#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «Je suis réellement dans une profonde réflexion!»

À l’heure de tirer le bilan de mi-saison, Mathieu Bonello a tout pour être un homme satisfait de ses troupes et du travail accompli. En cette fin d’année 2023, l’ensemble des voyants sportifs du SCA sont au vert et les tarnais ont même pour la première fois depuis la création de la Nationale, terminé premier du classement à la trêve de Noël. Mais au delà des satisfécits légitimes qui incombent à un tel début d’exercice, le manager du Sporting Club Albigeois est actuellement en pleine réflexion sur son avenir dans la cité épiscopale et sur les besoins qu’il juge nécessaire pour continuer à performer. Lors de cette ultime conférence de presse de l’année civile, l’ex coach de Lavaur et Massy a soulevé certaines problématiques qui vont se présenter au club tarnais, si il veut continuer de se structurer et de progresser. Pour celui qui a soulevé le Brennus en 2013 avec castres, l’accroissement et la diversification du soutien financier des partenaires économiques jaunes et noirs sera un des crédos essentiels pour voir le club du président Roumegoux passer un cap. Soucieux de s’engager dans un projet global, s’il poursuit son aventure aux pieds de la cathédrale Sainte Cécile, Mathieu Bonello livre des pistes sur l’évolution pérenne du SCA. Alors que beaucoup se satisferaient d’une place de leader en décembre, le coach des albigeois, lui, tent vers une certaine quête de l’optimisation et du perfectionnisme, avec en arrière plan sa décision sur le renouvellement ou non de son bail au stadium municipal d’Albi. En clair, à la croisée des chemins d’un choix personnel, Mathieu Bonello regarde dans le rétro la somme de travail accompli en 3 ans, tout en scrutant l’immensité des défis qui attendent le SCA.

Crédit photo Jacques Massine – Le #MagSport

 

C’est un bilan de mi-saison qui est quand même assez idyllique. Premier à Noël, c’est la première fois que ça arrive depuis qu’Albi est en Nationale et c’est très positif ? 

 

C’est positif même si on sait que d’autres ont un match en retard. Je trouve que c’est bien pour la confiance des joueurs et du staff ainsi que pour le travail réalisé par l’ensemble du club, c’est toujours une bonne chose d’avoir pris des points dans cette première partie de saison. 

 

L’objectif était les 6 donc, pour l’instant, le plan de marche est respecté ? 

 

L’objectif est de se qualifier, on a fait la phase aller + 1 match donc on aura 12 matchs pour se maintenir dans les 6 et essayer de finir dans le meilleur des classements. C’est vrai qu’on est content de cette première partie car, forcément, ce sont quand même les résultats qui donnent le ton, on peut parler de comportement et de ce qu’on met dedans mais les résultats te permettent de dire si tu fais une bonne saison ou pas donc on est content de ça. 

 

Pour rester sur le plan comptable, tu as le meilleur bilan sur 14 matchs depuis que tu es arrivé, tu étais peut-être pareil en termes de points il y a deux ans. Qu’est-ce que ça peut avoir comme conséquences pour toi et ton groupe ? 

 

La conséquence, c’est que ces points que tu as pris là te permettent de redémarrer avec une confiance car les joueurs s’en rendent compte, de même pour nous le staff, et ça nous permet d’attaquer la phase retour avec des certitudes. Maintenant, dire qu’on est dans les premiers en Décembre et donc qu’on sera dans les premiers en Avril n’est pas une certitude, il va falloir mettre des ingrédients pour continuer ça. Par contre, tu ne travailles pas sur se créer de la confiance puisque c’est ça que ça permet en premier lieu et quand tu es en confiance, tu es quand même meilleur puisque tu vas oser des choses que tu n’oserais pas si tu ne l’étais pas ce qui est une bonne chose. D’un point de vue purement comptable, il y aura forcément des points à aller chercher et à gagner mais il est certain que tu ne vas pas courir après les autres et aujourd’hui, cette année par rapport à il y a deux ans, on est quand même parti sur l’objectif de plus se regarder nous que les autres. 

 

Depuis la création de la Nationale, hormis l’exception narbonnaise, on voit que le chemin pour la Pro D2 est beaucoup plus simple lorsque l’on est dans les deux premiers ? 

