L’AS Bedarrides Chateauneuf du Pape après une saison dernière ponctuée d’un 1/4 de finale de Nationale 2, va débuter ce nouvel exercice avec humilité et détermination tout en voulant confirmer ses résultats et son rang. Alors que ce dimanche, les vauclusiens accueillent en ouverture du championnat des Fleurantins qui ont fait un parcours copié-collé de l’ASBC, l’entraîneur principal du club provençal , Cédric Despalle nous a posé la feuille de route de cette nouvelle aventure dans cette interview de rentrée. Focus sur le rugby village made in bedarrides qui compte bien une fois de plus donner du fil à retordre à ses adversaires.

On dit que le plus dur n’est pas d’arriver en haut mais d’y rester. C’est un peu l’adage qui va être le cas à Bédarrides Châteauneuf du Pape ?
Nous, on est en haut de rien du tout, on repart à zéro. Il y a eu quelques changements cette année, des changements dans le staff, des changements dans les joueurs donc on repart avec énormément d’humilité. Le premier objectif est de jouer en Nationale 2 pour la saison 2024 / 2025.

Tu nous parles de changements dans le staff, Mosese Ratuvou repart en tant que joueur à 100¨% et Thierry Brana, qui lui était joueur à 100%, arrête pour rentrer dans le staff ?
C’est exact. Ça a été un passage naturel, Mose a commencé la saison comme entraîneur / joueur puis joueur / entraîneur et après joueur car on peut dire que, malgré son âge, il a plus que de très, très beaux restes et on a encore vu sur les matchs amicaux qu’il pouvait être performant. Il avait une grosse envie de rejouer, il faut qu’il en profite tant qu’il peut le faire, quant à Thierry Brana, il a eu quelques pépins physiques la saison dernière, il n’est plus tout jeune. Il faut quand même savoir que Thierry en tant qu’entraîneur, ce n’est pas une nouveauté, ça fait une dizaine d’années qu’il a le brevet d’état, il a passé le DE, il s’occupait de toute la filière jeune au club et régulièrement, quand il manquait un entraîneur au club, quand Mose était entraîneur 3/4, lui passait devant et avec Adil Achahbar, il prenait un peu les choses en main. C’est donc une suite logique des choses et pas une nouveauté.

Comment as-tu retrouvé ton groupe après l’épopée sportive que vous avez faite l’année dernière ? On sait que vous avez décompressé un petit peu pour finir cette année-là en Colombie mais il a fallu réenclencher trois semaines après et reprendre l’entraînement ?
Comme un peu dans tous les groupes, on a trouvé certains joueurs qui étaient très en forme, d’autres qui étaient toujours sur le quart de finale. Aujourd’hui, on n’en parle plus du tout, il faut passer à autre chose et se remettre en forme, certains joueurs sont arrivés très en forme et d’autres, pas du tout donc il y a eu un gros travail physique pour se remettre en forme. On s’est remis sérieusement au boulot.

Tu nous parles un peu du recrutement que tu as effectué pour » muscler » ce groupe ?
On a déjà eu une grosse stabilité dans le groupe car, sur les 26 / 27 joueurs qui ont fait les phases finales, il en reste 22 ou 23 donc pas mal de stabilité. En recrues, on a Damien Nevers qui arrive de Mâcon, qui est un pilier d’expérience et on a essayé de mêler ça avec un petit jeune comme Dylan Hoyeau qui arrive des espoirs de Narbonne donc un pilier d’expérience et un jeune pilier. Derrière, on cherchait des profils longilignes donc on a Loris Rossi qui nous rejoint de Beaune et qui a un peu le même profil que Kamil Bouregma pour nous mettre un peu plus de hauteur en touche. En recrues, on a aussi signé Tevi Cavubati, un 2e ligne fidjien mais qui, pour des problèmes de papiers, n’est toujours pas en France donc on a moins d’avis dessus même si on sait que c’est un joueur confirmé. Derrière, on a signé deux N°9 pour compenser les départs d’Hugo Berenger et de Lucas Delaye, Bastien Bourgier est arrivé blessé de Hyères Carquei, il est en phase de reprise et de rééducation mais on pense qu’il va revenir assez rapidement plus Yann Berthaud qui était passé par Nîmes il y a quelques années, ce sont de jeunes joueurs qui ont beaucoup d’envie et qui ont envie de prouver. Autre joueur d’expérience, Dries Swanepoel au centre du terrain avec quelques autres jeunes joueurs comme Dylan Hoyeau, Florian Desroches et Fares Boulkenafet. On a réussi à mélanger entre récupérer des joueurs d’expérience et des jeunes joueurs, c’est ce qu’on avait voulu faire l’an passé, la mayonnaise avait bien pris et ça avait donné des résultats et on espère que ça prendra aussi bien cette année.

