#SportStory – Rugby / Daniel Blach (Albi) : De la fédérale au Top 14.

On retrouve Daniel Blach pour, cette fois, évoquer sa carrière d’entraîneur, une carrière très, très riche peut-être même plus que celle de joueur mais ça, c’est à lui de nous dire ce qu’il en pense. Entraîneur pour la première fois en 96/97 pendant deux saisons avant de prendre une année sabbatique et de revenir en 99/2000, associé à Éric Béchu, Daniel Blach a tout vécu avec les jaunes et Noirs. Focus sur un coach qui a participé à faire passer les albigeois de la fédérale au Top 14.

Daniel Lors des deux premières saisons(97-98), on t’avait appelé comme ça ?

 

A l’époque, j’étais revenu avec Bernard Vaur sous l’impulsion de Kiki Carrière, malheureusement décédé depuis. On parlait du regroupement Graulhet / Albi pour que le Sporting ne disparaisse pas et on allait appeler ce fameux club le  » Graulhet Albi Club « . Nous, les anciens, nous n’étions pas très chauds et lorsque nous avons su qu’Albi allait disparaître dans une association avec Graulhet. Bien que nous étions copains avec les Graulhetois, nous n’étions pas Graulhetois et il y avait la notion de derby Albi / Graulhet donc, ce n’était pas possible. Nous sommes alors revenus avec Bernard en nous disant qu’on allait conserver le rugby à Albi alors que les dirigeants de l’époque nous expliquaient que ce serait difficile car il n’y avait pas d’argent et que  » nous sommes pris à la gorge, la seule solution est de fusionner avec Graulhet « . On a cherché à le faire et puis, on s’est aperçu que les Graulhetois voulaient  » se faire Albi « , gentiment certes mais qu’on aille jouer à Graulhet. C’était très, très économique mais ils avaient raison et donc, avec Bernard, on s’est dit qu’on allait essayer de monter le club sans argent. J’ai pris l’habitude d’entrée, on a retrouvé ça après en Top 14, de monnayer les défraiements des joueurs tout à la baisse, on a essayé de recruter des entraîneurs pratiquement gratuitement. On a trouvé mais, lorsque l’on a dit qu’on ne payait pas et qu’il n’y avait pas d’argent, les gens n’ont pas voulu venir. Je les comprends aussi parce qu’il y avait des sacrifices car on s’est rendu compte qu’être entraîneur, c’était quelque chose. Finalement, avant l’Assemblée Générale, nous étions incapables de fournir des noms d’entraîneurs. Nous avions réussi à récupérer des joueurs à droite, à gauche comme Jérôme Dal, il y avait aussi des joueurs de Villemur ou de la réserve de Gaillac, des joueurs qu’on nous avait dit bons. Johnny Ragasse nous avait aidés, il était arbitre en régional et nous indiquait où il y avait des bons joueurs dans les petits clubs. Finalement, nous avions récupéré tous ces joueurs qui étaient contents de venir jouer à Albi parce qu’il y avait l’image albigeoise. Mais, à deux heures de l’Assemblée Générale, pas de nom d’entraîneur, et Bernard m’a dit  » on y va ! « . Je lui ai répondu que cela faisait 10 ans que je ne m’étais pas occupé de rugby, que je n’avais plus le vocabulaire mais il a insisté :  » ensemble, on va y aller ! « . Donc, nous sommes devenus entraîneurs tous les deux mais à une ou deux heures de l’AG, parce-que nous n’avions pas de nom. Je me suis retrouvé dans cette  » galère « , on s’en est sorti mais nous étions vraiment mal, nous avons même joué un match de barrage pour le maintien contre une équipe de la Drôme, Saint-Jean-en-Royan. Nous avions fait un match épique à Baïgorry où, si nous gagnions, nous étions qualifiés et si nous perdions, nous jouions le barrage de descente. Ce fut un match à la basque, avec 12 minutes d’arrêt de jeu. 

 

Pour toi, c’étaient les premières places à Baïgorry ? 

 

