#Rugby – Nationale 2 / Eric Bonachera (Saint Jean de Luz) : «Les gars laisseront leurs corps et leurs âmes pour essayer de faire un résultat contre Graulhet!»

Direction la Côte Basque, dans la baie de Saint-Jean de Luz avec Eric Bonachera, le co-président du SJLO qui nous fais un point d’étape dans cette seconde saison en Nationale 2 où les Luziens sont sportivement dans le dur. Actuel lanterne rouge de la poule 1, le Saint Jean de Luz Olympique voit en la réception du SC Graulhet, l’occasion de réveiller leur ADN séculaire et d’entamer 2024 sous de meilleures auspices.

Crédit photo SJLO

 

On peut dire que du côté de Saint-Jean de Luz, les années se suivent mais ne se ressemblent pas du tout ? L’année dernière, vous caracoliez quasiment dans les hautes sphères du classement de Nationale 2 pour votre première année dans ce championnat mais cette année, c’est beaucoup plus compliqué ? 

 

Oui, complètement. On a passé une superbe première année où on a atteint les demi-finales et se retrouver en finale à une minute près pour se retrouver cette année en difficulté. Toute la phase aller a été maudite avec beaucoup, beaucoup de déconvenues. 

 

Qu’est-ce qu’il manque à Saint-Jean de Luz cette année pour rééditer les mêmes exploits que l’année dernière ? Un brin de réussite ? 

 

Je pense déjà que la moindre réussite nous aiderait pour nous maintenir. Sans pleurer, on est un peu maudit avec beaucoup, beaucoup de blessés et des blessés qui sont plutôt dûs à la malchance qu’à autre chose, surtout sur des postes clé. Il y a eu un enchaînement de petits faits qui font que la pièce retombe toujours du mauvais côté donc le rendez-vous de dimanche contre Graulhet sera capital. 

 

Depuis le début de la Nationale 2, vous êtes l’un des petits poucets budgétaires et malheureusement, cette année, on voit que le niveau budgétaire se colle au sportif. Est-ce que l’écueil vient aussi de là à savoir que vous avez fait beaucoup avec peu mais que cette année, ça coince ? 

 

C’est effectivement un peu ça. En plus, sur cette 2e année de Nationale 2, on s’aperçoit que les  » gros  » clubs ont mis le paquet avec de gros recrutements, de gros budgets et de grosses infrastructures ce qui fait que nous, on est un peu largués à ce niveau-là et on se demande de temps en temps si notre place est vraiment en Nationale 2. Je ne parle pas du sportif car tant qu’on tient en sportif, il n’y a pas de raison mais je parle vraiment au niveau des infrastructures du club et des moyens. L’écart s’est vraiment agrandi avec ces clubs-là, que ce soit Marcq-en-Barœul, Rennes, Niort, Limoges puisque je vois que Limoges a déjà recruté 4 joueurs de plus pour la phase retour. Sur ça, ce sont des choses que nous, on est complètement incapables de faire. 

 

Quoi qu’il arrive, même si d’aventure vous redescendiez en Fédérale 1, il restera un héritage Nationale 2 à commencer par l’épopée humaine et sportive ainsi que le CEL qui vous permettra de faire perdurer la formation luzienne ?

 

C’est ce qu’on se dit, de toute façon, on ne lâchera pas et si on descend en Fédérale 1, on essayera de tenir notre rang, peut-être que c’est le nôtre. On se dit effectivement que le CEL est une bonne chose pour le club car on est quand même un club formateur de tradition et le CEL nous permettra de continuer à essayer d’alimenter en joueurs l’équipe 1. Si c’est la Fédérale 1, ce sera aussi retrouver pas mal d’équipes du coin ce qui nous permettra peut-être de faire un peu plus de rentrées au stade que ce qu’on fait en ce moment parce-que, les affiches ont beau être ce qu’elles sont, lorsque Marcq-en-Barœul va venir, il n’y aura pas 10 personnes de Marcq au stade pour venir les voir. Les affiches sont moins  » juteuses  » que ce qu’on a connu en Fédérale 1. 

 

On connaît l’ADN, l’âme même voire le karma de Saint-Jean de Luz et on peut se dire que c’est parfois dos au mur que ce club fait aussi les plus belles surprises ? 

 

Il est sûr qu’en ce moment, il n’y a personne qui chante haut et fort au club mais tant que ce n’est pas mort, on essayera de faire tout ce qu’il faut pour sortir le club de cette zone de descente. Je peux vous dire que les joueurs quels qu’ils soient, même s’il y a beaucoup de jeunes qui remplacent les blessés, laisseront leurs corps et leurs âmes pour essayer de faire un résultat contre Graulhet, il n’y a pas de souci.

 

Serge Milhas a quitté le club. Est-ce que ça a eu valeur d’électrochoc pour les joueurs ? 

 

Je suis un peu hésitant mais je ne pense pas, tout le monde a été surpris et, malheureusement, les résultats qui ont suivi n’ont pas montré l’électrochoc. Ça fait quand même quelque chose car Serge nous a accompagnés, nous a fait grandir et c’est dommage qu’il soit parti. 

 

On peut dire que ce match et cette réception de Graulhet dimanche au Pavillon Bleu Kechiloa est une croisée des chemins ? C’est franchement l’une des dernières cartes que vous abattez pour vous sortir de l’ornière ? 

 

C’est exactement ça. Ce n’est même pas la peine de regarder plus loin que ce match-là, si on n’a pas un résultat dimanche, on sait très bien qu’il faudra préparer la saison à un autre niveau. 

 

Un regard sur cette équipe de Graulhet que vous avez battue chez eux lors de la seconde journée ? 

 

J’avais eu le plaisir de le voir sur votre reportage. C’est une équipe qui a eu des résultats un peu en dents de scie mais qui s’est refait la cerise et qui, pour l’instant, tient quand même le haut du pavé donc ce n’est pas mal. On sait que ça sera difficile contre eux. 

 

Saint-Jean de Luz et Graulhet sont quand même des clubs qui se ressemblent dans leurs sociologies et leurs ADN avec de la pluriactivité et un côté ancrage territorial ? 

 

Complètement. Je pense qu’on ne doit pas être loin l’un de l’autre au niveau des budgets et effectivement, Graulhet ressemble à Saint-Jean de Luz ou Saint-Jean de Luz ressemble à Graulhet, je ne sais pas. On en est à 95 années d’existence mais c’est vrai que ce sont un peu les mêmes ADN, ça travaille beaucoup avec la formation et les jeunes du coin. 

 

Quel est le mot d’ordre pour 2024 à Saint-Jean de Luz ? 

 

Espoir, c’est tout. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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