Bernard Espié, le co-président d’Albi Marssac Tarn Foot ASPTT, quelques journées après les débuts de championnat 2023-2024, nous a accordé une grande interview de rentrée pour nous faire un tour d’horizon des champs d’activité d’ Albi Marssac Tarn Foot ASPTT en passant par les filles, les garçons et bien sûr, l’école de foot.

Bernard Espié peut-on avoir des nouvelles de votre co-président François Enguilabert qui a eut quelques soucis de santé récemment .
Bonjour. En premier, je voudrais rassurer tous ceux qui ne sont pas totalement au courant et leur dire que mon collègue François Enguilabert va de mieux en mieux mais que je serai tout seul aujourd’hui pour assurer l’interview.

Première question : quel bilan peut-on tirer de la saison passée ?
On peut dire que la fin de l’année dernière a été, pour les filles, une fin heureuse. On jouait tout pour se maintenir mais on n’en était pas du tout sûr et, finalement, on avait raison puisque ça s’est quasiment joué à la dernière minute du championnat. On a eu le bonheur de se maintenir, enfin, se maintenir, c’est une façon de parler car on peut considérer que pour nous, c’est quasiment une accession puisqu’on arrive dans une nouvelle D2 avec une seule poule où on embrasse toute la France. Pour les garçons, on aurait peut-être pu espérer mieux mais c’est toujours difficile de succéder à une descente, on n’a pas pu remonter de suite mais on a quand même fait une bonne fin de saison pour préparer celle-ci et j’espère que cette dernière nous verra atteindre nos objectifs. Pour les jeunes et pour l’école, ça a été une saison correcte dans nos ambitions, on maintient toujours 3 équipes au niveau Ligue chez les garçons en 2 en féminines chez les jeunes. On reste fidèles à nos engagements à savoir de faire jouer tout le monde et tous ceux qui aiment jouer au foot, petits ou grands, peuvent jouer même s’ils ne sont pas de grands champions et peuvent pratiquer le sport qu’ils aiment.

On va commencer par les fondations, l’école de foot. Comme vous venez de le stipuler, l’AMTFA, c’est l’éducation populaire avant tout, c’est à dire donner sa chance à tout le monde de pratiquer le sport ?
Oui, c’est tout à fait ça. On se fixe comme objectif de prendre tout le monde en fonction de notre capacité d’accueil, notamment au niveau des éducateurs et d’ailleurs, à ce niveau-là, ça a été la première année où on a été un peu obligé de fermer certaines catégories car on n’avait pas assez d’éducateurs ni peut-être aussi assez de places. Malgré cela, on est fidèles à nos objectifs et tous ceux qui ont envie de jouer peuvent jouer ce qui ne nous empêche pas d’avoir des équipes dîtes » d’élites » que ce soit en 14, en 17 ou en 18.

Où en est-on sur les labels car on sait que les labels de la Fédération Française de Football sont une reconnaissance ?
Ça a été reconduit ce qui veut dire qu’on a un label or et un label argent chez les garçons et les filles donc, pour nous, c’est correct.

Quels sont les axes de progression sur l’école de foot et la formation ? Peut-être féminiser un peu plus ?
Oui, on met l’accent sur les jeunes filles de 11 à 13 ans, ce qui commence à payer mais Paris ne s’est pas fait en un jour. Sur l’école de foot, notre plus grosse marge de progression reste au niveau de la formation, il faut absolument que l’on arrive à fidéliser un peu plus dans l’encadrement majeur qui nous permette de travailler sur plusieurs années.

On va maintenant passer sur le football féminin au niveau de l’équipe première. Vous êtes dans une division semi-amateure / semi-professionnelle avec cette division à poule unique donc vous avez quasiment basculé dans le semi-professionnalisme ?
C’est le cas, notamment au niveau des contraintes. Aujourd’hui, on voit très bien que les équipes ont augmenté de niveau en termes de qualité et de préparation donc il a fallu qu’on en fasse de même nous aussi. Avec nos maigres moyens, on a quand même réussi à combler les quelques manques qu’on avait pu constater la saison dernière, notamment en milieu de terrain donc l’effectif de cette année est sûrement plus compétitif. Au niveau des frais, et comme tu l’as dit, on est sur toute la France donc on a une augmentation exponentielle de nos frais de déplacement. Par exemple, on a joué à Lens et pour pouvoir être compétitif au niveau sportif, ça nous a demandé de prendre l’avion pour aller jusqu’à Lille puis de prendre un bus qui nous a amené jusqu’à Lens et rebelote au retour. C’est donc une augmentation des frais, je dois quand même préciser que les institutionnels nous aident et que ce soit le Conseil Départemental et surtout la mairie d’Albi, ils ont su voter une augmentation des sommes qui nous sont attribuées pour, notamment, nous aider dans ces frais de déplacements.

