#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «Il va falloir vite se remettre dans le bain!»

Retrouvez l’intégralité de la conférence de presse de Mathieu Bonello (Manager SC Albi) à quelques heures de voir les leaders de Nationale débuter leur année civile à Bourg en Bresse (13eme), ce soir à 19h30.

Crédit photo Jacques Massine

On est dans une période qui est celle des vœux et des résolutions donc quelles sont les résolutions 2024 pour le Sporting Club Albigeois et même pour toi dans ton cas personnel ? 

 

Déjà, je souhaite mes meilleurs vœux à l’ensemble des supporters et des bénévoles du Sporting Club Albigeois, c’est hyper important pour nous. On va se souhaiter une belle et bonne année mais avant toute chose, et je ne vais pas déroger à la règle, c’est d’abord la santé. Sportivement, c’est se souhaiter que l’on redémarre avec de bonnes dynamiques, même si la coupure a été assez longue et c’est tant mieux parce qu’il y avait besoin pour tout le monde, il va falloir vite se remettre dans le bain.

 

Est-ce que finalement, la coupure n’a pas été trop longue car un mois, c’est long ? 

 

Oui, c’est long mais les joueurs en avaient besoin et je crois que c’était important de se régénérer. On est d’accord qu’il y a ce risque-là, celui d’être embêté car comme on le dit toujours, dès qu’on dépasse 15 jours, on est toujours gêné pour réenclencher une dynamique. 

 

On va aussi voir cette année si 2024 peut être une cuvée historique ? 

 

Je ne sais pas. Ce que nous on regarde, c’est le match suivant et ce qu’on veut faire, le championnat est encore long, il reste 12 matchs mais ça va passer aussi vite mais en tous cas, on va essayer de faire au mieux dans les matchs qui vont arriver. 

 

Est-ce que ce mois t’a permis de vider un petit peu l’infirmerie car elle commençait à être bien pleine ? 

 

Elle était en effet bien pleine. On aura quelques reprises mais pour l’instant, il faut aussi remettre les joueurs en forme donc on ne devrait pas avoir beaucoup de joueurs qui reviennent, en tous cas pour les matchs qui arrivent là. 

 

On peut résumer en disant que vous étiez dans le rouge au niveau infirmerie et que vous passez dans l’orange ? 

 

Oui, c’est vrai qu’on en récupère mais il faut les remettre en forme, il faut quand même être modérés même quand ils vont bien. Avec Alex, on a tendance à laisser du temps aux joueurs qui reviennent de blessure pour qu’ils se réacclimatent bien à l’équipe donc ça va être difficile d’en rentrer quelques-uns sur les premiers matchs. 

 

Ceux qui n’étaient pas blessés sont revenus en forme ? Il n’y a pas eu trop d’abus ? 

 

Non, j’ai trouvé que les joueurs ont été sérieux même si on leur avait quand même demandé de se lâcher et de récupérer, ils en avaient vraiment besoin. On n’est parfois pas habitués à enchaîner tous les week-ends à ce niveau-là et ça a donc permis de régénérer car à la fin, avec l’hiver et les terrains lourds plus la casse que l’on a eu sur plein, plein de matchs a fait qu’on arrivait un peu en bout de course. 

 

Quand il y a une coupure d’un mois, est-ce qu’on refait une mini prépa ou un peu de foncier ? 

 

Le but est quand même d’entretenir cette partie physique et de ne pas la lâcher. Les joueurs ont eu des programmes individuels pour leur permettre de continuer un peu à s’entraîner mais d’autres avaient aussi besoin de beaucoup de repos. Il faut faire attention aux sous-entraînements donc on les remonte en gamme avec aussi la partie physique à entretenir. 

 

Souvent, quand il y a des reprises, le Sporting est un peu en mode diesel et met du temps à monter en puissance. Avec ce mois de coupure, c’est quelque chose qui doit quand même te faire cogiter ? 

 

Bien sûr mais on va avoir un programme où on va beaucoup sortir à l’extérieur donc j’ai envie de dire qu’on sera au niveau où on sera mais je crois qu’il faut aussi accepter qu’il y ait des moments de repos pour les joueurs pour recharger les batteries. C’est aussi à nous d’essayer d’être le plus précis possible pour mettre les joueurs en forme le plus rapidement possible mais on sait qu’il y a quand même un peu un temps de réadaptation. 

