Le taulier du secteur sportif du Cognac Rugby Charente, Adrien Buononato, nous a accordé un entretien quelques minutes après la victoire à domicile face à Graulhet (32-26) lors de la 8eme journée de Nationale 2. Celui qui est arrivé à l’intersaison dans cette nouvelle entité rugbystique nous a tant parlé de la rencontre que du bilan du début de saison où encore du projet de club. Focus sur un homme passionné qui tente de redonner un éclat sportif au club charentais aux côtés de son président Jean Charles Vicard.

On est avec Adrien Buononato après une victoire de Cognac qui a mis du temps à se dessiner car ce n’était pas chose faite en 1ère période ?
Non, la 1ère mi-temps a été compliquée. On avait choisi de jouer contre le vent avec beaucoup d’eau et beaucoup de vent et, d’une part, Graulhet joue bien le coup, nous contre et nous pose beaucoup de problèmes et de l’autre, on a un jeu au pied qui manque de longueur, on n’est pas assez précis sur les mains donc on n’arrive pas à sortir de notre camp, on s’agace un peu et je crois qu’on surjoue. Pour se remettre dans le match, on a décidé de tout jouer et c’était contre le cours du jeu avec en plus une belle défense de Graulhet qui nous a bien coincés. A la mi-temps, ça souffle un petit peu mais pas tant que ça, il fallait aller chercher du caractère.

Il y avait peut-être aussi les fantômes du match contre Salles qui étaient un peu dans les têtes ?
Le match contre Salles était l’inverse, comme tous nos matchs d’ailleurs. On a fait de grosses mi-temps en menant 25-0 et en sortant des vestiaires pour la seconde mi-temps, on était un peu » plan-plan » mais là, on n’avait jamais connu ce scénario d’être menés au score, c’est donc une première pour nous ce qui va nous permettre de travailler là-dessus. L’autre chose qui nous faisait dire qu’il y avait des choses à faire et de l’espoir sur la 2e mi-temps, c’est que dès qu’on est rentré dans le camp de Graulhet, sur les quelques pénalités qu’ils nous ont offertes, on a réussi à marquer donc on se disait qu’avec le vent, en portant le ballon chez eux, on avait des opportunités de marquer. Les joueurs se sont rattachés à ça et c’est ce qui a permis de construire la victoire.

J’imagine que les murs ont dû un petit peu trembler à la mi-temps ?
Un petit peu, le président s’est un peu énervé à la mi-temps parce qu’il est joueur de rugby avant tout et qu’il ne reconnaissait pas ses gars. L’histoire du club est comme ça, tu vois l’électricité au stade qui saute, on part de zéro, on a que des mecs qui mettent les mains dans le cambouis et qui mettent beaucoup d’énergie et beaucoup de cœur. On vit tous ensemble avec les bénévoles, les entraîneurs, les dirigeants, les joueurs et donc, dès qu’il y en a un qui ne fait pas le boulot dans la bande et qu’on a l’impression qu’il lâche, les autres sont là pour le rappeler. Je crois que le président avait l’impression que certains joueurs étaient en train d’un peu lâcher mais c’est notre typicité et j’espère qu’on se construira là-dessus avec cette singularité.

Parlons de cette construction car le groupe a été renouvelé à 3/4. Ce genre de match peut être le ciment, ou une partie du ciment, d’un groupe ?
Une partie du ciment et c’est chouette car on a plein de gamins qui ont 20 balais et que tu fais jouer, on a quelques anciens mais la moyenne d’âge est très jeune. Ce qu’on espère, c’est que ces gamins se payent sportivement, aller décrocher une qualif serait super pour le groupe et pour le club qui revient de nulle part et que ce soient ces gamins-là qui portent le projet l’année prochaine. Moi, en tous cas, il est sûr que je souhaite que ce soit le ciment du renouveau du club. De toute façon, tu apprends d’un match comme ça, on rentre dans l’hiver, c’est un sport d’hiver (rires) et ces gamins prennent de la jugeote, ils emmagasinent de la confiance. En fait, j’espère qu’on sera au rendez-vous au printemps, sans plus de volonté ni d’ambition que ça mais avoir un match sympa ici au printemps parce-que les gens ont donné. Je ne sais pas si tu connais la petite histoire mais tout le stade est aux couleurs rouge et blanche et ça a été peint par tous les bénévoles, ils creusaient des trous pour la main courante, on en a mis une rouge qu’on a rapprochée. Du coup, ça fait quelque chose et tu as envie qu’il y ait un truc qui se passe.

