Focus sur un des joueurs qui fait chavirer le stade des Clauzades tout les week-ends, et qui est de retour à l’ASV Lavaur depuis l’intersaison 2022. En effet, Gaetan Bertrand, après une parenthèse de 5 saisons au SC Albi, a décidé de faire un retour dans la cité au jacquemart, terre qu’il connaît fort bien, pour y avoir fondé sa vie familiale. Capitaine des vauréens, ce 3/4 centre de devoir amené toute son expérience à l’équipe tarnaise qui évolue une saison de plus en fédérale 1. Après avoir arraché un maintien dans la dernière ligne droite , l’ASV et Gaetan Bertrand effectuent un bien meilleur départ lors de ce début de saison. Rencontre avec un joueur qui dans la vie comme sur un terrain, ne triche pas et place les valeurs humaines au dessus de tout.

Tu es revenu à l’un de tes premiers amours, l’ASV, et après de belles saisons au Sporting Club Albigeois, tu as décidé de rebasculer dans la pluriactivité. Qu’est-ce qui t’a amené à faire ce choix ?
C’était un choix familial. Je n’avais plus de contrat avec Albi, j’ai donc décidé de revenir sur Lavaur, là où j’habitais, et pour moi, c’était normal de revenir au club de Lavaur après avoir passé 5 ans à Albi. Pour moi, le mieux était d’aller à Lavaur, je ne me sentais pas d’aller ailleurs. J’y avais encore quelques collègues, j’habite à 6 minutes du stade donc c’est très bien pour moi.

Pour toi qui as connu le monde professionnel et le monde pluriactif, quels sont les avantages et les inconvénients de l’un et de l’autre ?
Pour les avantages, pas grand-chose à part la fatigue (rires). Même quand j’étais là première fois à Lavaur, je faisais un peu chier les anciens qui étaient pluriactifs en leur disant de rester un peu et de faire la bringue de-ci, de-là mais je me rends compte qu’il y n’y plus ni de place ni de temps pour faire de l’extra rugby et prendre du loisir en dehors des entraînements. C’est vrai que ça prend énormément de temps et c’est un engagement fort au niveau de ta famille car tu travailles toute la journée et que tu t’entraînes deux à trois fois par semaine donc tu n’as que deux soirs voire trois où n’est pas à la maison. Le dimanche, tu n’es pas là non plus donc les inconvénients sont que tu ne vois pas trop ta famille comparé à quand tu étais professionnel où on avait quand même des jours de repos, des vacances et le reste. Là, quand on a des vacances avec le rugby, on a toujours le travail à côté qui continue donc c’est vrai que ça change un peu, c’est une vie un peu plus à 1000 à l’heure mais par contre, ça m’apporte une stabilité au quotidien. On sait ce qu’on fait l’année d’après, on sait que notre boulot est là et qu’il restera là, on n’est pas dépendant de certaines personnes qui n’ont plus envie de toi. C’est ça le côté positif, c’est la stabilité.

On va parler de tes 5 saisons à Albi car c’est quand même un club qui a marqué ta carrière, tu y a connu des moments émotionnellement forts, je pense entre autres à la demi-finale face à Rouen. Qu’est-ce qui tu retiendras de ces 5 saisons à Albi ?
Je n’en retiens que du bon et du positif à part les 6 derniers mois. Franchement, j’ai passé 4 saisons et demi vraiment au top, surtout avec l’épopée d’Arnaud où il avait vraiment créé un vrai groupe et une vraie famille. Pour te dire, on est toujours en contact, on se voit une fois par mois plus deux ou trois soirées ensemble avec tous les anciens d’Albi et c’est vrai que c’est assez rare de garder autant contact avec un nombre comme ça d’anciens joueurs. J’en retiens énormément de positif, c’étaient 5 belles années, on en parle souvent avec Gianni, on était très, très heureux et c’était une belle époque.

Parlons en Gianni Gaillard. Le voir sur le bord de touche comme entraîneur, ça doit quand même te faire bizarre ?
Oui, ça fait bizarre.

