#Rugby – Espoirs / Michael Abejean (Albi) : «Le meilleur recrutement, ce sont les garçons que l’on garde!»

Mickaël Abejan, le manager des espoirs du Sporting Club Albigeois, nous a accordé un entretien pour faire un point à l’aube de la saison, quelques minutes après le match / opposition face à l’équipe première du SCA. Celui qui a gravit tou les échelons au sein de l’antichambre de l’équipe fanion nous a dressé le bilan de la saison passée tout en évoquant la restructuration du staff pour cet exercice, les objectifs et aussi le contexte du club, sans oublier de poser sa vision sur la formation jaune et noire.

On va un peu faire le bilan de l’intersaison ainsi que la projection de la nouvelle saison qui va commencer et ce, un peu plus tardivement que d’habitude ?

 

Oui, elle va démarrer plus tardivement que d’habitude par rapport au calendrier de la Coupe du Monde. On a une date de reprise du championnat à mi-Novembre, on a repris le 10 Juillet sur un format vraiment physique pendant 3 semaines et on est rentré à proprement parler dans le rugby à partir de la mi-Août. Ça fait aujourd’hui une semaine qu’on est vraiment rentré sur le projet, le groupe n’a pas vraiment été retouché, on avait vraiment une ossature que l’on avait rajeunie l’année dernière et l’idée était d’aller chercher des petites plus-values qu’il nous manquait un petit peu sur certains postes, combler un peu les carences que l’on pouvait avoir. On a fait un recrutement plutôt malin, le groupe vit bien et c’est de bon augure pour la suite. 

 

Avec cette date de reprise au 12 Novembre, comment fait-on pour garder les joueurs sous cocotte pendant 4 mois ? 

 

C’est un format plutôt nouveau que nous, nous n’avions jamais connu jusqu’à présent. Ce qui est important, c’est vraiment de varier les semaines de travail de façon à, justement, garder de l’éveil. En fait, on a pris le parti de casser un peu la routine en proposant des contenus différents comme le CrossFit, on va partir en stage dans les Pyrénées pendant 2 jours où on ne va vraiment pas parler de rugby, ça va être beaucoup plus ludique avec des jeux de piste, des randos et autres. On a prévu 2 oppositions sur les mois de Septembre et Octobre, une qui est validée contre Tarbes et Dax qui reste à définir mais ça sera ici ou là-bas. Notre volonté est de pouvoir travailler 3 semaines et de valider notre travail lors de matchs de préparation, d’ajuster les réglages, de repartir sur un bloc de travail et de valider ainsi. 

 

Le staff a aussi été relifté ? 

 

Pas lifté mais vraiment botoxé, on va dire. L’année dernière, on a fini la saison sportive à deux avec Guillaume Vedel, dû aux départs de l’intersaison précédente. Si on voulait faire de la performance, on ne peut pas tout faire et tout bien faire donc c’était la volonté du club ainsi que la mienne, j’avais conditionné mon fait de rester à ça, de pouvoir étoffer ce staff et avoir vraiment des spécialistes sur des domaines. Yohan Chateaureynaud nous a rejoint sur la partie des 3/4, c’est un emblématique du club qui a une vraie culture de club, une expérience, une expertise et qui passe très bien dans son discours. On a aussi choisi de valoriser et de faire monter Jean-Michel Ricard devant, ça fait 10 ans qu’il intervient dans la formation donc c’était important d’aussi lui mettre le pied à l’étrier. Pierre Roussel, qui arrive sur la fin, est dans son année de DE donc il nous file un coup de main sur la touche, Guillaume va vraiment se spécialiser sur la préparation physique. Aujourd’hui, tout est sectorisé et mon travail à moi est vraiment de faire monter ce staff en compétences et ma première équipe, c’est eux. 

 

Quel est l’objectif pour cette saison ? 

 

L’objectif est de faire toujours mieux, l’année dernière, on fait une demi-finale contre Bourg-en-Bresse donc l’idée est de faire mieux. Faire mieux, ce serait se qualifier sur les play-offs dans un championnat d’accession qui comporte la quasi-totalité des équipes de Pro D2 et de Nationale. On l’a vu sur les budgets, autant on est dans le noyau de tête sur la SA, autant sur l’association et le budget dédié à la formation, on est vraiment dans le fond du tableau donc c’est difficile. Malgré tout, le centre de performance nous permet de regagner en attractivité, c’est toujours plus simple quand on fait visiter un garçon de lui présenter ces structures-là, ça a vraiment un vrai poids au moment de la décision, par le passé, quand le mec venait chez nous puis à Nevers juste après, on n’existait pas. Le format a été remodelé, l’an dernier, c’était les trois premiers qui se qualifiaient en play-off alors que cette année, ce ne sont que les deux premiers. C’est donc un format ramassé car moins de plages de coupure et des blocs de matchs plus denses donc ça va se rapprocher de ce que les garçons peuvent connaître en Nationale 2 et en Nationale 1 avec des blocs de 4 ou 5 matchs. Ce sera du coup très formateur. 

 

On va revenir sur le centre de performance. Pour vous, en tant que staff, c’est quand même un excellent outil ? 

 

Bien sûr ! Clairement, tout a été pensé de la meilleure des manières, ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est qu’on al la possibilité de faire de la muscu, de la prévention kiné et de le transposer directement sur le terrain. Quand on pense qu’il y a 6 mois, un espoir à Albi s’entraînait peut-être deux fois par semaine à la muscu là où tous les autres clubs s’entraînent tous les jours ou ont des séances quotidiennes donc, bien évidemment, quand tu es en cours de développement mais aussi pour la prévention des blessures, il est essentiel d’avoir un outil comme celui-là. L’organisation qui a été trouvée, notamment par Mathieu, pour qu’on puisse aussi en profiter et en bénéficier, a été super bien et ça tire tout le monde vers le haut. 

 

On ne va pas se le cacher, les espoirs restent aussi un pourvoyeur pour l’équipe première ?

 

Exactement. Je pense que si on prend les dernières années, on a deux objectifs, le premier est vraiment la formation puis de pouvoir alimenter l’équipe première avec des joueurs du cru. Sur des années lointaines, il y a eu des garçons comme Martin Doan, Vincent Calas, Arthur Castant, sur un passé proche, on a des Charles Fourès, Titouan Pouzoulic ou Théo Vidal et là, on a Gabriel Aviragnet qui a montré le bout de son nez en fin d’année dernière et qui a vraiment toutes les possibilités pour confirmer. On a aussi le petit Alexandre Favretto qui nous a rejoint l’an dernier en provenance de Tarbes, qui a fait une belle saison et qui s’est gagné toute la prépa avec  » les grands « . L’idée est toujours la même, c’est d’avoir tous les ans la capacité à former entre 2 et 5 joueurs de façon à générer de l’attractivité et à montrer qu’Albi est un club formateur. De plus, il ne faut pas se voiler la face, on n’a pas la capacité au niveau économique d’aller chercher des joueurs confirmés et de les payer à prix d’or donc le meilleur recrutement, ce sont les garçons que l’on garde. Du coup, autant les former, mettre de l’argent dans la compétence et les structures, c’est ce qu’on a fait et le club travaille dans la bonne direction.

 

Quel sera le mot d’ordre pour cette saison ? 

 

De prendre du plaisir, de ne rien regretter, de s’envoyer et surtout, d’essayer d’aller au bout de nous-mêmes et de vraiment exploiter tout ce qui pourra être exploitable sans regret.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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