Retrouvez l’intégralité de la conférence de presse de Mathieu Bonello, le manager du SC Albi (3eme) à quelques heures du déplacement à Perigueux (7eme) lors de la 16eme journée de Nationale ce samedi à 15h.

Le mot qui ressort après cette défaite à Bourg-en-Bresse est regret car il y avait vraiment autre chose à faire et à aller chercher, surtout que vous teniez le bon bout aux 3/4 du match ?
Exactement, la situation est bien résumée, il y a énormément de regrets et de frustration.

Il y a un autre mot qui ressort quand on voit le match et qu’on interroge ceux qui étaient à Bourg, c’est » manque de maîtrise » ?
C’est indéniable.

Au-delà du mot, comment est-ce que tu expliques ce retour du manque de maîtrise ?
C’est ce travail de constance dont je parle depuis le début de la saison. Là, je n’ai même pas envie d’utiliser ce mot car la constance, c’est quand tu es un peu ric-rac mais quand tu es devant comme ça au score à la 65e ou à la 67e, je ne comprends pas pourquoi on s’est perdu les chèvres et pourquoi on n’a pas eu cette maîtrise-là. J’ai maintenant des raisons que je n’énumérerai pas là mais bien sûr que ce sont des choses qu’il faut qu’on règle et, très réellement, quant à la constance que l’on peut mettre ou l’exigence, tant qu’on n’est pas à la 80e et que ce n’est pas sifflé, il ne faut pas penser que tu vas rentrer avec 4 points.

Maintenant que le championnat avance, que les équipes sont rodées et que les niveaux vont se resserrer, ce sont la constance, la maîtrise, l’exigence et la discipline qui vont faire tourner les matchs ?
C’est ça mais aussi le haut niveau de la Nationale. Aujourd’hui, tout le monde a besoin de points partout, plus tu vas avancer dans les matchs et plus tout le monde aura besoin d’un point ou autre donc quand tu maîtrises le match pendant 65 minutes même si, attention, on n’a pas fait tout ce qu’il fallait, je ne vois pas pourquoi on ne maintient pas ce truc-là et ça, c’est rageant.

Sur le papier, un point à Bourg n’est pas non plus un échec ?
Je suis d’accord avec toi car ils sont allés prendre un point à Carca, ils n’ont plus de blessés aujourd’hui et ce n’est plus l’équipe qu’ils avaient en début de saison. Tout le mérite leur en revient, j’ai trop de respect pour la qualité de cette équipe et pour la qualité de son effectif sauf que mon job est quand même d’analyser de comment on est passé de tenir à minima 4 points et de revenir qu’avec un point et non pas en l’espace de 70 minutes mais de moins de 15 minutes alors qu’on sait tous que dans un match, 15 minutes au rugby, ça peut passer vite. C’est une marque et demi, je souhaite que l’on ait d’autres matchs avec une marge comme ça à ce moment-là et il faudra qu’on ait appris de ce qu’on a fait là mais honnêtement, mon job est quand même d’analyser. Bien sûr que quand tu prends des points, tu avances toujours mais quand tu en laisses échapper … Les autres ont le droit d’être bons, je ne le remets pas du tout en question mais là, je ne regarde que mon équipe et je dis que franchement, on a des choses à travailler.

Qu’est-ce que tu retiendras de positif de ce match à Bourg , car il y a toujours du positif même dans une défaite ?
C’est comment l’équipe a démarré le match, on a été là-bas en assumant notre enthousiasme, notre générosité et la dynamique que l’on avait depuis Décembre. Je ne nous ai pas trouvés timorés par moment, j’ai trouvé qu’on avait été assez forts dans des secteurs et qu’on avait de véritables atouts. Après, je t’avouerai, quand tu es coach ou même suiveur du club, tu regardes les 15 dernières minutes.

