Du côté de la cité de Carcassonne à quelques heures du derby occitan face aux Caouecs du Blagnac Rugby, tout les voyants sont au vert avec 4 victoires en autant de rencontres. Arrivé au cœur de l’été en pays audois Éric Escribano découvre un club avec un fort ADN ainsi que le monde du professionnalisme pur et dur. Mais pour celui qui était il y a encore quelques mois le manager du Blagnac Rugby, cette 5eme journée de Nationale revêt une touche émotionnelle indéniable. De retour dans de club qu’il a participé à façonner, le coach gersois de lUSC va revoir défiler ce samedi soir un pan de sa carrière et de beaux souvenirs glanés tout au long de son mandat en haute Garonne.

Après un départ assez subit de Blagnac, Jean-Marc Aué t’a appelé pour relever le défi carcassonnais et tu as accepté. Qu’est-ce qui t’a amené à prendre cette décision ?
Ça s’est passé rapidement, une semaine après mon départ de Blagnac. On a échangé tout un week-end avec Jean-Marc sur le projet de jeu qu’il avait, sur les valeurs humaines que l’on partageait tous les deux et on s’est vite rapproché. Concernant le sportif, on est rapidement tombé d’accord tous les deux, Jean-Marc est quelqu’un de travailleur et on s’est vite reconnu dans ça tous les deux, avec de bonnes valeurs. Ensuite, j’ai eu la chance de rencontrer les deux présidents, Benoît Mestre et Nicolas Regnier, avec qui j’ai eu un échange et j’ai senti de vraies valeurs de reconstruction et de repartir avec les fondations solides qu’ils avaient de la Pro D2 pour essayer de remettre petit à petit le club à un bon niveau, de commencer déjà par une bonne année en Nationale et de voir ensuite ce qui se passait. Ce sont deux chefs d’entreprise qui sont dans la construction et qui sont surtout des gens qui ont réussi parce qu’ils ont d’abord mis le travail en avant.

Après six ans à Blagnac et une année exceptionnelle où vous êtes venus mourir à quelques minutes de la Pro D2, qu’est-ce qui t’a amené à quitter le club caouec ?
Il y a eu des changements, la démission de mon ami Benoit Trey, le président qui était là depuis 7 ans, Romain Fuertes a décidé de partir et moi, je n’étais plus en phase avec les nouveaux objectifs du nouveau comité directeur. J’ai donc préféré arrêter ma mission à Blagnac qui a été fantastique pendant 6 ans.

Est-ce que cette dernière saison a été la plus belle ou bien est-ce plutôt celle des demi-finales contre VRDR en Fédérale 1 ?
Les six saisons ont été fantastiques mais la dernière a été exceptionnelle pour le centenaire du club. On l’a amené très haut et je crois que c’est fabuleux pour un club, j’ai revu beaucoup d’anciens qui étaient présents sur tous nos matchs tout au long de la saison et les anciens sont revenus au stade avec beaucoup d’envie et de plaisir. C’est vrai que, deux ans avant, on avait fait une demi-finale qui avait aussi été magique donc je crois que c’est quelque chose qui a commencé il y a 6 ou 7 ans quand Christophe Deylaud a tout reconstruit. On lui doit une fière chandelle parce qu’il a réussi à reconstruire avec Benoît quand ce club de Blagnac était un peu sur la descente il y a 7 ans.

Quand tu es arrivé à Carcassonne, cela faisait quelques jours ou quelques semaines que le club venait de réussir à se sauver financièrement avec un élan de solidarité et un pack qui s’était fait autour de cette entité carcassonnaise. Est-ce que tu as ressenti cet esprit commando en arrivant à l’USC ?
J’ai ressenti que les gens s’étaient battus pour sauver le club. Je pense aux présidents qui se sont battus avec les actionnaires et tous les gens qui ont voulu aider ce club pour ne pas qu’il aille plus bas et on a vraiment senti un acte fort du club carcassonnais autour. On sent vraiment une ville qui est amoureuse de son club et qui a envie de retrouver le sourire par des victoires et pouvoir tranquillement échanger à la fin des matchs. C’est vrai que cette équipe n’avait pas eu beaucoup de victoires la saison d’avant et on voit des gens qui, tout simplement, retrouvent le sourire et ça fait du bien.

