Le Président du CS Vienne, Yan Arnaud, nous a accordé une interview grand format, quelques jours avant la reprise des ciels et blancs en terre niçoise. Les promus isérois et leur jeune président malgré l’adversité sportive du à l’accession en Nationale, ne lâchent pas prise et comptent faire honneur au blason du CSV jusqu’au terme de la saison. Malgré une place de lanterne rouge au bout de 15 journées, le CS Vienne prend cette aventure sportive et humaine avec ses moyens et comme une aubaine pour continuer à grandir.

Avant de parler de cette année 2024, on va déjà dresser un bilan de l’année 2023 qui a vu Vienne être vice-champion de France de Nationale 2 puis monter en Nationale. Qu’est-ce que l’on retient de cette année 2023 qui, j’imagine, restera comme un grand cru et un cru historique ?
Oui, ça restera un grand cru et une année assez exceptionnelle à tous les étages. On parle souvent de l’équipe fanion par rapport à cette phase finale, à cette montée et à ce » titre » de vice-champion car pour nous, finalement, cette place en finale était presque comme un titre. On est passé par toutes les émotions sur cette année 2023 et on tire aussi des enseignements de cette première partie de saison en Nationale.

2023, c’était aussi appréhender un nouvel échelon, une nouvelle division et un nouveau niveau avec la Nationale ce qui a quand même été quelque chose d’assez complexe ?
Assez complexe et assez compliqué mais on le savait. On ne s’était pas menti à l’intersaison, on s’était dit les choses, on savait que notre fonctionnement atteignait certainement ses limites à l’échelon supérieur et ce sont des choses que l’on n’avait pas forcément anticipées car on n’avait aucune ambition de monter en Nationale, je rappelle qu’on jouait le maintien en Nationale 2 à l’intersaison après la création de cette division. On jouait donc le maintien et, au final, on se qualifie et on vit une belle aventure qui nous propulse en Nationale avec un apprentissage qui est complexe mais on se l’était dit en début de saison, on se l’est répété et on va encore se le répéter en ce début d’année qu’il faut que cette aventure soit une expérience et non pas un échec. L’idée est de tirer les enseignements et d’en tirer le meilleur même s’il est parfois difficile dans des situations comme ça de tirer des points positifs.

Avec le recul, est-ce que tu pensais que cet apprentissage et ce grand saut seraient plus faciles ou plus durs ?
Je suis mitigé, quand on est compétiteur, on se dit qu’on sera en capacité de gagner plus de matchs et que ce sera plus simple mais on est face à la réalité. L’un dans l’autre, on savait que ça allait être complexe et qu’on touchait les limites de notre système pluriactif car aujourd’hui, il est complexe de basculer sur des matchs les vendredis ou les samedis avec des mecs qui sont obligés de poser des jours de congé. On n’a pas forcément un effectif en capacité de poser des congés pour les rencontres du vendredi par exemple, on a un groupe qui est jeune, on avait travaillé sur le fait d’avoir un groupe en Nationale 2 avec un objectif de titiller la Nationale entre 3 et 5 ans et aujourd’hui, ce groupe jeune manque également d’expérience en Nationale face à de grosses cylindrées. On savait donc que oui, la marche était haute.

Au-delà de ce problème sociologique du fait que vous êtes l’une des rares équipes pluriactives en Nationale, qu’est-ce qu’il manque à Vienne pour un peu plus accrocher le wagon de la Nationale et être un peu plus près du milieu de tableau ?
Comme pour beaucoup, le sujet, ce sont les finances. Aujourd’hui, on n’a pas la chance d’avoir un président mécène ou un président entrepreneur, je suis bien placé pour en parler (rires). On a un fonctionnement atypique avec un président qui est indemnisé donc c’est un sujet. On a la chance d’avoir un gros réseau partenaires qu’on travaille depuis quelques années et qui nous accompagne dans cette aventure. Ça va nous permettre de tirer des enseignements et de grandir comme le dit notre slogan et ensuite, il y a la question des infrastructures qui est assez complexe au club aujourd’hui car on a des problématiques de terrains. On navigue aussi pour optimiser et faire un peu de vidéo et de muscu ce qui n’est pas le cas pour tous les joueurs par rapport à la pluriactivité. On tire donc des enseignements mais il y a en effet le financier, les infrastructures même si je pense qu’aujourd’hui, on a la structure. Il y a beaucoup de clubs qui, quand ils viennent chez nous, nous disent » il y a du bon, du très bon » mais il y a surtout des axes à améliorer pour un jour se pérenniser en Nationale.

