#Rugby – Nationale 2 / Yann Arnaud (Vienne) : «Cette place en finale, récompense tout le travail qui est fait par les éducateurs, l’investissement des partenaires, des élus, des salariés, des joueurs et du staff bien entendu!»

A quelques heures de la première finale Nationale 2 a Vichy entre Vienne et Perigueux, Yann Arnaud, le président des drapiers Isérois nous a accordé un entretien pour nous livrer ses sentiments mêlés de joie et de fierté quant à la magnifique saison de son club.

 

Crédit photo CS Vienne

 

Cela fait à peine 6 mois que tu es président du CS Vienne et tu vas déjà toucher du bout du doigt un moment qui, quoi qu’il arrive, restera dans l’histoire du club à savoir une finale et, peut-être à la clé un titre de champion de France pour Vienne ? 

 

Oui, c’est exceptionnel. Peu importe mon statut, je suis déjà au club depuis de nombreuses années, même depuis ma naissance donc peu importe ma naissance, c’est la finale de tout un club. 

 

A trois ou quatre journées de la fin des phases régulières de Nationale 2, Vienne n’était pas dans les 6 premiers mais vous avez fait une remontada de fous. J’imagine que vous étiez déjà heureux d’être en play-off mais également que personne ne pensait que vous alliez faire une telle épopée ? 

 

Surtout que cette poule de Nationale 2 était très dense, comme tu as pu le voir sur la dernière journée, on pouvait très bien finir 1ers ou 5es et on a fini sur la plus mauvaise place, 5e, avec un barrage à l’extérieur à Niort. Cette poule était tellement dense, on ne connaissait pas ce championnat avec la création de cette Nationale 2 donc du coup, on jouait le maintien et une fois ce dernier validé, ce sont les joueurs qui avaient carte blanche pour une belle fin de saison, celle qu’on est en train de vivre. 

 

Où est-ce qu’il y a eu le déclic ? Lors du match de barrage à Niort ou lors du match aller à Nîmes en quart ? 

 

Quand j’en parle avec le staff et certains joueurs, il y a eu le déplacement à Dijon où on gagne avec une belle victoire à l’extérieur et celle-ci nous a fait du bien. Pour moi, sincèrement, j’ai trouvé le déclic à Niort quand j’ai vu les mecs se lever et dire à la mi-temps  » on peut le faire les gars  » et derrière, on le fait. On a vécu un retour très sympathique et on était ensuite lancés dans ces phases finales. 

 

On va parler des demi-finales face à Saint-Jean de Luz avec un premier match à domicile, la dernière devant votre public qui s’est passée de façon exceptionnelle suivi d’un retour en terre hostile au SJLO où vous êtes quand même passés entre le mur et la tapisserie ? 

 

A Saint-Jean de Luz, on ne fait pas notre meilleur match, peut-être même le pire de la saison mais les mecs ont eu les ressources, ils n’avaient pas envie de se quitter, ils avaient encore envie de vivre des moments. Si on ne s’était pas qualifiés pour la finale, il est certain que le retour aurait été encore plus long mais du coup, on savoure et on a aussi savouré ces moments avec notre public, nos partenaires, les gamins sur la filière jeunes qui étaient présents au stade. On a eu plus de 4 000 / 4 500 personnes sur la demi-finale, c’est pour ça qu’on joue au rugby, pour ces moments de fête et de communion et, sincèrement, c’est exceptionnel 

 

Quand on est président ou dirigeant, comment est-ce qu’on vit ces moments-là dans la tribune ? Avec un pacemaker dans la main ? 

 

Franchement, je crois que c’est encore pire et qu’il vaut mieux jouer. C’est un truc de fou, en plus, je vis les matchs et c’est vrai que c’est compliqué d’être sur le bord et d’être impuissant, tu vis le match à 200%, tu es derrière l’équipe mais tu ne peux plus rien faire. C’est vrai qu’il ne faut pas être cardiaque (rires). 

 

Cet après-midi, vous affrontez Périgueux qui était un candidat affiché et naturel à la Nationale et même à ce titre de champion de France. On peut dire que Vienne est l’outsider de cette finale ? 

 

Oui, complètement. On n’avait pas cette ambition d’être en finale mais ce statut nous va très bien, on sait que le favori affiché est Périgueux cependant crois moi que les joueurs, ou n’importe quelle équipe qui serait en face joueraient cette finale pour la gagner. Peu importe le statut que l’on aura, il faudra être à 200% pour gagner ce match. 