Vous venez de faire deux matchs amicaux en pré-saison contre des équipes de Fédérale 1, le premier contre Agde et le second à la maison, dans un derby auquel vous n’aviez pas goûté depuis quelques années, contre Châteaurenard. J’imagine que des enseignements en ont été tirés et que ce derby contre Châteaurenard a permis de redonner un petit goût de phases régulières avant l’heure ?
Déjà, on était content de retrouver le public car on a quand même eu pas mal de monde, malgré la chaleur et les vacances, il y avait beaucoup de monde aux Verdeaux et ça, ça fait très plaisir. Il y a toujours des enseignements à tirer des matchs amicaux mais concernant le score et les résultats, on a surtout fait une grande revue d’effectif. On a vu beaucoup de joueurs différents sur les deux matchs, il faut arriver à remettre tout le monde en forme, trouver des automatismes et essayer d’avoir le moins de casse possible. Il y a des recrues qui nous ont donné entière satisfaction et concernant les jeunes joueurs, ces matchs amicaux permettent de faire une photo à l’instant T et de faire un bilan en leur disant » vous avez des qualités, vous avez joué avec nous mais maintenant, il vous manque ça, ça et ça pour progresser et être des joueurs de Nationale 2 à part entière « . Sur la nouveauté de cette année, on a créé le CEL donc on a de jeunes joueurs que l’on va continuer de développer, ils goûtent un peu à la Nationale 2 cette année pour qu’ils deviennent de vrais joueurs de Nationale 2 pour les années à venir. On parle souvent de l’équipe première mais il y a tout un projet club qui tient à cœur notamment à Gérard Bouche et à David Bellucci pour faire évoluer ces jeunes joueurs et réussir à alimenter un petit peu notre équipe première grâce à notre formation.

On va parler des adversaires que vous allez avoir cette saison. Ça a un peu changé car c’est quasiment la même poule mais, car il y a toujours un mais, il y a des équipes du sud-ouest qui sont arrivées comme Lannemezan, Valence d’Agen, Auch, Fleurance. Ce sont des équipes sur lesquelles vous n’avez pas trop de visu ?
On a rencontré Lannemezan l’an passé en match de barrage. Ça a été compliqué, on a vu une équipe avec de la densité qui est venue un peu pénible, je dirai un peu à la bédarridaise, une équipe de mecs qui ne lâchent rien avec un gros état d’esprit. Il y aura déjà le voyage car, si je ne me trompe pas, Lannemezan se situe sur un plateau et je pense qu’aller là-bas sera un voyage très compliqué. Fleurance et Auch sont des équipes que je connais un petit peu puisque j’ai eu la chance de passer deux supers saisons à Auch il y a 20 ans, ce sont toujours des coins très, très compliqués à manœuvrer sachant que, dans les 3 équipes que je viens de citer, Auch est 1/4 de finaliste ainsi que Fleurance tandis que Lannemezan est barragiste, ce sont donc 3 très belles équipes. J’ai moins de visu sur Valence d’Agen qui est un promu mais comme tout promu, il va se battre bec et ongles à la maison pour, a minima, arriver à se maintenir. C’est, je pense, une poule encore très compliquée et dense cette année.

