Direction le Mont Valérien et le RC Suresnes avec David Auradou, le manager du club altosequanais qui nous dresse le bilan de la saison précédente et pose les objectifs de ce 4eme exercice consécutif pour le RCS en Nationale. A quelques heures de recevoir le leader de la division (Albi), l’ex seconde ligne du Stade Français et de l’équipe de France n’a pas oublié de faire un clin d’œil à un autre club tarnais qui est cher à son cœur : Le Sporting Club Graulhetois.

Avant de parler de cette saison 2023 / 2024, on va commencer par tirer un peu le bilan de ta première année du côté des Hauts-de-Seine. Quel est celui que tu tires de cette première expérience altoséquanaise au RC Suresnes ?
On avait commencé la saison de façon plutôt intéressante jusqu’à Noël en enchaînant 2 / 3 blocs bien. On était dans les clous et dans les 6 puis sont arrivées les fêtes de Noël, les marrons glacés et là, on a commencé à vraiment déchanter pour faire une 2e partie de saison catastrophique où, je crois, on a gagné un match en tout et pour tout sur la phase retour. Il y a eu deux saisons, l’avant et l’après Noël et ça a donc été une saison très, très compliquée humainement parlant car on était partis plutôt confiants et on a fini avec énormément de regrets, de remords, de doutes et autres. Il y a eu pas mal de remise en question à l’intersaison et on est reparti en essayant d’oxygéner un maximum et d’apporter des souffles nouveaux par rapport à cette équipe.

On peut dire que c’est la première année où tu as vraiment ton groupe à toi car l’année dernière, tu avais quand même hérité d’une partie de l’ancien groupe ?
On peut dire ça mais moi, je ne voudrais pas simplement dire que c’était la faute des joueurs ou quoi que ce soit. C’est juste que l’année dernière, on a eu une avalanche et une cascade de blessures, là-dessus, on a eu des mauvais résultats et les mauvais résultats ont engendré encore plus d’exigences au niveau de certains joueurs qui se sont retrouvés avec un temps de jeu phénoménal. Ça a été le serpent qui se mord la queue à savoir qu’à un moment donné, on s’est retrouvé à avoir des entraînements où on avait des piliers au centre, on n’était vraiment plus en mesure de s’entraîner correctement et du coup, on a fait une fin de saison qui était compliquée. On a appris de l’année dernière, on est reparti avec un groupe un petit peu plus élargi en volume et en qualité. Le championnat Nationale monte en qualité d’année en année et si on fait un peu une rétrospective à la fin du 2e bloc, on va attaquer ce 3e bloc avec des équipes en haut du classement qui tiennent bien le pavé. On va rencontrer Albi ce week-end, Narbonne, Nice qui a fait un très, très bon début de saison, Carca qui descend de Pro D2, Périgueux, un promu qui montre énormément d’intentions, Blagnac qui avait fait une superbe saison l’an dernier et qui est encore dans les 6. Ensuite, on se retrouve avec toute une flopée de poursuivants qui essaye justement de glaner des places pour rentrer dans les 6 donc c’est un championnat qui commence à se dessiner au bout de 8 matchs et sur lequel on a envie de venir montrer qu’on a progressé par rapport à la saison dernière et surtout faire en sorte de ne pas être en vacances trop tôt cette année et de pouvoir jouer les phases finales mais pour ça, il faut rentrer dans les 6. On sait que ça va être une bataille au quotidien sur les matchs les plus importants et s’en est un ce week-end.

Après 8 journées, on peut estimer que Suresnes est dans les temps de passage des objectifs ?
Quand tu regardes le classement, on est 9es et on ne peut pas se contenter de ça ni dire que c’est bien. Quand tu regardes un petit peu plus attentivement, on n’est pas trop mal au britannique dans le sens où là, on rentre dans les clous. On s’est déplacé 5 fois et on a gagné une fois à l’extérieur donc on est à 4 / 4, 4 victoires pour 4 défaites ce qui est assez moyennasse mais par contre, on peut dire qu’on a fait le dos rond sur une période qui était assez compliquée en début de saison où on a vraiment pas été gâtés au niveau du calendrier et le bloc qui arrive maintenant sera déterminant pour nous pour recoller au peloton et pour justement savoir où on en est. On commence dès ce week-end avec un gros, gros, gros morceau qu’est Albi mais on n’a pas énormément de pression, on va jouer ce match à fond pour savoir où est-ce qu’on se situe par rapport à eux.

Cette réception d’Albi est un peu un révélateur ou une croisée des chemins ?
Tous les week-ends sont des révélateurs car il n’y a pas de petites équipes, très sincèrement. C’était rigolo, enfin sans être rigolo, en début de saison car Albi annonce une montée en Pro D2 tout comme Narbonne dans les 2 ans, ça fait déjà 3 / 4 ans que Nice annonce là-dessus, idem pour Carcassonne ou Bourgoin qui a ouvertement annoncé vouloir monter en Pro D2, Bourg-en-Bresse à la ramasse en ce moment mais va se réveiller, ils me font un petit peu penser à l’équipe d’Angleterre avant la Coupe du Monde, donc quand tu reprends tout mis bout à bout, il y a du beau matos. Tous les matchs vont être hyper importants pour glaner un maximum de points et pour faire le compte à la fin de l’année.