 

Un regard sur l’adversaire, cette équipe de Périgueux ? 

 

C’est un club qui a de grosses ambitions et qui a quand même aussi un passé historique. C’est une grosse, grosse équipe, ils ont échoué l’année dernière contre Rennes en phases finales, cette année, ils voulaient vraiment monter en Nationale et, pour en avoir parlé, ils visent même plus haut. C’est un très, très gros club et une très grosse équipe. 

 

Pour un club comme Vienne qui a un vrai Brennus dans l’armoire aux trophées, y mettre un petit frère serait magnifique. Et puis, être le premier club champion de France de cette nouvelle Nationale 2 serait aussi une consécration ? 

 

Exactement, on a plusieurs supporters marseillais qui disent  » à jamais les premiers  » et, en effet, avoir ce titre serait exceptionnel. Vienne a connu 4 finales et 4 titres et on espère vraiment que l’histoire va se répéter mais, quoi qu’il arrive, ça restera une saison exceptionnelle même si je n’ose pas imaginer la déception qu’on aura donc j’espère qu’on pourra à nouveau soulever un bouclier, ça serait énorme. 

 

A partir de lundi commencera pour toi une nouvelle aventure, celle de prendre la décision en collaboration avec tes dirigeants, tes partenaires et tes joueurs de savoir si vous acceptez ou non la montée en Nationale. C’est là aussi un nouveau défi et un nouveau challenge ? 

 

Complètement surtout qu’on n’a pas du tout anticipé cette éventuelle montée. Je t’avoue qu’on a eu de nombreux appels depuis dimanche soir, que ce soient des partenaires, des supporters mais aussi beaucoup d’agents de joueurs ou autres. Il ne faut pas s’emballer, là, on est sur l’euphorie où, en gros, on a le droit de jouer cette finale, on n’a pas voulu mettre le bouillon avec les joueurs et trop en parler. On nous pose automatiquement la question à chaque fois mais on a dit aux joueurs de se concentrer sur la finale, ils ont fait le job pour la vivre donc on en parlera un peu plus avec eux dès la semaine prochaine. Nous, on a déjà fait un comité directeur, on a également vu les espoirs, on en a parlé longuement avec le maire et on doit se revoir la semaine prochaine car là, on était sur une semaine de préparation pour cette finale. On aura donc le temps d’en parler la semaine prochaine pour donner une réponse vendredi prochain. 

 

On ne va pas se mentir, un Vienne / Bourgoin à Etcheberry, ça aurait de la gueule ? 

 

Oui, ça a de la gueule complet mais il y a aussi Albi, Carcassonne, Massy, Bourg, Chambé, des noms ronflants, des historiques du rugby français. Il est sûr que sur le papier, c’est  » bandant « , excuse-moi du terme, mais après, il y a les infrastructures. On a la structure, administrative ou autres, des jeunes où ça bosse, le centre d’entraînement qui a été labellisé mais on a aussi des progrès à faire un peu partout. Il faut construire, surtout savoir comment on y va et, si on doit y aller, il faudra y aller à 200% et c’est pour ça qu’il est important d’échanger avec tout le monde car si on donne une réponse positive, c’est vraiment tout un club qui doit suivre derrière. 

 

Dans tous les cas, le karma du moment à Vienne est la fierté et la récompense de l’ensemble d’un club et même d’un territoire ? 

 

D’un territoire, exactement. On a la chance d’avoir un territoire qui est dynamique, on a aussi le soutien de la Région, du Département ou de notre ville, notre Maire a fait les déplacements avec d’autres élus à Nîmes et à Saint-Jean de Luz, il a fait l’aller / retour, c’est énorme et important. C’est ce que je disais, cette finale aujourd’hui n’est pas le travail d’une saison, ça fait 5 ans qu’on a lancé ce projet avec le slogan  » continuons de grandir ensemble  » et le mot  » ensemble  » est le plus fort et le plus important. Cette victoire, cette place en finale, récompense tout le travail qui est fait par les éducateurs, l’investissement des partenaires, des élus, des salariés, des joueurs et du staff bien entendu, c’est vraiment la victoire de tout un club. Quand je parle de victoire, je parle du fait d’être en finale car on y va en toute humilité et sans aucune prétention mais je parle de victoire par rapport à cette saison qui est exceptionnelle.

 

La seule chose que l’on vous souhaite est de prendre 80 minutes de plaisir quel que soit le résultat ce dimanche face à Périgueux

 

J’espère, 80 minutes de plaisir comme tu le dis, avec le public et surtout, un bon match.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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