C’était une équipe de village mais avec une génération énorme avec des joueurs qui sont ensuite partis dans des clubs comme Bayonne ou Tyrosse. Nous étions vraiment en bas de tableau de Fédérale, on a réussi à se maintenir assez facilement en gagnant le match du maintien 84 à 12. Je me souviens que j’avais fait les premiers changements à 10 minutes de la fin alors que nous menions de 50 ou 60 points. Pour moi, il était hors de question qu’Albi aille en seconde division mais j’avais peur et il y a des joueurs qui me le reprochent encore car ils n’étaient pas encore rentrés et ils voulaient participer à la fête (rires). Du coup, je les ai fait rentrer mais quand je dis à 10 minutes de la fin, je suis généreux, il devait plutôt en rester 5. C’était une autre époque albigeoise, une époque avec de bons joueurs mais l’ambiance était tellement festive, c’est à dire que les joueurs étaient tellement copains entre eux, que le rugby était un prétexte pour s’amuser et ils ne se rendaient pas compte qu’ils étaient de bons joueurs. Quand on dit  » une équipe ne s’entend pas bien donc, elle va perdre « , ce n’est pas totalement vrai, une équipe qui s’entend trop bien peut perdre aussi parce-que le rugby est un prétexte pour se retrouver et s’amuser ensemble. Le rugby n’était jamais pris au sérieux alors qu’il y avait des joueurs comme Christophe Bonnafous, l’ancien treiziste, ou Marc Grosbois qui étaient vraiment de bon niveau mais ils s’amusaient. Si on perdait, ce n’était pas grave puisque, de toute façon, on allait rigoler après, c’était festif mais ce n’était pas très bien non plus. Quand les joueurs sont trop bien ensemble, il y a trop de confort. Ils avaient de la rigueur sur le terrain mais dans la préparation, je ne contenais pas ce qu’ils faisaient le samedi soir. 

 

Tu n’étais pas Guy Roux ? 

 

Moi, je ne comprenais pas, ce n’étais pas notre état d’esprit à l’époque. Nous aussi, nous étions joyeux et festifs mais nous étions quand même sérieux. On faisait attention, on avait aussi un peu peur, quand tu prends Nice par exemple, tu dors mal la nuit d’avant. Tu sais que ça va être dur, tu as mal au ventre avant de jouer et le matin, personne ne mange vers 11h/12h, un bol de purée et ça s’arrête là, le steak, personne n’y touche, tout le monde a l’estomac tordu. Et eux n’avaient pas du tout, du tout, du tout l’estomac tordu. 

 

Vient la rencontre avec Éric Béchu et une époque que je dirai formidable

 

C’était aussi difficile parce qu’avec Éric, nous avons également joué un maintien. La première saison s’est passée bizarrement, nous n’étions pas arrivés à nous qualifier. Plus tard, il me semble que c’était lors d’un match à Malemort, une pénalité de Patrice Giry tape le poteau droit, tape le poteau gauche puis la transversale, rentre et on se qualifie. Après, nous ne sommes pas sortis même si nous sommes quand même allés en finale. On a joué le match de la montée mais nous l’avons perdu trois fois. 

 

C’étaient les fameuses prè-nationales et nationales. Cela ressemblait un petit peu à ce qui se faisait avec la Fédérale 1 Élite, qui a disparu, et aujourd’hui la Nationale. C’est un système qui a un peu du mal à perdurer

 

On était la seule équipe de Nationale à jouer la finale, la perdre et descendre. On descend de division en perdant la finale parce qu’ils avaient supprimé la Nationale, qui correspond à la Nationale de maintenant. Pourquoi l’avaient-ils supprimée ? Je ne sais pas mais nous étions fous, nous ne comprenions pas, Éric est rentré dans une rage folle. Quand nous avons perdu la finale, nous jouions contre le LOU, Lyon monte et pas nous. On nous a offert un trophée, à peine reçu, il a été cassé (rires). Ce sont aussi des souvenirs. 

 

Derrière, il y a eu des années qu’on peut qualifier de fastes avec la Pro D2 en 2002 / 2003. C’était tout bon pour Albi qui rentrait dans le giron professionnel. Un autre état d’esprit. Pour l’entraîneur que tu étais en Fédérale ? 

 

C’était le début de la Pro D2. On y est monté et on est resté amateur pendant encore un an, qui était le délai accordé pour garder la structure amateure. On est monté en Pro D2 quasiment sans recrutement, avec l’équipe de Fédérale. On a pris quelques roustes mais on s’est maintenu au courage. Je me souviens toujours du match à Brive, qui était descendu et qui est vite remonté, mais ils étaient intouchables. On a vu l’écart de niveau entre une équipe niveau Top 14, c’était un match en nocturne où nous allions pour gagner, le discours d’avant-match était  » on va les surprendre « . On ne les a pas surpris du tout, ça a été dur (rires) mais nous nous sommes maintenus au courage, on s’en est surtout. Cette époque de la Fédérale / Nationale nous avait fait connaître quelques joueurs courageux de Fédérale, notamment Sébastien Pagès que nous avions recruté à Strasbourg et qui avait grandement aidé dans l’état d’esprit, à maintenir le groupe au courage pour rester car la première année était difficile. 

 

C’était un peu le feu follet ? 

