#Rugby – Nationale / Pascal Papé (Bourgoin) : «Il faut avoir des problèmes d’argent pour se bouger le cul dans ce club ?»

Premier Budget de Nationale, candidat affiché à la montée en Pro D2, le CSBJ patine en ce début de saison et se voit flirter avec la zone de relégation (12eme). Le manager de Bourgoin n’a pas mâché ses mots à l’issu de la défaite (13-14) à domicile face à Chambéry lors d’un derby serré où les ciels et grenats ont enchaîné une seconde défaite à Rajon. La crise couve en Isère, et Pascal Papé tout comme son président ont tiré la sonnette d’alarme tout en tentant d’impulser un électrochoc. L’ex capitaine de l’équipe de France a martelé en conférence de presse d’après match, sa volonté indéfectible de voir le caractère de ses joueurs sortir au grand jour, et a fait un parallèle inversé avec des époques passées pas si lointaines, où les Berjalliens ne disposaient pas de la force de frappe financière actuelle mais mouillaient bougrement le maillot. Dès samedi, dans un Stade Pierre Rajon qui les attendra au tournant, les joueurs vont devoir redresser la barre face aux ex pensionnaires de Pro D2, (Massy) dans une rencontre entre mal classées qui sentira le souffre. À Bourgoin l’objectif présidentiel a été fixé : 5 victoires en 5 matchs jusqu’à la trêve de Noël.

Crédit photo ACP – Le #MagSport

Ce derby était annoncé comme le début d’un bloc où le CSBJ pouvait essayer de remonter au classement. Quelle est l’analyse à chaud sur ce match perdu de peu ? 

 

Perdu de peu mais perdu comme trois autres matchs où on perd dans les 5 dernières minutes, comme on aurait aussi, je pense, pu perdre Hyères-Carqueiranne La Crau même si on l’a gagné. A chaud, je suis énormément déçu car il me semble que l’on fait vraiment ce qu’on a dit, on les met sous pression en 1ère mi-temps, on arrive à récupérer des ballons, à faire de bonnes choses mais, encore une fois, il y a deux ou trois momentum en 2e mi-temps qui font qu’on se met la pression et que derrière, on met 0 point.

 

Comme sur plusieurs matchs ? 

 

Comme sur plusieurs matchs donc aujourd’hui, très sincèrement, je me pose la question sur le caractère de mon équipe. Ce qui est clair et net, c’est que nous, le staff, on ne lâchera pas, il me semble que le fonctionnement et l’organisation que l’on a sont bons avec cette équipe mais je pense que maintenant, il faut que l’on investisse un peu dans le caractère de chacun. Je ne suis pas certain que tous les joueurs que l’on a dans le groupe aient la capacité à porter ce maillot, et c’est ce que je leur ai dit tout à l’heure. J’en ai marre qu’on me parle de l’histoire car aujourd’hui, ce sont eux qui sont présents, eux qui ont le maillot sur les épaules et j’ai parfois l’impression qu’ils ont du mal à l’assumer alors qu’il y a zéro pression, au contraire. On a une bonne équipe, on a de bons joueurs, il y a simplement à aller chercher cette confiance et ce caractère qui nous fait défaut depuis un petit moment. Oui, le président a été très raide avec eux, oui, j’ai été très raide avec eux, oui, on a fixé des objectifs dès ce soir et maintenant, on va voir si on a du caractère, tout simplement. Ce qu’on va faire aussi, c’est jouer les matchs les uns après les autres, on va arrêter de parler de qualif même si, encore une fois, rien n’est fait mathématiquement car peut-être que ça, ça nous fait peur aussi. Je reviens à nouveau sur le caractère car aujourd’hui, tous nos joueurs ont ils le caractère pour avoir ce maillot sur les épaules et je leur ai posé la question tout à l’heure. On a un challenge qui est exceptionnel jusqu’à fin Décembre, le président nous l’a donné et maintenant, on va s’y filer, et nous le staff en premier, et on va mettre les joueurs dont on pense qu’ils ont le caractère. Peut-être qu’ils seront moins bons que les autres mais ceux qui ont le caractère d’avoir ce maillot vont jouer et les autres feront un petit peu de physique à côté. On va arrêter d’être gentils.

