#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «Quand on est entraîneurs, on voit plus loin que la victoire ou la défaite!»

Retrouvez la conférence de presse du manager du Sporting Club Albigeois (4eme) en amont de la 11eme journée de Nationale qui verra les Tarnais recevoir le RC Massy Essonne (13eme).

Crédit photo Jacques Massine – Le #MagSport

Petit debrief, maintenant à froid, de la défaite à Chambéry. On avait senti de la frustration chez toi, surtout sur les dernières actions, et j’imagine qu’après avoir regardé la vidéo, la frustration est toujours là ? 

 

Elle est toujours là mais je m’en sers comme énergie, je ne m’en sers ni contre nous ni contre l’équipe car je crois que ça ne sert à rien. On a aussi fait des choses qu’on aurait pu mieux faire, il faut accepter le résultat, c’est comme ça et quand l’équipe d’en face gagne, bien joué. 

 

Retour maintenant au Stadium, on bascule sur autre chose et sur ce match de Massy ? 

 

Ce calendrier est bizarre, ça fait maintenant trois semaines mais on le savait, toutes les équipes ont ce lot-là, on le vit chacun à notre tour. On est content de revenir dans notre Stadium, c’est aussi important pour nous de ne pas être tout le temps dehors car avec la pause, cela fait maintenant un mois que l’on voyage. 

 

On ne va pas se mentir, Massy n’est pas neutre pour toi ? 

 

C’est vrai mais plus les années passent, plus c’est loin. Il est certain que ça a été une étape de ma carrière dont je ne garde que de bons souvenirs donc forcément, quand le calendrier sort, tu regardes quand est-ce que tu vas les jouer. Il n’y a plus trop de monde que je connaisse aujourd’hui, ça fait déjà trois ans mais c’est vrai que c’est un match particulier dans le sens de se rencontrer après quelques années. 

 

Quels sont les points forts de Massy ? 

 

On les connaît. Ils ont tout le temps le même ADN qui est le jeu mais je les trouve très, très forts devant, costauds également mais ça va être un match de rugby. On verra aussi les conditions climatiques mais ils ont des forces cette année. 

 

Ils vivent une saison un peu compliquée, ils descendent de Pro D2 et il va peut-être aussi falloir se méfier du réveil de cette équipe car cela fait quelques semaines qu’elle n’est pas loin ? 

 

Les résultats plaident pour eux, ils font de bons résultats. Je ne me permets pas de juger, je regarde déjà mon équipe mais on dit toujours qu’une descente est traumatisante et pas facile à absorber. Ce n’est ni plus ni moins qu’une descente, ça fait des dégâts et, forcément, la descente est passée par là. Nous, on se focalise sur nous, comme on l’a toujours fait, et c’est à nous de continuer à nous améliorer, à avancer avec notre jeune équipe et il faut que l’on construise notre chemin. Là, on revient au Stadium et c’est tant mieux.

 

Massy est une équipe qui se déplace bien, on a vu qu’ils avaient poussé Nice dans leurs retranchements et à Bourgoin, ça s’est joué à la dernière seconde sur une pénalité en coin. C’est donc une équipe qui, quand elle se déplace, n’est pas complexée ? 

 

Bien sûr mais c’est normal. Moi, je suis impressionné par la Nationale cette année, on l’avait dit mais tous les résultats des uns et des autres montrent que personne ne lâche, que tous les matchs sont importants et difficiles. On sait donc qu’on aura un gros morceau et que ce sera très, très dur vendredi. 

 

En suivant les matchs de Nationale et de Nationale 2, on a l’impression que durant la pause de 2 ou 3 semaines, il y a eu des recommandations arbitrales et que l’arbitrage a un peu changé, entre autres sur la règle des avantages sur en-avant dont on a le sentiment qu’ils sont beaucoup plus courts ? 

 

Je ne vais pas trop parler sur l’arbitrage….

 

Une défaite à Suresnes, une défaite à Chambéry mais c’était quand même  » deux salles, deux ambiances  » dans le contenu. Il y a plus de positif à retenir de Chambéry qu’à Suresnes ? 

