#Rugby – Nationale / Philippe Buffevant (Vienne) : «Il va falloir que l’on gagne entre 4 & 8 matchs au minimum pour pouvoir se maintenir!»

A quelques jours du départ de la Nationale (face à Blagnac), on va faire un tour chez l’un des promus dans cette division, dans l’Isère, avec l’entraîneur du CS Vienne : Philippe Buffevant. Les « Drapiers » après une épopée sportive les ayants poussée jusqu’en finale de championnat de france Nationale 2, vont découvrir cette nouvelle division avec le statut de petit Poucet financier (1,9 millions) mais compte bien vivre pleinement cette nouvelle aventure. Le coach des vice Champions de France 2023 de N2, nos a donc fixé la feuille de route du CSV.

Crédit photo CS Vienne

 

L’année dernière, il y a eu une épopée sportive magnifique où vous avez fait un finish à couper le souffle qui vous a donné le droit d’accéder à cette Nationale. On revient un peu sur cette aventure qui a été un moment fondateur du club ? 

 

Il y a eu 8 semaines un peu de folie avec beaucoup de préparation et de travail en amont au moment de rentrer dans les phases finales et avec ce match à Niort qui a été un déclencheur pour faire une aventure humaine et sportive exceptionnelle qui nous a menés jusqu’en finale. Des joueurs transcendés, un club qui s’est mué en supporter, une ville qui nous a suivi, c’était vraiment quelque chose d’assez exceptionnelle à vivre, c’était plutôt bien mais maintenant, sans oublier ce qu’il s’est passé, on est obligé de se tourner vers l’avenir. 

 

Pour boucler les questions sur l’année passée, on se souvient qu’au cœur de l’automne, quand vous étiez venus à Graulhet, vous n’étiez pas au mieux. Qu’est-ce qui s’est passé ensuite pour que vous redressiez la barre jusqu’à arracher la qualif pour aller en finale suivie de la montée ? 

 

C’est vrai qu’on prend une belle branlée à Graulhet, 34 à 6 mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’il y avait 13 à 6 à la 55e, qu’on était dans le match et que le banc de Graulhet avait fait le reste. On a pris conscience, les joueurs ont continué à travailler et, petit à petit, ils ont assimilé le projet de jeu, le groupe s’est construit, car on avait eu pas mal de cadres qui étaient sortis l’année d’avant. La jeunesse s’est mêlée aux deux / trois cadres et, comme on dit, les mecs ont pris le manche jusqu’à se qualifier. On aurait pu finir seconds et on finit 5es, les mecs ont vraiment tout assimilé, on ne va pas parler de chance mais les étoiles étaient vraiment bien alignées pendant les phases finales. 

 

Quand vous avez acquis cette montée, j’imagine qu’il y a dû y avoir un grand débat dans les vestiaires en mode  » on accepte ou on n’accepte pas la montée « . Qu’est-ce qui s’est dit dans ce vestiaire ?

 

On a très vite questionné les joueurs pour savoir ce qu’ils voulaient faire et, à quasi l’unanimité, ils voulaient y aller. Yann Arnaud, le président, a forcément pesé le pour et le contre mais les joueurs, eux, voulaient tenter cette expérience. Ils avaient acquis cette montée sur le terrain et, quand tu es joueur, tu as envie d’aller te frotter à ce qui se fait de mieux et, pour l’instant, ce qui se fait de mieux pour eux, c’est la Nationale. Pour eux, il ne fallait même pas réfléchir. 

 

Et puis, j’imagine qu’il y avait les supporters qui poussaient derrière pour aller le plus haut possible ? 

 

Tu as les supporters, la ville, tout le monde parce-que tu gagnes en visibilité, que tu vas faire venir à Etcheberry des clubs comme Bourgoin pour un super derby, Bourg, Albi qui a fait du Top 14. Tu as des clubs historiques qui vont venir sur Vienne donc les gens sont plutôt curieux et puis, le public s’est vraiment identifié à cette équipe qui avait de grosses, grosses valeurs humaines. 

 

Qu’est-ce qu’on se dit à la reprise de l’entraînement après toutes ces émotions, ces sarabandes d’émotions ? Quand tu as retrouvé tes gars, tu leur as dit  » ça y est, maintenant, on y est et on fonce au boulot  » ? 

 

Le mois de Juillet a été dur physiquement, on a énormément travaillé le foncier car tout va plus vite en Nationale. On a travaillé très, très dur en se disant  » on n’oublie pas ce qu’on a vécu car c’est écrit mais par contre, on ne peut pas rester là-dessus  » donc il faut basculer très vite. 