 

Bourg ça t’inspire quoi ?

 

Même si on est en 2024, je vais réutiliser une phrase qui est celle qu’on se cantonne beaucoup, beaucoup sur nous. Je ne me permets pas de juger les autres équipes, on sait que l’on aura un gros match à jouer face à une grosse équipe et on va donner le meilleur de nous-même. Aujourd’hui, avant de regarder les autres ou de pouvoir analyser comment ils vont évoluer ou de comment va se passer la nouvelle année, c’est d’abord nous revenir dans notre rugby car cette coupure est conséquente et c’est donc bien revenir dans notre rugby.

 

Si on fixe le contexte, Bourg-en-Bresse, l’un des gros budgets et gros calibre du championnat, est mal en point. On connaît l’ambiance qu’il y a à Verchère où c’est toujours surchauffé donc vous redémarrez quand même pied au plancher avec un gros match ? 

 

C’est bien sûr un gros match mais je trouve que cette année, la Nationale est vraiment costaud et que ça a encore bien évolué. On s’attend à un gros match et plus les matchs vont se passer, plus les mois vont passer plus les matchs seront encore plus intenses. On joue aussi pour ces matchs-là et on sait qu’on a un gros morceau face à nous. 

 

Est-ce que ces reprises-là sont des virages à ne vraiment pas rater pour être dedans de suite ou est-ce qu’une défaite à l’extérieur n’est pas  » trop grave  » ? 

 

On prend la 2e option, j’ai envie de la prendre et je vais vous expliquer pourquoi. D’un, il ne faut quand même pas oublier comment on a construit notre saison ni où on en est à l’instant T, on est dans une bonne dynamique, bien sûr que l’on voudrait toujours plus de points mais on est satisfait des points que l’on a donc il n’y a pas rien qui s’est passé, au contraire. Maintenant, bien sûr que l’on essaye de préparer les matchs pour ramener des points mais je crois que quand tu es à l’extérieur dans ce championnat-là, on sait bien comment est la Nationale et comment est notre parcours à savoir que c’est très, très difficile à l’extérieur et très, très dur. Je crois qu’il ne faut pas non plus se voir trop beaux et penser que l’on peut gagner partout car ce n’est pas le cas, je crois aussi que notre saison est montée crescendo, également via le fait que l’équipe a confiance en elle, mais il y a des matchs à l’extérieur que l’on ne remportera pas ou des matchs tout court que l’on ne remportera pas mais ce n’est pas pour ça qu’il faudra tout jeter, au contraire. Par contre, dans le contenu de ce qu’on peut faire, je crois qu’on doit quand même être capable de repartir avec une certaine assise, pas comme fin Août. 

 

Question d’actualité car on a vu que tous les clubs de Nationale avaient eu les 2 points administratifs sauf Carcassonne qui n’en a eu qu’un. Qu’est-ce que tu penses de ces bonus administratifs ? Selon toi, qui est un compétiteur et un sportif dans l’âme, est-ce que ça ne vient pas un peu parasiter le sportif ? 

 

C’est certain, quand tu ne regardes que le sportif, tu te dis  » pourquoi ces points-là ? « . Je trouve que ce qui est bien, c’est que ça permet que tout le monde soit un peu logé à la même enseigne et qu’il y ait le même boulot administratif que chaque club ait besoin d’amener à la Fédération. Ça permet aux clubs d’être plus respectueux pour rester dans les clous sinon, je pense que ça serait une dérive, les clubs feraient plus ou moins ce qu’ils veulent. Je trouve ça bien, pas sportivement car quand on est sportif, on a forcément les points que l’on gagne sur le terrain mais pour moi, ça assainit la Nationale. 

 

Il y a également une notion qui va être importante sur la seconde partie de championnat, c’est le calendrier. Vous allez plus vous déplacer qu’en première partie tandis que des équipes comme Chambéry ou Bourgoin vont énormément recevoir donc ce sont des équipes qu’il va falloir surveiller car elles vont peut-être remonter de façon rapide au classement ? 

