#Rugby – Nationale / Henry-Guillaume Gueydan (Bourgoin) : «Ça fait des années que l’on prépare la montée donc c’est d’autant plus clairement affiché cette année!»

Focus sur la Nationale et sur l’un des clubs qui va tenter de monter en Pro D2 à savoir le CSBJ avec son président, Henri-Guillaume Gueydan. Les Berjalliens avec le plus gros budget du championnat sont désignés par les suiveurs comme favoris et désormais ils assument pleinement ce statut. L’homme fort du rugby à Bourgoin Jallieu nous a exposé ses ambitions pour l’avenir tout comme le développement du projet sportif autour de Pascal Papé ou encore les sujets d’actualité qui émaille la division. Rencontre avec un club en constante progression qui regarde fermement vers les étages supérieurs.

 

Cette année, le CSBJ affirme haut et fort ses ambitions, c’est la montée, l’accession en Pro D2 ?

 

Oui, ça fait des années que l’on prépare ça donc c’est d’autant plus clairement affiché cette année.

 

On peut dire que l’année dernière, il y avait peut-être un espace pour gagner un an sur cet objectif car vous êtes allés si près si loin de cette accession avec ce match contre Blagnac qui peut laisser des regrets puisque vous étiez dans les clous à la mi-temps ? 

 

Certes mais c’était un peu à l’image de notre saison. On a parfois eu des trous d’air avec une bonne première et une deuxième très mauvaise et ça a malheureusement reflété notre saison. 

 

Pour finaliser ce projet qui est sur du long terme, puisque ça fait maintenant 5 ans que tu es à la tête du CSBJ, de monter en Pro D2, on a vu que vous aviez aussi étoffer le staff, du fait du départ de Sébastien Tillous-Bordes mais pas que. Il y a également pas mal d’anciens berjalliens qui sont venus en tant que consultants au soutien de la maison ciel et grenat ? 

 

Petit à petit, on essaye de structurer au niveau de l’équipe première mais aussi chez les jeunes où on fait le même genre de travaux mais qui se voient un petit peu moins. Au fur et à mesure, on structure tous les staffs à tous les niveaux. 

 

Un budget de 5,9 M, association + SASP comprise qui est annoncé, vous allez faire partie des mastodontes de la Nationale cette année ?

 

C’est possible, je ne connais pas les budgets des autres mais peu importe, c’est ce qui correspond à nos besoins.

 

Ça correspond aux besoins d’une montée en Pro D2, il faut cette manne budgétaire ? On sait que Valence-Romans avait à peu près le même l’année dernière quand ils sont montés, c’est donc ça qu’il faut avoir pour être à peu près dans les clous et avoir tous les outils pour monter ? 

 

Sans doute même si Dax avait beaucoup moins et qu’ils sont quand même montés. On verra l’avenir de ces deux clubs mais nous, petit à petit, on essaye de plus en plus de moyens pour répondre à l’ensemble de nos besoins sportifs et extra-sportifs.

 

On a vu que, depuis 4 ans, Bourgoin a fait une grande mue entre les infrastructures avec la nouvelle tribune et l’avenue de la Berjallie. Quels vont être les nouveaux chevaux de bataille du président Gueydan pour développer ce stade Rajon et ce club ? 

 

Pour l’instant, on en a déjà fait pas mal ces toutes dernières années. Là, on continue vraiment sur de la structuration sportive, comme je le disais juste avant, notamment sur les équipes jeunes, on veut vraiment que notre formation redevienne ce qu’elle a été. On a eu une belle saison précédente avec toutes les équipes en phases finales sauf les moins de 15 ans mais qui ont fait une très belle saison donc c’est là-dessus que l’on fait beaucoup d’efforts actuellement. 

 

On voit qu’il y a beaucoup d’anciens qui reviennent au club. Ça aussi, c’est important pour cette identité forte berjallienne ? 

