Avec 11 saisons au compteur à porter les couleurs du Blagnac Rugby, Matthieu Vachon est une des figures tutélaires du club de la périphérie toulousaine. Ce samedi dans ce stade Ernest Argelès qu’il connaît comme son jardin, les Caouecs reçoivent pour la reprise de Nationale et du second bloc Carcassonne pour une rencontre qui sera un test grandeur nature. A cette occasion le capitaine des. Blagnacais nous a accordé un entretien pour faire le point sur ce début de saison et regarde dans le rétro d’une belle carrière qui très certainement lui réserve encore de belles surprises.

C’est pour toi une 11e saison en équipe première à Blagnac. Tu es devenu l’un des meubles et le capitaine de cette équipe ?
On commence à ne plus trop compter les années (rires). Comme tu le dis, c’est la 11e et c’est quand même toujours plutôt gratifiant, c’est joli. Quant au meuble, j’espère qu’il n’est pas trop vétuste et qu’il est toujours d’appoint.

On va parler de la saison dernière, qui a sûrement été ta plus belle saison sous les couleurs caouecs ?
C’est sûrement la plus belle, en effet, avec celle de l’épopée que l’on avait faite en demi-finale face à Valence-Romans. Est-ce qu’elle est plus belle que celle-ci ? En tous cas, elles se valent, c’est une demi-finale et c’est vrai que c’est une saison magnifique.

Pour toi, ça doit en plus avoir une saveur particulière puisque tu avais quand même rencontré quelques pépins physiques sur les deux saisons précédentes tandis que là, tu as tourné à plein régime ?
Il est sûr que, pour ma part, cette saison avait été très aboutie avec plus de 20 matchs sur une saison après des saisons galères, le Covid plus quelques soucis physiques il y a deux ans. Ça fait toujours plaisir de pouvoir trouver de la continuité et de la répétition dans une saison.

On dit souvent que le plus dur n’est pas d’arriver en haut mais d’y rester. Rester dans le Top 6 est le challenge de Blagnac cette saison ?
On est conscient de ça, du fait que ce soit le plus dur surtout dans une équipe avec des budgets limités. Rester là et confirmer, c’est ce qu’il y a de plus dur, on l’a vu dans des niveaux supérieurs avec Castres qui avait été vice-champion et qui avait failli descendre l’année d’après, idem pour Carcassonne qui avait fait un quart ou une demi-finale et qui descend l’année qui suit. C’est ce qu’il y a de plus dur donc on a martelé ce message en début de saison avec le nouveau groupe pour essayer rapidement d’engranger des points.

Comment est-ce que tu juges cette Nationale cette saison ? Plus homogène que l’année dernière avec moins d’équipes qui se détachent ?
Plus homogène, oui. On le voit avec l’un des promus, Périgueux, qui est en train de surfer sur une vague magnifique, qui gagne face à des favoris assez aisément, avec un recrutement XXL. On voit aussi beaucoup de victoires à l’extérieur donc ça donne un tempo et un championnat qu’on ressent un peu plus homogène, tout le monde peut se battre à domicile comme à l’extérieur, on ne sent vraiment pas de gros, gros favoris.

Il y a quand même eu pas mal de changements du côté de Blagnac à l’intersaison en extra sportif avec de nouveaux co-présidents et un nouveau projet sportif mais aussi un nouveau manager. Comment est-ce que vous, les joueurs, avez vécu ça ?
Ça a été une fin de saison assez rocambolesque car ces changements n’avaient été ni prévus ni posés en début de saison. C’est vrai qu’il a fallu s’adapter, faire très, très vite pour se réajuster car c’est arrivé au moment de la demi-finale retour contre Dax et donc, ça n’a pas été facile à gérer en interne. Comme pour tout ce qui est fait précipitamment, il a fallu s’adapter mais je pense qu’on est vite retombé sur nos pattes avec un staff de confiance qui a été mis en place avec Fred Medves et une nouvelle hiérarchie, une nouvelle présidence que je connais très bien avec Luc Vignoles et Gaëtan Alengrin qui sont quand même issus du club. Certes, il y a eu des changements mais il y a quand même une continuité et une transition assez pérenne et douce au sein du club.

Quand on commence à être entraîné par un ex-coéquipier comme Fred Medves, on se dit que le temps passe ? Ça ne rajeunit pas tout ça ?
C’est clair (rires) ! Fred a joué jusqu’à presque 40 ans mais, c’est évident, le temps passe. On sait, en tous cas pour ma part, qu’il ne reste plus beaucoup, on regarde plus dans le rétro mais on ne se pose pas trop la question. Fred a toutes les qualités et on savait très bien qu’il allait coacher un jour et ça tombe bien, je m’entends très bien avec lui, je m’entendais déjà très bien avec lui sur le terrain et ça se passe aussi très bien avec la relation de manager qui est un peu différente mais c’est avec plaisir que j’ai à côtoyer Fred en tant que manager.

