#Rugby – Nationale 2 / Jérome Montbroussous et Renaud Martinet (Graulhet) : « Notre ligne de conduite : ambition, formation, plaisir!»

Deux nouveau visages sont arrivés à la tête du Sporting Club Graulhetois lors de l’intersaison. En effet Jérome Montbroussous et Renaud Martinet ont pris la suite de Pierre Jean Pauthe et Pierre Grand dans la plus pure tradition de transmission intergénérationnelle des rouges et noirs. L’occasion a quelques heures du début du championnat de Nationale 2, de faire un entretien croisé avec les deux nouveaux timoniers du stade Noël Pélissou.

 

Crédit photo SCG

 

Vous faîtes sûrement partie des plus jeunes présidents de France. Qu’est-ce qui vous a amené à prendre cette décision de relever le challenge de la présidence du Sporting Club Graulhetois ? 

 

RM : Je ne dirai pas que c’était une suite logique mais après être passé par toutes les catégories, il y avait une transmission qui était, je pense, nécessaire et bien pour le club. Les deux anciens présidents, Pierre-Jean Pauthe et Pierre Grand, nous avaient déjà sollicité il y a deux ans pour que l’on prenne un peu le relais et il était nécessaire que notre génération prenne le relais de ce qu’ont fait les anciens. C’est la suite des choses, on espère que la génération qui monte derrière nous fera un peu de même pour essayer d’assurer cette transmission et de faire perdurer ce qui se passe à Graulhet depuis déjà quelques dizaines d’années, voire même une centaine d’années. C’est une transmission qui s’est faite en bonne intelligence et suite à la saison dernière, c’était un peu la suite logique que l’on prenait cette année. 

 

JM : La petite différence pour moi, c’est que j’ai arrêté de jouer il y a un an et que ça a été assez vite de mon côté. Quand tu le fais bien entouré, et c’est vrai qu’on se partage bien les tâches avec Renaud, on est une bonne petite bande à s’organiser depuis un an autour de commissions diverses et ce qu’on répète souvent, c’est que dans toute association sportive, effectivement, il faut des présidents, des secrétaires et des trésoriers mais en tous cas, on essaye d’expliquer et d’avoir un management très participatif. Le club n’appartient à personne, il n’appartient pas aux présidents, qui sont nous aujourd’hui mais qui seront d’autres personnes demain, et on essaye d’expliquer notre ligne de conduite, de l’adapter ou de la changer en fonction des bonnes idées des uns et des autres. On essaye en tout cas d’avoir une philosophie différente de ce qu’il peut y avoir dans les autres clubs car le jeune âge fait que l’on est aussi bien pris par nos entreprises. C’est vrai que c’est une nouvelle organisation qu’on essaye de mettre en place avec encore beaucoup de travail et des améliorations à faire mais, comme le dit Renaud, je pense qu’il est aussi important dans la transmission que l’on fasse ce que nos aînés ont fait et qu’on continue à perpétuer un club comme Graulhet. 

 

Vous n’êtes pas encore quadragénaires et vous faites de votre jeunesse plus une force qu’un handicap en amenant de la fraîcheur ? 

 

RM : Il y a des forces et des handicaps, c’est un équilibre entre tout. On n’est pas seuls et c’est surtout ça qui est important, les anciens sont restés avec nous et sont très proches de nous, j’étais encore avec Pierre Grand qui m’apporte ses conseils. On a d’autres personnes comme Pierre Cathalau, l’ancien président, qui est encore avec nous lui aussi et qui nous suit avec qui j’ai des conversations. Bien sûr que l’on apporte un dynamisme de par notre jeunesse et pour le reste, on se sert toujours de la maturité des plus anciens, il y a aussi des gens encore plus jeunes que nous qui nous amènent leurs idées. C’est un équilibre entre tout et je crois que cette année, et même que ça fait deux ans, qu’il y a un équilibre intéressant au niveau de la direction du Sporting qui va de 25 à 70 ans pour les dirigeants. Comme l’a dit Jérôme, tout le monde amène sa pierre à l’édifice, tout le monde nous donne son idée et nous, on amènera notre envie, notre dynamisme mais aussi notre rigueur car je crois qu’il en faut pour gérer un club et que celui-ci se comporte du mieux possible. Avec Jérôme, on a deux caractères différents ce qui fait aussi notre équilibre et c’est donc très bien que l’on soit là pour veiller à ce que l’institution perdure et qu’on continue à faire avancer le club. Il n’y aura pas de patte particulière ou de patte spéciale Martinet / Montbroussous, je ne crois pas. 