 

Oui, cela fait deux ans qu’avec Pascal Papé, on cherche à remettre de l’esprit ciel et grenat à tous les niveaux. On a gardé Mathieu Nicolas à la fin de sa carrière, il fait des interventions pour l’équipe première et pour les équipes jeunes, on a Benjamin Boyer qui intervient dans le cadre de sa formation avec la Ligue AURA, Aurélien Diotallevi était déjà là mais a maintenant une intervention avec l’équipe première. Je ne vais pas faire toute la liste mais on a pas mal d’anciens, de joueurs formés au club, qui reviennent aux sources. 

 

Autre signal fort la saison passée de la flamme qui se réenchante à Bourgoin, c’est l’adhésion populaire. On a vu un stade Rajon souvent quasi plein ou plein ? 

 

Le stade se remplit bien lors de la plupart des matchs, c’est un peu plus compliqué sur les matchs d’hiver et j’ai un peu peur pour le mois de Janvier où on a malheureusement 3 matchs d’affilée à domicile (rires). C’est toujours le mois le plus froid et c’est là que l’on fait les plus petites affluences mais c’est comme ça, on verra ce que l’on fait à ce moment-là et puis, avec le réchauffement climatique, il fera peut-être beau et chaud (rires). Globalement, on est content de l’adhésion populaire, les abonnements ont bien fonctionné au mois de Juillet, il y aura un peu plus d’abonnés que l’année dernière donc c’est bien, ça va dans le bon sens.

 

On a vu passer un post sur Facebook avec la nouvelle tribune et toutes les loges qui sont quasiment remplies. C’est là aussi une nouvelle source de revenus pour le CSBJ ? 

 

C’était l’objectif et ça plaît, ces nouveaux espaces plaisent au public. On sait déjà qu’on sera embêtés sur certaines affiches car ce sera plein au niveau des nouveaux espaces VIP et, pour ces matchs-là, on va réutiliser les anciens salons qui sont un peu moins occupés actuellement. Il faut que l’on trouve des solutions sur certaines affiches et notamment sur certains derbys. 

 

Ces nouveaux espaces de la tribune sud sont aussi des espaces qui sont utilisés toute la semaine, avec la brasserie certes mais pas que ? 

 

Ça sert toute la semaine pour des séminaires, des réunions, des formations, des anniversaires privés ou des anniversaires d’entreprises. On a eu un petit peu de tout depuis maintenant 9 ou 10 mois que c’est ouvert, ça prend forme et il y a quelque chose tous les jours donc c’est plutôt bon signe. 

 

On va parler du départ de Sébastien Tillous-Bordes, de son remplaçant ainsi que de la nouvelle organisation du staff ? 

 

Seb est parti à Rouen et on a décidé de faire revenir Sébastien Bouillot, que je n’ai pas cité tout à l’heure, qui n’est pas un joueur formé au club mais qui a joué 4 ans chez nous en Pro D2 et qui revient en tant qu’entraîneur des arrières. C’est bien, lui aussi avait bien mouillé le maillot chez nous donc il est très heureux d’apporter sa pierre à l’édifice. Pascal Papé, en tant que directeur sportif, a aussi ce rôle de manager comme on l’appelle et l’idée était de mieux utiliser toutes les forces en présence au quotidien de l’équipe première plutôt que de peut-être passer du temps à être un peu moins occupé. Tous les encadrants espoirs et du centre de formation travaillent avec le staff de l’équipe première tous les matins ce qui permet d’avoir un staff élargi au quotidien.

 

Il y a aussi de la continuité dans ce staff avec Pascal Papé qui passe directeur sportif et devient même manager ainsi qu’avec Grégoire Pintiaux ? 

 

Bien sûr. Grégoire est toujours là, les encadrants du centre de formation et des espoirs étaient déjà présents aussi, on a juste ajouté Mathieu Nicolas qui a arrêté sa carrière et donc Seb Bouillot qui est venu remplacer, on va dire poste pour poste, Sébastien Tillous-Bordes en tant qu’entraîneur des arrières. 