On parlait de l’effectif qui a été remanié et musclé. On sait que l’AMTF est l’un des plus petits budgets, si ce n’est le plus petit budget, de cette D2 et comme le dirait l’adage des années 70 » à Albi et Marssac, on n’a pas de pétrole mais on a des idées pour recruter » ?
On essaye c’est à dire qu’on essaye de prendre des jeunes filles qui ont besoin de rebondir ainsi que des filles qui sont en devenir. Je crois qu’on a recruté 6 joueuses tout en respectant le budget mais ça a été suffisamment respecté de ce côté-là. L’essentiel pour nous a été d’augmenter en quantité et en qualité l’effectif et on a vu sur un week-end précédent que le banc a parfaitement tenu son rôle c’est à dire que quand elles sont rentrées, on n’a pas senti de différence sur le niveau de jeu et c’est important.

Il y a un grand pas à franchir l’année prochaine car les contraintes de la Fédération en termes de contrats fédéraux vont être exponentielles ?
Tout à fait. L’année prochaine, on est dans l’obligation d’avoir 11 contrats fédéraux, à mi-temps certes mais 11 contrats fédéraux, ce sera nécessaire si on se maintient et on n’aura pas de dérogation comme on a eu cette année. Pour donner un élément de comparaison, on a 5 contrats fédéraux cette année et il faudra passer à 11 l’an prochain sachant que la réglementation impose à une personne qu’elle soit footballeuse ou autre métier uniquement 44 heures en termes de contrat. Un contrat fédéral à 18 heures signifie qu’il empêche toute personne avec un contrat de travail de 35 heures d’obtenir ce contrat fédéral. Ça sera donc difficile et si on est dans les clous à la trêve, il va falloir qu’on réunisse du monde autour de la table pour savoir ce qu’on fait car nous, avec les budgets que l’on a actuellement, on n’y arrivera pas. Si on est dans les clous sportivement, il faudra que l’on se pose la question financièrement.

Un club partenaires a été créé il y a quasiment deux ans de cela et c’est là qu’il faudra peut-être appuyer sur le levier pour aller chercher de nouvelles ressources ?
Il y a plusieurs leviers et le club des partenaires en est un. Il continue à nouer des contacts avec les entreprises, à faire ces 4 ou 5 soirées qui permettent à toutes ces entreprises de se rencontrer, d’échanger et par derrière, de devenir des soutiens de notre club. Ensuite, il y a aussi les collectivités territoriales, la mairie d’Albi en tête, qui sont présentes à côté de nous et qui continuent à nous aider toujours un peu plus et c’est toujours un bonheur pour nous que de les accueillir. Si on veut aller au bout, il faudra peut-être aussi que l’on fasse venir des partenaires d’une dimension plus large que l’Albigeois de façon à évoluer dans ce domaine.

Toujours sur les filles mais dans un domaine plus sportif, vous avez reconduit le staff dans son intégralité autour d’Alain Benedet avec Nicolas Castanier et Aïvi Mitchai. C’est pour récompenser la saison de l’année dernière qui était totalement dans les attentes des objectifs ?
Oui, tout à fait. Soyons clair, au début de la saison dernière, on n’avait pas un effectif pour se maintenir donc, si on s’est maintenu, c’est que quand même, notre staff a su tirer le maximum de l’effectif qui était avec lui. Il n’y avait donc aucune raison de changer, on a aussi continué à faire confiance à nos deux kinés qui nous aident, il y a juste le docteur Michaud vers qui on s’est tourné, le docteur Geniez ayant arrêté son activité sur Albi. C’est le seul changement ainsi que l’entraîneur des gardiens.

On va parler des résultats au bout de 3 journées à savoir une défaite, un match nul et une victoire. On est dans les clous pour essayer d’espérer un maintien ?
En effet, je pense que si on continue comme ça, on ne sera pas loin du maintien et si on prend toujours ces 4 points sur 9, on devrait y arriver. On peut dire que la déception a été contre Nantes puisqu’on a presque fait une opération portes ouvertes lors du premier match à domicile, on a quand même donné un certain nombre de but sur les 5 encaissés mais on en a marqué 3. Pareil à Orléans où on en a pris 2 donc ça laissait des espoirs qui se sont concrétisés le dimanche d’après où on a marqué 2 buts sans en prendre, ce qui était important. On est sur 7 buts en 3 matchs, ce qui est correct, et sur un 0 but sur le dernier match, le point noir étant bien sûr les 5 pris contre Nantes mais je pense qu’on a su en tirer les conclusions et y remédier.

