Nous sommes allés à la rencontre de l’ex talonneur de l’UBB et de Biarritz, Clément Renaud qui après avoir finit sa formation dans le monde pro a décidé de revenir dans son club formateur : le Stade Langonnais. A quelques heures de la rencontre face à Graulhet pour le compte de la 4 eme journée de Nationale 2 , ce pur produit de la formation girondine nous a évoqué le début de saison des champions de France de Fédérale1 2023.

On va dire que cette signature au Stade Langonnais cette saison est un retour aux sources ?
C’est effectivement un retour aux sources. Je suis resté au club de mon école de rugby jusqu’en minimes avant de partir à Bègles donc oui, retour à la maison.

Après avoir côtoyé le giron professionnel chez les espoirs de l’UBB puis les espoirs du Biarritz Olympique ainsi que l’équipe première, on replonge dans la pluriactivité. Cela ne doit quand même pas être simple de repasser dans ce cadre pluriactif ?
C’est complètement différent. Après, il faut dire que je ne suis pas comme les autres avec un travail à côté puisque j’ai continué mes études donc, au final, je reste un peu dans le même système que j’avais à Biarritz. C’est juste que ce n’est pas le monde professionnel mais le monde semi-pro.

Qu’est-ce qui t’a amené à faire le pas de retourner à Langon ?
J’ai connu des derniers mois de la saison passée assez compliqués de par l’épisode de rachat du club où j’étais en plein dedans. Comme tout le monde peut le savoir, la vente n’a pas eu lieu au dernier moment et du coup, je me suis retrouvé sans club. J’ai donc attendu et finalement, le Stade Langonnais m’a appelé, m’a dit de revenir ici et tout le monde était très content.

Quand on est un pur produit de la formation girondine, on a un poids de plus sur les épaules quand on porte un maillot du coin comme celui de Langon ?
C’est sûr que ça rajoute un peu de pression supplémentaire mais je suis très content d’avoir pu jouer en disant que je venais de Langon. J’ai toujours aimé porter le Stade Langonnais, c’est donc une légère pression mais surtout beaucoup de plaisir derrière.

Qu’est-ce que tu retiens de tes aventures à l’UBB et à Biarritz ?
J’en retiens que ça a beau être un métier, c’est avant tout une passion et donc qu’il faut vraiment prendre beaucoup de plaisir. C’est une alternance de hauts et de bas, une saison en pro passe tellement vite qu’il faut profiter.

On dit parfois que le monde professionnel est un monde impitoyable. Est-ce que tu le confirmes ?
Je pense que oui.

On va maintenant parler du Stade Langonnais et de sa saison passée. J’imagine que tu as suivi l’aventure du club et de son titre de champion de France de Fédérale 1 ?
J’ai fini la saison avec Biarritz le 5 Mai donc courant Mai et courant Juin, dès qu’il y avait un match à Comberlin, je faisais le déplacement et j’ai suivi de près les phases finales du club.

Le fait que Christophe Hamacek et l’un des mythiques frères Cabannes soient à la tête sportive du club t’a aidé dans ton choix de revenir à Langon ?
Par forcément mais ça ne m’a pas non plus mis de frein, bien au contraire. Ce sont deux personnes que je connaissais de vue et de par leurs parcours rugbystiques et le fait d’avoir eu pas mal de discussions avec eux avant que je ne confirme mon retour au club m’a conforté dans mon choix de revenir à la maison.

Quelle est la méthode Hamacek / Cabannes ?
C’est travailler fort mais sans se prendre la tête.

Quand vous avez débuté le championnat, vous aviez le statut de promu et vous êtes donc arrivés sur la pointe des pieds avant de faire un très beau début de saison avec deux victoires d’affilée, certes émaillée par la défaite à Salles. On peut dire que, pour un promu, vous avez rempli les objectifs du premier bloc ?
Oui, complètement. On sait qu’on est un promu mais nous, on n’aime ni voyager ni même jouer avec ce statut de promu. Pour nous, on mérite notre place en Nationale 2 donc si les autres nous voient comme promu et comme équipe plus faible … On est humble, on va avancer mais on est rempli de convictions sur le fait qu’on a notre place dans cette poule et on va faire du mieux possible.