 

Il faut voir cette année car le contexte est quand même particulier, concernant les autres années, ce que tu dis est une certitude, lorsque tu finissais premier, tu étais souvent au bout. Le chemin maintenant va être aussi dur voire plus dur puisqu’il faut gagner un match de plus même si j’ai envie de dire oui et non puisque tu n’as qu’un match en demi alors qu’avant, tu avais un aller / retour à gérer. Je trouve que ça ressemble plus à des phases finales et la phase finale, c’est un match. 

 

Certes, il y le changement de formule au niveau du championnat mais n’est-ce pas là que c’est le plus ouvert du fait qu’il n’y a aucun club qui ne roule sur la Nationale comme les saisons précédentes ?

 

C’est vrai qu’il n’y a pas de mecs qui se détachent comme les autres années. Est-ce un bien ou un mal ? Je pense que c’est un bien mais par contre, je pense que ça densifie tous les matchs durs tous les week-ends. C’est bien pour dire que je suis incapable de dire qui sera ou seront l’élu ou les deux élus cependant ça a densifié le rapprochement des clubs tous les week-ends là où avant, tu pouvais te dire  » ça va être très dur pendant deux week-end mais ça ira un peu mieux ensuite  » tandis que là, il n’y a pas de marge. 

 

Pour revenir sur la progression, tu fais 4 la première année, 3 la seconde. Vous êtes ambitieux donc vous visez peut-être la place de 2 avec ce que tu viens de dire à savoir finir 1 ou 2 est peut-être encore mieux que les autres années puisqu’il n’y a qu’une seule demi-finale ? 

 

Je suis totalement d’accord avec toi, ton analyse est la bonne. Je vois la progression que l’on a d’année en année et moi, en tant que manager qui pilote le projet sportif, je la regarde forcément et j’en suis fier, pas pour Mathieu Bonello mais j’en suis fier pour mon staff, pour Alex, pour les joueurs, pour le club. Ça veut dire que l’on progresse avec certaines décisions que l’on peut prendre à des moments, qu’on évolue donc qu’on grandit. Est-ce qu’on sera à ce classement-là fin Avril ? Je ne le sais pas mais en tout cas, le premier examen de passage est réussi. Je vais revenir sur le fait de dire qu’on se regarde nous et pas obligatoirement que le classement car, et je vais être transparent avec vous, quand tu es manager, tu es parfois obligé de le regarder mais par contre, je pense très sincèrement qu’on le regarde beaucoup moins que d’autres. Je l’avais dit dès le début de cette Nationale où les matchs sont hyper élevés en termes de niveau, il y a des exploits tous les week-ends et je pense qu’à dire que lui va aller taper lui ou que l’autre va aller taper l’autre et va passer devant ou pas, on s’y perdrait. C’est pour ça que je dis que je le regarde sûrement moins que certains car je pense qu’il faut faire son chemin avec tous les résultats car il y en a qui tombent auxquels tu ne pensais pas. 

 

Quel est le match où tu as le plus de regrets sur cette première partie de saison ? 

 

Ce sont nos matchs à l’extérieur et l’enchaînement que l’on fait avec Carca, Suresnes, Chambéry et je me dis  » trop peu payé pour ces 3 matchs « . Je ne suis pas en train de dire qu’il fallait prendre les 3 et qu’on méritait les 3 parce qu’on a manqué de constance, c’est d’ailleurs le leitmotiv de cette première partie de saison car je trouve qu’on a manqué de constance par moment. Mais sur ces 3 matchs, ce n’est pas normal qu’on n’en ramène pas un car il y a tout pour en ramener un, pas question de l’adversaire ou autre, c’est question de nos productions. Je m’aperçois que je parle de constance mais tout le monde n’est pas non plus constant sur 80 minutes à ce niveau-là et quel que soit le niveau, tous les entraîneurs demandent de la constance. Franchement, sur ces trois matchs, Carca, Suresnes et Chambéry, j’aurais aimé que l’un des trois bascule pour nous mais il faut quand même se satisfaire de ce que l’on a. 

 

Et celui dont tu es le plus fier ? 

