#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «Je veux des gens totalement investis, amoureux de notre club et de notre ville!»

Le manager du Sporting Club Albigeois à convoqué l’ensemble de la presse pour faire un point sur la rentrée sportive des jaunes et noirs et parler de l’ensemble des sujets d’actualité de l’intersaison. De la reprise en passant par le recrutement ou les matchs de préparations , sans oublier les nouvelles modalités d’accession en Pro D2, Mathieu Bonello a répondu à l’ensemble des questions de l’assistance. Celui qui arrive au terme de son contrat en 2024, a aussi évoqué son avenir tout en restant focus sur le présent et cette saison 2023-2024 de Nationale. L’ex talonneur du Castres Olympique a aussi fixé les leitmotivs de cette année : «La confirmation » et « l’amour de la ville et du club ».

Crédit photo Jacques Massine – Le #MagSport

Après 7 semaines de vacances bien méritées, on repart au front pour une 3e saison et avec de nouvelles ambitions ? 

 

Les joueurs ont eu une belle intersaison, on en avait besoin tout comme les joueurs en avaient besoin, et on repart pour une saison. On est habitué au rythme de réenchaîner et il faut vite redémarrer car on a l’impression que les saisons passent vite, de plus en plus. 

 

Tu as repris très tard, tu es à 7 semaines. Est-ce que ça veut dire que tu ne vas pas faire de coupure ? 

 

J’ai exactement 6 semaines, on a fait des trucs ici la semaine après la demi-finale donc je suis à six semaines de repos. C’est ce que j’avais prévu, ils ont eu un programme individuel qui était assez précis donc on a pu bosser avant, on n’était pas sur site mais les joueurs ont bossé. La plupart ont respecté puisqu’on a fait des bilans et c’est assez convenable mais c’est une prépa et on a 7 semaines avant le premier match. 

 

Tu enchaînes 7 semaines ? 

 

Non, je vais peut-être donner quelques jours de repos au mois d’Août mais ce qui va être différent, c’est qu’on fera un bilan sur 2 / 3 semaines. 

 

Il va y avoir un décalage entre Carcassonne qui a repris il y a quasiment un mois et demi et vous qui avez repris il y a une semaine. Les équipes ne vont pas avoir la même préparation ce qui va créer un décalage ? 

 

C’est sûr mais les autres clubs font comme ils veulent. Carca a fini plus tôt et nous beaucoup plus tard donc en finissant beaucoup plus tard, je sais qu’il y a eu une débauche d’énergie tant physique que mentale et on a aussi pris l’option de laisser les joueurs tranquilles car il y a quasiment 75% du groupe qui est resté. 

 

En parlant de ça, c’est la première fois depuis que tu es là qu’il y a un groupe que tu as fait toi-même et que tu as conservé à 75% ?

 

C’est bien et c’est ce que j’avais prévu. Comme je vous l’avais dit à l’intersaison dernière, le but était de construire au minimum pour une paire d’années et j’avais tablé sur un fort renouvellement l’année dernière qui s’est très, très bien passé. On a beaucoup rajeuni l’équipe, on avait besoin de prendre ce virage-là, et là, on a été très modérés, il y a aussi des jeunes du centre de formation qui sont partis mais, en termes de professionnels, on est à 7/8 joueurs donc ce n’est pas beaucoup. C’était voulu de travailler sur quelques années et on espère pérenniser la chose. 

 

Qu’est-ce qui a prévalu dans le choix du recrutement ? Qu’aviez-vous comme projet avec Alex sur le type de joueurs ciblés ? 

 

Déjà, des joueurs qui aient un peu d’expérience pour encadrer nos jeunes joueurs et des joueurs qui, pour la plupart, avaient connu le niveau au-dessus et qui vont aussi nous aider à continuer à grandir. On est très content de la saison que l’on a faite avec le renouvellement qu’on avait fait et tout le monde aurait signé pour être 3e du championnat. On a perdu en demi-finale, c’est forcément un échec car quand tu perds et que tu ne gagnes pas une compétition, c’est un échec mais ça nous a beaucoup appris. J’espère que ça aura appris à l’ensemble du groupe et, du coup, du club aussi, ça faisait également partie de notre construction d’équipe. 

 

Au niveau du recrutement, la ligne de 3/4 a été largement renforcée. C’était aussi quelque chose d’important ? 

