A quelques heures du choc de la 6e journée de Nationale au Stadium municipal entre Narbonne et Albi , (le leader contre son dauphin), focus sur le RCN et son manager, Julien Seron, qui nous a exposé le contexte de cette rencontre au sommet et le projet du club audois.

Ton aventure auprès du RCN s’est prolongée, et même longuement prolongée puisque tu as signé pour 3 ans de plus avec le club l’année dernière. C’est un gage de confiance ?
Oui, c’est un gage de confiance surtout dans la construction du projet car c’est intéressant de travailler sur 3 années. On a eu deux premières années compliquées avec une montée en Pro D2 l’année où j’arrive qui, à mon sens, était prématurée et où le club, que ce soit sur l’entité sportive ou administrative et commerciale, n’était pas prêt. C’était une saison compliquée mais où on a quand même commencé à amorcer la construction sportive du projet mais on est malgré tout descendu. Il y a eu 25 nouveaux joueurs à la première intersaison, 25 nouveaux joueurs quand on descend, une année l’an dernier que j’appellerai de transition. On finit 7es la 2e année mais avec quand même de belles choses et une identité d’équipe qui ressemblait à ce qu’on voulait être, à ce que veut être le club. On a eu la confiance de ma direction qui m’a renouvelé 3 ans pour déjà avoir un peu de stabilité, ne pas avoir à tout modifier de nouveau et nous donner la confiance pour mener le projet du club qui est de retrouver la Pro D2 d’ici 2 à 3 ans.

L’année dernière, tu avais une équipe qui était très, très jeune. Du coup, à l’intersaison, tu as mixé cette fougue de la jeunesse avec un brin de sérénité et de maturité ?
Quand on est descendu, on a eu un gros turn-over et l’un des piliers de la reconstruction du club était aussi de se nourrir de notre centre de formation. On a donc intégré à notre effectif de 40 mecs 17 jeunes du centre de formation qui ont tous eu leur mot à dire à un moment et qui, pour certains, sont rentrés un peu plus souvent dans la rotation. On s’est donc aussi appuyé sur notre formation car la jeunesse est importante mais, comme tu l’as dit, une fois qu’on a fait un peu l’audit de la saison, on avait aussi besoin d’expérience, ce qui nous avait manqué à certains moments. C’est pour ça que l’on a ciblé un recrutement non pas quantitatif mais avec 8 ou 9 mecs entre 30 et 40 ans pour le coup. On avait besoin d’expérience et de maturité, de leadership, et c’est ce sur quoi on a axé notre recrutement pour cette nouvelle saison.

Comment est-ce qu’on peut définir l’identité du RCN version temps modernes et version Julien Seron ?
Ce sont avant tout des valeurs et un état d’esprit, le travail, la solidarité, le combat, l’esprit d’équipe. On a forcément greffé à ça une identité rugbystique avec de la vitesse, du mouvement, de l’organisation et de la structure à savoir que l’on a un jeu qui ne se veut ni total ni ambitieux. Je ne veux pas entraîner l’équipe de Barbarians, je veux entraîner une équipe qui se déplace intelligemment, qui met beaucoup de vitesse dans son jeu, qui a des repères communs bien définis et tout ça laisse place et encourage l’initiative. C’est un peu le rugby que je veux et un peu le rugby que les gens veulent, une fois encore, c’est un projet que l’on a co-construit et orienté pour les joueurs que j’ai mais ça reste du rugby où on prend du plaisir à jouer. Ça, c’est le versant offensif mais le rugby, c’est aussi beaucoup de conquête ainsi que la défense et c’est d’ailleurs là-dessus que l’on a orienté nos premières semaines d’entraînement. On est encore en construction sur le plan offensif mais par contre, c’est peut-être aussi grâce à l’état d’esprit et à l’organisation défensive que nous sommes premiers aujourd’hui.

