Tour d’horizon de l’actualité jaune et noire avec le manager du SCA, Mathieu Bonello, a quelques heures de la 7eme journée de Nationale et la réception des varois du RC Hyères Carqueiranne La Crau à 19h30 au Stadium Municipal d’Albi. Les tarnais actuels leaders du championnat voudront terminer en beauté ce triptyque à domicile (Tarbes, Narbonne et Hyères), avant de passer un long mois hors de leur base au 4 coins de l’hexagone (Carcassonne, Suresnes et Chambéry).

Comme on l’avait dit la semaine dernière, ce match contre Narbonne était un premier carrefour. Un carrefour qui a été bien passé ?
Il est certain qu’il est positif d’avoir gagné mais on a aussi beaucoup de choses à revoir. On n’a pas fait un très bon match sur 80 minutes, on a eu une seconde période un peu plus difficile mais c’est bien de l’avoir gagné, on retiendra la victoire.

Est-ce que ce n’est pas une progression par rapport à l’année dernière ? L’année où tu arrives, ce n’était pas trop comme ça, ça s’améliore sur la seconde et là, pour la 3e, on sent quand même que, même si c’est compliqué, vous arrivez à vous sortir des situations difficiles et finalement à gagner ?
C’est vrai. Je dis toujours qu’une situation difficile, c’est quand tu es largement mené mais là, la situation était ambiguë car on avait pris un peu le large et on se fait remonter mais oui, on sent plus de maîtrise. On a évolué et gagné en maîtrise et ça, c’est un bon secteur positif.

Samedi, tu disais ne pas être très satisfait de la 2e mi-temps mais que tu ne pouvais pas en dire plus. Est-ce que tu peux en dire plus aujourd’hui ?
Non, je ne suis pas très, très satisfait de la 2e mi-temps car je pense qu’on a disjoncté et qu’on a aussi fait des fautes qui ont permis à l’adversaire de revenir dans le coup. C’est à nous de nous améliorer, il ne faut pas tout jeter ni tout noircir, il y a du positif et les joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Mais, si on veut aussi évoluer, c’est s’améliorer et continuer à avancer et sur ça, la 2e mi-temps était moins aboutie que la 1ère.

Pour reprendre tes propos, est-ce vous qui avez disjoncté ou est-ce Narbonne qui vous a amené à disjoncter avec ses qualités ?
Sûrement les deux, je ne suis pas à même d’analyser Narbonne, j’analyse surtout Albi et ça me suffit. Ils nous ont peut-être un peu sortis du match mais nous aussi, on a fait ce qu’il fallait pour nous sortir du match. On doit être plus maître que ça de notre match quand on mène au score mais ce sont aussi des matchs où tu apprends beaucoup donc on va également tirer des enseignements de cette 2e mi-temps.

La chose qui saute aux yeux, c’est que tu as vraiment un effectif interchangeable. Tu en enlèves un pour en mettre un autre et on a l’impression qu’il n’y a pas de différence ?
C’est vrai et c’est bien. On a un groupe qui est costaud en termes de nombre et de qualité, je suis très content du groupe que j’ai. J’ai des joueurs avec un super état d’esprit, vous connaissez un peu ma philosophie depuis que je suis arrivé ici, c’est le maillot et je ne le donne pas facilement, il faut venir le chercher. Je crois qu’en jouant cette carte-là, ça permet aussi aux joueurs de venir se le chercher, d’essayer de faire les meilleures performances pour le garder et ça nous amène également à monter le niveau de l’équipe donc c’est une bonne chose pour l’avenir.

Sur le match, on voit à un moment donné une action nette d’essai où Mohsen Essid échappe le ballon, on va en touche, on re-perd le ballon et ils marquent un essai de 100 mètres. Au lieu de 4 essais à 1, ça fait 3 essais à 2, ça change quand même tout dans la tête ?
Tu es bien sûr déçu de ne pas être efficace quand tu es prêt à marquer mais les fautes de jeu font partie du jeu. Ce n’est pas spécialement un joueur, on a aussi eu des zones de marque où on n’a pas réussi à scorer mais je suis d’accord avec toi sur le fait qu’un match peut vite basculer. 7 points, ça va vite, on s’aperçoit qu’on peut vite être rattrapés mais l’équipe a fait front, elle ne s’est pas affolée dans ce moment-là et elle a repris petit à petit le sens de son match.

L’adversaire de ce week-end, c’est Hyères-Carqueiranne La Crau, une équipe qui est très bonne sur les fondamentaux. C’est un match où ça va taper ?
Oui, ça va taper et ça va être fort, c’est costaud. On connaît les valeurs de cette équipe et ça va être un gros match ici au Stadium mais cette année, comme je vous l’ai dit, on regarde beaucoup ce qu’on fait nous, parfois plus que de passer beaucoup, beaucoup de temps sur l’adversaire car on s’aperçoit qu’on a d’abord beaucoup de boulot à faire nous afin de pouvoir s’adapter.

Est-ce que ça change quelque chose d’être leader ?
Non, absolument rien avec ce championnat. On est content du résultat et de la place que l’on occupe mais il n’y a rien de fait, on va jouer la 7e journée. J’avais dit qu’on ferait vraiment un bilan au bout du 7e bloc, on va bientôt arriver à la fin, ça passe vite mais ça ne changera rien ni dans nos choix ni dans notre stratégie.

