Le pilier Bourguignon, Julien Beaufils nous a accordé un entretien en amont du derby face à Hyeres, pour nous explique son choix de quitter le bercail du Stade Dijonnais pour relever le défi azuréen du Stade Niçois. Malgré de fortes attaches viscérales avec la cité des ducs, Julien Beaufils est dorénavant totalement tournée vers ses objectifs sur les bords de la Méditerranée. Avec un calendrier très costaud (5 déplacements) en ce début de championnat et à quelques jours de la réception de Carcassonne, le club maralpins est dans des très bonnes dispositions au classement (5eme). Pour le néo première ligne des aigles Niçois, les résultats actuels ne sont pas étonnants, au vue du discours qu’Alex Compan lui a tenu pour le faire adhérer, au cœur de l’hiver dernier, au projet stadiste.

Tu as un peu franchi le pas et tu es sorti du cocon dijonnais pour te lancer dans l’aventure azuréenne. Comment s’est faite la genèse de ce transfert de Dijon à Nice ?
C’est après 10 ans de rugby à Dijon que je quitte la Côte d’Or pour la Côte d’Azur cette fois. C’est un très beau pas dans ce monde-là, c’est une vraie nouvelle aventure qui se passe très bien pour le moment donc, franchement, je ne me plains vraiment pas. Tout se déroule comme je l’avais imaginé, même presque mieux donc c’est vraiment super.

Quand ont commencé les contacts avec Nice ? J’imagine au cœur de la saison dernière quand tu étais encore au Stade Dijonnais ?
Le premier coup de téléphone est en effet arrivé la saison dernière, au cours de la 2e semaine de Janvier. La signature du contrat s’est faite plusieurs mois après mais ça a été 2 / 3 mois assez longs où le coach m’a beaucoup regardé, m’a eu au téléphone, en entretien, a regardé mes matchs et autres. Ça se conclut finalement par une signature donc que du bonheur.

Je suppose que tu as quand même dû avoir un temps de réflexion avant de franchir le pas et de sortir de ta maison, le Stade Dijonnais ?
Des réflexions mais déjà, niveau rugby, c’était monter d’un cran en passant de Nationale 2 à Nationale 1. J’avais déjà joué en Nationale 1 donc ça allait, je n’avais pas trop de réflexion là-dessus par contre, sur le départ, quitter le cocon familial mais aussi amical, il est sûr que j’ai eu plein de personnes qui sont venues me demander si ça allait bien se passer. Pour le moment, je ne me plains pas, tout va très bien.

Comment est-ce que tu voyais ce club de Nice de l’extérieur ? Comme un club ambitieux qui a la volonté de monter l’étage au-dessus, en Pro D2 ?
C’est ça. Je me rappelais de Nice la fameuse année où ils perdent en demi-finale contre Narbonne donc un club qui, sur ses deux premières années de Nationale, était à deux doigts de monter en Pro D2 donc ça restait un club de très bon niveau, ils ont eu un petit passage à vide en début d’année l’année dernière mais ils ont fini par bien remonter. Dès les premiers coups de téléphone, le discours du coach a directement été un discours très compétitif, où il voyait beaucoup de grandes choses pour le club. Le discours n’a pas changé et nous, en tant que joueurs, on s’attelle maintenant à la tâche, on donne tout et, pour le moment, ce qu’on fait n’est pas trop nul donc c’est bien.

En termes de compétitivité, d’infrastructures et de cadre, j’imagine que tu as passé un cran en allant de Dijon à Nice ?
Oui, ça passe un vrai cran sur beaucoup de points de vue, surtout au niveau du professionnalisme.

Tu arrives à Nice avec un statut de jeune joueur en devenir mais on a vu que tu as commencé à faire tes gammes et ton petit trou ?
Je suis le plus jeune à mon poste, c’est ce qui me faisait peur au début mais finalement, ça s’est vité révélé très bon pour moi vu que j’ai joué les 3 premiers matchs d’affilée. C’est une bonne chose, j’avais beaucoup travaillé pour ça cet été, je m’étais déjà mis en tête que j’allais partir à Nice dès les premiers coups de téléphone donc tout mon travail depuis le mois de Janvier était fait pour être bon maintenant. C’est une vraie bonne chose de pouvoir jouer et avoir du temps de jeu en ce moment.