De votre œil présidentiel, est-ce que vous avez vu le niveau de cette division augmenter avec cette poule unique, que ce soit d’un point de vue sportif ou même infrastructurel ?
Je pense qu’en termes sportifs, il n’y aura pas de trou c’est à dire qu’il n’y aura pas d’équipes qui seront totalement à la rue. A la seconde journée, il y a quand même eu 5 matchs nuls sur 6 rencontres ce qui veut dire que les équipes se tiennent, sont serrées et ne lâchent rien. Ça va peut-être se décanter après la trêve mais je pense que jusque-là, ça va être un championnat très serré et qui a quand même augmenté de qualité. Je ne saurais pas trop répondre sur les terrains car je ne vais pas sur les déplacements mais à Orléans, on a joué sur La Source. Dans cette poule, nous ne sommes que 3 à ne pas être club professionnel et on s’aperçoit que, de plus en plus, les clubs professionnels permettent aux filles de jouer au moins 3 ou 4 matchs dans la saison sur le terrain d’honneur, le terrain des pros. Ça veut quand même dire qu’en termes d’infrastructures, on a là aussi augmenté en qualité.

Venons-en aux garçons. L’année dernière, Jonathan Lacourt est arrivé en fin de saison pour ce qu’on appellera une mission commando mais cette année, c’est sa première vraie saison aux commandes ?
Absolument, c’est sa première vraie saison cette année. C’est lui qui a fait le recrutement, il a pris les joueurs qu’il voulait prendre sachant que, je pense, il a eu un certain nombre de demandes donc il a pu choisir l’effectif qu’il voulait. Maintenant, bien sûr, le résultat lui appartiendra entièrement d’ici la fin de la saison, sachant encore que là-aussi, c’est la première saison où le premier de poule ne montera pas. Ce n’est donc pas suffisant de finir 1er de poule car sur 4 poules, il n’y a que 2 accessions donc, si on a le bonheur de terminer 1ers, il faudra en plus gagner un barrage. Pour l’instant, la saison ne s’annonce pas trop mal, on a gagné un match à l’extérieur mais, malheureusement, on perd chez nous et là-aussi, on n’était pas loin de la journée portes ouvertes mais ce n’était quand même pas trop mal. Ensuite, on vient d’arracher un nul à Figeac qui est sur une dynamique puisqu’ils viennent d’éliminer Colomiers en Coupe de France, c’est donc un bon nul.

Quelle est la feuille de route qui a été donnée à Jonathan Lacourt ? Remonter en Régionale 1 ?
Oui, l’objectif est clair, il est de remonter mais pour cela, comme je le disais, il faut d’abord finir premier puis gagner un barrage mais c’est bien notre objectif. Ce dernier est dans un premier temps de retrouver le 1er niveau régional et on verra par la suite quelles seront nos ambitions. Pour l’instant, c’est retrouver rapidement le 1er niveau régional.

On le sait, le foot est un sport collectif mais comme dans tout sport collectif, il faut des impacts players, des joueurs qui soient capables de faire basculer un match. On a vu le retour de Brandon Marianella qui fait partie des joueurs qui peuvent décanter un match et mettre un peu de folie. C’est une bonne chose pour le foot tarnais et pour le foot albigeois-marssacois ?
Tout à fait. Brandon a ses qualités et ses défauts mais ce qui est sûr, c’est que quand il est impliqué et en forme, il peut faire basculer un match à tout moment par un contre meurtrier ou un coup de génie, c’est une certitude. C’est donc une bonne chose et c’est à John d’en tirer le maximum, on peut lui faire confiance là-dessus puisque c’est bien sûr lui qui a pris la décision et qui va gérer le groupe, comme d’habitude.

Par quoi passera une saison réussie du côté de l’AMTFA ? La montée des grands en R1, des filles qui se maintiennent en D2 et une école de foot qui prospère ?
Oui, c’est à la fois beaucoup et tout simplement ça : arriver à se maintenir sportivement en D2, prendre ensuite les décisions qui s’imposent et voir si on peut les mettre en œuvre, retrouver le plus haut niveau régional avec les garçons et toujours continuer à donner un maximum de plaisir à un maximum de jeunes pour pratiquer le football. Il faut quand même souligner qu’entre Albi et Marssac, nous avons 3 terrains synthétiques à notre disposition, pas qu’à notre seule disposition mais on peut compter sur 3 terrains synthétiques donc en termes de plaisir chez les jeunes et de qualité d’enseignement et de progression, c’est une très bonne chose. On peut remercier les deux municipalités, que ce soit celle d’Albi ou celle de Marssac, de nous mettre à disposition de telles installations.

Pour résumer, on peut dire que les deux premières saisons étaient le lancement de la fusion et que maintenant, il faut la préciser ce que vous êtes prêts à faire ?
En effet mais ça ne se fait pas sans beaucoup de sueur ni de frayeurs non plus. Bon an mal an, on va y arriver.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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