 

J’ai trouvé la première mi-temps qu’on a fait le week-end dernier très, très costaud, bien sûr qu’il n’y a qu’un point d’écart à la fin mais franchement, il ne reflète pas le match. Je trouve que sur cette première mi-temps, on a dominé de la tête et des épaules, on n’a pas scoré, on a tombé deux ballons dans l’en-but mais à la fin, ça fait beaucoup. J’aimerai que les gens qui analysent, certains analysent bien les matchs de la première à la dernière minute et je ne parle pas de vous, voient qu’on a fait une première mi-temps que je pense complète face à un très gros adversaire. Il y a donc celle-là et si je devais retenir un match, ce que j’ai trouvé de bien et qui m’a plu contre Nice, c’est la réaction des joueurs car quand ça tourne mal pendant 40 minutes, et on a fait notre pire mi-temps de l’année contre un très gros adversaire et tout n’allait pas bien, tout donc de reprendre, d’avoir l’énergie de remettre le rugby dans l’ordre, j’ai envie de dire que ça veut dire que l’équipe progresse mentalement et ça, c’est une fierté. 

 

Pendant deux saisons, ton leitmotiv a été la construction. Avec le recul que tu as maintenant après deux saisons et demie, qu’est-ce que vous avez construit selon toi et quelles sont les bases solides dans ce club ? 

 

Je ne vais pas vous surprendre dans ce que je vais dire mais c’est cet esprit. On peut parler de l’esprit entre les joueurs ou de l’esprit club mais c’est l’esprit général de cette équipe qui est assez jeune mais qui ne se sent quand même jamais battue. Elle va parfois faire de mauvaises choses, comme lors de la mi-temps contre Nice, mais elle va se remobiliser et en faire une deuxième assez incroyable par rapport à la première et tu vas te dire  » putain, ce n’est pas la même équipe ! « . Je trouve que ce qu’on a construit, c’est cet esprit d’équipe de ne rien lâcher et de toujours se battre, on n’est parfois pas bons, il ne faut pas non plus dire qu’on est les meilleurs, pas du tout car on a beaucoup de boulot. Je trouve qu’on est tenaces dans l’effort et je pense que c’est l’une des marques que l’on doit avoir ici, dans notre club et que, finalement, c’est ça le rugby, c’est se bagarrer dans tous les instants. 

 

La quintessence de cet esprit est peut-être la victoire à Blagnac où, en terre hostile, vous allez chercher une victoire qui vous fait du bien et vous donne un déclic ? 

 

C’est certain car c’est vrai que c’est très dur d’aller gagner là-bas, tout le monde s’y était cassé les dents. J’ai également trouvé qu’on avait fait une 2e mi-temps consistante, on a été sérieux et parfois, dans des projets sportifs ou dans des saisons, tu as souvent des matchs qui te créent de la confiance. Je crois qu’il est vrai que ça a été un match important car ça a permis de faire la bascule en se disant qu’on était à chaque fois pas loin à l’extérieur, 1, 3 ou 7 points, on était souvent dans ce cas-là mais ça ne tournait jamais pour nous. Encore une fois, c’est à nous de travailler pour que les choses tournent pour nous mais c’est vrai que, pour l’instant, les signaux sont au vert. 

 

Parlons un peu des hommes. Hormis les blessures, tu as dit que tu faisais tourner pour ne pas perdre les gars mais il y a quand même des piliers par contre, concernant la charnière, je crois qu’il n’y a que deux matchs où tu as fait jouer la même. On l’a vu avec l’équipe de France, la charnière est quand même un sujet sensible et ce sont souvent eux qui ont les clés du match. On n’est pas au courant des blessés donc on ne sait pas si tu as beaucoup changé à cause des blessures ou si ce sont des sanctions ou si tu n’as pas trouvé ta charnière. J’ai quand même la faiblesse de croire que la charnière est quand même dans quelque chose dans la très bonne 2e mi-temps de Nice et la meilleure des mi-temps contre Bourgoin ? 

 