 

C’est l’ensemble de ton groupe qui te déçoit ce soir ? 

 

Ce n’est pas l’ensemble de mon groupe mais, encore une fois, c’est ce manque de maîtrise qu’on a par moment et qui est fait à chaque fois par des joueurs qui peuvent être importants. On a tout fait, on fait tout, je pense que les semaines sont construites et pour avoir connu trois grands clubs dans ma carrière dont le CSBJ, je ne vois pas ce qu’on peut faire de plus aujourd’hui. Je leur ai dit, s’il faut assumer, moi, j’assumerai mais je ne suis même pas sûr que ce soit la solution car aujourd’hui, on n’a ni le caractère ni la résilience. On fait les choses et le dos rond pendant 20 minutes et derrière, on met une tarte dans la gueule d’un mec ?! Les mecs qui sortiront du cadre ne joueront plus, c’est comme ça que ça va se passer maintenant. 

 

Aller chercher le caractère est peut-être le plus compliqué ? On se dit que quand ce sont des problèmes techniques ou de conquête, on voit ce qu’on peut faire mais là, j’imagine qu’il y a aussi une forme d’impuissance pour aller chercher le caractère de chacun ? 

 

Non parce qu’on en a sauf qu’à un moment donné, il faut s’en rendre compte. Je suis désolé, on a du caractère, on l’a prouvé par le passé mais aujourd’hui, on s’étiole et on s’éteint dès qu’on rentre dans un bras de fer. C’est ça le vrai caractère, c’est de se dire  » on est dans un bras de fer, c’est du 50/50 jusqu’au bout  » et à aucun moment dans ma tête, je vais me dire qu’on va perdre ce match. Aujourd’hui, j’ai l’impression que l’on a plus de caractère sur les dirigeants et le staff que sur nos joueurs. Je les engage vraiment à aller chercher quelque chose car les conséquences seront évidemment sur eux, sur d’autres personnes également mais ce seront les premiers à les subir. Ce sont eux qui, ce soir, iront ce soir à la brasserie, à la Berjallie, affronter les supporters et expliquer comment on peut se saborder comme ça en une mi-temps, tout simplement. 

 

Quand tu dis  » s’il faut assumer, j’assumerais « , est-ce que ça veut dire que tu parles de ton poste à toi ? 

 

Bien sûr et c’est ce que j’ai dit à mon staff. Si ça peut être un déclic à un moment donné, moi, il n’y a pas de problème, je suis capable de le faire tout seul, pas besoin de me le dire. Mais, encore une fois, est-ce que c’est la solution ? Je n’en suis pas sûr, vraiment et je parle de moi, mais aussi du président qui a eu le même discours que moi. Donc, qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on continue à être dans ces attitudes-là ? Qu’est-ce qu’on attend ? Que le président parte et que derrière on se dise  » merde, comment on fait  » ? Comme dans le temps et on va se bouger le cul ? Il faut avoir des problèmes d’argent pour se bouger le cul dans ce club ? (Référence aux problématiques financières qu’à connu le CSBJ lors des précédentes décennies)

 

Tu parlais des nouveaux challenges fixés par le président. Est-ce qu’on peut en savoir un petit peu plus ? 

 

C’est très simple : on a 5 matchs, il faut gagner les 5, terminé, et on fera le point au mois de Décembre. Oui, c’est un gros objectif mais on fera jouer ceux qui ont du caractère et c’est comme ça. Moi, en tous cas et pour en avoir parlé avec le staff, on ne lâchera rien, on va continuer à mener la barre et les moussaillons qui voudront bien venir avec nous viendront avec nous et les autres resteront à quai et feront du physique.

Propos recueillis par Fred Charvet

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