#Rugby – Fédérale 1 / Benjamin Barbe (Langon) : «C’est une année formidable, ça fait déjà presque 6 jours et on a encore du mal à réaliser cet exploit!»

À fleur du vignoble des Graves et à quelques encablures de la forêt des Landes, une ville-village de 7000 âmes s’est embrasée dimanche dernier. En effet le Stade Langonnais, 41 ans après leurs aînés vient de ramener d’Auch, un titre de champion de France de fédérale 1 dans la cité girondine. Après des années de vaches maigres, le rugby à Langon retrouve ses lettres de noblesses et voit tout un territoire goûter à cette joie communicative. Benjamin Barbe tout juste co-président du club aquitain (depuis un an), fut un des chefs d’orchestre de ce renouveau aux côtés de son acolyte Julien Perrot et avait du mal à réaliser le chemin parcouru en une saison a peine. Avec deux entraîneurs de talents (Christophe Hamacek / Romain Cabannes) couplés à un groupe emplit de valeurs et de solidarité, le dirigeant langonnais vient de vivre en quelques semaines une montée historique en Nationale 2, tout en ramenant un bouclier au stade Comberlin. Le temps s’est arrêté à Langon, où agapes et célébrations se succèdent pour honorer cette épopée, avant de se projeter vers de nouvelles aventures. Entretien avec un co-président qui bercé entre fierté, émotion et reconnaissance pour l’ensemble des acteurs du Stade Langonnais, profite de l’instant présent.

Crédit photo Stade Langonnais Rugby

 

Vous êtes un jeune président puisque cela fait un an que vous êtes co-président de Langon. Vous avez commencé avec la cerise sur le gâteau car quelle belle année avec la montée en Nationale 2 et ce magnifique titre en Fédérale 1 ? 

 

Oui, c’est une année formidable, ça fait déjà presque 6 jours et on a encore du mal à réaliser cet exploit. En début de saison, je ne me serai jamais, jamais dit ça.

 

Encore l’année dernière, Langon était dans le fond du classement de Fédérale 1. Quand vous avez repris le club et commencez le projet avec Christophe Hamacek et Romain Cabannes, est-ce que vous imaginiez aller aussi haut, déjà décrocher une accession en Nationale 2 puis ce bouclier de champion de France de Fédérale 1 ? 

 

Non, pas du tout. En Juin 2022, on recrute Christophe et Romain pour une reprise le 26 Juindonc il ne restait plus beaucoup de temps pour recruter de nouveaux joueurs. Que la mayonnaise prenne aussi bien dès le départ, c’était quelque chose d’incroyable et à laquelle personne n’aurait pu penser à part les coaches puisqu’eux m’avaient dit que ce club méritait d’être en Nationale 2. Ils devaient être devins (rires). 

 

Parlons de ces deux coachs, ce binôme Christophe Hamacek / Romain Cabannes. Comment est-ce que vous les qualifieriez ? 

 

Christophe Hamacek, un vrai meneur d’hommes, c’est une personne qui a connu le très haut niveau, un très, très bon manager. Romain a connu le très haut niveau en tant que joueur en étant champion de France avec Castres et qui amène toute sa fougue, toute sa bonne humeur et toute son expérience en tant que joueur. Je pense que c’est un duo qui matche bien en sachant que Christophe avait déjà entraîné avec le grand frère, Titi Cabannes. C’est vraiment, je pense, un très, très bon duo. 

 

Avec votre regard au-dessus du terrain, quand vous êtes-vous dit durant la saison  » il y a une alchimie et une potion magique qui sont en train de se faire  » ?

 

On se l’est dit pendant la phase régulière, sur le retour de Salles. On avait joué Salles chez nous où on était sur une très bonne dynamique mais où on avait été cueillis et où on avait pris une petite déculottée, je sais que les joueurs avaient très, très mal apprécié et on s’était dit  » le match retour ne se passera pas de la même façon « . On fait un très, très bon match là-bas et je pense que c’est ce qui lance la saison et où les joueurs se disent  » on va jouer le titre « . Moi, je me disais que c’était un peu prétentieux car on était quand même très, très loin des phases finales mais voilà, c’est un groupe de copains, l’alchimie a bien pris avec les coaches et on a le résultat aujourd’hui. 