 

L’été a aussi dû être assez ardu pour toi puisqu’il a fallu recruter pour muscler un peu cet effectif ? 

 

Oui, quand les joueurs étaient en vacances au mois de Juin, nous, staff, on a énormément bossé avec Yann pour pouvoir renforcer ce groupe. Il y avait déjà 28 joueurs qui étaient sous contrat qui avaient donné leur accord pour continuer mais on s’est vraiment attelé à trouver des joueurs d’expérience pour pouvoir exister. Par contre, attention, on a toujours notre modèle pluriactif et on ne voulait pas y déroger donc il fallait trouver des joueurs d’expérience qui voulaient entrer dans ce modèle, ce qui n’a pas été facile mais c’est toujours plus simple quand tu joues en Nationale car les joueurs te regardent autrement. 

 

On va revenir sur la préparation et sur les matchs de présaison. Qu’est-ce que tu en retires ? 

 

Les matchs de présaison sont toujours assez particuliers car tu as envie de voir un petit peu tout le boulot qui a été fait et qui a été digéré mais derrière, tu as toujours ce travail physique qui est fait donc avec des joueurs fatigués. Tu fais aussi des tests dans tes compositions d’équipe donc tu ne sais jamais exactement comment ça se passe. Moi, j’en retire qu’il y a du boulot et qu’on sait que ça va être dur, qu’il y a des choses sur lesquelles on ne pourra pas transiger comme l’état d’esprit de l’équipe mais après, il n’y a que la vérité du championnat qui compte. On ne fait pas un dernier match amical transcendant, on fait 25 / 30 premières minutes très, très sérieuses et beaucoup de maladresses ensuite, 17 ballons perdus. Dans un match de préparation, tu veux toujours te montrer et faire des choses donc, des fois ça marche et des fois, ça ne marche pas, il y a des enseignements mais il ne faut pas non plus ne s’attacher qu’à ça. 

 

Pour un début en Nationale, c’est un premier bloc pied au plancher avec Albi, Nice, Blagnac, Bourgoin. Ça va quand même être du copieux ? 

 

Le tirage au sort fait qu’on a trois matchs à la maison mais sur ces trois matchs, tu te chopes un 1/2 finaliste chez lui, deux barragistes que sont Bourgoin et Albi et Nice qui affiche ses ambitions. En même temps, on s’attend à avoir des gros matchs tous les week-ends donc il fallait bien commencer par certaines rencontres mais oui, le premier bloc s’annonce assez fort. 

 

On imagine bien que l’objectif premier de Vienne est le maintien. Quelle va être la recette pour essayer de l’acquérir le plus rapidement possible ? 

 

Je ne sais pas s’il y a une recette ou une recette miracle mais en tous cas, ce qui est sûr, c’est qu’on sait qu’il va falloir que le groupe soit cohésif, qu’on s’entende tout au long de la saison car on sait que tous les matchs vont être compliqués. L’année dernière, l’access-match était à 4 victoires, le 12e à 8 donc il va falloir que l’on gagne entre 4 & 8 matchs au minimum pour pouvoir se maintenir. Ce sera donc l’état d’esprit, jouer au rugby car il ne va pas falloir se défausser pour essayer d’exister.

 

Est-ce que le fait d’être le petit poucet budgétaire est un levier que tu vas activer ? 

 

Tu ne peux pas dire toute l’année que tu es le petit poucet et que les mecs ne te respectent pas. Tu fais avec des armes et nous, on a des armes qui sont ce côté familial du club qui a toujours existé à Vienne, c’est une réalité. Si tu ne te cales qu’au budget, souvent, tu ne jouerais pas et je pense que c’est comme ça dans tous les sports, regardez Dax l’année dernière en Nationale qui était loin d’être le plus gros budget et qui a réussi à monter. Le budget est un critère pour voir la valeur de l’équipe mais en aucun cas une assurance d’être très bon sportivement. 

 

Quels sont l’état d’esprit, l’ADN et la philosophie de ce club de Vienne en quelques mots ? 

 

C’est un club convivial avec un état d’esprit hors pair et qui va vraiment tout le temps au combat. Rien n’est jamais acquis et n’a été acquis par ce club-là, ça s’est toujours forgé à force de caractère, de travail mais aussi de folie je dirai, parce qu’il faut toujours un grain de folie et qu’à chaque fois que le club a franchi un palier, il y avait des groupes exceptionnels mais avec un peu de folie. Il va donc falloir mettre un peu de folie pour pouvoir exister.

 

Merci et on souhaite une très belle première saison au CS Vienne en Nationale 

 

Merci. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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