 

JM : Je ne pense pas que ce soit une patte. On a sorti les mots clés sur le projet sur trois ans et il y en a 3 qui sont formation, ambition et plaisir. Concernant l’ambition, il n’y a pas que l’équipe première mais on a envie de voir des équipes de Graulhet se qualifier, on l’a vu l’année dernière avec les cadets mais pourquoi pas cette année avec les juniors ? Sur les espoirs, on a mis beaucoup d’envie sur la préparation de cette catégorie et ne parlons pas du projet d’être très ambitieux pour l’école de rugby, tant au niveau du nombre que de la formation des éducateurs. Voilà pour l’ambition quant au plaisir, je pense que même sur notre niveau, on met parfois trop d’importance sur les résultats, ils sont bien sûr ultra importants mais il y a le plaisir de jouer au rugby, de se retrouver autant pour les dirigeants que pour les joueurs que pour les éducateurs, je pense que le rugby doit être une fête et quelque chose d’important pour une ville comme Graulhet. Pour la formation, je pense que ce n’est pas une patte car tous les clubs essayent de le faire, de former des jeunes et de les voir éclore et là, nous avons vraiment essayé de mettre les moyens dans un nouveau club-house et dans des mini-bus. C’est vraiment essayer d’attirer les jeunes et de les amener en équipe première à Graulhet voire plus haut dans d’autres clubs, s’ils peuvent aller un jour à Albi, Castres, au niveau au-dessus et bien, tant mieux ! Ce n’est donc pas une patte mais plus des mots clés et ça nous sert de vision pour qu’on ne sorte pas de cette ligne de conduite  » ambition, formation, plaisir « .

 

Quelles sont les ambitions à moyen terme ainsi que pour cette saison ?

 

RM : On n’a pas caché les ambitions, la priorité est de stabiliser le club dans cette division, c’est très clair. On a pu entendre tout et n’importe quoi sur les ambitions de Graulhet après le recrutement mais les ambitions sont de stabiliser et de renforcer le club dans cette Nationale 2 pour l’équipe première. On parle souvent toujours, toujours de l’équipe première mais pour nous, l’ambition est pour un tout un club, bien sûr que l’équipe première est la vitrine, que c’est l’équipe phare et que c’est elle qui, j’ai envie de dire, mène la danse. Notre ambition est de structurer tout le club, que les espoirs aient un niveau acceptable qui permettent aussi à des espoirs de pouvoir éclore en équipe première sur les prochaines années, même chose pour les juniors, les cadets et toute l’école de rugby. Comme le disait Jérôme tout à l’heure, c’est un projet de club et c’est avant tout ça l’ambition, quant à l’ambition sportive de la première, c’est de se maintenir dans cette Nationale 2 et qu’on s’y installe durablement. Tout ce qui sera à prendre sera pris, l’appétit vient en mangeant mais pour le moment, c’est se stabiliser dans cette division-là. 

 