Quel est le plus gros danger cette saison pour Bédarrides Châteauneuf du Pape ? L’ASBC lui-même ?
Oui, comme souvent. Dès qu’on met les bons ingrédients, on ne perd pas à la maison et on l’a vu l’an passé avec une seule défaite chez nous contre le Stade Métropolitain, par contre, dès qu’on oublie de les mettre, on se fait de suite sanctionner. On a pu voir aussi que quand on a vraiment une grosse envie à la maison, il y a des petites fiertés comme le quart de finale l’année dernière mais surtout d’avoir battu Périgueux à la maison qui, je crois, n’a aucune défaite hormis nous en 2023 et qui était vraiment l’équipe au-dessus du lot l’an passé. En revanche, dès qu’on tombe un peu dans nos travers, on sait qu’on peut vite se faire punir sachant qu’en face, il y a des équipes qui sont bien équipées et qui ont bien bossé. J’ai vu qu’il y avait un recrutement intéressant fait par pas mal d’équipes, les staffs ont moins bougé que la saison d’avant donc les équipes vont être prêtes plus rapidement que la saison dernière. On s’attend donc encore à un gros championnat qui va être très compliqué.

Sur le premier bloc, vous recevez deux fois dont Nîmes pour le derby lors de la 3e journée et vous allez à Dijon ?
On a déjà Fleurance pour le premier match, une équipe qui voyage bien car ils ont gagné leurs deux derniers matchs à l’extérieur de la saison dernière. Ils ont quand même gagné à La Seyne et gagner en terre varoise est toujours quelque chose de très compliqué. Derrière, ils perdent chez eux contre Saint-Jean de Luz mais ils vont gagner là-bas lors d’un 1/4 de finale retour qui, si je ne me trompe pas, se finit aux tirs au but. C’est donc une équipe qui voyage bien, on a vu lors des matchs de préparation qu’ils étaient allés gagner à Graulhet, on peut dire ce qu’on veut des matchs de préparation mais je pense que c’est un premier match qui va donner le ton de la saison. Il y a ensuite un déplacement à Dijon chez qui il y a eu beaucoup de changements tant dans le staff que dans les joueurs mais ça sera leur premier match à la maison, ils sortent d’une saison où ils auraient dû descendre sportivement mais où ils sont maintenus administrativement et ils feront tout pour gagner leur premier match à la maison pour donner le ton de la saison. Suivra un derby face à Nîmes, un derby qui reste toujours un derby face à Nîmes qui a quand même fini premier de poule l’an dernier, je pense qu’ils se sont fait surprendre par Vienne au match aller mais ils méritaient peut-être plus qu’un 1/4 de finale. On démarre donc la saison par deux 1/4 de finalistes à la maison dont un qui était premier de sa poule l’an passé et ça va donner le ton.

Comment fait-on à Bédarrides Châteauneuf du Pape pour inculquer en deux mois l’esprit village, qui est votre fondation et votre sociologie, aux recrues et à ces joueurs qui viennent d’arriver ? Est-ce qu’on les enferme deux jours dans le Brennus ?
Concernant l’état d’esprit village / clocher comme tu le dis, on essaye déjà de ne pas se tromper sur l’état d’esprit des joueurs. Il y a de bons joueurs, c’est facile d’en trouver à la vidéo mais on essaye de prendre beaucoup de renseignements sur l’état d’esprit des hommes car je préfère avoir un joueur moins bon qui a un super état d’esprit et qui est un bon mec comme on dit, qui est vraiment rugby. Il y a déjà ça et ensuite, en termes de moyens, on a notre petite salle à Châteauneuf, notre stade à Bédarrides avec ses qualités et ses défauts mais je pense que contre Châteaurenard, il n’y avait pas loin de 1 000 personnes au stade. Nous sommes deux petits villages mais dès le premier match, il y a beaucoup de monde qui vient et qui nous soutient, les gens avaient hâte de voir les nouveaux visages. Quant à ceux qui ne se fondent pas dans l’esprit de Bédarrides Châteauneuf du Pape, ils vont » s’auto-sortir » du groupe tout seuls. On a quand même des joueurs qui sont là depuis très longtemps, on a des historiques au club, tant dans les dirigeants que dans les joueurs, et pour le gars qui ne rentre pas dans le cadre, je fais confiance à certains joueurs et à certains dirigeants pour vite leur rappeler les valeurs du club.

On te remercie et on te souhaite une belle saison avec l’ASBC
Je te remercie.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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