Le coach du CS Vienne, malgré la défaite 27-3 dans le derby isérois a tenu à souligner l’abnégation et la foi de son groupe qui malgré des adversaires professionnels tente de s’accrocher tous les week-ends avec un statut pluriactif. Face à Bourgoin, dans un stade Pierre Rajon qui se délecte de ces joutes entre voisins, le CSV (qui jouait en grenat) a certes souffert mais a répondu présent dans le défi physique. Les promus qui sont actuellement lanterne rouge de Nationale se déplaceront vendredi à Albi, pour un nouveau choc face à un des mastodontes de la division.

Belle résistance de la part de Viennois qui ont été à la hauteur de ce derby mais qui perdent une nouvelle fois ?
Le score est logique vu le nombre de ballons que l’on redonne aux Berjalliens, quand tu n’as pas la possession, tu essayes de défendre et tu fais avec tes armes. Je n’ai rien à reprocher aux gars aujourd’hui, ils se sont envoyés et si on compte les plaquages, on doit finir à 200 et devant, dans ce gros derby, ils ont prouvé qu’ils pouvaient être dans cette division, les deux essais à la fin sont un peu anecdotiques et je les enlève. Bourgoin a bien joué et nous fait très mal sur deux lancements, il faut reconnaître quand les autres jouent bien donc bravo à eux mais bravo aussi à notre collectif viennois qui, encore une fois, a montré toutes ses valeurs.

Au final, vous concédez moins de pénalités qu’eux sur la partie ?
On est d’accord pour dire que ça n’a pas été la plus grande des parties mais on doit être à 15-15. C’est anecdotique car quand il y a du froid comme ça et un tel engagement, c’est normal qu’il y ait des fautes mais ce n’est pas la discipline qui nous fait perdre aujourd’hui, c’est plutôt notre conquête notamment en touche.

Quand on est manager comme toi, comment est-ce qu’on fait pour trouver des ressorts et maintenir cette équipe à ce niveau de combativité alors que la saison est quand même difficile ?
C’est la foi, je pense que ce groupe a de la foi. Ce n’est pas évident tous les jours, on a fait des entretiens et les mecs nous disent clairement que c’est dur mais on s’était donné comme message fort de ne pas lâcher et force est de constater qu’on ne lâche pas donc c’est bien. On repart au combat toutes les semaines, on repart au travail même si c’est dur et j’ai une telle fierté de les voir se battre comme ça, sortir et se dire » oui, on a fait les choses, on a fait de bonnes choses « , d’autres beaucoup moins bonnes mais de bonnes choses quand même (rires).

La semaine a été marquée par des annonces sur l’éventualité d’un forfait. Est-ce que tu as senti de la nervosité de la part de tes joueurs par rapport à ça ?
On savait très bien qu’on allait jouer, ça reste des effets d’annonces et je ne veux pas aller sur ce terrain-là, je m’en fous. Ça faisait longtemps que c’était décidé et je te dirai que c’était un clin d’œil et que ça fait partie du folklore d’un derby. Nous, ce qui nous intéresse, c’est de faire progresser l’équipe mais oui, on retiendra qu’il y a deux matchs avec des histoires de maillots et ça fait partie du folklore, c’est très bien, il y a toujours du folklore dans un derby.

Ça restera dans l’histoire ?
Voilà, on va dire ça comme ça, je me suis fait plaisir à dire grenat (rires).

Globalement, sur le derby en lui-même, est-ce que tu as senti tes joueurs rentrer dans la partie comme tu le souhaitais ?
Oui, il y a tout de suite eu deux grosses séquences où on est plutôt pas trop mal dans la conservation. Encore une fois, on ne marque pas et quand les autres arrivent, on prend tout de suite un essai ce qui est notre mal depuis le début de la saison, ce n’est pas que l’on encaisse des essais trop facilement mais pas loin. C’est dur après de se relever car tu vois bien que physiquement, on rend quelques kilos aux gars et tu as beau t’envoyer comme des ânes, ça lâche au bout d’un moment et c’est humain. C’est ça qu’il faut retenir, c’est que c’est un groupe qui est humain, qui joue sur des valeurs, qui travaille, lundi, ils seront tous au boulot, on part à Albi jeudi pour jouer un vendredi soir, on va rentrer à 6h du matin et le lundi d’après, ils seront encore au boulot. Les mecs s’envoient, c’est dur mais ils ne lâchent pas.

Justement, est-ce que vous allez tenir ce rythme ?
Oui, on tiendra, il ne faudrait pas que l’on pète trop de mecs à la fois mais on tiendra. On tiendra parce qu’on se l’est dit et on le fera.

Propos recueillis par Fred Charvet

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