 

Oui, c’était voulu même si par le passé, l’année dernière en l’occurrence, on aurait voulu la renforcer à quelques postes. On n’a pas pu car je n’ai pas voulu faire du nombre mais plutôt de la qualité, ça ne nous a pas desservi en termes de nombre car, la plupart du temps, on a eu les joueurs que l’on voulait sur le terrain. Par contre, ce qui nous a ensuite mis en difficulté, c’est que des joueurs ont parfois beaucoup enchaîné et se sont à un moment donné blessés car quand tu ne tournes pas ou peu à certains postes parce qu’il y a des blessés, il y a ensuite moins d’effervescence. J’ai voulu gommer ça cette année avec de la quantité de joueurs mais aussi de la qualité et pour moi, je suis très content du recrutement que j’ai fait. 

 

Tu disais avoir choisi des joueurs d’expérience. Est-ce que tu penses que c’est ça qui peut te faire avoir un crédit sur des matchs capitaux et que c’est peut-être ça qui a manqué en fin de saison ? 

 

Oui, c’est peut-être ça qui a manqué. J’ai envie de dire qu’on a passé plein de moments clé dans une saison, des victoires à l’extérieur ou autres, mais la construction de l’équipe avait tellement changé qu’il a fallu passer ces étapes-là et je pense qu’en un an, on n’en a pas assez vécu. Du coup, quand on est arrivé dans le moment un peu fatidique, je pense qu’on n’avait pas assez d’expérience collective pour cet événement-là donc, soit tu le vis en groupe, en collectif, soit tu l’amènes par des individus qui ont de l’expérience. Je suis donc convaincu que certains mecs que j’ai amenés vont quand même nous aider à aller plus loin dans ce genre de match même si, honnêtement, quand je vois le matériel de toutes les équipes et comment s’arme la Nationale, j’ai envie de dire qu’on a fait un très bon recrutement et qu’on a une très bonne équipe mais qu’on fait un  » marquage à la culotte  » car les autres avancent énormément et vite et fort. Nous, on a notre club qui a de l’ambition mais on est mesuré sur là où on va se situer car les autres se sont aussi renforcés et je crois que ça monte chaque année. Il faut avoir des ambitions, c’est indéniable, et le club d’Albi a des ambitions. 

 

On a parlé des 3/4, on va parler des avants. On a vu l’an dernier qu’on était un peu dégarni en fin de saison en 2e ligne ce qui t’avait obligé à faire monter Jacques Engelbrecht en 2e ligne ainsi que Pierre Roussel, eux qui sont des 3es lignes. Est-ce qu’on devrait être un peu plus structuré dans ce domaine cette année ? 

 

Je ne suis pas d’accord avec cette analyse car les choix de Jacques et de Pierre ont été voulus par moi. C’était mon choix, je ne l’ai pas fait parce qu’il manquait du nombre car si Jacques fait la saison qu’il fait, c’est lié à son nouveau poste, c’était aussi voulu dans ma construction d’effectif. Concernant Pierre Roussel, c’est un peu différent, peut-être que oui, à des moments donnés, il a eu dépanné pour remplacer untel ou untel mais je suis convaincu que, sans leur manquer de respect, plus on se rapproche de la fin, plus il faut aussi penser à les préserver et qu’avec moins de courses, ça les aidera pour tout l’autre travail. Je partage ton analyse sur le fait que c’est un secteur où il faut se renforcer, on s’est renforcé et on verra les opportunités que l’on a. En tous cas, je trouve que l’effectif est convenable sur ça. 

 

Sur les réseaux sociaux, il y a des supporters du SCA qui sont passionnés voire obnubilés par le mercato et les transferts. Les grands sujets sont le N°10 et le pilier gauche donc où en es-tu ? 

 

Tu me parles du recrutement et je comprends que, quand tu es supporter, tu veux savoir et qu’il n’y avait parfois pas les infos. On a travaillé dur cette intersaison et comme toutes les intersaisons, c’est difficile, il faut se bagarrer, il ne faut pas lâcher et on l’a fait. Je pense que ça a été un bon résultat, maintenant, on est toujours à la recherche de certains joueurs mais on ne veut pas se précipiter. J’aurais pu en faire un rapidement, un pilier gauche, que je ne ferai pas car, en fait, je ne regarde pas que la performance du terrain, l’important pour moi, c’est l’esprit et l’esprit est bon quand le mec veut œuvrer pour le logo du SCA. On est bien sûr professionnels et on est donc forcément pendant une, deux ou cinq années dans les clubs avant d’aller ailleurs, c’est la vie, mais je veux des gens totalement investis et amoureux de notre club, amoureux de notre ville et on fait les comptes à la fin. En tous cas, j’ai un groupe qui est assez exceptionnel et je n’ai pas envie de casser ça.

 

En clair, comme ils sont très soudés, tu n’as pas envie qu’il y ait une tache d’huile dans l’eau ? 

 

Exactement, c’est un bon résumé. On peut parfois me trouver surprenant dans mes choix mais l’esprit passera avant le niveau d’un mec et j’en ai encore la preuve là. Je ne ferai pas n’importe quoi parce-que le groupe vit bien et j’ai envie de continuer ainsi. 