JM : On est vraiment d’accord sur ça. Pour la première, c’est se maintenir le plus vite possible et pour le reste, comme on l’a dit aux joueurs et aux coaches, c’est vraiment eux qui profiteront. Une année et une carrière passent vite, on n’était pas loin l’année dernière mais tu joues le maintien donc, cette année, et pour nous en tous cas, on a envie de continuer à franchir les étapes petit à petit. Avant de dire haut et fort que l’on joue la qualif, je pense qu’il faudra quand même faire une, deux voire trois belles saisons en Nationale 2 pour montrer que ça ne perd pas à Graulhet et qu’on est capable d’aligner une équipe pour aller gagner ou prendre des points à l’extérieur. Pour l’équipe première, c’est vraiment y aller petit à petit car, comme tu l’as vu, on a changé plus de 50% de l’effectif donc c’est dur d’avoir de l’ambition tant que tu n’as pas de stabilité. On a une stabilité des coaches qui est ultra importante et maintenant, si on arrive à avoir sur 2 / 3 ans une stabilité de l’équipe première, en connaissant très bien les joueurs et en ayant une osmose entre eux, on peut effectivement se permettre de se dire  » cette année, on est prêt pour jouer autre chose que le maintien « . Là, pour l’instant, au vu de tous les changements, c’est trop complexe et, en tous cas, ça serait un manque d’humilité que de vouloir jouer les premiers rôles de la Nationale 2 en un an. Comme l’a dit Renaud, c’est le projet sportif global qui nous intéresse, de voir évoluer des jeunes tant techniquement que dans l’extra-sportif, de voir des jeunes se régaler dans le rugby à Graulhet. 

 

Un projet sportif global pas uniquement axé sur l’équipe première mais un projet de club puisque vous êtes en train de faire de nouveaux bureaux, un club-house qui va sortir de terre ainsi que plein d’autres projets ? 

 

RM : Ce n’est pas un club-house mais des bureaux administratifs avec un club-house à l’intérieur. Il y a 250m2 de bureaux dédiés à l’organisation générale du club mais surtout au centre d’entraînement et donc axés sur la formation, sur les jeunes y compris les jeunes de tout le bassin avec des interventions dans les écoles, les collèges et les lycées ainsi que des actions menées. On aura quand même 5 personnes au club pour s’occuper du développement du rugby sur tout le bassin. Ce sont des infrastructures qui étaient indispensables pour pouvoir évoluer à ce niveau et pouvoir être en accord avec ce qu’on veut mettre en place car c’est bien de le dire mais il faut le mettre en place et surtout avoir les outils pour qu’on puisse le réaliser. Il y a donc ça mais aussi des minibus qui ont été achetés par le club pour pouvoir aller chercher les jeunes qui sont un peu retirés en campagne et quand les parents ne pourront pas les emmener, ce ne sera pas un frein pour intégrer les écoles de rugby ni les cadets ni les juniors puisqu’il y aura quand même deux bus avec deux ramassages par semaine, les mercredis et les vendredis, pour pouvoir accompagner les jeunes à l’entraînement et les ramener chez eux après. Tout ça sont des organisations et des investissements qui sont hyper importants car pour ramener des gamins à 21h après l’entraînement du mercredi, il faut des conducteurs de minibus, le matériel et l’organisation. Ce n’est pas juste le dire, la mise en place est assez importante et assez lourde mais tout ça a été mené et on continue sur le développement. Il y aura ensuite un lieu de réception qui est aussi en train de sortir de terre, on est en train de se structurer pour avoir les outils afin de pouvoir répondre à toutes les exigences de ce niveau. 

 

JM : Je ne vais pas redire tout ce qu’il a dit car c’est ça en fonction des diverses commissions. C’est pour ça qu’on aime bien ce système car chaque commission est indépendante et peut se permettre d’aborder le projet sur 3 ans. La commission communication, par exemple, a plein de nouveaux projets qui vont sortir de terre et qui sont vraiment très, très sympas, tu connais Gérard Durand, Richard Malié et tous ces gens qui ont plein d’idées à la minute donc ça va nous permettre d’évoluer. Ce qui m’intéresse aussi, c’est la commission médicale qui s’est vachement développée, on aura un suivi des joueurs qui se rapproche de ce qui se fait en pros avec des tableaux excel. On essaie d’augmenter chaque commission petit à petit, il y a bien sûr des chiffres en face à chaque fois ce qui veut dire qu’on ne peut pas tout faire dès la première année et c’est pour cela que l’on va essayer d’amener des nouveautés dans chaque commission. La grosse nouveauté cette année est effectivement ce centre d’entraînement qui est ultra important et ensuite, mettre l’arbitrage, la seule chose qu’on a rajouté au sportif, en plein milieu de notre éducation et dans toutes les sections. L’arbitre est quelqu’un de très important dans le rugby, tous les entraîneurs ni tous les joueurs ne connaissent malheureusement pas les règles, on s’en rend compte et, en tous cas, c’est remettre au centre certaines choses qui nous semblent indispensables. 