On peut aussi dire que le début de saison de Narbonne est quasi parfait. Vous avez coché toutes les cases avec 5 victoires mais il y a quand même une petite ombre au tableau qui sont les blessures et l’infirmerie ?
C’est vrai. Comptablement, le bloc est parfait, sur le contenu, et comme je te l’ai dit, on est construction donc il y a beaucoup, beaucoup de choses perfectibles mais on travaille dans ce sens, pour améliorer tout ce qu’on peut améliorer. Il est sûr qu’on est dans les clous sur le plan comptable mais, effectivement, le point noir, c’est qu’on est maffré surtout les postes de 1ères lignes. Le sort s’est acharné, on a recruté un joueur au poste de pilier droit qui, malheureusement, a eu une déconvenue à l’intersaison et a dû se faire opérer donc Jamie Hagan a dû partir 3 mois aux planches. Derrière, on recrute Clément Estériola qui se fait le biceps et qui part 4 mois aux planches, Au bout d’un mois, on décèle une hernie discale à Geoffrey Moïse, notre pilier gauche, et lui aussi part 3 mois à l’infirmerie donc rien que sur la 1ère ligne, c’est lourd. Paul Belzon, notre capitaine, s’est malheureusement rompu les ligaments croisés sur un match amical et tout ça se passe sur des joueurs importants. C’est ça le truc, c’est que c’est sur des joueurs importants pour l’équipe et pour le groupe et des joueurs sur qui on comptait mais bon, c’est le lot et le sort d’une saison. On ne va pas se plaindre, on a quand même de la ressource et on est content des mecs que l’on a, j’ai envie de te dire que personne n’est irremplaçable.

On ne va pas se le cacher, l’objectif indéboulonnable de Narbonne pour cette saison, ce sont les play-offs ? Une bonne saison passera par des play-offs ?
Ah oui ! Clairement, si on tenait un autre discours que celui-là aujourd’hui, on ne serait pas du tout cohérent avec les ambitions du club qui sont d’être dans les 6 cette année et de viser la montée l’an prochain. On a pour objectif et pour mission de faire mieux que l’an dernier où on a fini 7es et aujourd’hui, clairement, on a besoin de phases finales. Le club a besoin de phases finales tout comme la ville et les Narbonnais ont besoin de ça et pour nous, c’est notre fil conducteur, on s’entraîne tous les jours pour faire des phases finales. C’est clairement notre objectif, oui.

On va poser le contexte de cet Albi / Narbonne où l’on peut dire que c’est le premier gros juge de paix pour les deux équipes ?
Absolument. Albi fait également un très bon début de saison, c’est une belle équipe que l’on connaît et contre laquelle on n’a pas réussi à s’imposer l’an dernier à deux reprises. Elle nous a malmené, elle a fait un super championnat l’an dernier et qui redémarre aujourd’hui tambour battant. C’est une belle équipe complète qui, en plus, a recruté quelques joueurs pour étoffer son effectif qui comptent vraiment donc on s’attend à un gros match et forcément à une belle bataille. On sait qu’Albi aura évidemment à cœur de l’emporter pour rester invincible à la piaule et aller chercher la 1ère place et nous, on vient avec des ambitions de se mesurer en étant dans une position dans laquelle on a rarement été, de leader et de premier. On ne veut donc pas se déplacer en victime, on veut assumer ce statut-là mais on sait que ce match va nous faire grandir. On va clairement voir où on en est, on a eu 5 matchs qui n’ont pas été simples, on a dû batailler sur toutes les rencontres et là, on s’attend à batailler encore plus mais c’est bien, je suis content, je pense que ce match arrive au bon moment. 5 matchs, 5 victoires, on ne s’enflamme pas et on va voir ce qu’on a vraiment dans le ventre en ayant ce statut-là donc c’est chouette.

On voit Narbonne 1er, Albi et Carcassonne 2e ex-aequo et Blagnac 6e. Le rugby occitan se porte fort bien en ce début de saison de Nationale ?
Oui, c’est bien pour l’Occitanie. D’une manière générale, tout le monde travaille bien en Nationale, on est aujourd’hui une division certes d’un milieu amateur mais qui est professionnelle. Les staffs travaillent super bien et les clubs que tu as cités de notre département et de notre région sont des clubs ambitieux, structurés et qui bossent bien. Ce sont des clubs qui sont bien dotés à la fois structurellement et financièrement, des clubs qui tiennent la route. On est aux portes de la Pro D2 mais on travaille aussi bien que les clubs de Pro D2 et aujourd’hui, les résultats de nos clubs de la région sont assez cohérents car ils travaillent bien. On sait qu’un club, ça n’est pas que l’entité sportive mais, comme je te le disais tout à l’heure, c’est un ensemble et tous ces clubs-là travaillent dur donc, c’est effectivement bien pour la région.

Merci et on te souhaite un beau derby occitan face au Sporting Club Albigeois ainsi qu’une belle saison avec le Racing Club Narbonnais
Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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