 

Au niveau du 10, tu as prolongé James Tedder. C’est pour vraiment le faire jouer en 10 cette année vu que c’était un peu trop short l’année dernière ? 

 

C’est ça. On a déjà notre 10 sachant que Théo Vidal va faire les deux même si, dans un premier temps, il va sûrement démarrer à la mêlée. C’est encore un jeune joueur, on le dit chaque année mais c’est peut-être la dernière, on a décidé et construit ensemble ce changement de poste 9 / 10 et on ne veut pas lui mettre de suite cette obligation de ne jouer que 9 donc il va encore faire les deux, si on venait à rentrer un 10, il fera sûrement plus 9. On a vu James dans plein de positions à Albi mais sa première position, c’est N°10 par contre, en 3 matchs, ça aurait été hyper difficile et pas cohérent de le mettre à ce poste-là alors que là, il débute la préparation totalement au poste de N°10. Ce sera une aubaine si on trouve un autre N°10 car, et je le pense, on en a besoin mais pareil, je ne ferai pas le nombre. 

 

C’est un marché concurrentiel car tu as été sur de très bons joueurs et de très bons 10, notamment Dorian Jones ? 

 

Oui, c’est difficile. On a bien sûr rencontré des joueurs, on a fait des visites, on en a vu beaucoup, beaucoup mais c’est un poste à concurrence. Quand tu penses tenir la bonne piste, tu as aussi la concurrence des clubs au-dessus donc tu passes après mais je suis convaincu qu’on aura une opportunité d’ici la fin, je le sens. 

 

Vous avez aussi fait quelques paris sur le recrutement avec des joueurs entre 20 & 22 ans. Est-ce le flair ou le travail de fond qui permet de mettre des pièces sur ces joueurs ? 

 

Ce sont les deux. C’est mixer l’expérience avec de jeunes joueurs à fort potentiel, des joueurs que j’ai vu par le passé, des joueurs à qui j’ai envie de tendre la main pour les aider à performer à ce niveau-là voire mieux. A Albi, on est obligé de faire un mix et franchement, ce que le club a déjà fait en termes de recrutement et d’investissement, c’est beau. Par contre, on ne peut pas prendre que des mecs confirmés à tous les postes donc c’est aussi un mix et c’est voulu. 

 

Avec Simon Hartmann, tu as perpétué quelque chose qui existe depuis 4 / 5 ans au club à savoir la filière bourguignonne. Il y a eu Damien Nevers, Quentin Pilet, le Tchap, Enzo Marzocca 

 

Simon, c’est une anecdote énorme que j’ai avec lui. Je l’ai connu quand on est allé jouer à Dijon, j’avais discuté avec ce jeune et je l’avais trouvé plein de valeurs et de bonnes choses, on avait discuté très librement. Je me suis finalement renseigné après et c’était un copain à Enzo que j’ai suivi et que j’ai vu, c’est un jeune joueur qui vient dans la même posture que celle d’Enzo quand il est arrivé, tranquillement mais sereinement. En tous cas, on lui donnera toute la confiance dont il a besoin, je suis persuadé que ça peut être une bonne option pour nous et encore plus dans cet esprit d’allier l’expérience et la jeunesse tout en arrivant à faire une équipe hyper jeune. 

 

L’arrivée de Simon Meka et ses origines castraises, c’est aussi la synergie au niveau du département et de se rapprocher de ce qui se fait de mieux pour l’instant au niveau rugby ? 

 

Bien sûr, c’est ce qu’on veut et ce sur quoi on est aussi en train de travailler avec le club de Castres. J’ai toujours eu de bonnes relations avec le club, voire très bonnes, et je suis leur premier supporter, c’est le club qui domine le département et c’est incontestable. Tant mieux, il faut toujours qu’il y ait une locomotive et nous, on doit être derrière eux, on doit s’aider mutuellement quand on peut s’aider, on représente le Tarn, nos valeurs sont les mêmes et sont identiques. On n’avait pas pu le faire l’année dernière pour, à peu de choses près, en faire un ou deux et on commence par ça cette année, ça a été une opportunité où je n’ai pas du tout réfléchi. Je n’ai pas du tout pris le temps de réfléchir car je trouvais que c’était cohérent de un par le niveau du joueur et de deux, car je pense qu’on peut lui amener beaucoup pendant une année pour qu’il revienne au très, très haut niveau. En tous cas, on fera tout pour le rendre meilleur, pour l’améliorer, pour que lui donne au club et que derrière, ce soit tout à l’honneur des deux clubs d’avoir fait ça. On voudrait le mettre en place encore plus et arriver vraiment à être en entente encore plus prononcée. 