 

Pour la première année depuis qu’il y a la Nationale, on va dire que le mercato de Bourgoin a été plus calme que les autres années ? D’habitude, vous recrutiez entre 15 et 20 joueurs, plutôt 15 d’ailleurs tandis que là, vous êtes sur 8 joueurs donc, ça a été très ciblé ? 

 

Déjà l’année dernière, il y avait un peu moins que les deux années précédentes et là encore moins car on estimait avoir un effectif assez complet et plutôt compétent. Il y avait quelques postes où l’on voulait se renforcer et vraiment cibler des profils très précis. 

 

Un regard périphérique sur cette division Nationale où on voit qu’il y a certes une inflation budgétaire sur des clubs qui se structurent de mieux en mieux mais aussi des groupes et des effectifs qui sont qualitatifs.  On peut dire que la Nationale est maintenant arrivée à pleine puissance ? 

 

Pleine puissance, je ne sais pas si c’est déjà le cas mais en tous cas, il est sûr que la puissance monte, ça ne va pas en baissant. 

 

Selon toi, quels sont les dossiers qu’il faut maintenant prendre à bras le corps en Nationale pour continuer à développer cette division ? 

 

Peut-être qu’il va falloir que tous ensemble, avec la FFR, on trouve un diffuseur. C’est dommage de se retrouver en Nationale et de ne plus avoir de diffuseur officiel alors qu’on avait la chaîne l’Equipe quand on était en Fédérale 1, certes, elle ne faisait pas tous les matchs mais c’était toujours bien. On avait Sportall l’année dernière mais là, on entend dire qu’ils ne pourront pas diffuser tous les matchs ou peut-être même pas du tout, qu’il va falloir payer pour être diffusé donc c’est dommage. 

 

Pour toi, c’est vraiment un axe de progression pour que cette Nationale prenne encore ? 

 

Je pense qu’on est tous à peu près d’accord avec la plupart des présidents. Comme on le disait, les budgets augmentent puisque tout le monde se renforce mais, à un moment donné, il manque la manne des droits TV. 

 

Selon toi, s’il y avait un diffuseur hertzien qui arrivait et qui diffusait une affiche par week-end, ce serait peut–être la première solution pour mettre cette Nationale en valeur ? 

 

C’est vrai car il ne faut pas qu’elle reste comme ça, sans diffusion, c’est dommage. Il y a des matchs qui sont vraiment intéressants, beaucoup de joueurs qui ont connu les deux échelons supérieurs, et ce sont des matchs intéressants pour tout le monde. Moi, je n’aimerai pas que l’on reste trop longtemps comme ça. 

 

On va évoquer le rugby local et Bourgoin est bien loti en termes de derbys avec Vienne qui monte, un derby isérois, et bien sûr les classiques contre Bourg et Chambéry ? 

 

C’est sympa d’avoir des derbys, on a cette chance. Ce sont toujours de belles affluences par contre, ce sont des matchs particuliers où il n’y a pas vraiment de favori, ça se joue beaucoup à l’envie. C’est sympa de retrouver Vienne, je les ai croisés lors de ma première année de présidence et, à l’époque, cela faisait .38 ans que les deux clubs ne s’étaient pas rencontrés. Je pense que ça va être deux beaux événements populaires. 

 

Et de belles billetteries ? 

 

Oui, c’est chouette pour les deux clubs. Quant à Bourg, cela fait maintenant 5 ou 6 ans que l’on s’est croisé plusieurs fois, il y a une petite concurrence qui s’installe, c’est pareil avec Chambéry. Ce sont des matchs sympas, on a parfois des partenaires communs, ça fait d’autant plus de monde au stade même sur le côté VIP, c’est marrant quand il y a des gens qui réservent les deux matchs.

 

A ton avis, qui sont les favoris à l’accession en Pro D2 dans cette Nationale,hormis Bourgoin bien sûr ? 

 

(rires). Je ne sais pas, je n’ai pas trop vu tout le monde, c’est dur de parler comme ça en début de saison mais on devrait retrouver Albi dans les 6 premiers, j’imagine. Depuis 6 ans, ça reste une valeur sûre, Bourg et même Chambéry qui ne devrait pas être loin de tout ça. Comme ça, de tête, je ne sais pas qui je dois citer (rires). 