 

Oui, elles vont remonter mais encore une fois, je crois que si mes souvenirs sont bons, tout le monde aura joué le même nombre de matchs à l’extérieur comme à la maison au 27 Avril donc je ne fais pas cas de ça. 

 

On était resté sur le dernier match contre Bourgoin un peu compliqué et  » dramatique  » va-t-on dire. Il s’est bien terminé mais on est sur la ligne d’en-but à la 80e minute et trois minutes après, on a pris carton jaune et 3 pénalités ce qui fait que ça aurait pu mal tourner. Qu’est-ce qu’on en tire comme conséquences au niveau de la discipline et du travail que l’on peut faire par rapport à ça ? 

 

Je ne sais pas, on est parti en vacances et je ne me rappelle plus, je suis parti et je me suis dit que ce qui s’est passé avant, je ne m’en rappelle plus (sourire). Plus sérieusement, ça nous montre qu’un match n’est jamais gagné tant que l’arbitre n’a pas sifflé et le but est d’être dans la maîtrise, dans la constance et dans l’exigence de faire le job jusqu’au bout. On a manqué de maîtrise à ce moment-là parce qu’on pensait sûrement aller marquer un autre essai et on a vu qu’on s’était remis en danger par des fautes. Ça nous permet d’avoir une piqûre de rappel en disant qu’il faut aller dans les matchs jusqu’au bout et travailler cette maîtrise jusqu’à la fin. 

 

Contre Blagnac comme contre Bourgoin, la pièce est retombée deux fois du bon côté, vous êtes allés vous les chercher et vous vous êtes donné les éléments pour qu’elle retombe du bon côté. Comment est-ce qu’on cultive cet art de savoir faire tourner le match en sa faveur ? 

 

Si je peux me permettre, il n’y a que sur ce dernier match car à Blagnac, c’est quand même un match particulier où on avait de l’avance donc c’était quand même un peu différent, je le dis avec beaucoup de respect. C’est de ne jamais rien lâcher et de toujours croire en soi, il y aura des moments où ça va sourire, ça s’équilibre sur une saison, tu as retenu les matchs où la pièce est tombée du bon côté mais je peux te citer des matchs où ça n’a pas été le cas. Je l’ai toujours dit, ça s’équilibre dans une saison et j’ai des exemples où la pièce est tombée du mauvais côté pour nous sur cette première partie de saison alors qu’on aurait dû revenir avec la victoire. 

 

Elle est souvent tombée du mauvais côté l’année dernière, surtout en début de saison mais là où je voulais en venir, c’est que vous avez réussi à faire tourner les matchs sur le dernier bloc. Est-ce que c’est un état d’esprit, du travail ou le destin ? 

 

C’est tout, il faut de tout quand tu fais un sport. Il y a des entraîneurs qui disent  » il n’y a pas de chance, il n’y a pas de place pour la chance  » mais moi, je ne suis pas d’accord car le rebond ou le mec qui a glissé, ça fait partie du jeu. Est-ce qu’on a la pièce du bon côté aujourd’hui ? Je ne sais pas mais en tous cas, ça s’équilibre aussi avec les matchs qu’on a laissés échapper en 1ère partie de saison. 

 

Quelle est ta décision pour l’avenir ? 

 

Il y a une décision qui sera prise dans les jours qui vont arriver. 

 

Le minuteur est enclenché ? 

 

Oui, je vais annoncer ma décision dans les quelques jours à venir. 

 

Tu as fini ta phase de réflexion et tu es maintenant dans la projection de ta décision ? 

 

Pratiquement, oui. 

 

Quel est le mot d’ordre pour vendredi ? Débuter 2024 comme on a fini 2023 ? 

 

Reprendre de la meilleure des façons en y mettant beaucoup de sérieux et beaucoup de plaisir. Tout le monde a repris de l’énergie et il faut qu’avoir plaisir à jouer au rugby se voit sur le terrain, il y en a qui n’ont pas la chance de faire ça contrairement à nous qui l’avons et je crois qu’il faut croquer à plein dedans. 

 

Il n’y a pas eu de cadeaux au pied du sapin, pas de recrue ? 

 

Non, pas de cadeaux.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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