 

Le calendrier est tombé et tu commences fort avec un déplacement à Bourgoin suivi de la réception de Bourg-en-Bresse qui est un candidat affiché à la Pro D2. Il y a pourtant un mais avec le fait que vous ayez trois réceptions d’affilée sur quatre dans le bloc ? 

 

Ce que j’ai envie de dire, c’est qu’on ne choisit pas le calendrier et il faut faire avec, ça ne sert à rien de perdre de l’énergie dans ça. On va chez un gros qui a des ambitions, on le sait, c’est un poids lourd de la Nationale, on y va à la première journée et on verra. 

 

En fin de saison, tu avais dit  » on va tous se mettre autour de la table pour voir ce qui fait qu’on ne passe pas la dernière marche « . Est-ce que vous vous êtes mis autour de la table et vous avez vu ? 

 

On s’est bien sûr mis autour de la table plusieurs fois avec tous les niveaux du club. J’ai l’habitude de faire un point très régulièrement avec mes dirigeants en cours de saison, je fais un gros point à mi-parcours et un gros point à la fin et, comme l’année d’avant, on n’a pas dérogé à la règle. J’ai comparé mon bilan de cette année avec celui de l’année précédente, on a aussi échangé avec beaucoup de liberté, je suis allé plus loin que ma mission purement sportive puisque je suis aussi allé sur tout le contour du club et on est tous convaincu, la preuve avec ce qui a été annoncé jeudi dernier, qu’il fallait tous avancer dans le même sens, plus vite, plus fort, avec du dynamisme. C’est ce qu’ils ont fait dans les bureaux avec notre DG, notre président, avec les filles, Samantha et tous les collaborateurs des bureaux. Ils ont vraiment fait un travail exceptionnel, redynamiser notre Stadium en fera partie car je pense que ça aussi, ça nous manque sportivement, et je trouve qu’avec la fin de saison et vu comme le Stadium était en ébullition sur les phases finales, je suis sûr qu’on peut l’avoir même en Nationale et qu’il fallait faire quelque chose. On s’est donc tous mis autour de la table, chacun dans son domaine, même si on se permettait  » d’analyser  » le domaine de l’un ou de l’autre, toujours dans la bienveillance et pas pour enterrer tel ou tel secteur mais justement pour évoluer, construire, s’améliorer. On a forcément tous des idées différentes mais ensuite, chacun est reparti dans son domaine et a essayé de faire des propositions concrètes. On s’est ensuite revu pour valider ces propositions concrètes lors d’un conseil d’administration exceptionnel des dirigeants et du président qui veulent toujours que le club avance et je crois que ça, c’est une belle chose même si tout le monde a conscience que c’est de plus en plus dur d’y arriver, ne serait-ce que de se qualifier. Quand on voit les armadas qui restent parfois sur le côté, il faut être modéré dans les ambitions mais toujours en avoir et le club d’Albi. 

 

Le mot de l’année dernière et de celle d’avant était construction. Quel va être celui de cette année ? 

 

C’est confirmation, confirmer notre dynamique. On a une dynamique qui est positive, depuis que je suis arrivé, on est en évolution sur beaucoup de secteurs, je parle du Stadium et des animations, mais on est en construction sur le centre d’entraînement qui est aujourd’hui livré à 99%. Je crois qu’il faut qu’on confirme ça, qu’on garde cette dynamique, c’est une nouvelle saison, les cartes sont redistribuées mais je pense, et je le dis très librement, que le club d’Albi, avec une mairie exceptionnelle derrière nous qui est moteur du projet albigeois au sein de ses associations dont le rugby, doit aussi tout faire pour ramener de bons résultats à la ville. 

 

Il y a un changement des formules des phases finales avec l’access-match à la Pro D2 mais aussi une demi-finale sèche sur le terrain du mieux classé. Ça entraîne à être quasiment obligatoirement second pour avoir toutes les chances de son côté ?

 

Oui et puis je m’aperçois que, chaque année, depuis que c’est instauré, ce sont les deux premiers qui vont au bout. Ça doit aider, ça va sûrement aider, on n’a jamais connu ce fonctionnement-là dans cette division-là mais ça a fait ses preuves dans le niveau au-dessus donc on va essayer de figurer du mieux que l’on peut. Il est certain qu’on aura en tête de se classer de la meilleure des façons car on a vu que c’est quand même un net avantage. 

 

Est-ce que c’est pour toi un inconvénient ou un avantage d’avoir enlevé le match aller/retour sur la demi-finale ? 