2024 vient de pointer le bout de son nez. Quelle va ou quelles vont être la ou les résolutions du CS Vienne mais aussi ses objectifs et leitmotivs ?
Il n’y a pas vraiment de résolution, c’est surtout d’être toujours dans la continuité et de grandir, notre slogan « continuons de grandir ensemble » le dit assez. C’est surtout de prendre du plaisir, je pense que notre sport est un moyen de se rassembler et de se rencontrer donc prendre du plaisir sera surtout le maître mot sur ce premier semestre 2024. Prendre du plaisir à se trouver au stade, prendre un maximum de plaisir des plus petits aux plus grands même s’il est sûr que pour notre équipe fanion, ce serait l’idéal d’avoir quelques victoires car ça donnerait du baume au cœur. On a hâte de continuer à grandir au sein du club, on a beaucoup de projets dans les mois et les années à venir donc on est serein face à la situation. Les résultats ne sont pas une fin en soi donc on continue à travailler pour grandir.

Quand vous entendez beaucoup de monde vous dire qu’on met déjà Vienne dans le sac de la relégation et un pied en Nationale 2, c’est peut-être le meilleur des leviers et des carburants que l’on puisse vous donner ?
Exactement. Pourquoi le meilleur des carburants ? Parce-que c’était même le cas dès le début de l’année, on nous mettait derniers et je disais en rigolant » on ne peut pas finir 15e, il n’y a que 14 équipes « . On sait qu’on est déjà plus ou moins enterré en début d’année en disant qu’on va finir 14es mais il y a des matchs hyper intéressants à jouer sur cette 2e partie de saison, on reçoit 6 ou 7 fois, je ne me rappelle plus exactement. On veut encore partager des émotions, si on peut accrocher un, deux ou trois matches, ça sera le top et puis, on va batailler jusqu’à ce que ce ne soit pas fait comptablement et, en tous cas, on peut compter sur nous jusqu’à la dernière journée de Nationale pour essayer d’exister au maximum.

Il y a quelques semaines de cela, il y a eu un grand séminaire des présidents de Nationale et Nationale 2 sous le patronage de Florian Grill à la Fédération Française de Rugby. Qu’est-ce que tu en as retiré et quels en sont les enseignements et les perspectives ?
Moi, je pense qu’aujourd’hui, on ne sait pas ce qu’on veut faire de la Nationale. A mon sens, juridiquement, c’est un championnat qui est dit amateur même si on parle de contrats, les championnats de Nationale et de Nationale 2 sont sous l’égide de la Fédération Française de Rugby. Il y a beaucoup de clubs qui se structurent et je pense qu’ils ont besoin d’accompagnement pour se structurer, qu’ils ont aussi besoin de s’ouvrir et d’échanger pour construire au mieux ce qui nous permettra également d’avoir une meilleure image de nos championnats dits amateurs. A un moment donné, il faut que la Fédé statue sur ce championnat Nationale, qu’est-ce qu’ils veulent faire ? Est-ce qu’ils veulent le passer sous un mode professionnel ? Moi, j’ai soulevé le sujet sur le fait qu’aujourd’hui, on est sur un championnat amateur et qu’on joue le vendredi et on m’a répondu » tes joueurs ont un contrat » et oui, ils ont un contrat mais un contrat d’un quart de temps, ce n’est pas leur activité principale. C’est de positionner, je pense que la Fédé est dans la continuité sur certains points car il y avait des choses qui étaient très bonnes mais ils veulent reprendre certaines choses à la base. J’entends mais il faut également des axes, que l’on travaille ensemble et, à un moment donné, il faut aussi faire l’unité autour de notre sport et de notre Fédération pour que notre rugby en sorte grandi.

Pour faire une analogie avec un sujet qui va être d’actualité, voire même le fil rouge de cette année 2024, à savoir les Jeux Olympiques, du côté de Vienne et quoi qu’il arrive, on veut garder un héritage positif de cette première année en Nationale ?
Ça, c’est une certitude ! Comme je l’ai dit, il ne faut pas que ce soit un échec mais plutôt une expérience, d’en tirer des enseignements quoi qu’il arrive. Si on doit redescendre en Nationale 2 par rapport aux résultats sportifs, ça ne sera pas une fin en soi, le club sera capable de rebondir pour exister l’année prochaine et pour revenir certainement plus fort à court ou à moyen terme dans cette Nationale. Encore une fois, on n’a pas de pression sur les résultats à Vienne, les gens sont plutôt bienveillants et ils veulent nous accompagner au plus haut. On a un club qui est sain et serein pour l’avenir.

Quels sont les mots d’ordre pour cette année 2024 ?
Du plaisir. Quand on voit tout ce qu’il se passe dans notre société actuelle, c’est surtout rassembler, se rencontrer et prendre du plaisir autour de nos valeurs et de notre club. C’est avec plaisir que l’on rencontrera nos adversaires car si on n’a pas d’adversaires, on ne progresse pas et on ne grandit pas. Ce sera donc le plaisir de rencontrer, d’avancer et de grandir ensemble


Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec


