Tu peux nous faire une analyse de ce premier bloc ?
Il y a eu une première réception contre Niort avec pas mal d’attentes car c’était la première à domicile mais aussi la première dans un championnat qu’on ne connaissait pas et la première après le titre de champion de France donc beaucoup d’attentes contre une équipe qui a quand même des ambitions dans ce championnat. On a relevé le défi, on a montré qu’on était à notre place donc on n’avait plus qu’à confirmer le week-end suivant contre Anglet. Ça a été un match avec deux équipes qui jouaient beaucoup au rugby, sous une forte chaleur, très forte chaleur même. Les deux matchs ont été complètement différents mais on a su prendre la victoire à la fin donc tant mieux. Il y a eu ce faux-pas où on s’est pris les pieds dans le tapis contre Salles, c’est arrivé une fois et on va faire en sorte que ce soit la dernière.

Quels sont les ingrédients qui vous ont manqué contre Salles pour continuer sur la dynamique ?
Je pense que le premier, c’est la discipline, on fait beaucoup, beaucoup de fautes. On n’a pas non plus réussi à avoir la main sur le ballon ni réussi à imposer notre jeu, chose qu’on avait faite sur les deux premiers matchs. Cette indiscipline nous a quand même causé du tort, on n’a jamais vraiment réussi à s’installer dans la rencontre, on a couru derrière le score toute la partie et dès qu’on revenait, nos fautes nous remettaient encore à distance sans oublier qu’on a également été bougé en conquête.

Ce week-end, déplacement à Graulhet, dans le Tarn face à une équipe qui alterne le chaud, le tiède et le très froid. Quel est ton regard sur cette équipe de Graulhet ?
Moi, je vois l’équipe de Graulhet comme une équipe solide, solide à domicile mais qui va surtout vouloir l’être à la maison. C’est un bon test pour nous, sachant qu’on vient de se prendre les pieds dans le tapis, donc on va voir si on a du caractère.

En plus, Graulhet est une équipe qui ressemble un peu à Langon, un petit poucet financier avec uniquement des pluriactifs. Sans avoir le même ADN, il y a quand même un peu la même sociologie ?
il est sûr qu’on ne va pas se déplacer chez un cador avec un budget annoncé conséquent mais ça ne veut absolument rien dire. Ça va être un match entre deux équipes familiales, car je pense que Graulhet est aussi un club familial avec beaucoup de valeurs, un peu comme nous et ça va être un beau match.

Saint-Jean de Luz a réussi à faire sauter la banque à Graulhet en mettant du jeu à outrance et en en développant beaucoup. Est-ce que c’est un axe à suivre ?
Je ne vais pas non plus vous dire toutes les consignes (rires) ! Oui, bien sûr, sachant qu’en plus, c’est ce que notre équipe aime faire, on aime envoyer du jeu donc si c’est un axe qui peut marcher contre eux, bien évidemment qu’on va essayer de mettre ça en place.

Quand on a Christophe Hamacek au téléphone, il nous parle souvent de rugby total, sa philosophie de jeu. Est-ce que tu corrobores ses propos ?
Oui, je suis complètement d’accord avec ça. Depuis que je joue au rugby, que ce soit à l’école de rugby à Langon ou à Bègles, c’était du jeu de mouvements, du jeu de mouvements, les 15 joueurs doivent être capables de jouer au rugby. On est dans une équipe avec vraiment un rugby ouvert mais ce n’est pas non plus n’importe quoi, on a quand même un cadre et on essaye d’y rester. Plus y a de passes, de mouvements et de déplacements, ça me convient tout à fait.

Merci, on te souhaite un bon match ce dimanche et une belle saison sous les couleurs du Stade Langonnais
Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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