 

La formule est peut-être difficile aux yeux de certains mais moi, je la trouve plus  » type phases finales  » sur un match, même si l’avantage de recevoir est quand même hyper important. Je trouve que le match d’accession pour le perdant en finale est très, très dur car, déjà, quand on a ce fonctionnement entre Top 14 et Pro D2 qui sont pourtant des clubs pratiquement câblés avec des structures, des budgets, des droits TV et là, on va combattre avec quelqu’un qui a un autre budget avec des droits TV alors que nous, on n’est pas dans ça. Je trouve quand même que celui-là sera très, très dur et disproportionné. 

 

Il y aura quand même l’avantage du terrain et la dynamique ? 

 

C’est sûr mais on a vu que malgré l’avantage du terrain, c’était très, très difficile. Après, on fera avec, on n’est pas là pour décider. 

 

Tu parlais d’ambitions modérées. Est-ce que l’objectif est d’être dans les six ? 

 

L’objectif est d’être dans les 6, ne rien se refuser et essayer de regarder devant, c’est ça qui est important cette année. 

 

Un regard sur l’ensemble de la division car ça a encore monté d’un cran ? 

 

Là, je trouve que les budgets des clubs et les recrutements, c’est costaud. J’ai envie de dire  » où est-ce que ça va s’arrêter  » ? Tant mieux pour le spectacle, tant mieux pour l’engagement, tant mieux pour le niveau de compétition mais c’est vrai que je trouve que c’est hyper difficile car les clubs avancent et avancent très vite. Maintenant, il faut que nos structures, nos villes avec une population moyenne au niveau des habitants arrivent à suivre car les clubs ne vont plus trop suivre parce qu’il y a quand même une flambée de tout. Je sais que le club, et le conseil d’administration en tête, a beaucoup travaillé, beaucoup œuvré, pour encore avoir des ambitions et c’est une bonne chose pour nous, le sportif. 

 

Au niveau de la prépa, tu pars sur combien de matchs de préparation ? 

 

Pour l’instant, on n’en a mis qu’un, on fera peut-être une opposition ou un entraînement dirigé, je ne sais pas trop encore, contre Graulhet à la fin du mois de Juillet pour entrer dans la compétition et on fera peut-être aussi à ce moment-là la présentation des joueurs. On a mis un match amical qui est contre Périgueux le vendredi 4 Aoûtqu’on fera à Souillac et après, on verra où on en est. Ce sont les deux oppositions que j’ai pour l’instant prévues. 

 

Est-ce qu’il y en a d’autres qui pourraient venir ? 

 

Peut-être une supplémentaire dans la semaine avant le début du championnat. 

 

Contre un club de Pro D2 ou de Nationale ? 

 

Les clubs de Pro D2 auront repris donc je suis en discussion pour avoir un club de Pro D2 un peu mixé avec des joueurs espoirs mais non, pas de Nationale. 

 

Est-ce qu’il y a une mise au vert de prévu ? 

 

On va partir quelques jours mais on va faire différemment, on a aussi besoin de passer du temps ici, à Albi. C’est une intersaison qui est convenable, on n’a pas plus que ça de semaines de rab donc on va aussi faire un peu différemment. 

 

Donc, pas de stage ? 

 

Si, quelques jours mais on va le faire moins long et moins costaud qu’avant. 

 

Au niveau du staff et des joueurs, qu’est-ce qu’on pense de ce projet de jouer le vendredi, même si ce n’est pas encore confirmé ? 

 

Génial, top ! Je crois qu’ils attendent mais il n’y a pas de raison. C’est pour vous montrer l’harmonie qu’il y a au sein du club, les échanges qu’on peut avoir les uns avec les autres puisqu’en premier lieu, ça a été de demander au sportif si on n’y voyait pas d’inconvénient. C’est tout ça qu’il faut arriver à mettre en place à savoir l’échange, comme nous on a besoin de la confirmation de l’administratif, savoir poser la question avant d’engager quelque chose. Là, c’est pareil, avant d’engager quelque chose, le sportif prime parce-que c’est notre vitrine mais je crois que ça montre toute notre cohésion d’équipe, et je dis bien d’équipe car tout le monde fait partie du même club et de la même équipe. 

 

Ça va changer un peu tes habitudes dans l’organisation de ta semaine ? 

 

Oui, c’est certain que ça va changer les habitudes mais c’est bien de bouger les trucs. Et puis, je trouve que pour mettre plus de monde au stade, c’est une belle opportunité de le mettre le vendredi, le mec a fini sa semaine et après, tranquille. Ça prend aussi le rythme du plus haut niveau et je trouve ça bien. 

 

C’est la raison, pour qu’il y ait plus de monde qui vienne ? 