Est-ce que la trêve peut expliquer la fin de match ?
Là, ça fait quelques fois qu’on se perd un peu les chèvres et j’ai des raisons, je ne suis pas plus bête que les autres, mais je pense qu’on doit être obligé de l’analyser de la manière suivante : elle n’a pas aidé, du moins, elle n’a pas aidé à évoluer par rapport aux derniers mois qu’on avait passés. La constance est pourtant un axe que l’on a dit et la constance, ce n’est ni plus ni moins qu’un effort mental et dans tous nos matchs, quand on voit les classements des uns et des autres, on sait tous que le championnat de Nationale est dur, resserré et que l’équipe qui sera la plus constante sur la durée va se détacher.

Tu parles de ressort mental : est-ce que la venue d’un prépa mental peut être envisagée pour la fin de saison afin d’avoir une autre optique pour aborder les matchs ?
Je ne suis contre rien, vraiment, mais quand je parle d’impact mental, c’est de construire ce mental en équipe, quand il y a des aléas par exemple. Ça file, on sait où on veut aller mais il y a des aléas comme le ballon qui tombe à plat sur la barre transversale, ça faisait très longtemps que je n’avais pas vu ça mais on doit quand même être câblé sur où on veut aller et sur ce match, il y a 15 minutes où on a été absents total et oui, c’est emmerdant.

Vu ce qu’il s’est passé, et en tant que manager, est-ce qu’il ne vaut mieux pas enchaîner par un autre déplacement difficile plutôt qu’une réception au Stadium où tu aurais été attendu et donc avec une pression supplémentaire ?
Je ne sais pas du tout, tu as peut-être raison. Comme on dit, on remet le contexte, on était à l’extérieur, on a pris un point et bien sûr que le scénario du match n’a pas tourné en notre faveur parce qu’on a peut-être fait des choses pas très bien à certains moments mais on ne remet pas tout en question pour ça. Ce que je veux dire, c’est que le championnat est long, est-ce qu’on voit beaucoup, beaucoup de victoires à l’extérieur ? Pas vraiment donc il faut aussi se satisfaire de ça et notre chemin est de ressortir. On sait très bien que les matchs qui vont arriver, que ce soit à la maison ou à l’extérieur, sont importants. On a quand même fait une très, très bonne première partie de saison, il ne reste plus que 11 matchs, on va, je l’espère, en gagner mais en perdre aussi, le moins possible si on peut. Je crois justement que, si on avait reçu ici et comme ça fait longtemps avec la coupure, on sait que le Stadium nous donne de l’énergie mais comme je l’ai dit l’autre fois, on suit le calendrier et on fera les comptes à la fin.

L’équipe de Périgueux est vraiment la surprise de ce championnat ?
C’est vraiment une grosse équipe, ils ont des joueurs de très haut niveau dans toutes les lignes, ils ont quand même recruté des mecs qui ont connu le très haut niveau Top 14 et compagnie et franchement, ce n’est pas du tout un hasard. Pour moi, sincèrement, ils sont dans les qualifiables, ils ont vraiment tout pour être costaud quant à nous, on va voir dans quel état d’esprit on y va, peut-être qu’on relancera un peu les dés sur la table.

Qu’est-ce que ça donne au niveau de l’infirmerie ?
On va voir, on a fait le point lundi, on a des joueurs qui sont re-rentrés, qui sont revenus mais pour qui ça n’a pas tenu. On a quand même un gros bloc derrière avec une réception et beaucoup de déplacements donc on va voir dans quel état on est mais on n’en est encore qu’au début de la phase retour et je crois qu’il ne faut pas vouloir mettre une équipe type si tôt dans la saison. J’ai aussi besoin de voir des joueurs à certains postes.

Parlons aussi du contexte météo. Jusqu’à la trêve, on a eu un été voire un automne indien donc un temps quand même assez bon pour jouer au rugby avec des terrains pas trop arrosés mais là, c’était le premier match à -2, ressenti -4 et un contexte vraiment hivernal. Il y a peut-être aussi un temps d’adaptation pour les joueurs pour se mettre dans le bain de ce rugby vraiment d’hiver ?
Les deux équipes sont à la même enseigne donc non. Il faut que l’on soit capable dans n’importe quelle condition météo donc ce n’est pas ça du tout.