Comment est-ce que vous décrivez le premier bloc de Blagnac ? Mitigé peut-être ?
Mitigé, oui, car on avait des objectifs un petit plus hauts en termes comptable et de points que l’on n’a pas atteint et c’est vrai que quand on n’atteint pas ses objectifs comptables, on est un petit peu déçu. Après, il faut savoir qu’on avait quand même 3 déplacements à l’extérieur, que ce soit à Tarbes, Hyères-Carqueiranne La Crau ou Narbonne et d’avoir gagné à domicile avec le bonus offensif ainsi qu’à Hyères-Carqueiranne La Crau, ce qui nous sauve un peu notre bloc, nous soulage. On a maintenant affaire à un nouveau bloc et à nous d’aller chercher ces points perdus.

Est-ce qu’il y a des regrets sur ce match de Tarbes ? Vous les aviez largement battus en match amical et vous vous êtes pris les pieds dans le tapis 3 semaines après. Vous vous êtes peut-être vu un peu trop beau à Tarbes ou vous pensiez peut-être que c’était un peu trop facile ?
Je pense qu’il faut aussi souligner la performance de Tarbes qui a mis un plan de jeu qu’ils avaient très bien préparé, un plan de jeu qu’ils maîtrisaient à merveille et qui nous a vraiment mis dans la difficulté. On savait que ce ne serait pas facile, est-ce qu’on s’est vu un peu beaux ou est-ce que le match en amical était dans les têtes ? Peut-être aussi. On est un groupe très jeune donc ça nous a quand même servi en termes d’expérience et de vécu mais il était sûr qu’on y est allé pour gagner et on repart avec un bonus défensif inespéré. On n’a pas existé du match, on revient à la fin sur un essai assez chanceux d’Ugo Seunes mais ce match nous avait fait mal à la tête.

Maintenant, s’annonce un second bloc avec un plat de résistance en entrée : Carcassonne, ex-pensionnaire de Pro D2 et entraîné par un certain Éric Escribano. J’imagine que le match a été coché ?
Comme tous les matchs à domicile, pas plus Carcassonne qu’un autre. L’année dernière, on a été invaincus à domicile en phase régulière et c’est un leitmotiv à Blagnac, là, c’est Carca, invaincu avec un 4/4. Il est sûr que ça donne un supplément de motivation mais pas plus que ça, l’objectif est de gagner à domicile et de rester le plus longtemps possible invaincu. Ça tombe sur Carca et il faut taper Carca, tout simplement (rires).

Carcassonne a quand même un atout dans sa manche avec Éric Escribano qui connaît Blagnac sur le bout des doigts ?
Oui mais je peux te dire vice-versa, on connaît aussi très bien Éric Escribano (rires). On se connaît très bien mutuellement donc il est sûr qu’il y aura des similitudes, on se connaît par cœur, on s’est longtemps côtoyé, il connaît très bien notre fonctionnement, on connaît aussi très bien son management donc ça va être intéressant de voir Est-ce qu’on va sortir des petites touches secrètes, des petits trucs qui vont être peaufinés dans la semaine ? Non, ça va être sympa.

Quel est le mot d’ordre pour cette saison à Blagnac ?
Le mot d’ordre va être de créer un nouveau groupe. Avant toute chose, c’est quand même une histoire de mecs, on a été renouvelés à quasiment 50% donc il faut pouvoir créer ce groupe et cette homogénéité. C’est ce qui a fait notre force l’année dernière, c’est qu’au-delà du résultat, on était une bande d’amis, de potes tout au long de la saison donc ça va déjà être de créer ça. La victoire à Hyères-Carqueiranne La Crau nous a permis de trouver cette cohésion et s’il y a ça, ce sera essayer de faire comme l’année dernière au niveau comptable et sportif. Il ne faut pas se voiler la face, on va être attendus et essayer de faire un Top 6 serait magnifique. On sait que ça va être très, très dur et qu’on va être attendu partout mais en tous cas, essayer de trouver les mêmes émotions que l’année dernière serait génial.

Info ou intox : Simon Veyrac va ouvrir une boucherie chevaline ?
Je dirai info, ça se pourrait bien. Vu le gazier, il a tout pour que ça marche (rires).

Propos recueillis par Loïc Colombié

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