 

C’est pour qu’il y ait plus de monde mais aussi que ce soit plus facile pour nos entreprises partenaires qui étaient parfois en difficulté le samedi pour inviter des clients ou quand c’est en plein milieu du week-end où tu ne peux partir ni le samedi ni le dimanche. Là, ça s’enchaîne le vendredi et tu as le week-end tranquille donc on espère qu’il y aura un écho favorable à tous ces changements-là. 

 

Vous visez les 6 premiers, la ville voudrait que vous visiez la Pro D2. Il y a encore eu une aide financière, il y a quand même un soutien mais on sent que ça grogne parfois un peu sur l’aspect financier. Est-ce qu’à un moment, il n’y a pas le risque de ne pas être à la hauteur de la demande ? 

 

Déjà, on n’est pas à la hauteur de la demande puisqu’il faudrait être en Pro D2 depuis 5 ans, on va commencer par ça. On est modéré dans nos propos, je connais le championnat qui est hyper dur, hyper difficile et ce que j’ai répété plusieurs fois, c’est que le club avait de l’ambition et donc, on a la même ambition que la municipalité, on vise tout en haut. Quand, comment, pourquoi ? Pourquoi, je sais un peu mais quand, je ne sais pas. On fait tout, ça fait deux ans que je suis au club, ce qui a été fait avant a été fait avant, il y a ce qui a été fait depuis deux ans et je pense que depuis que le club est descendu, il a toujours eu l’ambition d’y revenir, la municipalité a toujours eu l’ambition de remettre le club où il était et l’ambition sera la même cette année. Après, dire plus que les 6 premières places aujourd’hui … Je sais très bien et je suis bien placé pour le savoir que dans cette formule-là, même s’il y a une demi-finale à la maison pour les 2 premiers, je sais que sur match sec, et je l’ai vécu en étant joueur, tu peux être 6e et être champion. Je crois qu’il faut avoir conscience qu’il y a de fortes attentes et de fortes envies de rejoindre le niveau supérieur pour la Mairie, les plus gros sponsors du club et tous les gens qui gravitent autour du club, les supporters, les bénévoles. Tout le monde en a conscience et on sait qu’il y a cette ambition-là à Albi mais par contre, aujourd’hui, on va faire étape par étape et l’étape première est de se qualifier, voilà la précision sur ça. On est un club qui est structuré et qui est fait pour évoluer, on le structure de plus en plus mais il va falloir continuer à le structurer et continuer à travailler, il va surtout falloir continuer à le professionnaliser comme on est en train de le faire et qu’on soit suivi par l’Amicale, par les supporters, par les bénévoles, par le Comité d’Animations qui sont exceptionnels. On veut franchement leur rendre ça, on veut rendre cette ferveur et tout ce qu’ils lèguent à l’équipe par le temps passé et on espère donner le meilleur de nous-mêmes comme on le fait depuis deux ans que je suis au club. 

 

Pour reprendre la sémantique de ton début, quel est le nom du chapitre du livre – tome 3 ? 

 

Je l’ai dit, aujourd’hui, c’est la confirmation. Pour nous, on a construit le livre et maintenant, c’est autre chose, une autre aventure, je veux qu’on continue ce qu’on a construit mais c’est une tout autre aventure. Ce n’est pas parce qu’on mettra un maillot qu’on se qualifiera et ça, c’est hyper important pour moi, on a changé des joueurs, on en a gardé, on n’en a pas gardé, on en a recruté d’autres et il faut que tout ça prenne, qu’il y ait l’osmose. 

 

Il y a toujours la volonté d’une relation entre l’équipe première et l’équipe espoir ? 

 

Oui, il y a la volonté de créer du lien. On va essayer d’en créer encore plus, on a déjà eu des réunions avec les staffs qui vont mener ainsi qu’avec les équipes et je trouve ça bien, c’est encore plus vrai car il faut que l’on ait un centre de formation encore meilleur et encore plus fort pour les années à venir car ça sera de plus en plus dur. Je pense très sincèrement que si les jeunes joueurs espoirs sont bons, ils joueront, comme on le fait depuis deux ans. Je suis toujours très transparent avec le joueur, si je ne le garde pas, c’est qu’il y a des raisons mais si le jeune est bon, il part sur la même ligne de départ. Ça, ils le savent d’entrée même s’ils oublient parfois après, je sais ce qu’il en est, si les jeunes du club performent, ils doivent jouer ici, à Albi. 

 

C’est cette année que vous allez vraiment avoir les fruits de ce centre de perfectionnement, vraiment très fonctionnel et au goût du jour ? 

 

C’est super pour nous, pour l’équilibre de l’équipe, pour la fatigue, pour le travail qui, sincèrement, était par moment hyper difficile sur deux ou trois sites. Là, on n’a rien à dire sur la partie sportive, au contraire, il y a eu beaucoup de travail sur ce centre et c’est une véritable réussite. 