Le premier bloc a été très compliqué pour Nice avec 4 déplacements. Vous ne l’avez pas si mal appréhendé car, quand on regarde le classement britannique, vous y êtes très, très haut et en milieu de tableau au classement général. Ce n’est pas trop mal si vous arrivez ensuite à capitaliser à domicile ?
C’est ça. Il nous reste encore un match à l’extérieur ce week-end à Hyères-Carqueiranne La Crau (Les Nicois ont engrangé une victoire bonifiée) ce qui nous fait 5 matchs d’affilée à l’extérieur. Ce premier bloc a été très bien géré, je trouve qu’on mérite de gagner à Narbonne, ça, c’est certain. Ça se joue de très peu sur des décisions arbitrales, sur des erreurs de nos joueurs également mais franchement, on mérite de gagner à Narbonne donc on aurait pu faire un 3 sur 4. C’est un beau début de saison pour 4 matchs à l’extérieur et maintenant vont enfin venir les matchs à domicile, je vais enfin pouvoir connaître les matchs au Stade Niçois ce qui va être sympa aussi. Le but est d’abord de continuer à gagner à l’extérieur mais surtout de ne pas perdre à domicile, on ne se laisse aucun joker là-dessus.

Quand tu as signé à Nice, les personnes de l’extérieur ont surtout dû te parler de la grinta du Sud-Est. Là, tu vas en avoir un gros avant-goût avec ce derby contre Hyères-Carqueiranne La Crau ?
On a fait un match amical contre eux donc j’ai déjà pu voir ce que c’était. Là, de rentrer dans le match de la compétition, je pense que ça va être encore pire mais c’est le jeu, c’est le rugby. A nous de ne pas tomber dans tout ça, d’essayer de faire un match propre et de gagner.

Quel est le but de ce second bloc, asseoir sa place dans les 6 premiers ? On l’a vu l’année dernière ainsi que celle d’avant, Nice avait fait de son championnat une course contre la montre donc cette année, il ne veut pas rater son départ ?
On est pour le moment dans les qualifiés et le but est de ne jamais en sortir, en tous cas d’y rester jusqu’à la fin des matchs de poule et bien sûr jouer les phases finales. Le but est de rester dans ce groupe de 6 tout au long de l’année, de ne jamais le quitter et de ne jamais se faire peur.

Comment est-ce que tu définirais ce club de Nice en quelques mots ?
C’est un club très professionnel mais aussi très humain, j’ai déjà pu découvrir plein de monde et tout le monde est cool, c’est franchement vraiment bien. Je retrouve surtout un haut niveau de rugby avec de nombreux joueurs qui ont eu beaucoup de matchs en Pro D2, quelques-uns qui ont joué en Top 14, d’autres qui ont joué des matchs de très haut niveau donc ce n’est aussi que du bonheur en tant que jeune joueur pour gagner encore en expérience, pour écouter les plus vieux et jouer son rugby tout en progressant.

On sait que ton départ du Stade Dijonnais ne s’est pas fait de la manière dont tu l’aurais souhaité avec cette relégation en Fédérale 1 mais entre-temps, ils ont été repêchés en Nationale 2. J’imagine que tu as un petit mot à dire à tes anciens coéquipiers dijonnais ainsi qu’aux nouveaux qui vont essayer de prendre la relève pour redorer le blason du Stade Dijonnais ?
C’est vraiment cool pour le club du Stade Dijonnais d’être maintenu en Nationale 2. De mon côté, je suis énormément le club et ça sera jusqu’au bout, tout ce que je leur souhaite, c’est d’abord de se maintenir et de ne pas retarder d’un an la descente. C’est se maintenir, continuer à jouer comme ils font puisqu’ils arrivent à accrocher des équipes à l’extérieur, ils perdent de très peu et sur les dernières actions. Franchement, je ne leur souhaite que du bien pour cette saison et de la réussite jusqu’à la fin de l’année.

En clair, tu as les crampons à Nice mais tu gardes le cœur bourguignon ?
C’est exactement ça.

Merci et on te souhaite une belle saison avec le Stade Niçois
Merci.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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