Quelle est ton analyse de l’équipe d’Albi ? Comment est-ce que tu la juges par rapport à l’année dernière ?
Toujours aussi solide sur ses bases, une équipe qui a un gros savoir-faire sur la conquête directe, touches, mêlées, ballons portés, défense. Ils sont toujours premiers en défense, ils sont dans les premiers sur la conquête directe et par rapport à l’an dernier, je pense que c’est une équipe qui est plus joueuse. Est-ce qu’on la verra plus joueuse et donc deux équipes joueuses ce soir ? En fonction de la météo, ce n’est pas gagné mais en tous cas, c’est une équipe que je respecte énormément déjà parce qu’ils sont N°1 donc à partir de là, respect. J’ai l’impression qu’elle a passé un cap par rapport à l’année dernière sur ses intentions de jeu.

On se souvient que, la saison dernière, Suresnes s’était imposé face à Albi à Suresnes, ce qui avait fait couler un peu d’encre après le match. Est-ce que, selon toi, ce contexte de la saison passée sera un peu dans les coins de tête ?
Chez nous, ça n’avait pas fait couler beaucoup d’encre. Ça avait été le cas parce qu’Albi avait un peu » crié au loup » mais sincèrement, en regardant le match, je ne vois pas où était la polémique, on avait bien mieux fini le match qu’eux. A partir de là, le match de l’an dernier était le match de l’an dernier, je sais qu’au match retour, on a rivalisé sur 50 minutes et au bout de 50 minutes, on a pris l’eau. Cette année, les compteurs sont remis à zéro, ce ne sont pas les mêmes équipes de part et d’autre, chaque entraîneur se nourrit de ce qu’il veut mais, en tous cas, je sais que l’on va jouer l’une des plus belles équipes de notre championnat à la piaule. Jusqu’à maintenant, on y fait un sans-faute, on a à cœur de continuer à faire un sans-faute car on sait très bien suite à l’an dernier qu’un équilibre est vite instable puisque dès qu’on a commencé à perdre un ou deux matchs, on a connu l’enfer suite à ça. On n’a pas du tout envie de se remettre dans la même merde et on est donc tout simplement concentrés à l’approche de cette équipe d’Albi.

Quelles vont être la patte et l’empreinte, ou le mot d’ordre, de David Auradou sur cet An II au RC Suresnes ?
Le mot d’ordre sur cette année est de prendre du plaisir mais le plaisir passe par une certaine dose de sacrifice et c’est ce que je cherche dans une équipe. On a la chance de jouer sur un terrain synthétique et c’est une évidence que nous sommes une équipe qui prônons le jeu mais par contre, avant d’envoyer du jeu, on doit avoir une conquête et une défense cohérentes, tout ce qui fait les fondamentaux de ce jeu. A partir de là, une fois que tu as construit ça, tu peux commencer à parler rugby et à prendre du plaisir, je pense que les joueurs prennent du plaisir quand on gagne et pour gagner, il y a des prérequis sur lesquels on ne peut pas vraiment transiger. Je pense que les joueurs ont vraiment intégré ça car ils sont conscients qu’on n’a pas fait une belle saison l’an dernier, qu’on s’est fait chier sur toute la 2e partie et on n’a pas du tout envie de revivre la même chose.

On sait que dans ta carrière, tu as connu le Top 14, l’équipe de France et les joutes internationales mais on sait aussi qu’un club qu’on connaît bien a compté, celui de Graulhet. Est-ce que tu suis toujours avec assiduité le parcours de Graulhet et as-tu un petit mot pour nos amis graulhetois ?
Bien sûr que je les suis vu que je suis abonné à ta chaîne et que tu m’envoies tous les résultats, je vois qu’ils ont un début de saison avec un groupe qui est méritant, besogneux et qui donne du cœur à l’ouvrage. Comme tout le monde, ils ont des résultats un petit peu en dents de scie mais par contre, on sent une énorme volonté derrière. Je les suis à distance, je n’ai pas eu la chance de descendre dans les stades depuis un petit bout de temps mais, en tous cas, même si je n’ai pas passé beaucoup de temps à Graulhet, ça reste un club qui a énormément compté pour moi et l’un de mes clubs de cœur. Je les suis avec fidélité, à distance certes mais avec beaucoup d’assiduité.

Pour en avoir discuté avec les dirigeants et supporters graulhetois, une chose est sûre, c’est que quand tu franchiras la porte du stade Noël Pélissou, tu seras accueilli à bras ouverts
(rires). Je te remercie et je n’en doute pas une seconde à chaque fois que je croise Pierre Cathalau ou d’autres. Il y a des clubs où il n’y a pas besoin d’y passer longtemps pour se sentir bien et c’est vrai que j’ai passé une année fabuleuse à Graulhet.

Merci, on te souhaite un bon match et une belle saison avec le RC Suresnes
Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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