 

Massy et Carcassonne ? 

 

Massy est pour moi une inconnue car beaucoup de changements, à Carcassonne aussi qui a été obligé de changer beaucoup de joueurs avec la descente donc je ne sais pas s’ils seront tout de suite opérationnels mais ça reste des terres très fortes. 

 

Peut-être aussi le come-back de Nice ? 

 

Oui, je souhaite à Nice d’atteindre les objectifs qu’ils avaient ces 2 / 3 dernières années, ça a été un peu plus dur la saison dernière. Je n’ai pas regardé comment ils s’étaient renforcés ni restructurés, je ne sais pas trop dire. De toute façon, ça va être compliqué, jusque-là, depuis trois ans, on compte les matchs faciles sur pas beaucoup de doigts (rires). C’est vraiment une division hyper serrée et c’est ce qui est intéressant, c’est comme en Top 14 et un peu comme en Pro D2 mais il y a un peu plus de monde donc il y a parfois des scores qui sont un peu plus larges. Là, il y a toujours l’inconnue de ceux qui montent, Vienne et Périgueux, ça a l’air très sérieux du côté de Périgueux, je ne veux pas faire offense à nos amis de Vienne mais peut-être que ça sera compliqué car, à priori, ils restent sur un mode amateur donc ça ne sera peut-être pas simple sur la durée de la saison. Je m’attends vraiment à des matchs compliqués un peu partout. 

 

On va aussi coller à l’actualité : Bourgoin va avoir un petit bout de Coupe du Monde car, pendant quelques mois, la Berjallie aura un petit goût d’Italie ? 

 

Et oui, on va manger des pâtes (rires). C’est sympa, ça va faire de l’animation de la ville et nous, on va cohabiter du mieux possible puisqu’on leur laisse à disposition le stade Rajon pour les entraînements les matins où ils seront dans le secteur, ils vont partir deux fois pour jouer à Saint-Etienne et à Nice. Ça va être sympa. 

 

Par contre, l’effet  » pervers  » est que vous allez avoir un début de championnat compliqué avec beaucoup de déplacements ? 

 

Tout à fait mais j’ai vu qu’on n’était pas les seuls. Cette année, le calendrier du championnat est un petit peu bizarre pour tout le monde avec des enchaînements de 3 ou 4 matchs à la maison ou à l’extérieur à plusieurs moments dans la saison, je suis un peu surpris mais il faut faire avec. C’est vrai qu’aussi bien enchaîner trois fois à la maison, ce n’est pas toujours simple trois week-ends de suite en termes d’organisation pour mobiliser tout le monde qu’enchaîner trois ou quatre déplacements comme on va avoir sur le mois de Septembre où c’est plus une question de fatigue. De toute façon, on s’entraîne pour ça et on va s’organiser au mieux pour limiter la fatigue. 

 

Quel est le mot d’ordre à Bourgoin pour cette saison 2023 / 2024 ? 

 

C’est gagner le plus de matchs possibles pour arriver à atteindre notre objectif. 

 

Qui est la Pro D2 ? 

 

Qui est de gagner la finale puisque cette année, il faut être champion pour pouvoir monter, il n’y a pas d’autre choix. 

 

Justement, qu’est-ce que tu penses de ce nouveau mode d’accession ? 

 

Il est un peu plus compliqué que le précédent. Je rêve qu’un jour, et pas seulement en Nationale, on vienne à titrer l’équipe qui finit première de la phase régulière, en tous cas qu’on lui permette de monter car c’est bien de récompenser la régularité d’une saison et qu’on fasse la 2e montée par le biais de la finale, c’est à dire que le vainqueur de la finale monte avec le leader de la phase régulière. Je trouve que ça serait un peu plus juste mais c’est ainsi. 

 

On te remercie et on te souhaite une belle saison en espérant que les Grenats touchent le ciel

 

Merci.

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec

Laisser un commentaire