C’est maintenant la fin de bloc et vous avez dû manquer d’un peu de rythme avec la grosse pause que vous avez eue à savoir un mois. Peut-être que maintenant, en fin de bloc, vous allez avoir un peu plus de fraîcheur que vos adversaires ?
Peut-être et j’espère qu’on aura plus de fraîcheur que Rennes mais Rennes marche sur l’eau, ils sont en train de se mettre en route et c’est une belle équipe. Ils ont toujours eu un jeu avec beaucoup de vitesse, de bonnes mains, des avants qui sont dominateurs et qui mettent beaucoup d’intensité dans ce qu’ils font. Ça va être bien mais j’espère qu’on ne rentrera pas de là-bas avec une valise et qu’on va montrer qu’on peut exister, c’est en tous cas un beau challenge pour finir le bloc.

Un mot sur l’équipe de Graulhet ?
On a discuté avant avec Jean-Christophe Bacca. Je craignais cette équipe car j’avais vu leur retour notamment contre Limoges et leur 2e mi-temps, je trouve qu’elle est complète, qu’elle joue bien au rugby, qu’elle arrive à breaker dans les couloirs avec ce triangle 15 / ailiers, un 12 qui joue bien au ballon. On se doutait que sur la durée du match, ils allaient peut-être manquer de joueurs frais et on a vu que quand le coaching de la 1ère ligne s’était effectué, ça avait un peu basculé le match. Disons que ça les a acculés dans leur camp, ils n’ont plus pu sortir du camp mais par contre, elle est bien coachée, ils ont marqué sur des choses qui sont lues à la vidéo où nous, on sait qu’on est coupables là-dessus. Quand je discutais avec Jean-Christophe, il me disait qu’ils jouaient le maintien mais je pense qu’ils ont quand même autre chose à faire valoir, qu’ils y vont » piano piano » mais qu’ils ne seront pas loin non plus du rendez-vous au printemps. En tous cas, ils ont un super état d’esprit, de supers mecs, je trouve qu’il y aurait pu y avoir des accrochages dans un match de rugby mais ça ne va pas plus loin. Je leur souhaite de carburer et qu’on se croise peut-être au printemps.

En quelques mots, quels sont l’état d’esprit et l’ADN de ce club de Cognac Rugby Charente qui est très jeune ?
Oui, il est très jeune. Lorsque Jean-Charles Vicard m’a alpagué en Janvier pour bosser le projet, je lui ai dit » il faut qu’on se reconstruise sur 3 mots : le travail, la rigueur car, comme on n’a rien, il va falloir que l’on fasse attention à tout, et la loyauté « . J’insiste vachement sur le dernier point car il y a une vraie loyauté, quand le président rentre dans le vestiaire à la mi-temps pour parler, il y a une forme de loyauté de son engagement vis à vis des mecs et cette loyauté marche vraiment. Les gens sont derrière les joueurs, il n’y a pas de coups bas ni de phrases assassines, on a perdu contre Salles mais personne n’a dit de la merde sur l’équipe, il y a une vraie union qui se fait et c’est notre ADN. Les portes sont pourries, tu es dans la boue, les lumières sautent mais on sait que c’est par la force de notre travail qu’on arrivera aussi à être un peu plus respectés par nos collectivités et à ramener le club à des choses un peu plus brillantes. C’est sur ça qu’on se bagarre.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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