 

Quoi qu’il arrive, ce sera l’un de tes héritages ?

 

C’est vrai. Quoi qu’il se passe, j’ai donné beaucoup de ma personne, avec tout le respect que j’ai pour les gens qui ont travaillé et pour ceux qui, il y a bien longtemps, avaient un projet ici. Quand on est arrivé avec Alex, on a décidé de rouvrir un projet et c’est vrai que je me suis jeté corps et âme dans la bataille, j’y ai passé beaucoup d’énergie et beaucoup de temps l’année dernière. Maintenant, je l’ai, je ne remercierai jamais assez les gens qui m’ont permis de le faire, la municipalité, Stéphanie qui est exceptionnelle pour la ville d’Albi ainsi que Michel Franque. Ils m’ont permis d’avoir ce projet-là mais c’est aussi un projet de club, les espoirs s’y sont entraînés lundi et le but est aussi qu’il y ait de la transmission, qu’on partage. Par contre, je sais une chose, c’est que quoi qu’il se passe dans le futur, je le rendrai comme il est car c’est un super outil pour la ville d’Albi. 

 

Quand tu recrutes et que tu fais visiter le centre aux joueurs, est-ce que c’est un élément qui te permet d’avoir un plus pour les faire signer ? 

 

Oui, ça m’a aidé et ça m’aide, c’est indéniable. Je veux vraiment m’appuyer là-dessus car quand tu t’entraînes deux ou trois fois par jour, il faut franchement avoir un minimum de confort car aujourd’hui, tu ne peux plus, les déplacements sont hyper longs et il faut essayer de perdre le moins d’énergie possible. De pouvoir y être cette année est vraiment une bonne chose. 

 

On a parlé du recrutement mais est-ce qu’il y a des changements au niveau du staff ? 

 

La cellule prépa physique a totalement changé, on l’a remodelé. A part ça, il n’y a pas trop de changements, l’analyste vidéo est parti pour le niveau supérieur donc c’est super bien. On va le remplacer, on essaye d’avoir un staff toujours à l’équilibre. 

 

Et toi ? On sait que tu es quelqu’un qui aime bien bâtir sur du moyen / long terme donc il peut y avoir cette incertitude-là, et même pour les joueurs, de se dire  » il reste, je reste « . Est-ce que tu as déjà pensé au 1er Juillet 2024 ou pas ? 

 

C’est une bonne question et je vais être transparent. Je n’y ai pas du tout pensé au début de cette saison-là, c’est le club qui est venu vers moi pour déjà anticiper et nous faire réfléchir, Alex et moi, pour continuer. J’ai dit que je ne voulais pas du tout y réfléchir avant la reprise, je vais le faire maintenant, je vais tout poser car c’est vrai que l’incertitude des joueurs peut parfois énormément, énormément perturber, peu importe que ce soit dans un sens ou dans l’autre mais ça peut énormément perturber car ça manque de stabilité. Nous, on en est à trois ans du projet, on était parti 2 + 1 et on a re-signé un an, et les choses avancent, on est dans une bonne dynamique. On va être à l’écoute de ce qu’ils ont déjà commencé à nous dire, on veut aussi des précisions sur des domaines avant de pouvoir évoluer mais il est sûr que, dans tous les cas, je ne laisserai pas le club dans l’incertitude un mois avant la fin en leur disant  » attendez, attendez, attendez  » pour m’en aller en Avril. Je ne laisserai pas le club, j’ai trop de respect pour les gens qui le gère ainsi que pour tous les gens qui nous aident. Je vais aussi avoir des discussions avec les personnes concernées pour échanger, le but est qu’on échange durant tout cet été, se servir de tout l’été pour déjà être avancé début Septembre, dans un sens ou dans l’autre, mais avoir une visibilité car je le dois aussi pour les joueurs. A partir de maintenant, je vais me projeter et commencer ma réflexion si on continue ici. En tous cas, depuis trois ans avec Alex, on prend beaucoup de plaisir même si la mission n’est pas toujours facile mais tant que j’aurai plaisir à faire ce métier, on va rester dans cette voie-là. Après, c’est de savoir si on s’inscrit dans la durée avec le club et ça va se faire. 

 

Un peu comme à Massy où, en Janvier, tout était fixé ? 