Je suis d’accord et je pense que ton analyse est la bonne et est pertinente. Je suis aussi un adepte du fait que la charnière était le pilote d’une équipe, on m’a inculqué ça depuis tout jeune, et que pour piloter une équipe, il faut jouer, matcher, avoir des habitudes et pour en avoir, il faut que ça enchaîne, c’est la vérité. Ici, depuis trois ans, on n’a pas réellement trouvé une charnière tout terrain, on s’est beaucoup posé la question mais je vais parler de cette année car ce qui a été fait avant s’est fait avant et que c’est notre passé. Sur cette année, on a beaucoup tourné à ces postes-là indéniablement, mais on a déjà beaucoup tourné sur tous les postes comme tu l’as dit, parfois sur blessures parfois par méforme ou parfois encore suite à performances des joueurs à l’entraînement qui méritaient d’avoir le maillot. On a tourné de deux façons, de un suite aux blessés, là, on n’a pas le choix et comme on a eu des blessés sur ces postes-là cette année, on a été obligé de tourner et de deux, parce qu’on a parfois pas été content des charnières ou qu’on n’a pas trouvé, on ne les incrimine pas seulement eux et ils n’ont pas toute la responsabilité de l’équipe. C’est vrai que, quand on arrive à trouver et à stabiliser une charnière, tu vois que toutes les équipes tournent mieux et jusqu’à maintenant, on s’est un peu cherché. Il y avait aussi des joueurs que l’on voulait essayer à d’autres postes, on a essayé de faire tourner un peu les joueurs pour trouver celle qui nous plaisait le plus et celle qui pouvait le plus apporter à l’équipe. Je suis d’accord avec toi sur le fait que, je pense, ça nous a joué des tours à certains moments car ne pas avoir de constance sur ces postes-là handicape l’équipe, vraiment, et j’en ai conscience. Maintenant, j’ai envie de dire que dans cette analyse que j’en fais, on a quand même malgré tout réussi à avancer donc ce qu’on a fait est un mal pour un bien car aujourd’hui, nous, staff et coaches, on est complètement clair dans les niveaux de chacun. Tout le monde a eu du temps de jeu en première partie de saison et sur la deuxième, on va pouvoir en installer une, hors blessure bien sûr. Là, ce qui est bien pour le joueur, et je l’ai vécu, c’est qu’ils ont eu la possibilité, ils n’ont pas eu qu’une mi-temps ou qu’un match, chacun à leur niveau et avec un temps de jeu différent, même si ça s’équilibre à quelque chose près et donc, on peut dire aujourd’hui  » la hiérarchie est comme ça « . Pour moi, l’équipe en a besoin à ces postes charnières. 

 

Pour aller dans ton sens quand tu parlais de tout terrain, l’exemple criant est Théo Vidal. Tu l’avais replacé en 9 mais là, on a l’impression que tu reviens plutôt sur le poste de 10 ?

 

Théo a un double poste, c’est un 10 de formation, on l’a passé 9 car on pense qu’il a beaucoup de points positifs et de qualités pour jouer 9. De par les blessures également, les méformes des uns et des autres, on s’est dit  » pourquoi ne pas le re-tester à son poste de prédilection qui est 10  » donc on va aussi lui donner du temps de jeu en 10 pour voir où il en est car il ne faut pas oublier qu’en 3 ans, il a beaucoup enchaîné à ce poste-là et c’est pour ça qu’on l’a replacé là. Ce n’est pour dire que ça n’allait pas en 9 mais on l’avait vu en 9 et on a voulu le revoir en 10, c’est pour ça que je vous dis qu’on a un peu mis tous les mecs dans les postes où on voulait et aujourd’hui, on a un le  » confort  » de voir quelle association marche mieux que d’autres. Encore une fois, je suis très content de tous les bonhommes que j’ai à la charnière parce qu’ils sont tous différents et on va aussi pouvoir jouer sur ça en utilisant les uns et les autres suivant le type de match que l’on va aborder. 

 

Qu’en est-il de toi parce qu’on se rapproche ? 

 

Oui, on s’en rapproche, je devais dévoiler ma décision d’ici fin Décembre, on va être dans les clous ou on va le dépasser un peu sans le dépasser de beaucoup soit dans les 15 jours qui vont arriver. A l’instant où je vous parle, je n’ai réellement pas pris de décision, ce n’est pas de la langue de bois car même mes plus proches ou ma famille sont incapables de le dire. Je n’ai pas du tout pris ma décision, on se voit régulièrement avec le club, on affine ce qui peut être affiner mais je souhaite vraiment que l’on tienne les délais ou, si on les dépasse, que ce soit de très peu pour le bien de tout le monde, même pour moi, pour les joueurs, pour le projet du club. Aujourd’hui et maintenant, je suis vraiment réellement dans une profonde réflexion car ça va au-delà que de continuer sur une année ou pas, c’est une réflexion que je veux mener et je ne veux pas me tromper.

 

Qu’est-ce qui te fait t’interroger ? Le futur ? 

