#Rugby – Nationale 2 / Yannick Vignette (Salles) : «On s’est prouvé qu’on avait le niveau!»

On va faire un focus sur le co-leader de la poule 1 de Nationale 2. Promus cet été , arrivés avec beaucoup d’envie, de dynamique et d’ambition, l’US Salles et son manager Yannick Vignette, sont la révélation de ce championnat.

 

Crédit photo Jacques Massine

 

Lorsque on t’avait eu dans nos colonnes, on parlait de maintien du côté de Salles mais on voit que l’appétit vient en mangeant et que du côté de l’USS, on est leader ? 

 

On est leaders mais on n’est pas maintenus donc on reste quand même sur la même lignée d’acquérir le maintien dans les meilleurs délais. On verra ensuite mais d’abord le maintien. 

 

Comment s’est construit ce début de championnat qui vous a amené jusqu’au haut du classement ? 

 

On a travaillé plutôt dur pendant la trêve, notamment sur le mois d’Août. On a été très sérieux, très appliqués avec un groupe très appliqué et on a donc bénéficié du travail d’Août pour bien démarrer la saison tout en évitant de laisser le moins de choses possibles au hasard. Avec un staff, des joueurs et tout le monde très concernés, ça a permis de bien démarrer. 

 

Vous aviez en plus quelques gros calibres au menu et vous avez accroché quelques scalps ? 

 

Oui, on a joué de grosses équipes et on s’est prouvé qu’on avait le niveau de ce niveau. C’est bien car ça met de l’énergie pour continuer à travailler encore plus dur et de continuer à progresser car on voit aussi que l’écart qui nous sépare des favoris est mince donc on a besoin de travailler pour rester dans cette position.

 

Lors des 6 premières rencontres, quel est le match référence pour les Sallois ? 

 

Je dirais qu’on n’a pas encore le match référent et qu’on est à sa recherche. Je sens qu’il va venir car on est en train de construire sur les différents secteurs de jeu, je trouve qu’on arrive à progresser un petit peu sur pas mal de secteurs et notamment des secteurs majeurs. Quand tout va se mettre en ordre, on espère qu’on aura rapidement un match référence. 

 

Quel est le projet de jeu de Salles ? Un jeu plutôt axé sur le mouvement ? 

 

Il y a quand même la conquête sur laquelle je suis très à cheval et que j’aime particulièrement donc on fait un gros focus sur la conquête. Ensuite, c’est effectivement l’alternance des formes de jeu à laquelle je suis aussi très, très attaché sachant que le club a également un ADN sur le mouvement. On essaye donc de conjuguer tout cela et, pour l’instant, on ne le fait pas trop mal, les conditions météo étaient aussi plutôt favorables. Je dirais donc que c’est une alternance des formes de jeu, essayer de toujours surprendre au maximum l’adversaire et ne pas tomber dans un jeu monotone où c’est toujours la même chose et le même rythme. On essaye de varier et les formes de jeu et le rythme. 

 

Comment est-ce que tu analyses cette Nationale 2 et plus particulièrement cette poule 1 ? 

 

Je n’ai pas joué toutes les équipes mais pour l’instant, de ce que j’ai vu, je la trouve assez homogène. Il y a des équipes qui, parfois, font un non-match comme ça nous est arrivé à nous aussi à Anglet par exemple où on peut passer à côté mais sinon, je trouve vraiment la poule homogène avec un bon niveau d’ensemble. 

 

Ce week-end aura lieu le match reporté d’il y a quelques semaines avec Graulhet qui arrive à Salles. Qu’est-ce que cela t’inspire ? 

 

Graulhet est une équipe que je respecte énormément car elle aussi a été bâtie avec l’idée d’avoir une conquête forte, notamment en mêlée fermée, ce n’est pas mal en touche également, ils ont des atouts dans l’alignement. C’est une équipe que je trouve costaud sur les fondamentaux avec aussi des joueurs intéressants derrière sur un axe 10 / 12 / 15 très intéressant avec un 12 très performant et un arrière qui peut faire basculer les matchs. Je trouve donc que c’est une équipe qui est à prendre très, très au sérieux. 

 

Le fait que la rencontre ait été reportée oblige tant Salles que Graulhet à faire 6 rencontres d’affilée avant la trêve de Noël. C’est un véritable marathon ? 

 

Oui, ça va être compliqué et c’est pour cela que j’aurais aimé jouer ce match à tout prix car cela ne nous a vraiment pas arrangé que ça soit reporté et que ça nous conduise à un bloc de 6 matchs. C’est comme ça, on n’y pouvait rien, il y avait une tempête et on va essayer de s’adapter au mieux mais, effectivement, ce n’était pas tout à fait un cadeau. 

 

Quelle est l’équipe qui, pour l’instant, t’a le plus impressionné en Nationale 2 ? 