 

Oui, ça n’a rien à voir. A Suresnes, on a manqué le match même si, malgré ça, on aurait peut-être pu faire autre chose donc bravo à eux mais ce n’était pas ce qu’on attendait dans le contenu. On a été énormément déçus donc on s’est sûrement préparé autrement pour Chambéry, le contenu a été bon et l’investissement des joueurs très bon. On a été très content de l’investissement du groupe mais la saison est longue, on voit le résultat des uns et des autres et il faut que l’on trace notre chemin. Comme je le dis toujours, ce n’est pas l’équipe que l’on va rencontrer le week-end mais ce que l’on est capable d’y mettre et quand tu veux être une meilleure équipe, il faut être dans la continuité pendant 80 minutes, dans la concentration, être exigeant. Ça aussi, ça s’apprend de ces défaites à l’extérieur, ça amène quelque chose, la défaite ne doit pas t’enterrer mais t’apprendre quelque chose pour être meilleur la fois d’après et ce qu’on a fait de Suresnes à Chambéry nous montre qu’on a avancé. Bien sûr, il n’y a qu’une chose dans le sport à savoir la victoire mais nous, quand on est entraîneurs, on voit plus loin que la victoire ou la défaite.

 

Est-ce que le fait d’avoir justement fait une bonne prestation à Chambéry malgré la défaite permet au groupe de se relancer dans une dynamique plus positive ? 

 

La dynamique positive y est, on a été victorieux pendant des semaines sur plein de matchs, ça crée de la dynamique et de la confiance. Après, tu perds à l’extérieur mais si tu les avais clairsemés dans le championnat, peut-être que tu ne l’aurais pas vu mais là, c’est trois de rang donc on a forcément été déçus. Je n’ai pas du tout trouvé les joueurs en manque de confiance, au contraire, ils savent qu’il y a des choses qu’il faut qu’on améliore, il faut que l’on en soit conscient, que l’on ne nous donnera rien et que c’est à nous d’aller le chercher. Bien sûr que la victoire aide à maintenir une confiance mais celle-ci est encore présente. Ce sont les hauts et les bas de la saison, on préférerait gagner tous les matchs mais j’ai trouvé que le contenu avait aidé l’équipe à maintenir cette confiance. 

 

Pas trop fatiguant trois matchs à l’extérieur ? 

 

Si mais c’est surtout aussi fatiguant mentalement. Il y a également les conditions quand on se déplace qui ne sont pas hyper simples, on ne peut pas demander de changements d’horaires ou quoi que ce soit. On n’a pas les moyens pour peut-être voyager avec d’autres moyens de transport mais ce n’est ni un reproche ni une excuse pour perdre les matchs, je dis juste que c’est plus difficile quand ça s’enchaîne. Là, on aura une vraie semaine complète ce qui est une bonne chose et puis, les trois déplacements sont derrière nous. Les trois autres que l’on aura à faire en 2e partie de saison seront différents puisqu’il y en aura de moins loin dedans donc ça sera complètement différent mais c’est vrai que ça faisait longtemps que je n’avais pas vu ce truc des 3 matchs et à notre niveau, je pense que c’est quand même assez difficile pour toutes les équipes. Ce n’est par contre pas une raison pour être bon ou pas bon. 

 

Tu parlais d’une période un peu moins bien pour l’instant et comme un malheur arrive souvent avec un autre, on voit qu’il y a plus de blessés : Sandrick à Suresnes, Wandile à Carcassonne et là, on vient de croiser Lucas Guillaume avec une attelle. On va dire que, pour le moment, c’est un peu le karma qui fait de mauvais clins d’œil ? 

 

Non, je crois qu’il y a des blessés dans toutes les équipes, je discutais avec l’équipe d’en face le week-end dernier et ils en ont aussi, tout le monde en a. C’est la période avec l’hiver, les terrains, il y a plus de casse mais pour l’instant, on n’est pas non plus à flux tendu donc pour moi, cela fait partie de la vie d’une équipe. 

 

Le mot d’ordre ? 

 

C’est plaisir de retrouver notre Stadium, c’est ça qu’il faut que les joueurs aient.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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