Quand tu entraînais à Blagnac, tu étais pluriactif, comme tes joueurs et tu avais un boulot à côté. Est-ce que maintenant, à Carcassonne, c’est 100% rugby ?
Oui, c’est 100% rugby. J’ai fait un choix dans ma carrière professionnelle pour être entraîneur à temps complet, j’ai la chance que mes deux filles soient stabilisées au niveau pro ce qui m’a permis de me lâcher et de tenter l’aventure.

Quel est l’objectif de Carcassonne cette saison ? Les 6 premières places et plus si affinités ?
Pour l’instant, on est dans la découverte de la Nationale pour beaucoup de joueurs qui ne connaissaient pas ce championnat. Moi, je le connais parfaitement mais on a dit qu’on ferait un premier point avec les joueurs après le dernier match du mois de Décembre c’est à dire contre Bourg-en-Bresse pour le premier match retour, on en sera à 14 matchs et là, on se donnera des objectifs. Les premiers mots depuis le début avec Jean-Marc et les présidents sont » travail, rigueur et humilité » mais surtout prendre du plaisir et on verra après comment ça se passe.

On voit que cette équipe a quand même du caractère car vous gagnez souvent les matchs au bout du bout du suspense, dans les dernières secondes ?
C’est preuve de caractère et j’ai l’impression par moment de retrouver mes anciens joueurs, il va falloir que mon cœur tienne. C’est vrai qu’on a du caractère, il y a des joueurs qui apportent de l’expérience et qui, je pense, sont de vrais leaders comme Romain Manchia, Etienne Herjean, Dede Ursache ou Raph Carbou et Pierre Aguillon qui sont vraiment 5 leaders dans le groupe et qui amènent cette âme et cet état d’esprit carcassonnais.

Vous allez à Blagnac ce samedi ce qui va être la séquence émotions pour toi personnellement ?
Oui, ça va être la séquence émotions parce-que je suis parti comme ça, par la petite porte, un mercredi soir. Je vais revenir dans ce stade qui m’a fait vivre de belles heures, où j’ai échangé avec de belles personnes, des moments de bonheur, de tristesse aussi, mais surtout de bonheur et de plaisir. Grâce à Benoît, j’avais retrouvé un club avec beaucoup d’amitié et d’honnêteté dans les rapports entre nous deux mais j’aurais plaisir à retrouver Romain Fuertes, mon ancien acolyte, Bruno Delpech, un dirigeant extraordinaire ainsi que Benjamin Daurau-Bedin, un ancien joueur devenu dirigeant que j’affectionne énormément.

On sait, et tu l’as vu l’année dernière avec Blagnac, que quand on fait un premier bon bloc suivi d’un second, ça fait souvent un capital points pour passer l’hiver et se diriger vers la qualif et les six premières places. Est-ce que tu corrobores un peu cette stratégie ?
Je corrobore mais la seule différence par rapport à l’année dernière est que ce championnat est un peu faussé puisqu’il y a beaucoup d’équipes qui reçoivent ou qui se déplacent. Je pense qu’à la fin de ce second bloc, on pourra faire le point car si on se met au classement britannique à ce jour, c’est Nice qui est premier et Blagnac second. Nous, on n’a joué qu’à la maison, à nous maintenant de voir ce qu’on est capable de faire à l’extérieur et on va voir l’état d’esprit de ce groupe à partir de ce 2e bloc.

Quel est l’objectif pour ce bloc ?
Comme je le disais, je vais découvrir ce groupe avec trois déplacements qui sont chez un demi-finaliste et un quart de finaliste, Bourgoin, Nice qui marche sur l’eau en début de saison donc trois déplacements très durs. On recevra ensuite Albi, demi-finaliste comme Blagnac l’année dernière, ce sont donc 4 gros matchs qui nous attendent et où je verrai vraiment les valeurs de mon groupe et son état d’esprit.

Un mot sur ton co-entraîneur Jean-Marc Aué ?
Jean-Marc est quelqu’un d’extraordinaire, l’échange est facile et surtout, on se retrouve sur les valeurs humaines. Je pense vraiment qu’on doit avoir des parents qui nous ont éduqués avec les mêmes valeurs de transparence, d’honnêteté et de franchise. Ça, c’est important, je les retrouve avec Jean-Marc et ça me fait du bien.

Merci et on te souhaite une belle saison dans la cité carcassonnaise
Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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