 

Voilà. Tu m’avances une date mais tu as raison (rires). J’avais décidé en Janvier à Massy, je déteste prendre les clubs en otage car quand tu le vis et que tu fais les recrutements, c’est moi pour la partie sportive, je sais que le recrutement est tellement dur, que ça met tellement de temps qu’en fait, je ne veux pas faire ce qu’on me fait parfois à moi. Pour éviter ça, il faut que je sois transparent et honnête avec la vision que l’on peut avoir avec le club mais en tous cas, je suis hyper content de ce que l’on fait depuis trois ans avec les gens avec qui je travaille, dont mes dirigeants et mon président avec qui on a une relation hyper sincère et hyper claire. Ça, c’est hyper important et moi, j’aime avancer dans les projets quand il y a une relation d’hommes avec beaucoup de confiance et ça, quand je l’ai alors que je sais qu’aujourd’hui, ça peut être hyper difficile. Je pense que ce sera d’ici la fin d’année voire le début de l’autre, si c’est avant, c’est avant mais il est sûr que je ne laisserai pas le club attendre jusqu’au mois d’Avril. 

 

Sur le staff et les intervenants, on sait que  » Robocop  » Romain Teulé va continuer même s’il est manager à Marmande. Est-ce qu’il va y avoir d’autres intervenants ponctuels ? 

 

Pour l’instant, non, on n’a pas le budget pour rentrer plus de monde sur le staff. On a déjà un staff convenable même si, quand tu es manager, tu en voudrais toujours plus et c’est à nous de performer, de gagner les matchs et de nous améliorer au cours de l’année. 

 

Élargir le staff fait donc partie des éléments de discussion que tu dois avoir avec les dirigeants pour continuer ? 

 

Il est sûr que je prendrai une décision et je veux discuter avec mon président, puisque c’est avec lui que je traite au démarrage même s’il y a un conseil d’administration derrière. Aujourd’hui, ils sont revenus vers nous pour qu’on continue l’aventure et on doit tout mettre sur la table. Ils l’ont déjà fait en partie puisqu’on a eu des questions liées à cette discussion et ils ont répondu à certaines pour voir l’avenir du club et où il veut aller mais on a dit qu’on prenait un peu l’été pour se revoir, peut-être plusieurs fois et pour demander soit des explications soit pour des demandes de notre part. Sans être non plus hyper exigeants sur le nombre dans le staff, il faut que l’on avance aussi mais également qu’on se rende compte qu’on est dans un club de Nationale et que, pour l’instant, il y a des budgets limités. Je crois que ce sera ça le plus important, il faut vraiment que l’on soit hyper OK sur l’ambition du club, sur les moyens mis en place pour l’ambition du club et que ça nous corresponde à Alex et moi. C’est ça qu’il faut avoir et, au niveau des hommes, je n’ai pas de doute, aucun doute sur les gens avec qui je fonctionne. 

Comment vois-tu l’avenir du club à moyen terme ? 

 

Je pense, et cette phrase ne vient pas de moi, vous l’avez tous attendu, qu’il y a tout pour aller à l’étage supérieur, vraiment, peut-être pas dans les 7 / 8 premiers mais je pense qu’on a le potentiel pour aller dans le ventre mou. C’est dur d’y arriver, c’est certain, et je pense que le club, de par ses dirigeants, ses partenaires, doit œuvrer pour vraiment continuer à avancer. Le nerf de la guerre, c’est aussi le budget et il faut que l’on continue à œuvrer, que l’on rentre des partenaires qui ont aussi envie de s’investir pour faire grossir ça car on sait qu’on en est trop tributaires. Moi, je suis persuadé qu’avec la dynamique que l’on a tous en ce moment, tout le monde lié ensemble, on peut amener ce club tout en haut, là où il doit être. Ce n’est pas être gourmand que de dire que ce club, avec les ambitions qu’il a, peut revenir en Pro D2 car il y a tout pour y revenir : un beau stade, un centre d’entraînement, des partenaires, un public. Maintenant, je vois ce club à moyen terme y arriver mais si ça continue sur la même dynamique, il ne faudra pas qu’elle s’essouffle ou qu’elle se stabilise. 

Tu nous parlais de valeurs mais aussi de représenter ce maillot d’Albi. Quand tu contactes un joueur, comment est-ce que tu lui décris ces valeurs et cette ville d’Albi ?

 

Je trouve que c’est la ferveur, l’état d’esprit, sa ville qui est au soutien de son club et son club qui doit représenter sa ville de la meilleure des façons et qu’il fait bon y vivre. C’est une vérité, ce n’est pas parce-que j’y suis né mais quand tu as fait d’autres endroits et d’autres villes, c’est juste exceptionnel de vivre chez nous. On n’est loin de rien, je crois que je suis un peu chauvin mais j’aime mon département, j’aime ma ville et je ne changerai pour rien au monde mais c’est parce-que j’y suis né. En étant plus transparent et honnête, je trouve que c’est quand même très, très bien de vivre à Albi (sourire).

Propos recueillis par Loïc Colombié

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