 

Salles ! (Rires)

 

On va aussi parler du club car pour faire un bon club, il faut de bons entraîneurs, de bons joueurs mais aussi de bons dirigeants. Est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur les présidents et les dirigeants de Salles ? 

 

Les deux présidents, Didier Dallet et Michel Plassot, sont, je pense, deux personnes emblématiques au niveau du club. Ce sont les présidents d’une structure qui, je crois, compte à peu près 650 licenciés avec une grosse école de rugby, une académie qui est en train de naître, un centre de formation qui est en construction. Ils sont très actifs et très attachés à l’évolution du club, notamment sur la formation, ce sont vraiment des présidents attachés à l’ensemble du club donc certes, l’équipe première en est la vitrine mais je sens que leur préoccupation première est la formation via l’académie. Ils ont compris que c’était la pierre angulaire du succès à long terme. 

 

Que t’a inspiré la Coupe du Monde 2023 ? 

 

J’ai trouvé que le quart de finale Irlande / Nouvelle-Zélande nous avait fait basculer dans une sphère rugbystique que je n’avais encore jamais vue. C’est sûrement la sphère rugbystique de demain avec un match incroyable de maîtrise technique de la part des Irlandais face à un jeu devant la défense néo-zélandais qui était quand même assez agressif. J’ai vu un match remarquable, j’ai vraiment été stupéfait du niveau de jeu de cette rencontre et dans l’ensemble, j’ai vu une Coupe du Monde plutôt rondement menée sur l’environnement, la sécurité et autres. Moi, je trouve que l’Afrique du Sud fait quand même un beau vainqueur car contrairement à d’autres équipes qui parlent peut-être de finisseurs pour être complaisants avec les remplaçants, j’ai trouvé que cette équipe avait vraiment de vrais finisseurs comme Faf de Klerk qui est rentré systématiquement, hormis lors de la finale, et bien d’autres aussi pour vraiment amener un plus sur la fin de match et sur le money-time. J’ai vraiment trouvé l’Afrique du Sud très performante sur ce coaching-là, avec un coaching en permanence d’adaptation contrairement à d’autres nations. Par exemple, j’ai cru voir un coaching prémédité et non pas d’adaptation ce que j’ai trouvé dommage chez l’Angleterre qui font sortir leur pilier droit sans être capable de le faire re-rentrer, j’ai trouvé ça regrettable car, finalement, ils auraient pu être en finale avec un meilleur coaching. Je salue donc l’Afrique du Sud car ils ont vraiment mis de vrais finisseurs sur les money-times tout en sachant faire un coaching d’adaptation en réagissant très vite, notamment lors du match contre l’Angleterre quand ils ont vu qu’ils s’étaient trompés sur le 10. C’est toute cette approche que j’ai trouvé très intéressante et pertinente. 

 

Et quel est ton sentiment sur les polémiques qu’il y a eu autour de France / Afrique du Sud ? 

 

Ça m’inspire que l’arbitrage a une place prépondérante au rugby et que, malheureusement et quel que soit le niveau auquel on joue tous les dimanches, l’arbitre peut commettre des erreurs et il est faillible. C’est comme ça, c’est regrettable et je suis évidemment d’accord avec l’analyse d’Antoine Dupont car je crois qu’il a raison dans ce qu’il dit mais c’est comme ça à tous les niveaux. On peut juste le regretter mais ça veut aussi dire qu’il faut continuer à mieux former les arbitres et à être davantage exigeant. Je ne partage pas du tout la phrase qui dit qu’un arbitre peut rater un match comme un joueur car un joueur doit créer en permanence alors qu’un arbitre est là pour faire appliquer un règlement donc on n’est pas du tout à pied d’égalité par rapport à ça. Le souhait est que l’arbitre soit toujours avec le plus d’objectivité et de sang-froid possible mais cela étant, il y aura toujours des erreurs. Je ne pense pas qu’on puisse arriver à un taux 0 d’erreur sur un match de 80 minutes et il faut l’accepter mais parfois, c’est dur. Quand c’est contre soi, c’est dur à accepter, c’est violent et pour la génération de cette Coupe du Monde, c’est très, très frustrant même si, encore une fois, on ne peut pas se réfugier que derrière l’arbitrage. C’est vrai que sur la fin et sur les dernières actions, ça peut faire basculer le match, quand tu perds d’un point, ça peut faire jouer la frustration et tu te dis  » si jamais il avait levé le bras pour la pénalité, ça change le cours de l’histoire  » mais c’est ainsi. 

 

Du côté de Salles, on pense toujours au maintien mais on envisage clairement aussi la qualification ?

 

Disons qu’on prendra les choses dans l’ordre et pour l’instant, c’est le maintien. Encore une fois, tant que ce n’est ni acté ni définitif, on est focus que sur ça, en tous cas, moi, personnellement, je ne suis focus que sur ça. Une fois qu’il sera atteint, et si on l’atteint, on sera en mesure de parler d’autre chose mais pour l’instant, restons humbles, modestes et déterminés à obtenir le maintien.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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