 

Oui, c’était l’ambianceur. Il valait mieux jouer avec lui contre lui parce qu’à l’époque, c’était un cas. Les gens ne savaient pas comment défendre contre lui ni quoi faire. Quand nous avions joué à Strasbourg contre l’équipe qui était montée, il nous avait empêché à lui tout seul. A la fin, on allait perdre et c’était lui tout seul parce qu’il y avait une équipe très moyenne à Strasbourg. Et lui, en faisant apparemment n’importe quoi (rires), à sa façon, une embrouille de 80 minutes ! En le quittant, on lui a dit  » tu peux venir à Albi de suite ! « . 

 

Vu qu’il est de Narbonne, ça le rapprochait

 

Oui, il était content. 

 

Il y a ensuite eu le Graal, le Top 14. Ça n’a pas fait un peu cogiter dans les têtes ? Tu es quelqu’un de posé et tu avais la rigueur de par ton métier mais ces étapes Fédérale / Pro D2 / professionnalisme / Top 14 pouvaient faire peur ? 

 

C’est de la psychologie de groupe, on est pris dans une ambiance et dans une ambition. On n’avait plus de limite quand nous sommes montés, on voulait gagner la Coupe d’Europe (rires). Dans les têtes, on n’avait peur de rien mais après, des équipes nous ont remis à notre place mais nous n’étions pas dans nos petits souliers du fait de monter. Je me souviens du premier match en Top 14, la réception de Bayonne à Albi, ce fut un match dur où chez les joueurs, personne ne s’est dit  » on va charger, on n’est pas à notre place « . Nous sommes rentrés plein pot dans le Top 14, on nous appelait le  » petit poucet  » au début et à la fin,  » le vilain petit canard « . Beaucoup de joueurs sont restés, il n’y a pas eu une vague de recrutements, c’est venu progressivement donc l’âme albigeoise était restée. Chaque club avait sa façon de faire, même si je n’ai pas appris le catharisme à l’école, je me rends compte avec le recul que le tarnais est très cathare, c’est à dire un rugby efficace sans fioriture, un rugby de combat, collectif. Albi joue comme ça mais Graulhet, Castres, peut-être Carcassonne et Béziers jouaient comme ça, il y a un petit côté languedocien. Quand tu vas à Nice, ce sont des défis individuels, c’est très extraverti avec beaucoup de gestes. Si tu vas sur la Côte Aquitaine, c’est un rugby joyeux mais aussi très arrogant, ils prennent de haut. En Auvergne, à Montferrand, c’est aussi efficace, des rouleaux compresseurs. Tu te rends compte que ça a disparu, aujourd’hui, ça n’existe plus, si tu changes les maillots, tu ne sais plus qui joue, tu ne reconnais plus une équipe à sa façon de jouer. A l’époque, tu pouvais, si les maillots changeaient, tu disais  » celui-là joue comme à Bayonne, comme Béziers, comme Nice ou comme Toulon « . C’est une évolution des choses, bonne ou mauvaise. 

 

Je me souviens que les équipes en face qui étaient dans le haut du panier avaient un peu  » gueulé « . Elles étaient outrées parce-que vous les bousculiez et elles n’aimaient pas du tout ça. Elles avaient presque oublié le combat ? 

 

On passait du temps à faire des mêlées et des regroupements. Pour les gens qui connaissent un peu, on faisait des séances de jougs. J’en ai fait faire à l’équipe Top 14 avec le joug chargé au maximum, avec toutes les dalles en béton dessus, les transporter, faire le tour du terrain sur 400 mètres sans récupération, en rentrer / pousser / relever. Il ne fallait pas qu’en changeant, ça diminue l’efficacité donc, ils se prenaient au jeu et on a fait des tours de terrain avec le joug. A l’époque, il y avait le pilier Boris Stankowich, qui est ensuite parti à Leicester, qui, chaque fois que l’arbitre annonçait  » mêlée « , se frottait les mains en disant  » mêlée, mêlée, mêlée « , ça déstabilisait un petit peu (rires). Quand on faisait rentrer notre pilier gaillard Martin Gady à droite et Stankowich à gauche, ça faisait du lourd. On a failli rentrer la tonne, on s’est retrouvé à un moment donné à 40 kgs de la tonne dans la mêlée albigeoise, quoique, peut-être que certains trichaient sur la bascule et qu’on atteignait la tonne (rires). Je ne sais pas s’il y avait un autre club qui rentrait la tonne. 

 

Tu parlais du joug et quelque chose me revient. Tu es quand même quelqu’un qui a inventé et façonné une machine pour apprendre à lancer en touche ? 

