#Rugby – Nationale / Lionel Terré (Tarbes) : «Je vais faire mon Guy Roux mais on va d’abord jouer le maintien!»

Lionel Terré, le président du Stado Tarbes Pyrénées nous a accordé une interview bilan à l’aube de la reprise de la Nationale en terre blagnacaise pour les bigourdans. À la tête du TPR depuis bientôt 6ans, le président Terré cultive l’humilité et la gestion en bon père de famille d’un club qui malgré un budget raisonnable arrive à se pérenniser au cœur de l’antichambre de la Pro D2. Alors que la dernière ligne droite de la division nationale s’annonce, du côté de Trelut malgré une 10ème place à la trêve, on ne s’emballe pas et on reste focus sur le maintien. Dans cet entretien, Lionel Terré a martelé aussi, un de ses leitmotiv : ne pas tomber dans la surenchère financière et budgétaire pour ne pas voir les tarbais retomber dans les travers d’un passé pas si lointain. L’ours Tarbais reste prudent en hiver comme à l’accoutumée, mais cela ne l’ empêchera pas de mettre des coups de griffes une fois le printemps venu.

 

Dans quel état d’esprit le Stado appréhende cette nouvelle année 2024 ? 

 

Avec impatience de rejouer car après un mois et demi sans jouer, tu as envie de rejouer. On avait fini avant les fêtes avec une victoire précieuse chez nous contre Massy donc maintenant, on a hâte de commencer dans ce beau championnat. 

 

Quel est le bilan global de l’année civile, qui englobe la saison précédente et la moitié de saison de celle en cours, du côté du Stado ? Un bilan quand même plutôt positif ? 

 

On va dire un bilan régulier. On avait fini à la 10e place l’an dernier et à la fin de la phase aller cette année, nous sommes toujours 10es donc ce n’est pas trop mal par rapport au budget que nous avons. On a gardé notre ligne directrice à savoir faire évoluer nos jeunes malgré le départ de Fabien Fortassin qui a été le maître d’œuvre de cette politique pendant 4 ans chez nous. On a pris un nouveau duo d’entraîneurs, Romain Terrain est resté et est épaulé cette année par Nicolas Cabannes qui avait la même philosophie de faire progresser nos jeunes donc on va dire que la ligne de conduite est la même, que le classement est le même mais on espère que le suivant pourra évoluer dans le bon sens. 

 

Du fait qu’il y ait un nouveau coach, Nicolas Cabannes, on peut dire que cette année est une année de transition ? 

 

De transition, oui et non dans la mesure où il y a une continuité puisque Romain est encore parmi nous et que les jeunes espoirs qui sont montés connaissaient le club. Donc non, pas de transition, c’est quand même la continuité. 

 

Vous l’avez évoqué, du côté du Stado Tarbes Pyrénées Rugby, vous avez l’un des plus petits budgets voire le plus petit de la Nationale. Est-ce que 2024 va être une année où on va s’atteler à essayer d’élargir le corps économique du club ? On voit dans cette Nationale que toutes les écuries s’arment, même des clubs comme Blagnac qui était un petit budget est en train de monter en puissance ? 

 

On va déjà être sûr de boucler notre budget car il y a trop de clubs qui ont ou avaient annoncé des budgets qu’ils ne pouvaient pas respecter donc nous, on va d’abord s’atteler à respecter notre budget. Ça, c’est le principal et ensuite, c’est de faire évoluer nos jeunes et comme nous avons pris le parti de faire évoluer les jeunes, d’aller chercher des espoirs à potentiel pour les faire jouer, nous allons rester dans cette philosophie-là. On est trop mal placé à Tarbes et il faut savoir que quand on ne tient pas nos budgets, on a des catastrophes qui arrivent derrière et nous, on ne veut surtout plus que ça arrive. 

 

Du coup, on est dans la rigueur budgétaire et une sorte de prudence ? 

