqués. Tout le monde nous prédisait un championnat où on allait se faire casser la gueule tous les week-ends et qu’on n’était pas invités mais avec notre petit club de village, on s’en sort très bien. On s’accroche partout, on a pris des points sur quasiment tous nos déplacements, on fait de bonnes performances à la maison et on arrive maintenant à prendre des bonus offensifs. On est bien ancré dans les 6 et je pense qu’on y restera jusqu’au bout pour pouvoir faire des phases finales et encore faire plaisir à tous nos supporters et récompenser le travail de tout un club.

On a quand même l’impression que ce titre de champion de France a soudé tout un groupe et qu’il y a encore des restes, que vous continuez à vivre sur cet héritage ?
Oui, on vit sur l’héritage, même s’il y a des joueurs qui sont partis et des nouveaux qui sont arrivés, tout le monde s’est mis dans le moule et au pli de ce qu’est notre club et l’état d’esprit du groupe. Du coup, entre les anciens qui sont partis et les nouveaux qui sont arrivés, il n’y a pas eu de changement en termes d’état d’esprit, on est resté sur nos valeurs qui nous sont chères et propres à notre club.

Est-ce que ce qui est révélateur de l’état d’esprit de Langon est un peu ta situation où tu joues blessé pour dépanner en attendant que ton coéquipier Mr Renaud revienne de blessure ?
Je ne me suis pas posé la question, quand j’ai pu décaler la date d’opération pour continuer à jouer avec mes copains et rendre service à mon club, je n’ai même pas réfléchi. Je savais que Clément reprenait début Mars, le chirurgien m’a proposé une date début Mars pour m’opérer, ça concordait très bien et je fais l’effort pour le club car le club me donne beaucoup et que je suis comme dans mon club formateur à Langon. Pour moi, c’était donc normal de faire » cet effort « , même si je ne considère pas ça comme un effort, je trouve ça normal par rapport au club de serrer les dents, de m’accrocher et de rendre service à mes copains et à mon club.

Ce week-end, vous recevez Graulhet. Que t’inspire ce club de Graulhet ?
C’est un club historique avec un gros passif qui a toujours joué à très bon niveau et à part une ou deux années où ils étaient descendus en Fédérale 2, ils ont toujours côtoyé l’élite amateur voire l’élite professionnelle à l’époque. On s’était bien fait secouer là-bas sur la 1ère mi-temps parce qu’on avait manqué d’engagement et de détermination tandis qu’eux, pour le coup, nous avaient proposé du beau combat et nous avaient bien châtiés. On sait que si on n’est pas prêt dimanche, on va s’embêter contre une équipe qui a quand même de bons résultats et qui est encore dans la course pour se qualifier.

J’imagine que vous avez regardé les prestations de Graulhet lors des deux premiers matchs de 2024 face à Saint-Jean de Luz puis contre Rennes. Qu’est-ce que tu en as pensé ?
On suit toutes les équipes qu’on joue et plus particulièrement quand on se rapproche des matchs. Graulhet est une équipe qui est fidèle à ce qu’elle fait depuis le début de saison, qui est en place sur les bases, qui est très forte sur les ballons portés et qui a une mêlée qui tient la route. Ils ont 2 / 3 joueurs derrière capables de faire la différence, ils ont le retour en 10 de Kevin Boulogne qui est un maître à jouer, c’est une équipe qui est complète et qui, je pense, a parfois joué de malchance sur certains matchs mais qui est très dangereuse et qu’on va vraiment prendre au sérieux pour la réception dimanche.

Tu nous parles un peu de l’ambiance au stade Comberlin ?
L’avantage du stade Comberlin, c’est déjà qu’il n’y a pas de piste d’athlétisme donc on a un contact assez proche avec nos supporters, le public et tous les gens qui viennent nous voir au stade. On a la chance d’avoir du monde tous les week-ends, même en période hivernale où il fait froid et qu’il y a tout pour rester au chaud devant la cheminée. On a toujours au moins 1 000 personnes au stade et on est monté jusqu’à 1 500, 2 000 et même 2 500 l’année dernière pendant les phases finales. On a des supporters et pas des spectateurs, des gens qui nous encouragent, il y a une vraie ferveur dans ce stade et autour de notre équipe et c’est top, c’est un vrai stade de rugby.

Est-ce que le F des Fontaines est une bonne adresse pour manger au Bassin d’Arcachon ?
Je mentirais si je disais que non. Oui, c’est une super adresse, il y a un cadre qui est magnifique, on mange sur la terrasse au bord de l’eau, c’est comme une péninsule, il n’y a rien autour, on est entouré par le bassin. C’est vrai que tous les produits sont travaillés maison en cuisine, c’est frais, l’accueil est chaleureux, un peu à l’image d’un club de rugby, c’est chaleureux et on y passe de bons moments. On peut y aller en famille, c’est une bonne adresse si on veut passer un bon moment de convivialité.

Tu as bien vendu l’adresse familiale, tu as fait le job et on te souhaite un bon match face à Graulhet et surtout une belle fin de saison avec le Stade Langonnais
Merci beaucoup et on va tâcher de faire une belle saison, on espère aussi belle que la saison précédente, et on fera au mieux pour le club.


Propos recueillis par Loïc Colombié

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