 

Comment est-ce que vous rêvez le Sporting Club Graulhetois de demain, dans 3, 4 ou 5 ans ? 

 

RM : On le rêve hyper structuré, pas basé autour d’une seule, de deux ou de trois personnes. On a souvent tendance à le dire mais on est là que de passage donc on le rêve hyper structuré à tous les niveaux, c’est vraiment le maître mot et, en tous cas, c’est ce qui nous anime, que ce soit cadré de l’école de rugby à l’équipe première, rigoureux et qu’il y ait les outils pour pouvoir évoluer et continuer à le faire avancer. On travaille beaucoup pour ça, si demain on avait une grosse somme d’argent, comme on peut le voir sur d’autres clubs, à mettre pour pouvoir évoluer dans une division supérieure, ça ne serait pas forcément le but. Le but est d’arriver à structurer des U6 jusqu’aux espoirs, avoir un club avec tout ce qu’il faut pour que tout le monde prenne du plaisir et puisse atteindre les objectifs et les ambitions que chaque catégorie aura. Bien sûr qu’il faut que l’on continue à avancer dans notre commercial et dans notre commerce, dans notre communication et dans tout ça pour qu’on puisse avoir les moyens d’avoir une équipe à ce niveau-là mais on le rêve surtout super structuré pour qu’il ne repose pas sur une ou deux personnes ce qui est le gros travail que l’on fait tous les jours. 

 

JM : C’est ça, on est encore tout à fait d’accord. Ce qui nous intéresse, c’est de structurer le club, ce n’est pas parce-que moi ou Renaud pourrions arrêter dans un ou deux ans pour faire une petite pause d’un an pour quelque raison que tout doit tomber, il doit y avoir un système de transmission. Par exemple, le gros plaisir que j’ai moi, c’est d’avoir dans le staff des juniors et Falefa Lagikula, deux anciens joueurs qui sont venus entraîner et je pense que c’est ça la force de Graulhet. On le voit même avec des clubs de Top 14 qui arrivent avec cette transmission à attirer des joueurs qui arrêtent leurs carrières, c’est signe d’un club qui donne envie, qui transmet et avec beaucoup de plaisir, tu enlèves les crampons parce-que tu as l’âge mais tu deviens éducateur ou dirigeant, tu vas tenir la buvette le dimanche après les matchs. Je pense que si on a cette structuration et cette transmission et que les gens ne se sentent pas bloqués par quoi que ce soit pour venir au club de Graulhet et qu’ils viennent y passer du temps par plaisir, on aura été très heureux d’amener ça. La mission sportive viendra après, tu connais le rugby, c’est très long, retrouver la technique individuelle dès les tout petits jusqu’en espoirs, ça prendra du temps et si un jour, dans 4 ou 5 ans, on a ça, on pourra peut-être ressembler à des clubs comme Auch où les juniors sont champions de France. C’est un objectif qui serait génial, d’avoir des équipes jeunes qui fassent les championnats de France permettrait en tous cas d’avoir une vision beaucoup plus sympa pour les équipes seniors car tu as des jeunes qui éclosent et qui vont t’amener une plus-value en équipe senior. C’est tout ça, vraiment tout structurer et être très ambitieux mais prendre le temps, surtout ne pas être pressé car, il y a quelques années, on ne pouvait pas deviner qu’on serait en Nationale 2 puisque c’étaient des niveaux qui n’existaient pas. On ne peut donc pas connaître l’évolution du rugby qu’il peut y avoir dans quelques années. 

 

Merci et on vous souhaite une belle saison à la tête du Sporting Club Graulhetois

Propos recueillis par Loïc Colombié

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