C’est le plus jeune entraîneur de France ?
Voilà, c’est ça (rires). Ça fait plus ou moins bizarre car il arrive à garder son côté entraîneur surtout de la touche, il fait du bon boulot à Lavaur et il se régale là-dedans. Je pense qu’il a été à la bonne école avec Arnaud, il lui a donné goût à ça et franchement, pour l’instant, je n’ai que de bons retours des joueurs de Lavaur sur lui et je pense que le club de Lavaur est content de l’avoir pour entraîner la touche. Pour moi, c’est déjà l’un de mes meilleurs amis mais surtout un très bon spécialiste de la touche.

Te concernant, ta fin de carrière à Albi a été émaillée par une pubalgie que tu as traîné l’année dernière. Est-ce que tout ça est passé ?
Oui, les blessures sont pour l’instant du passé avec aucun pépin cette année. L’année dernière, j’ai un peu cumulé deux ou trois merdes au niveau de ma cheville avant de faire une péritonite derrière donc c’est vrai que j’ai eu une saison un peu mitigée où je n’ai pu revenir que sur les 2, 3 derniers mois de la saison, je m’étais pété au mois de Novembre donc j’ai quand même loupé 2 mois et demi, 3 mois. Là, je reviens en forme, j’essaye aussi de me refaire une santé physique car du fait d’arrêter le rugby pro, j’ai pris quelques kilos donc on essaye de se refaire une santé et, pour l’instant, ça n’est que du positif et c’est un régal.

Tu arrivais d’Albi l’année dernière avec l’habitude du haut de tableau mais vous avez joué le maintien avec Lavaur et jouer le maintien est également quelque chose de stressant et de fort en émotions ?
Sans faire la grosse tête, c’est vrai que c’était la première fois de ma vie que je ne jouais pas de phases finales. On a joué le maintien, ça a été une saison très, très galère où on a eu pas mal de blessures, pas mal de rebondissements. On est un peu passé par toutes les émotions l’année dernière, je pense que c’est en train de forger un groupe pour cette année mais c’est vrai que ça fait bizarre de jouer le maintien car on joue encore plus avec la peur et on a encore moins de confiance que quand on doit jouer des phases finales ou des matchs de barrage. Là, c’est vraiment » il faut sauver un club, il faut sauver une ville » et ça faisait bizarre d’être responsable avec toute l’équipe d’une descente en Fédérale 2. Pour moi, c’était interdit, on ne pouvait pas faire descendre ce club donc on s’est soudé et on a réussi à se maintenir ce qui était le plus important.

On va dire que ce n’est pas la même adrénaline que les play-off mais jouer le maintien en est quand même une sorte ?
C’est ça. Ce n’est pas du tout la même adrénaline ni pas du tout la même ambiance car dans celle des play-offs, il y a la bonne humeur, la joie et tout le reste parce-que tu es en phases finales, qu’il fait beau et que tu es au mois d’Avril. Nous, on était plus en train de bouffer de la merde depuis Janvier / Février donc c’était un peu compliqué, il n’y avait pas forcément la joie aux entraînements mais c’est vraiment revenu bien sur la fin de saison quand on a commencé à re-gagner.

On a l’impression que vous êtes bien partis cette saison. Avec deux victoires en trois matchs, vous êtes dans les clous de votre objectif d’aller chercher les 6 premières places ?
Oui mais on ne va pas faire la fine bouche et on prend les victoires. On évite de parler de l’année dernière mais quand on voit notre début de saison de l’an dernier et celui de cette saison, ça a l’air d’être mieux. On continue à bosser, le groupe est là, il y a quelque chose qui se crée, on essaye de faire tout ce qu’il faut pour que ça marche donc j’espère que ça va durer comme ça.

Quels sont ton meilleur et ton pire souvenirs rugby même si j’ai une idée pour le pire ?
Le pire, tu dois le savoir, c’est cette demie à Rouen où, clairement, je l’ai encore en travers et je pense que c’est quelque chose qui restera gravé dans la vie de tous ceux qui l’ont vécu. Mon plus beau souvenir, c’est quand j’ai été champion de France en Crabos avec Brive avec une groupe de fou, une équipe composée que de mecs autour de Brive, et c’était quelque chose de génial.

Merci et on te souhaite une belle saison avec l’ASV Lavaur
Merci et à bientôt.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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