Qu’est-ce que tu gardes de bourg pour préparer perigueux ?
Non, je ne peux pas tout jeter parce qu’il y a eu 15 minutes de manqué ! Bien sûr que je les regarde plus que les 65 premières minutes, c’est normal quand tu es entraîneur, mais je ne peux pas jeter ce qu’ils ont fait. Je suis très content de l’effectif que j’ai, très content de ce qu’ils sont en train de construire, je suis bien sûr déçu des 15 minutes qu’ils ont jouées et avant tout, je suis aussi déçu pour eux car avant ça, ils avaient quand même fait de bonnes choses. Ce que j’attends pour les semaines à venir, et je parle bien pour les semaines à venir, c’est que tout le monde s’éveille car dans ce championnat-là, il n’y aura pas la place pour être inconstant. Ça, c’est quelque chose que tu ne peux pas arriver à changer du jour au lendemain, on y travaille sur plein de choses mais là, il faut prendre conscience de ça, prendre conscience de cette inconstance qui nous flingue par moment, qui nous fait mal par rapport à tout ce qu’on fait en dehors et qu’on ne retient que ça. C’est ça que j’attends et pour moi, samedi, c’est un match de plus dans la saison, ils sont invaincus, tout le monde prend des branlées donc je vais aussi faire bouger. Il faut que je donne certains temps de jeu, je ne sais pas encore, j’y réfléchis à d’autres joueurs qui en ont peu eu ou pas du tout et ce n’est pas là-bas qu’on jouera la saison. Ce que je dis maintenant, c’est qu’il faut qu’on progresse dans les semaines qui vont arriver sur cette constance car tous les matchs qui vont arriver vont compter et tous les points seront importants, à la maison ainsi qu’à l’extérieur. Ce n’est pas parce-que tu perds le premier match au retour des vacances et que tu ne ramènes qu’un point, c’est en fait le scénario qui te fait dire ça car avec un scénario inverse à savoir ramener un point après avoir été mené toute la partie, tu dirais » c’est un bon point de ramené « . Là, c’est le scénario, il faut donc être dans une analyse précise » il y a eu ces 15 minutes mais avant il y a eu ça donc qu’est-ce qu’on fait pour être meilleur demain ? » et c’est ça qui m’intéresse.

Pour toi, la jeunesse n’est pas un frein pour ne pas donner de responsabilités à tes joueurs comme Titouan Pouzoullic (vice capitaine) ?
Non, j’adore. Quand les joueurs le méritent, qu’ils ont les compétences pour, il faut que nous, entraîneurs de Nationale, leur donnions des espaces d’expression et s’ils le méritent, c’est bien. Je trouve que Titouan est le parfait reflet de ce qu’on peut faire sur Albi, avec tout le travail qu’il met au quotidien, il est exemplaire et quand tu es exemplaire, tu peux être dans ces rôles-là. Je suis content que cette jeunesse prenne un peu la place car on sait très bien qu’en tant qu’entraîneurs, on a tendance à mettre des plus expérimentés pour ces rôles mais je crois que c’est aussi à nous de les construire jeunes pour qu’ils apprennent assez rapidement quand ils ont les compétences pour.

Le mot d’ordre pour ce déplacement à Perigueux ?
Gagner en constance. Honnêtement, on ne jouera pas la saison sur le match prochain, ça va se jouer sur les 10 autres matchs qu’il y aura derrière et qui seront hyper importants. Chaque match est important mais là, on va quand même chez un gros qui a souvent terrassé tout le monde. Pour l’instant, on va se faire petit, on va se taire et on verra dans quelques semaines où on en est.

Pas d’annonce personnelle ?
Pas de commentaire.


Propos recueillis par Loïc Colombié

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