 

Oui. Cette machine, l’équipe de France l’a, Toulouse l’a et d’autres clubs l’ont achetée, elle est maintenant fabriquée à Mazamet et j’ai un brevet dessus mais il faut connaître l’histoire de cette machine. Jean-Luc Hermine était un très bon pilier mais un peu léger et nous avions dit qu’on allait le mettre au talon sauf qu’il fallait qu’il apprenne à lancer. En dehors des entraînements, je venais avec une roue de vélo avec un filet derrière que je montais au début où on portait en touche pour qu’il vise et je le faisais pendant une ou deux heures. Je me suis dit  » ce n’est pas possible, il faut automatiser ça  » et comme j’étais enseignant dans l’automatisme, j’ai mis ça en travaux pratiques avec mes étudiants et nous avons créé cette machine qui n’a pas le succès que j’espérais. Peut-être que nous n’étions pas très bons d’un point de vue commercial, il fallait le développer commercialement mais tant pis. L’équipe de France l’a prise, Bernard Laporte et Jacques Brunel étaient intéressés à l’époque. 

 

On va revenir sur ta carrière d’entraîneur et un peu sa fin avec le départ d’Éric à Montpellier. Il y avait un grand désaccord ou tu es quand même resté ? 

 

Je n’ai pas trop envie d’en parler, c’était dur. En rugby, je ne conserve que les bons souvenirs et c’était une période un peu difficile parce-que c’était dur pour assurer derrière. Heureusement qu’il y avait Philippe Laurent qui s’occupait de beaucoup de choses parce qu’il n’y avait pas de pros, nous travaillions tous. A l’époque, Éric était le seul pro qui ne faisait que ça, nous, nous étions multi-tâches, nous avions un métier et nous venions l’aider. Et quand il est parti, il a fallu jongler sur le travail et c’est surtout Philippe Laurent qui a fait un travail fantastique pour remplacer Éric partout. 

 

Tu restes encore quelques années jusqu’à l’arrivée d’Henry Broncan ? Tu l’as côtoyé un petit peu ? 

 

Oui, c’est moi qui étais en contact avec lui pour le recruter quand il a fallu remplacer Éric. Des noms circulaient et moi, j’ai demandé à Henry si ça l’intéressait. Ça tombait bien parce qu’à l’époque, il était à Agen mais un peu en désaccord avec les Agenais et ça a marché de suite. Nous avions fait un repas avec les Agenais, il était venu à l’Escarcelle où nous déjeunions avec le président d’Agen à Marmande. Nous avions valise pleine puisque nous avions mis Broncan, Guitoune, le demi de mêlée Carabignac et le demi d’ouverture Romain Sola. Les Agenais n’en voulaient plus mais après, ils s’en sont mordus les doigts. En tant qu’entraîneur, on est bon ou on n’est pas bon mais ma grande hantise était de laisser partir quelqu’un qui exploserait ailleurs et te dire  » tu n’as pas vu ça « . Ça a été le tort chez les Agenais, ils ont laissé partir un paquet de joueurs qui ont explosé après. Bien sûr, il y a le côté financier mais là, pour Guitoune et les autres, ce n’était pas le cas, ils n’en voulaient plus. 

 

Il y a eu une autre approche avec Henry par rapport à celle qu’il y avait avec Éric ? Ce n’était pas la même philosophie ? 

 

Je me demande si ce n’était pas la même philosophie. Ils ne ressemblent pas, les colères d’Henry étaient moins spectaculaires que celles d’Éric mais c’est dû au personnage. Par contre, la philosophie rugbystique est la même, c’est le rugby d’ici, le rugby terroir. Henry était aussi très porté sur les jeunes et Éric s’intéressait plutôt aux joueurs qui n’étaient pas à l’aise dans leurs clubs. Éric pistait les revanchards, ils se réjouissait d’en avoir parce qu’ils étaient plus faciles à motiver et quand ils jouaient contre leurs anciens clubs, on les mettait devant. Henry, lui, pistait les jeunes. 

 

Je te remercie parce qu’on ne t’entend pas souvent parler et je sais que tu n’aimes pas trop ça

 

Avant de faire du rugby, je faisais du basket mais je me suis quand même occupé de rugby pendant 28 ans. Et 28 ans de bus, c’est énorme (rires) ! Je me souviens qu’une fois, on s’était attrapé gentiment avec Vincent Clément dans le bus, il m’en  » voulait  » et il me dit :  » j’espère que moi, à ton âge, je ne ferai pas le con dans un bus  » (rires). Et en plus, il a failli le faire mais quand il est venu au Sporting, il ne voulait pas du poste d’entraîneur. Mais il avait raison, je devais avoir 50 ans à l’époque et je ne regrette rien du temps que j’ai passé dans un bus, même si ça fait long. C’est une façon d’approcher la vie qui en vaut le détour, on voit des hommes et c’est bien. 

Propos recueillis par « Didier Revellat « 

https://youtu.be/z4PclYvQ07c

Retrouvez le replay de l’émission « Le #MagSport by H2G » du 12 février 2021.

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