Je n’ai pas regardé toutes les statistiques mais il me semble que c’est la première fois de ton mandat que vous êtes seul leader. C’est quand même une récompense ?
Oui, c’est une récompense et je ne veux pas passer pour quelqu’un de négatif mais ce qui nous importe, c’est de continuer à avancer. On n’en est qu’à la 6e journée, si tu me dis la même phrase vers le 15 Avril, je te dirais » bien sûr qu’on est content, bien sûr qu’on est satisfait, bien sûr qu’on est content du travail que les joueurs font au quotidien, l’implication, le travail du staff, l’ensemble du club « . Bien sûr qu’on est tous content car il vaut mieux être à cette place qu’à une autre mais on verra déjà ça à la fin des phases aller.

Est-ce que, finalement, ce classement n’est pas le piège car le calendrier est bizarre avec des équipes qui ont beaucoup joué à domicile comme Chambéry qui n’a fait qu’un seul match à l’extérieur. Quand tu vois où ils sont au classement, est-ce que se focaliser justement sur ce dernier n’est pas le piège de se dire » on est bien mais il faut voir aussi les autres » ?
Je te rassure, on ne se focalise pas sur le classement, pas du tout, vous me connaissez, ce n’est pas du tout mon style dans un sens ou dans l’autre. Ce qui m’importe, c’est qu’on continue à avancer et aujourd’hui, on a gagné un match de plus dans notre saison, ce qui nous permet d’être bien classés. De là à dire » on est tout en haut « , je suis modéré sur ça et ce n’est pas ça qui va nous faire perdre le fil des choses, si on le perd, ce sera tout seuls mais ce n’est pas du tout ça. On a les pieds sur terre au SCA.

Sans parler du classement, est-ce qu’on sent des progrès par rapport aux années précédentes ?
Bien sûr qu’on évolue ! On a parlé de maîtrise tout à l’heure et depuis trois ans, on l’a gagnée. On s’améliore, on s’améliore dans le jeu, peut-être aussi dans le fait de jouer un peu mieux avec le ballon, bien sûr également que l’équipe s’est améliorée avec les recrues que l’on a prises à l’intersaison et avec les connaissances de ce groupe qui est resté le même à 80%. L’équipe évolue, évidemment, mais te dire exactement où elle a évolué au bout de 6 journées … il faut quand même être modéré dans cette analyse. On est très content du chemin que l’on prend pour l’instant et tant mieux mais on fera aussi le point dans quelques temps.

Pour la première fois depuis trois ans, tu as un véritable socle de joueurs que tu as choisi de garder. Est-ce que c’est pour toi un confort dans l’entraînement par rapport aux autres années ?
Honnêtement, c’est différent. Quelle que soit l’année, ça a été vachement enrichissant pour moi, de voir différentes méthodes, d’agir différemment avec des groupes différents car quand tu arrives dans une aventure, tu ne les choisis pas parce qu’ils sont sous contrats. J’ai pris du plaisir chaque année, bien sûr que ça évolue car quand les joueurs te connaissent, il y a des choses que tu n’as plus à faire, elles sont claires, nettes et précises. Ça te permet donc d’avoir un peu plus de confort dans le travail mais, en tous cas, pas moins d’exigences.

On t’a senti un peu agacé dans ton discours après le match. Est-ce que c’était en référence au jeu ou en-dehors ?
Je n’ai rien à dire sur le sujet.

Tu l’as quand même dit aux joueurs ?
Je leur dis mais ce n’était pas eux le sujet principal.

On sait que tu as fait un travail de fond sur le public, tu as fait des rappels, des petites touches, des repiques pour motiver le public. On a l’impression que, petit à petit, tu as planté des graines et que ça a commencé à pousser ?
C’est vrai, c’est bien, c’est dynamique et ça évolue dans le bon sens, bravo à eux. Ce sont aussi nos joueurs et l’équipe qui donnent envie aux supporters de pousser derrière nous et j’espère que ça va continuer. Pourquoi est-ce que j’ai fait ça depuis que je suis arrivé ? Car, bien sûr que ce club a forcément connu de grandes heures mais je l’ai surtout connu avec son public et c’était hyper difficile de venir jouer ici. Je crois que les joueurs le méritent aussi tout comme la ville et le club et je pense que c’est ensemble que l’on peut écrire une belle page de l’histoire. Ce n’est jamais tout seul, ce ne sont jamais que des joueurs mais un ensemble de choses qui fait que et je crois que le public prend une part prépondérante à ça.

C’est une histoire de boule de neige : vous gagnez, ça entraîne le public, le public pousse, vous gagnez. Ça crée une dynamique ?
Bien sûr, ce sont des dynamiques positives qu’il faut enclencher mais je crois qu’avant tout, c’est aussi à nous, joueurs, staff, groupe sportif, de montrer de belles choses et les gens auront plaisir à venir nous voir. Il faut savoir aussi que l’on a un très grand stade donc ça fait parfois vide mais il faut également l’accepter, on a un grand stade et parfois, on ne le remplit pas. C’est normal, c’est des fois difficile à ce niveau-là et une autre ville très rugby ne le remplirait pas non plus donc il ne faut pas s’affoler non plus.

Quel est le mot d’ordre ?
Continuer la dynamique et que les joueurs continuent à se faire plaisir sur le terrain.

Question Coupe du Monde : il y a un France / Afrique du Sud ce week-end et tu as des Sud-Africains dans le groupe. Comment est l’ambiance ?
On ne leur parle plus et je pense qu’ils ne joueront pas vendredi, je ne peux pas faire ça à notre nation (rires).

Propos recueillis par Loïc Colombié

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