 

Cette finale face à Valence d’Agen a été la fête de tout un club car vous n’aviez pas connu pareille fête depuis 82 et le dernier titre en Fédérale 1. On a vu que tout le peuple langonnais s’était déplacé car le stade Fouroux était quasiment rouge et blanc ? 

 

Oui, on évalue entre 3 et 4 000 spectateurs de Langon. C’est un match qu’on avait filmé et il y avait à peu près 3 000 personnes qui regardaient la vidéo ce qui représente presque toute la ville de Langon qui était derrière le Stade Langonnais ce qui montre bien l’engouement et l’identité de ce club dans cette ville. 

 

Vous qui êtes au contact du territoire et des acteurs du territoire en tant que co-président, qu’est-ce qu’on vous dit maintenant que ce titre est revenu à Langon ? Quel est le mot des commerçants et des Langonnais ?

 

Les commerçants sont heureux. On a fait une soirée partenaires jeudi où on était un peu plus de 150 personnes, il n’y avait que de la joie et de la bonne humeur, vraiment un gros engouement derrière ce club et ça fait plaisir. Ça faisait 41 ans donc ça remonte un peu à quelques moments avant de revivre ça. 

 

Il y a maintenant un objectif qui va être nouveau, celui de la Nationale 2 pour s’y installer et s’y pérenniser. Quels vont être les actions et les leviers pour rester dans cette division ? 

 

Déjà, je pense qu’on a commencé un bon recrutement de qualité grâce à Christophe et Romain. A nous maintenant derrière d’aller rencontrer les partenaires, d’essayer de trouver de nouveaux partenaires et de nouveaux leviers pour qu’on reste en Nationale 2, qu’on se maintienne l’année prochaine et, pourquoi pas d’ici quelques années, viser une qualification sur la Nationale 2. Mais à aujourd’hui, l’objectif sera le maintien. 

 

Est-ce que vous allez rester avec un modèle quasi intégral pluriactif ou est-ce que quelques contrats pros vont commencer à se greffer ? 

 

On est encore un petit club avec un petit budget par rapport aux équipes que l’on va rencontrer donc on sera sur de la pluriactivité. 

 

A peu près avec quel budget est-ce que vous allez partir ? 

 

Aujourd’hui, on est sur un budget entre 850 et 900 000€ en Fédérale 1 et on espère arriver sur les 1M1. On a donc du pain sur la planche (rires). 

 

Quel regard portez-vous sur ce championnat de Nationale 2 qui est tout nouveau ? 

 

Honnêtement, je n’ai pas trop vu de match mais je sais que mon co-président en a vu un peu plus. Je pense qu’il y a une grosse densité physique et c’est un niveau où on voit quand même beaucoup de jeu et nous, on a toujours prôné  » le jeu, le jeu, le jeu  » donc je crois qu’on pourra bien y figurer si l’alchimie continue à prendre comme elle a pris cette année.

 

Comme vous l’avez dit, ce groupe a vécu du plaisir de jouer ensemble, de solidarité et d’amitié. Est-ce que c’est ça qui va pouvoir vous permettre d’exister dans cette Nationale 2 et de vous y maintenir ? 

 

Oui, je le pense ainsi que l’apport de nouveaux joueurs expérimentés qui ont connu le niveau supérieur. Je pense que ça ne peut que nous apporter un plus. 

 

Si vous deviez résumer cette saison en une phrase, quelle serait-elle ? 

 

En une phrase, c’est compliqué. C’est une saison exceptionnelle et on a du mal à réaliser, c’est tellement beau quand on voit tous ces gens heureux. C’est le rugby et c’est ce qui me plaît. 

 

On peut dire que ces dirigeants, ce staff et ces joueurs sont rentrés dans l’histoire, et dans la grande histoire, de Langon ? 

 

Oui et je n’oublie pas non plus et rajouterai l’ensemble des bénévoles dans ce club qui sont là régulièrement et qui nous aident. S’ils n’étaient pas là, il n’y aurait pas de club donc je remercie tout le monde, tous les acteurs du club. C’est top ! 

 

On nous a dit que la fête durait depuis 4 jours ? 

 

Elle dure depuis 4 jours (rires). Pour moi, en tant que président, elle a duré 2 jours mais 2 gros jours quant aux joueurs, je pense qu’ils vont faire toute la semaine et ensuite, ils reprendront tranquillement le travail. Ils ont bien raison, ils sont jeunes donc qu’ils en profitent, ils l’ont bien mérité. 

 

Merci, bravo à Langon et à vous

 

Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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