 

Oui, le projet, le plus gros truc, c’est le projet du club. Aujourd’hui, je suis attaché au club car je suis né ici et ce n’est pas rien, je n’y ai pas vécu mais j’y suis né et je trouve qu’avec les évolutions qu’il y a eues, le projet avance, c’est indéniable du point de vue structures. Ce qu’il y a surtout dans ce projet de club-là, que je n’avais jamais vécu avant et je les remercie à chaque fois, c’est une municipalité qui est juste extraordinaire et pour moi, dans le projet que je fais ou du moins que j’essaye d’apporter au club, c’est un atout de plus. Je ne les remercierai jamais assez, Stéphanie et Michel sont juste exceptionnels pour la ville, pour notre club, pour toutes les associations de la ville, ils aiment vraiment le sport. A l’inverse, j’ai connu des clubs où j’étais et où le sport n’était pas la priorité de la municipalité et franchement, c’est dur, je peux en parler puisque je l’ai vécu notamment sur ma avant-précédente expérience et oui, c’est difficile. Donc aujourd’hui, j’ai ce gros point hyper positif et qui me tient vraiment parce-que ce sont des gens avec qui je fonctionne avec beaucoup de liberté mais par contre, avec ça, il faut un projet de club qui continue à avancer. Ce n’est pas Pro D2 ou pas Pro D2, phases finales ou pas phases finales, c’est qu’est-ce qu’on veut dans notre club demain ? Qu’est-ce qu’on fait pour le rendre attractif ? Qu’est-ce qu’on fait pour le pérenniser à un très, très bon niveau de Nationale voire un jour, si tu y arrives, à l’échelon supérieur ? Mais qu’est-ce qu’on fait en profondeur ? Aujourd’hui, on a travaillé sur les structures et c’est vraiment top mais maintenant, qu’est-ce qu’on fait pour structurer l’équipe pour que demain, on pérennise le club à bon niveau et que ça le soit chaque année ? A l’heure actuelle, c’est indéniable et ça fait partie de ma réflexion, on manque de soutiens financiers et ce n’est pas dire que le club ne va pas bien car il va très bien. Combien de clubs mettent la main à la poche à la fin pour finir les années ? Tout le monde. En revanche, je dis  » comment faire pour avoir un peu plus de moyens financiers qui vont te permettre de stabiliser ton équipe ?  » sans parler de recrutements de stars ou autres mais peut-être d’un recrutement jeune. Comment est-ce que tu fais pour arriver à pérenniser un peu plus le club ? Ça, c’est une véritable question car aujourd’hui, et vous en êtes les témoins, on est quand même au taquet, taquet de ce qu’on peut faire à l’instant T. Il y a des gens qui sont assez exceptionnels dans le conseil d’administration, des gros partenaires, des institutions qui aident le club mais je pense que tout le monde est au taquet et ce n’est pas négatif que de dire ça. Aujourd’hui, il faut se demander ce qu’on fait : est-ce qu’on reste dans ce circuit-là en sachant ce qu’il en est ou est-ce qu’on dit qu’on va essayer de passer une vitesse supérieure ? Tout le monde est disponible pour avancer mais c’est aussi de concret dont j’ai besoin parce-que ça va vite et que les autres avancent.

 

Dans ta décision, il y aura aussi des considérations personnelles et familiales car quand tu es allé à Massy, être déraciné de ta famille et de tes proches a été non pas douloureux mais pas simple ? 

 

Au début, c’est vrai que ce n’est pas facile d’être sorti de son contexte mais ça m’a aussi apporté beaucoup d’expérience et après, une fois que tu es parti, c’est bon. Bien sûr que ça fait aussi partie de ma réflexion, je suis vachement attaché à mon Tarn et ici, je suis vachement attaché au club et aux gens qui l’entourent mais je ne peux plus et je ne peux pas regarder que ça. Avant mon aventure à Massy, je n’aurais peut-être regardé que ça mais quand j’ai décidé de partir pour vraiment voir ce que c’était ailleurs, ça s’est fait et puis les enfants, ça grandit et on s’habitue aux choses. Ce qui est important, c’est vraiment le projet du club et quand je parle de club, ce sont nos équipes de jeunes et le niveau que l’on peut aller toucher avec elles. Ici, c’est une terre de rugby, on parle du stade dont on dit qu’il y manque un peu de monde mais je crois que ce n’est pas qu’à Albi, comme quand je vois parfois des matchs de Pro D2 le jeudi soir, c’est bien sûr lié au nouveau mais aussi à l’attrait des jeunes car quand il y a des jeunes du club, de la ville, les gens se reconnaissent également plus. C’est donc un projet d’ensemble de club que le club est en train de me présenter et d’affiner et je veux voir si je suis en phase avec ça.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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