#Rugby – Nationale / L.Terré (Tarbes) : «Au pied des Pyrénées, le rugby est important donc, les gens vendent chèrement leur peau.

Nous sommes allés en Bigorre, au pied des Pyrénées avec le Stado Tarbais et Lionel Terré, le président de la SASP. Entretien bilan sur la première saison des ours tarbais en Nationale.

 

Lionel Terré Pdt Stado Tarbes / Crédit photo Le #MagSport – Studios H2G

 

Pour le Stado Tarbes Pyrénées Rugby, c’est un grand moment de la saison. Vous avez trois victoires d’affilée, on peut dire que le Stado est lancé comme un frelon dans ce printemps naissant ? 

 

Comme je l’avais dit à tout le monde, une série, c’est à partir de trois. Nous avons fait trois victoires d’affilée, la première contre Dax qui n’était pas gagnée du tout car Dax a une belle équipe et on se devait d’avoir une petite revanche par rapport au match aller chez eux où nous avions perdu dans les dernières secondes. Là, nous avons gagné dans les dernières secondes donc on va dire que la parité est respectée. Ensuite, nous avons été gagner à Cognac où là-aussi, on se devait une revanche puisque nous avions fait match nul chez nous. Et enfin, nous avons battu Suresnes chez nous le week-end avant la pause. C’est vrai que ça fait trois victoires d’affilée mais je tiens à dire que, depuis le début de saison, on travaille bien. Cette pandémie, qui est bien évidemment une catastrophe pour tout le monde, a été difficile pour nous au niveau du championnat car nous avons eu des enchaînements de matchs très particuliers dans la mesure où les premiers matchs que nous avions n’étaient que contre des grosses équipes. A part Albi, nous avons reçu tout le monde et après, le championnat où nous aurions dû jouer des équipes plus de notre niveau a été arrêté et nous avons réenchaîné de suite avec les 6 premiers de la poule. Personne ne le voyait, on nous voyait moribond mais nous, on savait très bien qu’on ne prenait que les gros et lors de la première phase, il faut savoir que tout le monde est tombé à Trélut sauf Narbonne sur interception à la 83e. 

 

Vous avez entre-autres fait tomber Bourg-en-Bresse, la première défaite de ces derniers dans le championnat National ? 

 

Oui, tout à fait, Bourg-en-Bresse s’est bien goupillé pour nous. 

 

Et Nice n’était reparti de Trélut qu’avec le point du match nul. C’est là que l’on voit que Trélut est toujours une citadelle quasi imprenable ? 

 

Disons qu’au pied des Pyrénées, comme à Albi, le rugby est important donc, les gens vendent chèrement leur peau. 

 

 

On ne doute pas que Tarbes défendra toujours chèrement sa peau, ça fait partie de l’ADN de ce club. On va parler de la structuration du Stado Tarbes Pyrénées Rugby, vous êtes un club professionnel qui, un peu comme tout le monde, avez payé au poker pour voir ce qu’allait donner la Nationale. Maintenant que vous avez vu que c’est un championnat qui tient la route, qui est très haletant et où il y a une grosse adversité, j’imagine que vous allez essayer d’avoir en mire des objectifs un peu plus haut l’année prochaine ? 

 

On a tout le temps des objectifs car, quand on rentre dans une compétition, c’est pour aller le mieux possible. Mais, il faut être raisonnable et vu la pandémie que nous vivons, nous n’allons pas exploser les budgets. Si on arrive à maintenir notre budget, ce sera déjà un exploit et qui dit maintenir le budget dit maintenir une équipe du même niveau, ce qui sera déjà très, très bien. Au niveau de la structuration de la SASP, on se donne 20 contrats pros maximum et après, nous voulons surtout de jeunes espoirs et quelques pluriactifs pour avoir un effectif de 40 joueurs car c’est ce qu’il faut pour être compétitif. En matière de budget, on restera au mieux sur les bases de cette année. 

 

Cette situation pandémique n’a pas trop handicapé économiquement le Stado Tarbes Pyrénées avec, entre autres, le manque de billetterie et de recettes par rapport au réceptif ? 

 

Si, ça a bloqué mais il faut reconnaître une chose qui sont les efforts de la Fédé, premièrement, et surtout de l’Etat Français qui nous aide beaucoup. Je le dis beaucoup, la France est le plus beau pays du monde, on ne s’aperçoit souvent pas mais c’est en temps de crise que l’on voit que l’Etat fait quand même beaucoup de choses pour nous. Et au niveau du sport professionnel et du rugby, ils ont quand même fait ce qu’il fallait. 

 

La Nationale a un format de 14 équipes et on entend des clubs de Fédérale 1 qui ont de l’ambition demander à réformer le format de ce championnat. Pour vous qui faîtes partie de cette Nationale, est-ce que le format est adéquat ou bien faut-il déjà le revoir ? 

 

Non, pour moi, il correspond exactement à la Pro D2 et il faut qu’il soit comme ça. Il faut savoir une chose, c’est qu’avant tout autre chose, c’est un sport et il faut se gagner sportivement les montées. Je le dis facilement car nous sommes dans cette poule parce-que l’année dernière, nous étions classés 9e ou 10e donc, il faut d’abord le gagner sportivement. J’ai une pensée pour nos amis de Mauléon qui eux, auraient pu y être ainsi que Trélissac car, sportivement, ils le méritaient. Les autres doivent le gagner sportivement et le reste, c’est de la littérature. Ce n’est pas parce qu’on a des infrastructures et un gros budget qu’on le mérite, les montées se gagnent sportivement. 

 

Quel est l’objectif à court-terme de Tarbes jusqu’à la fin de la saison tant comptablement qu’au niveau du classement ? 

