En amont de la demi-finale de Fédérale 2 qui va opposer Gaillac à Rieumes à Grenade, focus sur Benjamin Jany, le 2e ligne de l’UAG qui pour sa 3eme saison chez les rouges et noirs vit pleinement l’aventure de l’UAG. Ce pur produit du rugby tarnais qui a fait ses premières armes au Saint Juery Arthes Olympique XV, nous narre l’état d’esprit qui assaille cette équipe Gaillacoise. A deux matches de toucher le graal, l’UAG et Benjamin Jany sont dans les starting-blocks pour faire de cette saison 2022-2023, une magnifique page de la longue et belle histoire de l’ovalie en terre Gaillacoise.

On va dire que pour toi, cette saison à Gaillac est la plus accomplie avec cette montée en Fédérale 1 et cette épopée en play-off ?
Tout à fait, c’était l’objectif et il est atteint donc maintenant, ça n’est que du bonus mais comme on dit, l’appétit vient en mangeant donc on a envie d’aller au bout. On n’est plus qu’à deux matchs de quelque chose d’extraordinaire pour le club et pour toute une ville donc on va tout faire pour y arriver.

On a l’impression que cette année, vous avez trouvé un bon amalgame entre anciens et jeunes ?
Absolument. Cette année était un peu l’année du renouveau avec le changement de staff, pas mal d’arrêts et pas mal d’arrivées mais en fait, on s’est tout de suite tous bien trouvé. On retrouve un petit peu un esprit de série, si je peux dire, dans un club de Fédérale 2 et ça marche, ça marche bien même.

Pour toi qui arrive de Saint-Juéry, tu n’as pas été dépaysé en arrivant à Gaillac ?
Non, pas du tout (rires). Au contraire, je retrouve vraiment cet esprit de copains, d’entraide, de camaraderie et je pense que c’est aussi ça qui fait la force de l’équipe.

L’une des autres forces est aussi le public, on l’a vu quand vous étiez dans le dur face à Balma. Ce public de Gaillac est quand même assez exceptionnel ?
Oui, c’est assez exceptionnel et ça l’a été toute l’année. Ça a suivi tous les matchs toute l’année, quand on est allé sur la Côte, il y avait toujours des gens, toujours, toujours. Il y a beau y avoir 3 ou 4 heures de route, c’est incroyable l’engouement qu’il y a autour de cette équipe et je pense que c’est aussi pour ça qu’on veut leur rendre.

Est-ce qu’il y a eu des moments dans la saison où vous avez eu peur de ne pas pouvoir décrocher cette Fédérale 1 et de faire comme l’année dernière à savoir buter sur la dernière marche ?
Je pense qu’on a tous eu des doutes, c’est humain. Moi, personnellement, j’étais blessé au pire moment mais je pense que le match aller à Fréjus a un petit peu remis les têtes en place et ça a peut-être installé un petit doute à un moment donné car on avait 10 points à rattraper contre une équipe face à laquelle on n’avait pas l’habitude de jouer, avec de gros gabarits et on n’en avait pas joué plus que ça cette année. Comme on avait 10 points à rattraper, il y a eu quelques doutes mais quand on a vu l’engouement qu’il y avait à Gaillac, je pense qu’on a vite réussi à passer outre.

L’année prochaine, la Fédérale 1 sera une découverte pour toi ?
Tout à fait. C’est quelque chose auquel j’avais envie de goûter, on n’y est pas encore mais j’espère fortement y goûter l’année prochaine.

En attendant, il y a des play-off à finir avec cette demi-finale face à Rieumes et qui sait, si vous allez plus loin, aller décrocher un titre. On le sait, il est rare dans une carrière d’avoir l’opportunité de pouvoir en ramener un ?
C’est certain, on nous le rabâche bien assez à Gaillac où ça fait 12 ans que le club essayait tant bien que mal de monter ou de faire quelque chose et que ce n’est jamais arrivé. Quant au titre, mon père me répète assez que ce n’est qu’une fois ou deux dans une carrière, même si j’espère plus (rires). Quand je vois qu’avec Saint-Juéry, je n’ai jamais eu la chance d’en toucher donc là, on va tout faire pour y arriver car, comme tu le dis, c’est tellement rare qu’il faut savourer. Même si je pense qu’on ne rend pas bien compte en ce moment, c’est énorme ce qu’on est en train de faire.

Pour toi, qu’est-ce qui caractérise ce groupe ?
Compliquée ta question (rires).

La bringue ?
C’est vrai que ça compte mais je pense que c’est vraiment un collectif. On a de très bons joueurs mais personne qui ne sorte vraiment du lot et si je devais décrire, je dirais un collectif, c’est une osmose (rires).

Tu peux aussi nous parler de ton club formateur, Saint-Juéry ? J’imagine que tu as toujours des attaches et un regard vissé sur ce club qui te tient à cœur ?
Bien sûr. J’avais encore fait la double licence cette année mais vu que j’ai eu la chance d’avoir beaucoup de temps de jeu avec Gaillac, je n’ai pas pu faire un seul match avec eux. J’ai toujours mon petit frère qui joue là-bas, tous mes copains qui y sont aussi donc bien sûr que je regarde attentivement tout ce qu’ils font et dès que j’ai l’occasion, je vais les voir ou manger avec eux le vendredi soir.

Quel est l’état d’esprit à quelques jours d’aller faire une demi-finale de Fédérale 2, que ce soit pour toi ou pour le groupe ? Il y a de l’impatience et de l’adrénaline qui monte ?
C’est ça, tout à fait. Comme je te le disais, je pense qu’on ne se rend pas bien compte de ce qu’on est en train de faire ni qu’on va jouer une demi-finale de championnat de France, je pense qu’on ne se rend pas compte qu’on est dans le dernier carré sur 100 équipes au départ. Ça paraît incroyable mais je pense qu’on est sûrs de nos forces et que personne ne doute, je pense que c’est de l’excitation et qu’il ne nous tarde qu’une chose, celle d’être à dimanche. On l’a vu à l’entraînement, tout le monde est dans le même état d’esprit, il nous tarde d’en découdre dimanche et il n’y a aucun doute sur ce qui va se passer.

Est-ce que tu n’es pas orphelin de Raphaël Mérancienne, ton mentor, le talonneur / 3e ligne bénévole ?
L’an dernier, on faisait tous les trajets ensemble avec Raph Mérancienne et Dodo Lafon et cette année, je me retrouve tout seul. En plus, il m’a donné de mauvaises habitudes mais c’est vrai que je lui rends un petit peu hommage en arrivant en retard à tous les entraînements.

Merci, on te souhaite une belle demi-finale et même d’aller croquer un peu plus loin, en finale
Merci à toi et merci pour tout ce que tu fais pour le rugby.


Propos recueillis par Loïc Colombié

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