 

Oui, tout à fait mais comme je le dis, ce n’est pas parce qu’on est prudent qu’on ne peut pas vivre des choses. Ce n’est pas le chéquier qui plaque, qui pousse en mêlée ou qui prend le ballon en touche, Dax l’année dernière en est le meilleur exemple, ils n’avaient pas un budget pharaonique mais ils sont finalistes, ils montent en Pro D2 et cette année, ils y figurent bien. Il est sûr qu’un budget important, c’est plus agréable et ça paraît parfois indispensable mais ce n’est pas forcément gage de succès. 

 

Est-ce que l’objectif d’être en play-off en fin de saison est toujours dans un coin de la tête du côté du stade Trélut ? 

 

L’objectif est de bien figurer à chaque match, si tu ramènes des points de chaque match, tu peux espérer faire des choses mais pour l’instant, c’est beaucoup trop tôt pour parler de qualif. Je vais faire mon Guy Roux mais on va d’abord jouer le maintien et être performants à tous les matchs, quant au reste, c’est beaucoup trop tôt pour en parler.

 

Il y a quelques semaines s’est tenu un séminaire des présidents. Qu’est-il ressorti de ce grand raout des présidents de Nationale et de Nationale 2 ? 

 

Je suis désolé mais je n’ai pas pu y aller à cause de mes obligations professionnelles. 

 

Vous en avez quand même eu des échos ? 

 

C’était surtout au niveau de la réforme des espoirs car c’est un championnat un peu compliqué, soit on favorise l’aspect géographique soit on favorise l’aspect sportif donc il y a plein de questions par rapport à ça. Je ne vais parler que de la Nationale 1 car, pour l’instant, je ne connais pas trop la Nationale 2 et que c’est un nouveau championnat, et tout le monde est convaincu que la Nationale 1 est un beau championnat qui arrive à maturité. On voit qu’avant, les équipes qui montaient en Pro D2 redescendaient systématiquement mais ce qui là n’est plus le cas donc quand elles arrivent en Pro D2, elles réussissent à bien figurer. Ça veut donc dire que c’est un championnat qui devient mature. 

 

On a vu que Carcassonne avait oublié au passage un point de bonus administratif, points que l’on obtient lorsqu’on envoie les documents en temps et en heure à la Fédération Française de Rugby. Est-ce que Lionel Terré, le président de Tarbes, est favorable au bonus administratif ou non ? 

 

Je trouve que ce n’est pas plus mal d’avoir de la rigueur et je trouve que c’est une bonne chose. En ayant de la rigueur comme ça, on s’évite des catastrophes d’une année sur l’autre. 

 

On va revenir sur le sportif et comme premier match, un derby contre Blagnac. Quel est le mot d’ordre du côté des Tarbais ? 

 

De faire le meilleur match possible, comme je l’ai dit tout à l’heure. On sait que ça n’est jamais facile chez nos amis de Blagnac et chaque année, que ce soit chez eux ou chez nous, ce sont des matchs qui se gagnent à 1 ou 2 points près donc on sait qu’on va souffrir les uns contre les autres jusqu’à la dernière minute. 

 

Quel va être le grand projet ou la grande mission pour cette année 2024 pour l’équipe dirigeante du Stado Tarbes Pyrénées Rugby ? 

 

C’est de finir la saison convenablement tant au niveau budgétaire que sportivement, c’est surtout ça. Nous, on a besoin de travailler dans la sérénité, ça fait quelques années que l’on n’entend plus parler de Tarbes dans les faits divers et on est très heureux comme ça. Concernant la politique sportive, c’est vraiment de permettre à nos jeunes de toucher à ce monde professionnel avec le regret que nos meilleurs potentiels partent sans qu’on puisse les faire fleurir en première mais c’est comme ça, c’est la dure loi du sport d’un club de formation. 

 

Merci et on souhaite une belle année 2024, tant humaine que sportive. 

 

Je vous remercie.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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