 

De monter le plus haut possible. Nous n’avons pas la pression de la descente du fait que la Fédérale 1 a été arrêtée, il n’y a pas de montée de Fédérale donc, nous n’avons pas de pression sportive par rapport à ça mais je ne me vois pas vendre un projet à des partenaires l’année prochaine en finissant dans les derniers. A priori, nous nous sommes sortis de la zone rouge, il faut rester constant et régulier mais maintenant, c’est de voir le plus haut possible. Il reste 7 matchs et beaucoup de points à prendre donc, il faut aller le plus haut possible et ne pas avoir de regret. Ça serait vraiment super si on pouvait finir dans les 6 premiers, pourquoi ? Parce-que cela voudrait dire que, dans un championnat normal, nous serions qualifiés. Je n’oublie pas qu’en début d’année, tous nos collègues et surtout la presse nous voyaient descendre. A Tarbes, les intersaisons sont toujours compliquées mais on arrive tout le temps à se fédérer entre nous au dernier moment pour le combat. 

 

A l’image de l’ours, votre symbole, vous ne vendez pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ? 

 

C’est ça. Le problème parfois, c’est qu’on se fait déplumer entre nous dans notre tanière mais une fois que nous sommes en ordre de bataille, il n’y a pas de souci, nous sommes tous les uns avec les autres. Là, nous avons dit aux joueurs de regarder le plus haut possible pour ne pas avoir de regret. Si nous étions dans les 6, je serais vraiment super satisfait parce qu’il ne faut pas oublier que j’ai quand même une dizaine d’espoirs qui sont dans l’effectif et qui travaillent avec des anciens qui jouent vraiment le jeu. Nous avons créé un super état d’esprit avec un super encadrement qui a bien bossé et je tiens à remercier l’encadrement que nous avons. C’est une tête bicéphale qui correspond à ce que nous voulions, ce sont deux bigourdans, de un Stéphane Ducos qui a entraîné toutes les sélections jeunes du Comité depuis 20 ans et qui connaît parfaitement son territoire, de deux, Fabien Fortassin qui lui a une belle carrière pro et connaît le sport de haut-niveau. Les deux se complètent très bien pour maintenir un effectif compétitif. 

 

On va parler de ce rugby bigourdan au sens large. L’année dernière, vous étiez brassés avec Lannemezan et Bagnères-de-Bigorre ce qui faisait de beaux derbys et de belles recettes, le trésorier était content. Cette année en Nationale, vous avez repris le leadership du rugby bigourdan, est-ce que ça a créé un appel d’air en vous permettant de capter plus de jeunes pour réenclencher le vivier du Stado Tarbes Pyrénées Rugby ? 

 

C’est à nous de ne pas faire les prédateurs et de bâtir un projet avec nos voisins, de leur expliquer que si on veut avoir du rugby de haut-niveau dans le département, il faut que Tarbes soit la pierre angulaire mais qu’il faut le bâtir avec eux. A partir du moment où nous avons des jeunes de haut-niveau, tout le monde en profite par ruissellement donc, c’est à nous de travailler là-dessus et d’aller vers eux. Le désir est vraiment d’aller vers eux, non pas de leur tendre la main mais de leur dire  » essayons de bâtir quelque chose ensemble, tout le monde en récoltera les fruits « . Et ce d’autant plus que l’on devient de plus en plus crédible car, faire venir des jeunes pour ne pas les faire jouer, ça ne sert à rien. Cette année, nos jeunes jouent en première donc c’est à nous de leur montrer et de leur dire  » passez-nous vos jeunes, nous allons les faire progresser et ils auront accès au haut-niveau  » en tous cas, pour ceux qui s’en donnent la peine, pour les branleurs, ce n’est pas la peine qu’ils ambitionnent le haut-niveau. Mais ceux qui s’en donnent la peine, ils auront accès au haut-niveau et tout le rugby bigourdan en profitera. 

 

On va finir sur un petit hommage car une légende du rugby bigourdan vient de s’en aller, Monsieur Rancoule avec un grand M. Vous avez un petit mot sur ce joueur qui a marqué tout le rugby bigourdan ? 

 

Oui, d’autant plus que nous sommes copains avec son fils et que la famille Rancoule est très importante dans le rugby français. Il y a Mr Rancoule, qui nous a quittés, mais aussi Jean-Michel qui est au Stade Toulousain et qui a commencé chez nous, tout le monde pense qu’il est toulousain mais il a d’abord été chez nous, il y a également Philippe, qui a joué à Lourdes et à Tarbes. C’est vrai que c’est un grand personnage du rugby français et bigourdan qui nous a quittés et il faut savoir qu’il y a aussi le petit-fils qui joue dans les catégories jeunes à Tarbes. La lignée Rancoule est toujours là et j’espère qu’elle brillera autant que ses aînés. 

 

On voit que l’adage du rugby pyrénéen et bigourdan n’est pas rompu, un rugby pyrénéen terre de solidarité dans les bons comme dans les moments les plus mauvais et les plus douloureux. Ça fait chaud au cœur de voir qu’on continue à se serrer les coudes en Bigorre

 

Comme je le dis à tout le monde, le rugby ici est vraiment notre lien social, il n’y a aucune activité qui peut fédérer autant de personnes tout au long de l’année. Le ski et le Tour de France sont aussi des activités majeures de notre département mais le rugby est vraiment très ancré parce-que tout le monde peut y jouer, que l’on soit petit, gros, grand et compagnie. Ça fédère tout le monde et c’est vraiment la culture ici, à Tarbes : dans tous les clochers autour de Tarbes, il y a un café, une église et un club de rugby. C’est vraiment LA culture. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://youtu.be/0kU2gPyFzRA

Retrouvez le replay de l’émission « Le #MagSport by H2G » du 23 mars 2021

 

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